Fuite massive : l’ancienne présidente de Xbox apparaît dans une organisation secrète liée à Peter Thiel

Une importante fuite de documents internes a permis à WIRED de lever le voile sur Dialog, une organisation privée particulièrement discrète fondée par le milliardaire Peter Thiel. Alors que le groupe refuse depuis près de 20 ans de dévoiler l’identité de ses membres, les documents révélés mettent en lumière la présence de nombreuses personnalités influentes issues du monde de la technologie, de la politique et des affaires. Plusieurs figures liées à l’industrie du jeu vidéo apparaissent également dans ces données, dont Sarah Bond, ancienne présidente de Xbox.
Sarah Bond et plusieurs dirigeants du jeu vidéo identifiés dans les documents divulgués
Comme le rapporte WIRED, Dialog est une organisation fondée en 2006 par Peter Thiel. Elle réunit sur invitation uniquement des dirigeants d’entreprises, des responsables politiques, des investisseurs et des personnalités influentes de la Silicon Valley. Le groupe organise régulièrement des retraites privées dont le contenu est censé rester totalement confidentiel.

L’enquête de WIRED s’appuie sur des documents internes et une liste d’inscriptions à la retraite Dialog 2026. Celle-ci recense 222 participants et permet d’identifier de nombreux membres jusqu’ici inconnus du grand public. Parmi eux figurent plusieurs personnalités liées au secteur du jeu vidéo, dont Sarah Bond, ancienne présidente de Xbox, Manuel Bronstein, ancien directeur des produits de Roblox, ainsi que Strauss Zelnick, PDG de Take-Two Interactive.
La présence de Sarah Bond est particulièrement notable. Figure majeure de la stratégie Xbox ces dernières années, elle a supervisé plusieurs initiatives importantes autour du Xbox Game Pass, du cloud gaming et de l’expansion de l’écosystème Xbox avant de quitter Microsoft en février 2026 dans le cadre d’un vaste remaniement de la division jeu vidéo.
La fuite ne permet toutefois pas de connaître précisément son rôle au sein de Dialog ni son niveau d’implication dans l’organisation. Les documents consultés par WIRED indiquent néanmoins que les participants sont répertoriés selon différentes catégories, comme « membre actif » ou « invité ». Cela montre que le groupe dispose d’une structure interne relativement élaborée.
Dialog, une organisation secrète au cœur des élites technologiques et politiques
Ce qui rend cette fuite particulièrement remarquable est la nature même de Dialog. Depuis sa création, l’organisation cultive une discrétion presque totale autour de ses activités, de ses membres et des sujets abordés lors de ses événements. Les discussions sont organisées selon des règles strictes de confidentialité et les participants sont invités à ne jamais attribuer publiquement les propos tenus durant les rencontres.
Selon les documents obtenus par WIRED, la retraite prévue du 12 au 16 août 2026 près de Dublin abordera des thèmes extrêmement variés. Plusieurs sessions porteront sur l’intelligence artificielle, les technologies militaires, l’avenir du nucléaire ou encore les bouleversements géopolitiques à venir. D’autres discussions affichent des intitulés beaucoup plus inattendus, comme « Construire un culte », « Construire un parti politique » ou encore « Comment va votre vie sexuelle ? ».
Les listes divulguées révèlent également la présence de hauts responsables militaires américains, de membres de l’administration Trump, de dirigeants de grandes entreprises technologiques ainsi que de plusieurs figures associées à la célèbre « PayPal Mafia », le cercle d’entrepreneurs ayant émergé autour de PayPal au début des années 2000.
Cette concentration de pouvoir explique pourquoi certains observateurs comparent régulièrement Dialog au groupe Bilderberg. Même si les deux organisations sont distinctes, elles partagent un fonctionnement similaire fondé sur des rencontres privées réunissant des personnalités influentes dans un cadre fermé.
Des données sensibles exposées malgré les promesses de confidentialité
Au-delà de l’identité des participants, la fuite soulève également des questions de sécurité. Les documents consultés par WIRED contenaient des informations personnelles que Dialog promettait pourtant de conserver de manière strictement confidentielle.
Les formulaires d’inscription demandaient notamment aux participants leurs centres d’intérêt, leurs prévisions concernant l’avenir de l’intelligence artificielle ou encore certaines informations personnelles. L’organisation proposait même un système de mise en relation amoureuse réservé à ses membres via une plateforme dédiée.
Selon WIRED, une partie de ces données était stockée sur Airtable. Le média explique également qu’un répertoire de membres avait été laissé accessible directement dans le code source du site internet de Dialog. Cette erreur a contribué aux découvertes réalisées par l’hacktiviste suisse maia arson crimew, puis par les journalistes.
SCOOP: So remember Dialog, Peter Thiel's private society that doesn't have a public website and no public list of members? I (along with a number of other journalists) have just been tipped off that embedded in the code of their closed off website there IS what seems to be a list of some members.
— maia arson crimew 🏴 (@crimew.gay) 16 juin 2026 à 02:19
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Depuis la publication de l’enquête, Dialog n’a pas détaillé publiquement les circonstances de cette fuite. Cette enquête constitue l’un des aperçus les plus détaillés jamais obtenus sur cette organisation, restée largement inconnue du grand public pendant près de deux décennies.