Analyse – Microsoft est-il seul responsable de la baisse du cours de Sony ?

Bon, maintenant je vais prendre un Doliprane et me coucher…
Nous avons tout récemment vécu un moment qui saura se faire une place dans les annales de l’univers du jeu vidéo : l’annonce du rachat d’Activision-Blizzard. S’en est suivi un épisode boursier particulièrement marquant. D’une part, avec le bond en avant du titre de l’éditeur qui a grimpé de près de 26%, passant de 65,39 $ à 82,31 $ en l’espace de 4 jours, et d’autre part, avec une baisse très vive du cours de Sony cédant 12,8% à la clôture du 18 janvier.

Peut-on associer le rachat de l’entreprise mère de Call of Duty et consorts à cette surprenante baisse de cotation du géant japonais ? C’est ce que nous allons tenter d’analyser ensemble, et, vous le verrez, les choses ne sont pas aussi simples que nous pourrions le penser.
Jumpin’ back Flash
Revenons aux actualités du moment. D’un côté, Microsoft vient d’annoncer en milieu de mois le rachat d’Activision-Blizzard pour la modique somme de 68,7 milliards de dollars, soit près de 10 fois plus que le rachat de Zenimax en 2021, et de l’autre, la société mère de la célèbre PlayStation qui vient de voir son cours chuter dans la foulée. Il serait tentant d’y voir un lien de cause à effet assez évident. Bien que l’annonce du géant américain ait eu l’effet d’un séisme dans le petit monde des consoliers, il ne faut pas céder aux sirènes des conclusions hâtives, quand bien même cette annonce ait pu avoir sa part de responsabilité dans le recul de l’action de l’entreprise tokyoïte.
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Prenons un peu de hauteur en observant la situation juste avant la crise sanitaire que nous sommes encore en train de vivre actuellement.
Une petite Doze de rappel

Bien que nous ne soyons pas des Nicolas Doze en herbe, nous avons suffisamment de curiosité pour nous aventurer dans les tréfonds d’une analyse de la situation. Afin d’appuyer notre réflexion, nous allons nous concentrer sur trois indices : le Nikkei 225, le NASDAQ et le CAC 40. Ce sont les indicateurs économiques les plus souvent suivis. Ces derniers concernent respectivement le Japon, la Bourse new-yorkaise et la France. Pour ne pas avoir un décalage en matière de chiffres, nous avons arrêté notre point de départ au 10 janvier 2020, voici les positions de chacun :
- Nikkei 225 : 23 850,57 points.
- NASDAQ : 173,18 USD.
- CAC 40 : 6037,11 points.
À ce jour, ils se trouvent tous en nette évolution depuis ce point de départ, et ce malgré la crise sanitaire. Le Nikkei se positionne avec une hausse de 12,02%, l’indice américain avec +63,48% et notre cher hexagone se voit gratifié d’une évolution de 15,38%.
En parallèle, bien que l’ensemble du globe ait été paralysé dans les premiers mois suivant les diverses annonces de confinement, les cours boursiers ont repris de plus belle juste avant la saison estivale. Cela s’expliquant en partie par des arbitrages dans les choix des investisseurs qui ont trouvé un intérêt certain dans les valeurs relatives au monde de la tech, de la santé, mais aussi dans les valeurs labellisées ISR (Investissement Socialement Responsable), ainsi que dans la silver economie (séniors). La technologie était un choix de raison, car nous étions majoritairement confinés ou isolés, aussi le besoin de communiquer ou de se divertir était naturellement une aubaine pour les acteurs du secteur.
La tech a le vent en poupe !
Si l’on prend pour exemple un fond spécialisé dans le domaine tel que Tocqueville Technology, nous pouvons constater que le portefeuille n’a eu de cesse de grimper, cela se traduisant par une hausse de 51,80% entre le 10 janvier 2020 et le 19 janvier 2022, sa reprise s’est faite aux alentour du 22 mai 2020 et depuis, le titre continue son avancée. Toutefois, nous constatons un ralentissement en ce début d’année avec une légère baisse d’environ 9%.

Du côté des consoliers que sont Microsoft et Sony, nous pouvons voir qu’ils ont suivi la même trajectoire avec respectivement +91,06% et +56% par rapport au point de départ que nous avons défini. De la même manière que pour le fond cité précédemment, les deux acteurs du jeu vidéo voient leur titre reculer depuis le début de l’année, avec un retrait de -11,36% pour Microsoft et -22,28% pour son homologue japonais.
Des facteurs multiples. Pour certains, c’est mal passé
Outre la crise sanitaire, un autre facteur peut expliquer la réorientation des investissements dans les divers domaines que nous avons pu citer : l’absence d’intérêt pour le marché obligataire. Bien que ce nom puisse vous sembler barbare, il faut le démystifier. Le marché obligataire représente des titres de créances émis par des entreprises ou des États pour se financer.
David Malpass, président de la Banque Mondiale, a par ailleurs fustigé le rachat de l’éditeur en avançant le fait que de nombreux pays pauvres n’ont aujourd’hui pas accès au marché obligataire pour se financer.

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En effet, ce marché permet aux États de se financer directement auprès des investisseurs. En France, notre indicateur est l’OAT à 10 ans (Obligation Assimilable au Trésor). Si jusqu’ici les taux étaient négatifs, ces derniers semblent reprendre des couleurs en ce début d’année avec une OAT à 10 ans portée actuellement à 0,32%. Il en est de même pour les taux directeurs de la FED, dont l’obligation à 10 ans est de 1,778%.
Ce phénomène a pour conséquence un ralentissement du marché des actions, en témoigne la baisse des cours du Nikkei 225, du NASDAQ et du CAC 40. En première ligne, le monde de la tech qui ralentit, à l’image de Dassault Systèmes (-2,93%) ou encore Capgemini (-1,99%) à la fin de la semaine dernière. Seul le fabricant de semi-conducteurs STMicroelectronics se voit en évolution de 2,58%, il faut dire que la demande est importante et l’offre peine à satisfaire l’ensemble des acheteurs.
Les sirènes des conclusions hâtives
L’ensemble de ces éléments regroupés, ainsi que les décisions internes ont évidemment un rôle majeur dans ce que nous constatons depuis le début de cette année, en témoigne la baisse du cours de Microsoft et de Sony.
Aussi, pour résumer, il ne faut pas se laisser aller à des conclusions hâtives. Certes la politique commerciale et les rachats effectués par le géant américain ont un impact direct sur la cotation de Sony, mais il faut ajouter tous les autres paramètres exogènes et endogènes, tels que les marchés et les arbitrages fait par les investisseurs, ainsi que les effets de crises géopolitiques telles que la crise en Ukraine qui met en tension l’ensemble des pays membres de l’ONU et voisins.
Bien évidemment, le mutisme du géant japonais quant à sa réponse au Xbox Game Pass ne joue pas en sa faveur, ainsi que le fait, jusqu’ici, d’avoir voulu tout réserver à sa machine de salon. Sony semble entamer une profonde modification dans sa démarche commerciale, avec notamment l’arrivée de titres phares sur PC, à l’image de God of War, mais également dans sa volonté de répondre au fer de lance de Phil Spencer avec le projet Spartacus. Reste que nous avons hâte d’en connaître la teneur et, en attendant, prudence est de mise, il n’est pas impossible que les cours puissent encore baisser dans les semaines à venir. Alors, ne vous inquiétez pas, nos consoliers vont bien, la partie ne fait que commencer entre les deux géants !
@Gordon Freeman : il suffit d’avoir vu ses anciens commentaires, pour voir qu’il est assez bas de plafond… :’-))
{{@kajjun -}} J’ignore quel est ton problème, mais voilà un bon conseil : quand il n’y a pas matière pour clasher quelqu’un, ne te ridiculise pas en voulant absolument trouver une raison de le faire ; c’est comme ça qu’on passe pour un troll de bas étage… Depuis qu’on parle de ce projet « {Spartacus} », tout le monde semble persuadé qu’il s’agit d’une contre-attaque envers le gamepass ; ce n’est pas mon opinion d’être divin qui l’affirme, c’est ce qu’on lit partout!
{« un géant aux pieds fragile{{S}} est appelé à disparaître au prochain achat gargantuesque »}
You make my day! :’-)):o)
« « tout le monde souhaite y voir la contre-attaque de Sony en terme d’abonnement gaming »»
« Tout le monde » Pas vraiment non ⚰ B-) À moins que tu penses que tu es le centre du monde mais désoler de t’apprendre que c’est pas le cas.
Sony qui est un géant aux pieds fragile est appelé à disparaître au prochain achat gargantuesque de son concurrent, d’ailleurs les actionnaires doivent déjà discuter à propos des ventes de leurs actions afin de ne pas tout perdre.
Intéressant, merci pour cette analyse 🙂
«{Sony semble entamer une profonde modification dans sa démarche commerciale, avec notamment l’arrivée de titres phares sur PC, à l’image de God of War, mais également dans sa volonté de répondre au fer de lance de Phil Spencer avec le projet Spartacus.}» Je pense que les médias devraient arrêter de dire que ce projet « {{Spartacus}} » est une réponse au gamepass de XBOX car, on ignore ce que PlayStation compte vraiment faire. Depuis que les rumeurs courent là-dessus, tout le monde souhaite y voir la contre-attaque de Sony en terme d’abonnement… Lire la suite »