Test - The Gunk - Un joli cadeau

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L’Hiver est là et les fêtes de fin d’année approchent à grands pas. Une période conviviale au cours de laquelle des jeux vidéo se retrouvent bien souvent au pied du sapin. De quoi se remémorer avec nostalgie certains titres, plus ou moins bons, lancés avec excitation à peine notre part de bûche engloutie (quitte à essuyer les remarques de proches qui souhaitaient profiter de notre présence à table).

Depuis le 16 décembre, les joueuses et joueurs Xbox et PC peuvent enfin s’essayer, notamment via le Xbox Game Pass, à The Gunk, nouvelle licence du studio suédois Image & Form Games (SteamWorld). Plutôt discret avant sa sortie, ce jeu d’aventure/plateforme en 3D qui prend place sur une planète inexplorée n’avait montré que peu de gameplay. Une fois ce petit paquet cadeau déballé, deux questions se posent : cette surprise mérite-t-elle que l’on s’y attarde, quitte à délaisser, pendant quelques heures, les blockbusters que sont Halo Infinite et Forza Horizon 5, et pourquoi oui ?

Comment ne pas succomber à l’appel de cette planète ?

Une histoire classique, prétexte à la mise en valeur d’une belle relation

Rani et Beck forment un duo de convoyeuses de l’espace dont le travail consiste à trouver des ressources cachées aux confins de l’univers. Alors qu’elles survolent une planète inconnue à bord de leur vaisseau, elles détectent un signal provenant d’une source énergétique importante. Sans plus attendre, les deux aventurières décident de débarquer sur cet astre. Très rapidement, Rani va faire part à son amie, restée à bord, d’étranges découvertes liées à une substance parasite, le Gunk, et de la probable présence d’autres formes de vie plus ou moins accueillantes…

L’histoire de The Gunk nous est principalement contée à travers la narration environnementale. De plus, le contact radio que nous maintenons avec Beck durant notre aventure, d’une durée de cinq heures environ, permet de renforcer notre attachement aux deux femmes. La qualité des dialogues rappelle souvent le superbe Firewatch (2016), actuellement proposé avec le Xbox Game Pass.

Bunny, le vaisseau de Rani et Beck, se pose peu de temps après l’introduction.

Si le scénario ne brille pas par son originalité, notamment en abordant certaines thématiques déjà traitées par le passé, on prend plaisir à lever le voile sur les mystères qu’abrite cette planète.

Des personnages touchants donc et une histoire assez convenue, mais le charme du jeu est ailleurs, assurément !

Un gameplay simple et efficace, basé sur de prestigieuses références

Le studio suédois a fait le choix de ne pas proposer de niveaux de difficulté. Cette décision va rapidement s’expliquer car le jeu n’a jamais pour ambition de représenter un quelconque challenge, que ce soit à travers les multiples phases de plateforme ou la poignée de phases d’affrontement. Ainsi, la fameuse barre de vie est absente et la santé de Rani se régénère automatiquement. Ce parti pris s’explique simplement par le souhait de mettre l’accent sur l’exploration et la contemplation du monde qui nous entoure.

Il existe une quinzaine d’améliorations à débloquer, grâce au scanner greffé à notre gant.

À de nombreuses reprises, The Gunk semble s’inspirer de plusieurs jeux issus du début des années 2000, et pas des moindres. On pense tout d’abord à Metroid Prime (2002). En effet, un sentiment de solitude assez écrasant se fait ressentir lors de notre découverte de cette planète à la végétation luxuriante. Le fait de scanner une partie des éléments du décor nous permet de débloquer certaines améliorations non indispensables mais très appréciables. Cette capacité reste bien moins chronophage que dans l’opus à la première personne de Samus. Depuis les quatre coins de la planète, les voyages rapides nous permettent de revenir au Bunny afin d’installer ces upgrades sur notre prothèse, une autre particularité du titre.

Le Gunk étouffe la planète. À nous d’y remédier.

Ce gant qui prend le plus souvent la forme d’un aspirateur afin de se débarrasser du Gunk, masse informe qui nuit à la nature, nous rappelle immédiatement les sensations de jeu d’un Luigi’s Mansion (2001) ou d’un Super Mario Sunshine (2002). Si ces phases de nettoyage peuvent sembler répétitives, elles n’en demeurent pas moins toujours satisfaisantes une fois terminées : la nature reprend alors ses droits dans une farandole de couleurs digne d’Okami (2006).

Bien qu’étant le fruit de multiples références de qualité, The Gunk semble avant tout miser sur la fluidité de son aventure, quitte à sembler parfois bien trop simple, et ce malgré la diversité des situations rencontrées. De quoi nous rappeler un certain StarFox Adventures (toujours 2002, quelle année !). En alternant exploration, action, plateforme ou résolution d’énigmes dans des couloirs ou des zones restreintes, le titre d’Image and Form Games reprend, pour notre plus grand bonheur, les codes de jeux d’aventures qu’on pensait à jamais disparus.

Certes, il existe bien quelques petits secrets à trouver ici et là pour les plus complétistes, mais aucun objectif secondaire ou aller-retour ne vient prolonger artificiellement la durée de vie, aussi courte soit-elle. Et si on peut reprocher à The Gunk de ne pas particulièrement nous inciter à relancer une partie, quel plaisir d’en voir le bout sans souffler devant la sempiternelle répétitivité des jeux actuels !

Une superbe direction artistique qui permet de se distinguer

Les effets de lumière sont superbement gérés.

The Gunk jouit d’une très belle DA qui n’a pas à rougir face à certains jeux AAA. Les paysages nous poussent à l’exploration et les intérieurs ne sont pas en reste. Concernant ces derniers, on peut simplement regretter que certains passages soient beaucoup trop sombres pour que l’action y soit aisément lisible. Pas de quoi entacher l’ambiance, aussi apaisante que mystérieuse, de cette superbe planète.

Le tout est accompagné d’une très belle bande-son qui, bien que discrète en début de jeu, sait se faire plus présente au fil de l’aventure. Alliée à des doublages anglais saisissants, le tout sert parfaitement une émotion palpable qui va crescendo.

D’un point de vue technique, seuls quelques petits soucis de collision sont à souligner. Le jeu semble constamment tenir les 60 images par seconde. De quoi grandement participer au plaisir de contrôler Rani. Quelques temps de chargement interviennent entre les différentes zones de jeu, mais leur durée est bien trop faible pour nuire à cette proposition vidéoludique, aussi plaisante que cohérente.

Au cours de notre progression, le paysage s’obscurcit.

Test réalisé sur Xbox Series X (optimisé)

Bilan

On a aimé :
  • Le lien entre Rani et Beck
  • Un plaisir de jeu simple qui tend à se raréfier de nos jours
  • La direction artistique est maîtrisée de bout en bout
  • Le jeu est disponible avec le Xbox Game Pass
On n’a pas aimé :
  • Le challenge est absent…
  • ...par conséquent le jeu peut paraître trop court
  • Pour chipoter : un certain manque d’originalité
La magie de Noël

The Gunk est une belle surprise, inspirée de références installées au Panthéon du jeu vidéo. Un petit goût de nostalgie qui n’est pas sans nous déplaire en cette période de fêtes. Si on peut lui reprocher sa simplicité, sa faible durée de vie et un certain manque de prises de risques dans ses propositions de gameplay, on ne peut faire l’impasse sur un plaisir de jeu immédiat, souvent absent des productions actuelles. Une superbe direction artistique vient parfaire le tout. Le jeu se positionne ainsi comme l’un des rares titres récents pouvant se targuer de lier simplicité, plaisir et beauté. Une jolie réussite destinée aux petit(e)s et aux grand(e)s, accessible sur le Xbox Game Pass !

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The Gunk

Genre : Aventure/Plates-Formes

Éditeur : Image & Form Games

Développeur : Image & Form Games

Date de sortie : 16/12/2021

Prévu sur :

Xbox Series X, Xbox One, PC Windows

2 reactions

LoveTartiflette

24 déc 2021 @ 11:36

Avis partagé à 100% de ce test, particulièrement sur le point du plaisir simple. On se ballade, on découvre comme si on était dans un jardin.

Luigi’s Mansion, Mario Sunshine, Starfox Adventures, que des refs de qualités B-)

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callveen

24 déc 2021 @ 12:07

Entièrement d’accord avec ce test, j’ai eu l’occasion de le faire quasiment d’une traite, il n’est pas bien long, juste ce qu’il faut pour ne pas commencer à s’ennuyer. J’ai eu le sentiment d’y avoir également trouvé des références à Beyond Good & Evil en plus de celles citées dans le test. Une belle surprise et une offre qu’on ne refuse pas sur le Gamepass. :)