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Test – Mina the Hollower – De quoi grignoter le cœur de nombreux gameurs

Test – Mina the Hollower – De quoi grignoter le cœur de nombreux gameurs
© Yacht Club Games
Le 27 juin 2026
Le 27 juin 2026
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2026 serait-elle l’année vidéoludique des rongeurs ? Après le savoureux Mouse P.I. For Hire et avant la sortie estivale de Moss : The Forgotten Relic, une petite muloteuse vient tout juste de chiper la première place des charts sur Metacritic. Pourtant, le titre en question ne propose aucun gameplay révolutionnaire ni de graphismes éblouissants, mais il exploite habilement le pixel art comme bien d’autres jeux indépendants nostalgiques du siècle dernier. Les développeurs de chez Yacht Club Games, déjà coutumiers du fait avec Shovel Knight, reviennent sur le devant de la scène grâce à une nouvelle licence résolument tournée vers l’exploration. Avec Mina the Hollower, le studio américain nous entraîne sur une île maudite dans la peau d’une minuscule bestiole capable de s’enfouir sous terre pour se déplacer et pour combattre de dangereux ennemis. Nous préférons vous avertir en posant des tapettes dès le départ, l’aventure exige de la patience et de la persévérance pour être pleinement appréciée ou, autrement, vous serez fait comme un rat…

Un lien vers le passé

Dès le premier regard, Mina the Hollower affiche clairement ses inspirations. Le titre adopte une esthétique 8 bits digne des productions sorties sur Game Boy Color avec des sprites simplistes, des décors composés de gros pixels et une palette limitée de couleurs. Les amateurs de jeux rétro y retrouveront immédiatement le charme des productions de la fin des années 90, puisque l’effet nostalgique fonctionne à merveille en arrivant sur le menu principal. Nous dirions même plus, dès la cinématique introductive qui active automatiquement des souvenirs chez les plus anciennes joueuses et les plus vieux joueurs que nous sommes.

Mais réduire le jeu à un simple exercice de style serait particulièrement injuste. Yacht Club Games exploite cette base visuelle avec un savoir-faire impressionnant. Les animations des personnages comme Mina sont détaillées et les ennemis possèdent chacun leur propre personnalité visuelle. Toutefois, nous n’avons pas trouvé toutes les créatures très inspirées, notamment les oiseaux bleus aux alentours d’Ossex ou encore les choses sans tête de la crypte de Tombereine. En ce qui concerne les environnements, la progression dans l’aventure offre des changements réguliers d’ambiance pour éviter toute monotonie. Chaque nouvelle zone apporte son lot de surprises, qu’il s’agisse d’un village plongé dans la pénombre, d’un cimetière inquiétant ou d’un manoir aux allures de film d’horreur gothique.

Le studio ajoute également de nombreux effets plus modernes qui donnent du relief à l’ensemble de la production. Les éclairages dynamiques dans les villes, les jeux d’ombres à l’intérieur des donjons ou encore les nuances de couleurs lors des combats apportent une profondeur appréciable à l’esthétique rétro. Certains boss bénéficient même d’une mise en scène particulièrement soignée, avec des animations imposantes qui rappellent que nous sommes bien face à un titre du vingt-et-unième siècle.

Vous l’avez compris, l’ambiance générale constitue sans doute l’une des plus grandes réussites du titre. Néanmoins, nous devons vous faire un aveu par souci de transparence. Lors de la première phase du jeu et durant les quelques heures qui suivirent, notre impression n’était clairement pas si élogieuse. Peut-être était-ce lié au chaos qui accompagne Mina lors de son arrivée à Ossex, ou bien à cette météo maussade qui contraste avec les températures caniculaires que nous subissons actuellement. Plus largement, il est possible que certains joueurs n’aillent pas plus loin que le bout de leur museau face à ce début poussif. Alors, croyez-en notre expérience et n’hésitez pas à creuser plus longtemps pour laisser sa chance au produit. Hollower, creuseur… vous l’avez ?

L’oracle des saisons

Notre héroïne Mina est une muloteuse (quoi, on dit des chacaux ?) ingénieuse puisqu’elle est l’inventrice d’une technologie importante dans ce monde fictif. Jugez plutôt : les générateurs de bluettes permettent d’alimenter des villes entières en énergie et de sécuriser des régions menacées par de viles créatures. Le problème, c’est que ces objets sont tombés en panne sur une île et ses habitants ont besoin de la rongeuse de toute urgence pour les aider. À son arrivée, Mina ne peut que constater les dégâts. Des monstres surgissent de toutes parts et mettent en danger la population insulaire. Elle décide donc d’entreprendre une quête périlleuse consistant à aller réactiver les six générateurs disséminés un peu partout dans l’archipel.

Depuis Ossex, la capitale qui tient le rôle de zone centrale, il est possible de lancer presque n’importe quelle expédition dès le début de l’aventure. Mina the Hollower laisse une certaine liberté aux joueuses et aux joueurs afin de favoriser l’exploration au sens propre. Cela peut être assez déconcertant au départ car le repérage spatial est difficile et les éventualités nombreuses, mais cela reste un atout majeur du titre. D’autant que les personnages secondaires sont attachants et donnent des explications utiles lorsqu’on interagit avec eux. Les textes bénéficient d’une traduction française de qualité, notamment avec les petites blagues qui illuminent de banales rencontres.

La liberté scénaristique s’accompagne de son effet pervers, à savoir la multiplication d’allers-retours dans les différentes zones de l’île. Il existe bien des raccourcis matérialisés par un petit trou généralement bien caché, mais les sensations de déjà-vu arrivent inévitablement. Le problème, c’est qu’il n’y a aucune carte dans le jeu afin de pouvoir nous aider à nous repérer autour d’Ossex ou à l’intérieur d’un donjon. Pour un titre classé PEGI 7, cela peut facilement engendrer des difficultés auprès de nos jeunes souriceaux (et pas qu’eux !).

Cette absence est d’autant plus regrettable que Mina peut aller presque partout grâce à ses déplacements souterrains. Le temps passé à creuser un tunnel est assez court, mais permet de sauter plus loin en remontant à la surface. Inévitablement, nous avons marché sur des pics ou nous sommes tombés dans des trous en essayant de franchir un passage étroit. Si le système nécessite une phase d’adaptation avec la manette, le gameplay reste globalement assez précis et récompense la ténacité. En outre, la muloteuse est capable de grignoter des objets mal enfouis pour accumuler différentes ressources utiles pour les combats. Un repas peu ragoûtant à base de bibelots et de crânes, avant d’entamer le plat de résistance avec la ratatouille !

L’épée céleste

Mina the Hollower est loin d’être une promenade de santé. Les combats demandent de l’observation et une bonne maîtrise des mécaniques de déplacement précédemment évoquées. Dès le début de l’histoire, la joueuse ou le joueur doit choisir une arme modifiant réellement le gameplay par la suite. Le fouet permet d’infliger des dégâts moyens tout en étant à distance des ennemis, les dagues sont très efficaces au corps-à-corps et la masse s’avère destructrice mais lente à manipuler. Il est possible de récupérer d’autres objets offensifs durant l’aventure, mais le choix de départ demeure crucial pour les premiers affrontements.

Comme au bon vieux temps, les différents ennemis disposent d’une barre de vie affichée en bas de l’écran. Même les plus faibles créatures peuvent rapidement faire de gros dégâts, d’où l’importance de ne pas foncer dans le tas comme une tête de mule, oh ! Lorsque plusieurs ennemis sont présents à l’intérieur d’une zone, la jauge indique le niveau de santé du dernier monstre touché. Le game over est fréquent et punitif puisqu’il enlève une partie des récompenses récupérées depuis le dernier terrier de sauvegarde. Tout cela a donc un impact sur les stratégies à entreprendre lorsque les échecs se multiplient. 

Le bestiaire de Mina the Hollower est d’ailleurs assez étoffé avec plusieurs dizaines de créatures différentes. Chaque ennemi dispose de schémas d’attaque variés, tandis que les boss constituent de véritables épreuves de patience et de précision. Il est nécessaire d’apprendre les timings, de profiter des fenêtres d’ouverture et d’utiliser intelligemment la capacité de creuser pour triompher. Ainsi, la difficulté s’avère assez élevée, mais reste accessible avec un minimum de volonté. Une défaite donne le sentiment que l’on aurait pu mieux faire, ce qui pousse constamment à retenter sa chance.

“S’il ne vous fait du mal par volonté, il vous en fera par mégarde.”
Antoine-Vincent Arnault

D’autant qu’il existe diverses aides pour protéger la muloteuse. Par exemple, il est possible de redonner quelques PV à Mina en lui faisant boire une fiole. La difficulté réside dans le fait que l’action nécessite un peu de temps pour s’effectuer et, en cas de dégât causé par un adversaire, la potion n’aura aucun effet. Parallèlement, nous pouvons augmenter les statistiques défensives et offensives de notre héroïne en accumulant de l’expérience en combat. Rien de bien original dans toutes ces mécaniques de jeu, mais cela fonctionne parfaitement. Enfin, en fouinant dans les menus du jeu, vous trouverez quelques paramètres ajustables qui facilitent la vie de rongeur, mais empêchent le déblocage des succès. Impossible alors de se la rat-conter…

Le souffle de la nature

Les joueuses et les joueurs sont constamment encouragés à sortir des sentiers battus pour découvrir des passages secrets, souvent dissimulés derrière des murs suspects ou dans des zones difficiles d’accès. Ces chemins cachés mènent à des trésors plus ou moins précieux et, parfois, à des marchands d’objets rares bien utiles qui n’attendent que nos os (la monnaie du jeu) afin de progresser dans l’aventure. Il existe également des pierres destructibles pour révéler des salles secrètes. La dimension labyrinthique est assez impressionnante et donne l’illusion permanente de vivre une aventure unique.

Un lieu dans lequel vous risquez de passer du temps à ronger votre frein est la tanière de Mina. La demeure assez sommaire de la rongeuse peut être visitée en creusant sur un point de sauvegarde ou, ce qui arrive plus souvent, en ayant rencontré le game over. À l’intérieur du trou se trouvent des coffres permettant d’équiper la muloteuse de capacités spéciales ou de convertir des os en points d’expérience. Bref, si la déco laisse à désirer, n’hésitez pas à bichonner votre héroïne qui vous le rendra bien !

En plus de son scénario principal, Mina the Hollower propose plusieurs activités secondaires offrant un peu de variété au rythme du jeu. Il suffit pour cela de visiter les quartiers d’Ossex pour rencontrer des personnages proposant des défis de pêche ou des courses chronométrées dans l’île. Ces mini-jeux mettent en avant la rapidité et la maîtrise des déplacements de la rongeuse, ce qui fait que ces distractions ne sont guère reposantes ! Ça dort combien de temps par jour une muloteuse déjà ?

Concernant la durée de vie, il faut compter entre quinze et vingt heures pour terminer l’aventure principale. Cette estimation vaut surtout pour de bons joueurs, car il ne serait pas surprenant que le compteur grimpe davantage pour les plus occasionnels. Les chasseurs de succès devront relancer plusieurs parties afin de terminer le jeu en moins de deux-cent-quarante minutes ou encore en ne perdant aucun os durant les combats. Un sacré challenge qui, personnellement, nous a donné la sensation d’avoir un sacré chat dans la gorge !

Testé sur Xbox Series S, code fourni par l’éditeur.

Le Bilan

On a aimé 

  • Les graphismes d’une autre époque aux « Link » évidents
  • La quantité de secrets à déterrer avec ses petites pattes
  • Les différentes approches de combat grâce aux armes principales
  • La durée du jeu presque aussi longue que l’espérance de vie d’un mulot
  • Le niveau de difficulté, malgré les premières heures compliquées pour le testeur…
  • Justement, ces fameuses premières heures… Allez, sans rancune !
  • L’absence d’un système cartographique
  • Le design mal inspiré de certaines zones et de quelques ennemis

Conclusion du test de Mina the Hollower

Mina the Hollower ne rentre pas dans l’histoire vidéoludique par un trou de souris. Bien au contraire, le titre offre une aventure marquante qui mérite que nous en fassions tout un fromage. Les graphismes, rendant hommage à l’âge d’or de la génération 8 bits, ne paraissent pas datés et affichent même une étonnante modernité. Parvenir à explorer l’entièreté de ce monde pixelisé nécessite d’indéniables qualités, telle la curiosité, avec tous ces petits secrets à ronger un peu partout. Certes, nous regrettons le creux laissé par l’absence de carte pour mieux guider notre muloteuse à travers cette île ténébreuse. Néanmoins, cela ajoute une autre dimension à la difficulté déjà assez exigeante, souvent frustrante mais jamais injuste. Dès lors, le concept risque d’en piéger plus d’une et plus d’un comme des rats pendant de nombreuses heures !

Tomchoucrew
J'ai fondé Xboxygen en 2006 pour offrir une autre vision de l'actualité Xbox, plus complète, ouverte et critique :)
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Mina the Hollower

Développeur : Yacht Club Games
Éditeur : Yacht Club Games

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