Test - Demon Slayer : The Hinokami Chronicles - L’adaptation fainéante de Cyberconnect2

«Moins bon que Slayer, le groupe» , - 3 réaction(s)

Demon Slayer, appelé Kimetsu no Yaiba en version originale, est LA révélation manga/animé de ces dernières années. La saison 1 de l’animé est classée en pole position des séries les plus populaires sur Wakanim depuis plusieurs mois. Le train de l’infini, sa suite directe sortie sous la forme d’un film au cinéma, est le plus grand succès jamais enregistré au pays du soleil levant. Et le trailer de la saison 2, attendue pour cette fin d’année, dépasse les 6 millions de vues sur Youtube en une semaine. Bref, difficile d’être passé à côté si vous suivez un tant soit peu la scène manga tellement la déferlante a été/est importante. Il était donc grand temps qu’une adaptation vidéoludique voie le jour. Et qui d’autre que Cyberconnect2, développeur prolifique à qui on doit les nombreux opus (certains plus réussis que d’autres) de Naruto, et tout dernièrement, de Dragon Ball Z Kakarot, était le mieux disposé à s’en charger ?

Shonen me voilà

On retrouve donc Tanjiro, le héros de notre histoire, ainsi que sa sœur Nezuko, qui se retrouvent tous deux orphelins lorsqu’un démon massacre leur famille. Nezuko, laissée pour morte, survit à peine et devient un (gentil) démon.

La sélection des chapitres permet de revoir les cinématiques

Notre duo part ensuite à la recherche d’un remède afin de lui rendre son humanité et se retrouve vite enrôlé dans un groupe de combattants d’élite, les pourfendeurs de démons armés d’un sabre, qui jurent d’éradiquer la menace démoniaque. Si on reste dans un shonen classique, le synopsis ne cherchant pas à révolutionner le genre, c’est plutôt l’approche du récit, son humour et ses personnages hauts en couleur qui font le charme (et le succès) de l’œuvre.

Demon Ultimate Slayer Storm

Vous connaissez les Naruto Ultimate Storm ? Si oui, vous serez clairement en terrain connu, les développeurs n’ayant pas forcé leur talent et nous livrant un calque un peu trop similaire de leur précédente série phare. Les combats se passent donc toujours en arène, en un contre un (plus un personnage d’assistance).

Il n’y a pas d’interactions possible avec les PNJ

Une seule touche est assignée pour les coups simples, une autre pour les coups spéciaux, de même pour la parade et l’utilisation de la jauge de ‘super’ qui déclenche une animation. Pas de surprise au rendez-vous, on a presque l’impression de voir un skin Demon Slayer posé sur un épisode d’Ultimate Storm. Ne boudons tout de même pas notre plaisir, le premier combat en envoie plein la rétine, les animations demeurent superbes et on a l’impression d’assister à l’animé tant le travail visuel est réussi. Puis vient le deuxième combat, où on se dit que les possibilités de combos sont quasi nulles et qu’on a vite fait le tour des trois coups spéciaux propres à son personnage. Le titre n’a au final rien à apporter de plus d’un point de vue gameplay passé le premier duel.

Un exemple de zone couloir à ’explorer’

Bref, on est clairement là pour le spectacle, quitte à mettre la profondeur de jeu aux oubliettes.

Autant mater l’anime

Mais quid du mode aventure me direz-vous ? Cyberconnect2 adapte donc l’intégralité de la saison 1 de Demon Slayer ainsi que le film tout récemment sorti, ce qui représente globalement un tiers de l’œuvre totale, le manga étant fini depuis mi 2020. Et comme ils nous ont habitués avec les Naruto, on s’attend à une parution en sorties quasi annuelles afin de rentabiliser encore plus la licence. C’est dans ce contexte que The Hinokami Chronicles se livre à nous, sous la forme de 7 chapitres composant le mode aventure.

Zenitsu au sommet de son style

L’histoire commence directement lors de l’entraînement de Tenjiro dans les bois avec Sakonji et Sabito, le tout raconté et animé avec le moteur du jeu. Gros point positif, on retrouve les voix originales de la série ainsi que les superbes compositions musicales, ceux qui ont regardé l’animé auront des petits frissons dès que les premières notes se feront entendre. Pour le reste… Autant le dire directement, l’intérêt du mode histoire n’est pas clair. Les dialogues et animations sont certes réussis mais ces dernières sont faites avec le moteur de jeu et paraissent moins belles que l’animé en lui-même. Pareil pour les flash-back qui s’offrent à nous sous forme de saynètes ’powerpoint’, tout juste doublées. Dès lors, difficile de conseiller le jeu à quelqu’un qui n’aurait pas vu l’animé, autant regarder celui-ci pour profiter pleinement de la qualité de l’œuvre d’origine. À l’inverse, ceux qui l’ont déjà vu n’y trouveront aucun intérêt puisque tout est pareil, mais moins bien fait. Passé les quelques scènes cultes, on en arrive à accélérer les dialogues voire à zapper les passages les moins passionnants.

Presque aussi beau que l’animé !

Outre les scènes liées à la narration, certains niveaux nous permettent d’explorer des zones telles que la forêt de la sélection finale ou encore la maison Tsuzumi avec le démon aux tambours. Ces passages, complètement ratés, consistent en de longs couloirs remplis de murs invisibles sans possibilité d’interactions. Notre personnage n’est capable que de courir d’un point A à un point B, rien d’autre. Alors oui, quelques missions secondaires viennent remplir artificiellement ces passages, comme la présence de PNJ à qui parler ou d’objets à observer. Des sauts automatiques sont possibles pour franchir des précipices précis mais on se retrouve dans des phases de couloir encore moins trépidantes qu’un Final Fantasy 7 Remake. On aurait aimé plus de verticalité ou même la possibilité de casser des obstacles pour avancer.

Who’s the boss

Ces balades champêtres sont entrecoupées par des combats avec des démons basiques, qui alternent entre 3 patterns différents, et sont tout simplement là pour essayer de faussement dynamiser les phases d’exploration. Ces ennemis lambdas, non présents dans le manga, sont juste des sacs à PV que l’on bourrine jusqu’au déclenchement d’un QTE pour les achever. Heureusement, les fins des chapitres nous réservent des affrontements spectaculaires contre des boss, comme Cyberconnect2 aime le faire.

Un exemple de patterns à éviter

Bien mieux conçus, ces duels face aux démons demeurent une des seules raisons de se farcir ce mode histoire. Mais là aussi, on sent le manque de passion dans l’exécution... On a, là encore, l’impression d’avoir affaire à des gros punching-balls, jusqu’à l’inévitable phase de QTE qui permet de les achever dans une magnifique animation. Ces ennemis phares de la série se battent et attaquent selon des patterns, souvent en infligeant des dégâts de zone qui rappellent fortement des boss de MMORPG. C’est à nous d’esquiver et de contre-attaquer au bon moment ou de tout simplement parer puisque la garde est quasi invincible et qu’il est presque inutile de prendre la peine d’éviter les attaques quand on a compris l’astuce.

Ca fait peu

Côté roster et modes de jeu, ce n’est pas la joie non plus. Commençons par les personnages jouables dans le mode versus local et en ligne. Si on retire les clones, skins et autres copies, on arrive à moins de 10 combattants, ce qui fait très peu. Aux abonnés absents, stupéfaction totale, aucun des boss démon n’est jouable ! Ceux-ci sont pourtant animés et possèdent des attaques qui leur sont propres puisqu’on les affronte tous dans le mode histoire. On finit par croire qu’ils sont mis de côté pour une inévitable suite, afin de pouvoir proposer du contenu supplémentaire et de justifier le prix d’une nouvelle galette.

Le roster complet, y compris les skins

Les autres modes de jeu ne réservent pas de surprise : un mode entraînement relativement complet, ce qui est assez ironique au vu du gameplay famélique que le titre propose et un mode galerie, qui permet de débloquer de nouveaux skins ainsi que de nouvelles arènes avec les points obtenus en mode histoire. C’est tout.

Test réalisé sur Xbox Series X.

Bilan

On a aimé :
  • Bande-son et doublages officiels
  • Les animations sont superbes
  • Reprend l’intégralité de l’animé, dont le train de l’infini
On n’a pas aimé :
  • Roster beaucoup trop radin (10 persos)
  • Mode aventure sans aucun intérêt supplémentaire
  • Gameplay plus que limité
  • Combats de boss sans passion
Vivement la suite ?

Adaptation fainéante par CyberConnect2, ce Demon Slayer : The Hinokami Chronicles est un premier essai insipide de ce monument du manga actuel. Alors oui, les animations sont superbes, l’intégralité de l’animé en cours est repris et la bande-son officielle fait mouche. Pour le reste, on assiste à des combats qui tournent vite en rond, à un roster beaucoup trop limité et à un mode histoire qu’on se farcit sans trop savoir pourquoi si on connaît l’œuvre originale. Nul doute que les développeurs nous réservent encore moult adaptations pour les prochaines saisons à venir, plus qu’à espérer que celles-ci seront plus inspirées.

Accueil > Tests > Tests Xbox One

Demon Slayer The Hinokami Chronicles

Genre : Combat

Éditeur : SEGA

Développeur : CyberConnect2

Date de sortie : 2021

Prévu sur :

Xbox Series X, Xbox One, Playstation 4, PC Windows

3 reactions

avatar

Datan666

23 oct 2021 @ 21:24

Le gameplay est vraiment trop limité

avatar

EverFish

23 oct 2021 @ 23:24

Franchement dommage, j’espérais une vraie adaptation current gen, ce n’est que version old gen fainéante. Je resterai alors sur le dernier Naruto.

avatar

Halouf

24 oct 2021 @ 14:54

Une daube, suivant.