« N’acceptez pas ça » : d’anciens employés de Xbox lancent un avertissement avant les licenciements

Alors que Xbox serait sur le point d’annoncer une nouvelle vague de licenciements, plusieurs anciens employés alertent publiquement leurs anciens collègues. Dans une enquête de Game Developer, ils décrivent un climat dans lequel les signalements adressés aux ressources humaines pourraient se retourner contre ceux qui les déposent.
Des anciens de Xbox alertent sur un risque de représailles
Game Developer s’est entretenu avec quatre anciens employés de Xbox. Ils décrivent ce qu’ils présentent comme un schéma récurrent. Après avoir signalé des comportements toxiques présumés de responsables, parfois directement auprès des ressources humaines de Microsoft, ils affirment avoir été écartés de l’entreprise.

Ces témoignages interviennent alors que des rumeurs de fermetures de studios et de licenciements massifs chez Xbox circulent. Les anciens salariés interrogés craignent que certains responsables accusés d’abus profitent de ces suppressions de postes pour cibler les employés ayant déjà déposé une plainte.
Glenn Israel, ancien directeur artistique de Halo Studios, fait partie des témoins cités. Il conseille aux employés concernés de conserver toutes les preuves possibles et d’informer leur contact RH que « tout licenciement économique sera considéré comme une mesure de représailles ».
Il donne également un conseil très concret : « Renseignez-vous sur les délais de prescription prévus par les législations fédérales et celles de votre État pour signaler ce type de faits aux autorités compétentes. Selon les juridictions, ils varient entre 60 et 300 jours. » Selon lui, les salariés licenciés devraient consulter un avocat avant de signer quoi que ce soit.
Pour compléter ces recommandations, Thomas Lenz, avocat en droit du travail interrogé par le média, conseille aux employés en poste de conserver non seulement les preuves de comportements abusifs, mais aussi les traces de leurs réussites et de leurs accomplissements professionnels. En cas de contestation juridique, ce dossier permet de démontrer la valeur du salarié et de fragiliser les arguments de l’entreprise s’il est visé par un licenciement.
Des récits qui décrivent un même mécanisme
Les anciens employés interrogés par Game Developer, dont plusieurs ont souhaité rester anonymes par crainte de représailles de Microsoft ou de futurs employeurs, racontent des expériences différentes. Elles ont toutefois un point commun : dénoncer un comportement problématique aurait conduit à une mise à l’écart.

L’un des témoins affirme avoir été licencié après avoir participé à une enquête interne visant un dirigeant de studio accusé d’humilier régulièrement ses employés en réunion. Selon lui, ce responsable aurait ensuite cherché à identifier les témoins. Il occupait également une position d’influence au moment où la liste des personnes licenciées a été établie.
Un autre ancien employé rapporte avoir été placé sous un plan d’amélioration des performances (PIP) après que son supérieur l’a accusé de lui avoir « manqué de respect » lors d’une réunion. Cette procédure a suspendu son accès aux systèmes de Microsoft et l’a contraint à choisir entre accepter ce plan ou quitter l’entreprise. C’est dans ce contexte de départ forcé qu’il dit avoir signalé les abus verbaux de son manager aux ressources humaines, un signalement resté sans réponse.
Une troisième source, employée de longue date chez Xbox, évoque un climat dans lequel toute remise en cause des conditions de travail pouvait être sanctionnée. Elle affirme notamment avoir vu la direction exercer des représailles contre une collègue après que cette dernière a déposé une demande d’aménagement de poste liée à un handicap, dans le cadre de la loi américaine ADA. Elle résume la logique supposée de certains dirigeants par cette formule : « Si vous montrez le moindre signe indiquant que vous n’adhérez pas aveuglément au discours de l’entreprise, nous ne voulons plus de vous. »
Glenn Israel met directement en cause Halo Studios
Glenn Israel livre de son côté un témoignage particulièrement accablant. L’ancien directeur artistique explique avoir occupé simultanément « trois postes de directeur » sur trois projets différents pendant neuf mois. Xbox lui aurait même remis une « récompense pour services exceptionnels » afin de saluer cette charge de travail.

Malgré cela, il a été licencié à la fin de l’année 2025. Son accord de départ indiquait que son poste de directeur artistique « n’était plus nécessaire ». Pourtant, selon lui, un autre artiste de Halo Studios a été promu directeur artistique un mois après son départ.
Glenn Israel affirme que son licenciement est intervenu après des plaintes visant le directeur de Halo Studios, Pierre Hintze, et le directeur artistique Chris Matthews. Il dit avoir « été témoin direct ou victime de nombreux actes contraires à l’éthique et, selon lui, illégaux », dont « des mises sur liste noire, des fraudes liées à la rémunération, un favoritisme et un copinage généralisés », mais aussi plusieurs campagnes de harcèlement destinées à pousser à la démission des employés pourtant irréprochables.
Après avoir échangé avec « une douzaine environ » d’anciens employés de Xbox, Glenn Israel accuse Microsoft de « fabriquer ou d’exploiter les licenciements afin d’écarter les salariés ayant déposé des plaintes légitimes et fondées, tout en dissimulant ces représailles derrière un mince vernis de justification économique ». Son message aux salariés concernés est clair : « N’acceptez pas cela comme une pratique normale. C’est illégal et cela doit cesser. »
Au moment de la publication de l’enquête de Game Developer, Xbox n’a pas répondu aux demandes de commentaire.
22000 employés qui ne sont pas capables de produire des jeux vendant des consoles, il faut se débarrasser de dix-mille et se concentrer sur 10 studios et pas 40. 10 studios qui feront des killer-App et on laisse les autres éditeurs faire le reste