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Test – South of Midnight – Comme un ouragan dans un verre d’eau

Test – South of Midnight – Comme un ouragan dans un verre d’eau
Le 3 avril 2025
Le 3 avril 2025

Donner le Bâton-Rouge pour se faire battre

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Qui a envie de se laisser tenter par une aventure en plein cœur des bayous ? Si ce n’est pas votre premier choix de destination afin d’effectuer un voyage de rêve, force est de constater que les différentes vidéos présentant South of Midnight ont réussi à susciter un certain intérêt auprès de nombreuses joueuses et de nombreux joueurs. Il faut dire que le programme s’annonce alléchant avec ce jeu à la troisième personne, puisqu’il propose un subtil mélange d’exploration et d’affrontements, dans un univers rempli de créatures magiques. Cependant, en faisant le choix d’offrir une aventure en stop motion, les développeurs de chez Compulsion Games ont pris le risque de s’embourber dans une formule beaucoup trop spécifique pour séduire un large public. À moins que les marécages ne cachent d’autres gros défauts bien plus gênants…

Hurricane Season

Un puissant ouragan traverse le sud des États-Unis. À Prospero, tous les habitants sont calfeutrés chez eux afin de bien rester à l’abri. Tous ? Non ! Une irréductible jeune femme, dénommée Hazel, décide de s’enquérir de l’état de ses voisins alors que la tempête fait rage. Tandis qu’elle fait le tour des maisons, elle assiste à une scène terrible. Sa maison se fait entièrement emporter par le courant d’une rivière en crue. Et, comme un malheur n’arrive jamais seul, il s’avère que Lacey, sa mère, était présente à l’intérieur du bâtiment…

Soupalognon y Croûton

L’introduction de South of Midnight ressemble au début d’un scénario de film catastrophe. Pourtant, il s’agit davantage d’une sorte de référence aux événements tragiques qu’ont connu les régions du sud des Etats-Unis durant ces dernières années. Personne n’a oublié les tristes bilans humains causés par certaines tempêtes, comme l’ouragan Katrina en 2005. Dans cette optique, le jeu se place rapidement sur un plan émotionnel afin de permettre le développement d’une réelle empathie pour Hazel.

Tu bugues Bunny ?

Tout au long des quatorze chapitres de l’aventure, notre héroïne va tenter de retrouver sa mère en récoltant des informations parmi les membres de la communauté de Prospero. Les joueuses et les joueurs vont rencontrer un certain nombre de personnages marquants, qui cachent souvent de lourds secrets. Attendez-vous notamment à être surpris par les révélations successives sur le passé de Bunny, la grand-mère paternelle d’Hazel. D’une manière générale, les thématiques abordées dans South of Midnight demeurent assez sombres et justifient, en partie, la classification PEGI 18 du titre.

La princesse et la grenouille

Si le premier niveau semble poser les bases d’une aventure classique, le jeu va rapidement prendre des allures de conte fantastique moderne lorsqu’Hazel découvre qu’elle est une Tisseuse. Grosso modo, cela signifie qu’elle possède des pouvoirs magiques lui permettant de voir des fantômes, mais aussi les fils reliant tout ce qui compose l’univers. Tisseuse, fils… Vous l’avez ? Cet enchevêtrement de ficelles, appelée la Grande Tapisserie, évolue constamment en fonction des différents événements se déroulant dans notre monde. C’est de cette façon qu’un nœud se forme lorsqu’une personne subit un traumatisme, entraînant alors l’apparition de séquelles : des plantes dangereuses poussent ainsi un peu partout, ce qui complique sérieusement le voyage de notre héroïne. D’autant que ces végétaux sont difficiles à éradiquer, comme d’autres nuisibles tenaces de ce grand pays !

Hazel le radeau

À cela s’ajoute l’émergence de tout un tas de créatures issues des mythes des régions méridionales étatsuniennes. Les amateurs de récits fantastiques connaissent probablement le Rougarou, un monstre lycanthrope à la mode dans les séries télévisées des années 2000. En plus de ces bestioles légendaires, d’autres personnages originaux s’immiscent dans l’aventure de South of Midnight. Parmi la liste non-exhaustive de ces héros secondaires, on retrouve Barbotte, un gros poisson faisant office de narrateur entre deux chapitres du jeu. Il y a également Croûton, un jouet d’enfance d’Hazel fort utile pour se faufiler à l’intérieur des zones exiguës. Attention néanmoins aux Hanteurs, les ennemis récurrents du jeu, que les joueurs affronteront à de multiples occasions.

Même Hazel semble surprise !

Évoquons avec quelques regrets les graphismes de South of Midnight. Les cinématiques en stop motion ne sont pas aidées par le moteur technique du jeu. Sur la version Xbox Series S, nous avons subi de nombreux ralentissements et observé un tas de bugs gênants. Nous repensons à Itchy, un personnage qu’il faut aider à un stade de l’aventure, qui a totalement disparu lors d’une vidéo où il ne restait que sa cigarette en lévitation. Plus globalement, les décors sont agréables à l’œil grâce aux lumières, mais le niveau de détail affiché reste très minimaliste. Hazel peut ainsi marcher dans une flaque d’eau sans que celle-ci ne bouge. Peut-être parce qu’elle est magicienne ?

Le chant de la Louisiane

South of Midnight adopte un système très classique de gameplay, qui se caractérise en premier lieu par une exploration des niveaux. Cette découverte prend la forme d’une succession de plateformes à traverser en utilisant les pouvoirs d’Hazel. Au fur et à mesure de l’histoire, l’héroïne peut atteindre des zones de plus en plus éloignées en courant sur des murs, en tissant un lien avec une attache ou encore en volant dans les courants d’air. Tous ces aspects sont extrêmement classiques mais fonctionnent correctement. Nous avons tout de même noté que le saut comporte quelques imprécisions, qui risquent de vous ramener parfois à un endroit en contrebas de votre point de chute.

Pas simple d'obtenir le menu dans cet établissement !

La composition de tous les niveaux repose sur un schéma très linéaire. Il s’agit d’aller d’un endroit à un autre en suivant le seul chemin disponible. Cette construction dirigiste est légèrement différente lorsque plusieurs nœuds sont à détruire en même temps, comme dans certains villages abandonnés. Néanmoins, nous faisons rapidement le tour de ces espaces un peu plus ouverts et beaucoup trop rares. Il n’existe aucune carte pour se repérer au sein d’une zone, mais Hazel peut toutefois invoquer une toile pour lui indiquer le chemin vers l’objectif principal. On vous conseille d’essayer de vous en éloigner parfois, afin de trouver des sources lumineuses offrant des points pour améliorer des compétences ou la barre de santé.

Chérie, j'ai rétréci les cosses

En revanche, nous adressons tous nos compliments aux mélodies qui accompagnent les pérégrinations d’Hazel. Dans chaque chapitre, la musique évolue de la même manière que l’héroïne. Au départ, elle se fait plutôt discrète et légère, accompagnée de voix enfantines, puis elle devient de plus en plus intense, jusqu’au combat final où les sons se libèrent grâce à un chant mature et puissant. Cette intensité croissante est jubilatoire, d’autant qu’elle prend des formes très différentes. Du blues, de la country ou encore du jazz, autant de styles musicaux nés dans les régions méridionales des États-Unis et que South of Midnight met en avant. Bravo donc à Olivier Derivière et à ses équipes pour cette bande originale de qualité, qui offre un niveau d’immersion rarement atteint dans une œuvre vidéoludique.

Les bêtes du sud sauvage

Les combats de South of Midnight se déroulent toujours dans une zone fermée délimitée par des séquelles. Ces lieux sont donc facilement visibles à l’intérieur des niveaux, ce qui a le don (heureux ou fâcheux) de ne jamais surprendre le joueur. Lorsqu’Hazel pénètre dans l’arène, un ou plusieurs ennemis apparaissent. Il peut arriver que d’autres créatures émergent au fur et à mesure de l’avancement de l’affrontement, mais chaque bataille ne dure jamais trop longtemps. Une fois tous les méchants vaincus, le nœud peut être arraché afin de rendre l’environnement viable et permettre la progression de l’histoire principale.

C'est le printemps, il est temps de désherber !

Un paramètre intéressant concerne la difficulté des combats. Ceux-ci sont assez complexes si vous optez pour l’un des deux crans les plus élevés du jeu. Nous vous invitons à commencer l’aventure avec l’une de ces options, sachant que vous pouvez faciliter les affrontements à tout moment depuis les menus. Avouons-le, ces phases sont assez agréables lors des premières heures avant de devenir rapidement lassantes. Nous avons constaté une trop grande répétitivité en ce qui concerne les actions réalisables, et ce malgré les multiples efforts des développeurs afin d’apporter plus de diversité. L’arbre de compétences, par exemple, reste anecdotique pour élaborer de nouvelles stratégies offensives et défensives.

Spiderwoman

Avec la manette, le joueur peut contrôler Hazel et lui faire effectuer plusieurs types d’actions. Frapper, sauter et esquiver sont bien évidemment de la partie, tout comme la possibilité de se soigner grâce à une source lumineuse présente dans l’arène de combat. L’originalité vient des pouvoirs magiques de la jeune Tisseuse. La répulsion et l’attraction de fils permettent d’éloigner ou d’approcher un ennemi ciblé afin de lui donner des coups. Une autre compétence consiste à piéger une créature dans des fils, un peu comme une araignée tissant sa toile autour d’une proie. Chaque sort a un effet limité dans le temps et nécessite plusieurs secondes pour se recharger.

Un neuneu en moins

Comment ne pas évoquer également l’appui de Croûton, le jouet d’enfance d’Hazel, qui peut gêner momentanément un ennemi. Ce pouvoir a toute son importance lorsque plusieurs Hanteurs sont à nos trousses, surtout les grosses brutes. Néanmoins, la peluche est rarement disponible lors des combats contre les boss du jeu. Ces derniers se déroulent en plusieurs étapes évolutives et nous font faire face à des créatures mythiques. Vaincre le Rougarou représente sûrement l’un des défis les plus relevés de South of Midnight, à cause des phases où il se dissimule dans une brume avant d’attaquer frontalement. Il faut s’attendre ici à de véritables joutes de plusieurs minutes. Mais, là encore, vous risquez de connaître ce que même les Américains appellent un sentiment de déjà-vu.

La corde raide

En mettant de côté les phases de plateforme et les combats, South of Midnight n’a pas grand chose à proposer. Il y a bien ces quelques courses-poursuites qui se déclenchent après avoir rempli une bouteille aux souvenirs d’Hazel. L’objectif consiste alors à rejoindre promptement un arbre lumineux situé au bout d’un parcours d’obstacles, tout en échappant à une sorte d’entité nébuleuse malveillante. Toutefois, ces moments demeurent trop classiques pour susciter un quelconque intérêt. Ce qui aurait été (très) appréciable, c’est d’accomplir quelques quêtes secondaires durant l’aventure. Et pour cause, les différents personnages rencontrés sont plutôt charismatiques, mais vite mis de côté par l’intrigue principale. Il est donc difficile de garder en mémoire les conversations avec ces faire-valoir. Damned !

Est-ce que Croûton peut ricocher ?

Nous ne l’avons pas encore mentionné, mais les doublages français se révèlent être très agréables. Les voix des acteurs jouent parfaitement sur les intonations, comme dans les contes pour enfants. Pour autant, rappelons que le titre s’adresse uniquement aux adultes en raison d’une utilisation fréquente de mots grossiers ou d’injures. Autre remarque, nous avons constaté des différences étonnantes entre les noms de personnages employés à l’oral et ceux indiqués par les sous-titres. Votez 1 pour Chouchou, tapez 2 pour Paupiette !

Vive les peluches !

La quinzaine d’heures nécessaire pour atteindre la fin du jeu nous a semblé plutôt satisfaisante. Cette « courte » durée de vie permet à l’intrigue de ne jamais s’essouffler. En revanche, nous n’avons pas apprécié la conclusion proposée lors du dernier chapitre. Sans dévoiler la nature de notre déception, nous aurions aimé une fin qui ne nous laisse pas sur notre faim. Quant aux chasseurs de succès, ils devront probablement rejouer quelques niveaux afin de collecter des pages manquées lors de leur première visite, ou pour réaliser des actions spécifiques lors d’affrontements contre les Hanteurs. M’Hazel Tov !

Testé sur Xbox Series S, code fourni par l’éditeur.

Le Bilan

On a aimé 

  • L’exploitation du folklore méridional des États-Unis
  • La direction artistique complètement décalée du jeu
  • Les ambiances musicales dynamiques dans chaque niveau
  • L’étonnante profondeur des thèmes abordés durant les chapitres
  • Les aspects vieillots du gameplay, qui évoquent de bons vieux souvenirs
  • La qualité technique des animations lors des cinématiques
  • Le manque impardonnable de quêtes secondaires
  • La répétitivité des combats malgré un bestiaire assez bien fourni
  • Les nombreux bugs d’affichage et les ralentissements
  • Le chapitre final plutôt décevant, nous laissant clairement sur notre faim

Conclusion du test de South of Midnight

Old School & Musical
L’aventure proposée par South of Midnight risque de déboussoler un grand nombre de joueurs. Le titre possède pourtant de sérieux atouts, notamment avec son orientation artistique pleine de poésie. En outre, l’intégration des mythes américains dans l’histoire d’Hazel offre des sensations aussi agréables que celles procurées par un léger vent chaud venu du sud. Malheureusement, l’expérience globale est entachée par une technique complètement à l’ouest et des phases d’action répétitives. Nous avons eu l’impression de découvrir un jeu égaré du début de ce siècle en raison de sa structure beaucoup trop linéaire. C’est fortement regrettable, car nous nous serions bien perdus quelques heures de plus à proximité de Prospero, avec ses personnages attachants et l’excellente bande sonore. Peut-être que nos vœux seront exaucés lors d’une éventuelle suite ? Eh oui, nous ne perdons pas le nord chez Xboxygen !

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South of Midnight

Développeur : Compulsion Games
Éditeur : Xbox Game Studios

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