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Test – The Mound : Omen of Cthulhu – Quand la folie tourne court… et que la frustration prend racine

Test – The Mound : Omen of Cthulhu – Quand la folie tourne court… et que la frustration prend racine
© Nacon
KatiePar
Le 15 juillet 2026
Le 15 juillet 2026
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L’horreur cosmique, portée par le mythe de Cthulhu, continue d’étendre son emprise. Avec The Mound : Omen of Cthulhu, développé par le studio chilien ACE Team et édité par Nacon, on s’enfonce au cœur d’une jungle sud-américaine du 16ème siècle, un territoire où chacun de nos pas risque de fissurer notre perception de la réalité. Inspiré de la nouvelle Le Tertre, le jeu offre une expérience coopérative centrée sur la survie et la collaboration, au risque d’y laisser une part de notre santé mentale. Entre coordination fragile, paranoïa insidieuse et chasse au butin, The Mound nous entraîne dans une aventure où l’on doute autant de ses alliés que de ce que l’on croit percevoir. Une proposition alléchante, presque envoûtante sur le papier… mais qu’en reste-t-il une fois les pieds dans la jungle ?

Bienvenue dans la jungle maudite

L’histoire se déroule en 1652, au temps des conquistadors, dans une Amérique du Sud encore inconnue des Européens. On y incarne un explorateur mandaté pour percer les secrets d’une région isolée qui regorge de richesses enfouies, mais aussi de disparitions inexpliquées et d’un tertre sacré.

Cette base littéraire confère au récit une aura intrigante, évoquant une civilisation oubliée, des rites anciens et une menace ensevelie. Mais  le jeu adopte d’emblée une approche plus pragmatique avec une expédition qui tourne mal, une jungle imprévisible qui avale les certitudes et un groupe d’explorateurs dont la raison vacille à mesure qu’il progresse. 

Un concept clair et impitoyable : explorer, collecter, survivre et s’extraire

L’intrigue démarre à bord du Tempestad, un galion surgissant de la brume telle une apparition spectrale. Ce navire sert de hub entre chaque mission. On y choisit son personnage, on récupère auprès du capitaine des contrats aux objectifs précis, comme ramener des trésors d’une certaine valeur, localiser un fort abandonné et même retrouver un disparu. Puis, on répartit les différentes armes à feu (puissantes, mais peu discrètes) et des armes blanches (arc, lance…) ainsi que des ressources et des consommables (bandages, cuirasse, rations de nourriture…) avant de débarquer dans la jungle. De plus, une boutique permet d’étoffer notre panoplie grâce à des médaillons occultes, des crucifix, des cartes ou des torches pour s’éclairer dans les ténèbres, tandis qu’une enclume permet d’améliorer ou d’échanger une arme avant de partir. Ces préparatifs sont indispensables, car le jeu ne laisse aucune place à l’improvisation.

Le gameplay repose sur une boucle au principe simple en apparence : explorer, ramasser, survivre et s’extraire pour empocher des récompenses, monter de rang et ainsi débloquer de petits avantages (possibilité de s’équiper d’un couteau supplémentaire, par exemple). Mais, derrière cette simplicité, se cache un système punitif où chaque erreur se paie cash. Les missions s’effectuent sous la forme d’expéditions durant une vingtaine de minutes environ et, plus on foule les terres maudites, plus l’influence néfaste se manifeste. Visions ou hallucinations, créatures difformes agressives, pièges, distorsions… la nature semble s’éveiller, s’altérer et se rebeller. Progressivement, la folie s’installe et devient notre compagne de route.

Dès les premières sessions, on comprend que la faucheuse rôde à chaque détour. Le jeu est punitif et exigeant, c’est lui qui impose sa loi. Les mécaniques, souvent cryptiques, demandent de l’observation, de la patience et une vraie capacité d’adaptation, ce qui risque d’en décourager certains. The Mound : Omen of Cthulhu récompense la prudence, la discrétion, la fouille minutieuse et l’entraide. C’est pourquoi courir partout en faisant du bruit ou se disperser c’est souvent signer son arrêt de mort, car la jungle ne pardonne rien et le jeu non plus. 

Nous sommes accompagnés par le père Escalona, qui conduit un chariot tracté par un bœuf, celui-ci étant indispensable pour stocker nos diverses trouvailles (ressources, artéfacts ou vivres…), gérer notre inventaire limité et même soigner et transporter les équipiers blessés. Si l’on perd sa trace, il suffit de siffler pour qu’il nous réponde par une corne permettant de le localiser, ce qui est bien pratique mais pas du tout discret, donc à faire nos risques et péril. À chaque mission remplie, on accède à d’autres zones et l’on obtient des pages de codex enrichissant le lore, de nouveaux moyens de défense ainsi que des contrats supplémentaires, jusqu’à progresser vers les profondeurs de la map pour atteindre le fameux tertre. 

Une coopération exigeante

The Mound : Omen of Cthulhu peut se jouer seul, mais c’est en ligne (de deux à quatre joueurs en crossplay) qu’il prend tout son sens, ce qui est clairement recommandé. D’ailleurs, la communication vocale est bien plus qu’une option, elle devient essentielle et, avec un peu d’organisation, les rôles peuvent être répartis ainsi : l’éclaireur prudent, le chercheur de trésors, le soutien qui guette la folie et celui qui gère les consommables. 

Les armes étant limitées et les munitions rares, la plupart des situations encouragent l’évitement plutôt que l’affrontement. On avance lentement, on écoute, on se coordonne et on relève ceux qui sont à terre à l’aide de sels d’ammonium. Lorsque la corruption nous envahit, mettant les nerfs à rude épreuve, la cohésion du groupe devient la seule bouée de sauvetage, car, si toute l’escouade meurt, la partie prend fin avec un retour au bateau et l’on perd la totalité de nos trouvailles. 

Une jungle vivante… et menteuse

Quelques bonnes idées sortent du lot, notamment le système de santé mentale qui est au centre de l’expérience. À mesure que l’on avance, la conviction des joueurs se dégrade. Un allié peut soudain prendre l’aspect d’une monstruosité, un terrain plat devient un gouffre, des créatures difformes apparaissent pour nous poursuivre et une pluie de sang s’abat sur nous telle une malédiction. Là où le concept est intéressant, c’est que chaque coéquipier hallucine différemment. La coopération devient alors un exercice de confiance presque désespéré : sommes-nous les seuls à voir cette créature ou est-ce juste une manipulation ? Cette mécanique transforme donc chaque décision en un pari risqué.

L’ambiance sonore renforce d’ailleurs pleinement la sensation d’être épié. Murmures indistincts et grognements bestiaux s’immiscent dans nos oreilles, craquements de branches, bruissements de feuilles dans les buissons ou hurlements lointains résonnent, entraînant  l’accélération du rythme cardiaque… Tout semble conspirer dans le but de nous faire douter de tout  afin d’installer la tension, ce qui fonctionne plutôt bien.

Un univers prometteur, mais à la réalisation bancale

Si, sur le papier, The Mound : Omen of Cthulhu coche les cases du survival lovecraftien, manette en main c’est une autre histoire. L’expérience reste inaboutie, imprécise et souvent frustrante. L’exploration, pourtant au centre du gameplay, s’avère étonnamment linéaire. On avance zone par zone en espérant que quelque chose se passe, dans des environnements qui manquent parfois de lisibilité et de points d’intérêts, la progression se transformant alors en une succession de couloirs et de grottes sombres, sans que l’on ressente le frisson de la découverte. Au lieu de nourrir la peur et la curiosité, on a souvent la désagréable impression que les tâches à accomplir sont mécaniques et redondantes, ce qui émousse rapidement l’envie d’aller plus loin. 

Quant aux combats, ils n’ont hélas aucune saveur. Ils se révèlent rigides, imprécis et sans aucune sensation d’impact (difficile de savoir si on a bien touché l’ennemi), de  ce fait ils peinent à transmettre l’excitation. De plus, la progression lente enchaîne des séquences qui finissent par se ressembler : on avance, on déclenche un script, on avance encore, on trouve un trésor et, globalement, c’est tout. Pas de scène marquante ni de réel sursaut, même les monstruosités croisées peinent à convaincre. L’ensemble manque d’âme, les mécaniques fonctionnent, mais montrent vite leurs limites. En bref, l’oppression lovecraftienne promise n’est tout simplement pas au rendez-vous.

Par ailleurs, le visuel daté avec des animations raides et des textures qui tardent à s’afficher n’aident pas à l’immersion, tout comme les visages des PNJ qui restent figés.  À cela s’ajoutent des bugs de collision avec un personnage se retrouvant encastré dans le corps du boeuf du chariot, celui-ci ayant parfois du mal à suivre son itinéraire, quelques tressaillements et des temps de chargement un peu longs. Quant aux dialogues, en VOST et réduits au strict minimum, ils manquent cruellement d’intérêt. L’ambiance est sans doute l’aspect où le jeu avait pourtant le plus de potentiel. On sent la volonté d’installer une atmosphère lourde et mystérieuse, mais tout reste en surface sans jamais aller au bout de la noirceur. On retrouve bien sûr les codes du genre (symboles occultes, rituels, créatures difformes…), mais tous ces éléments ne font pas honneur au mythe évoqué et semblent juste être posés là, sans véritablement faire monter l’adrénaline. 

Le jeu souffre également de problèmes techniques : chutes de framerates régulières, ralentissements brutaux dans certaines scènes, aliasing et popping. On constate aussi des transitions abruptes lorsqu’on escalade une paroi ou que l’on s’extirpe d’un piège, la vue passant soudainement de la première à la troisième personne, avec un placement de la caméra maladroit et désagréable. Par moments, le protagoniste semble même glisser sur le sol, comme si la physique elle-même perdait pied. Espérons que la mise à jour day one viendra résoudre ces soucis tant ils impactent le jeu.

The Mound : Omen of Cthulhu sera disponible le 15 juillet sur Xbox Series X|S, PlayStation 5 et PC.





Le Bilan

On a aimé 

  • L’univers lovecraftien… 
  • L’ambiance sonore
  • Le système de santé mentale
  • Le concept de survie coopérative
  • … au mythe sous-exploité
  • Les mécaniques qui s’essoufflent vite
  • L’aspect punitif
  • Les bugs de collision et les chutes de framerate
  • Les combats rigides et imprécis
  • L’absence réelle de peur

Conclusion du test de The Mound : Omen of Cthulhu

Sous ses promesses de paranoïa rampante, de jungle oppressante et d’évocation lovecraftienne, The Mound : Omen of Cthulhu nous laisse un goût de déception et d’inachevé. Malgré quelques idées intéressantes, comme la santé mentale et la survie coopérative, la réalisation est maladroite avec des combats rigides et imprécis, un visuel daté, des mécaniques qui s’essoufflent vite, l’absence de réelle montée d’adrénaline et des soucis techniques qui brisent l’immersion. Le réveil tentaculaire tant espéré ne se produit jamais et c’est une autre créature qui s’invite au cœur de l’expérience : la frustration, tenace et prête à s’enraciner là où le vertige cosmique aurait dû éclore. Les Grands Anciens peuvent dormir tranquilles… et vous pouvez passer votre chemin en vous dirigeant vers d’autres terres plus habitées.

Katie
Bercée dès mon plus jeune âge par les cauchemars de Freddy Krueger, je nourris une passion particulière pour les jeux d'horreur et je rêve de galaxies et de rencontres du troisième type. Armée d'un casque et de caféine, je suis toujours prête à appuyer sur "start" pour sauver le monde de la menace zombie et vivre de nouvelles aventures.
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The Mound : Omen of Cthulhu

Développeur : ACE Team
Éditeur : Nacon
Date de sortie : 15/07/2026

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