L’IA complique les ambitions écologiques de Microsoft : ses émissions explosent de 25 %

Microsoft continue d’investir massivement dans l’intelligence artificielle, mais cette stratégie s’accompagne d’une hausse importante de son empreinte carbone. Son dernier rapport sur le développement durable montre que l’entreprise s’éloigne, au moins à court terme, de ses ambitions environnementales, tout en mettant en avant plusieurs avancées destinées à limiter son impact.
Les émissions de Microsoft continuent d’augmenter
Comme le rapporte GeekWire, le rapport de développement durable 2026 de Microsoft révèle que les émissions de carbone de l’entreprise ont augmenté de 25 % en 2025 pour atteindre 34 millions de tonnes équivalent CO₂, avant la prise en compte de certaines mesures correctrices. Après compensation grâce aux projets de captage financés par l’entreprise, les émissions nettes s’élèvent à 20 millions de tonnes.
Microsoft explique que cette hausse est principalement liée à l’expansion rapide de ses centres de données, indispensables au développement de ses services d’intelligence artificielle. L’entreprise souligne également que l’arrêt de l’achat de certains certificats d’énergie renouvelable, qui n’étaient pas directement liés à son approvisionnement, a contribué à cette augmentation des émissions déclarées.
Alors que Microsoft vise toujours un statut de carbon negative d’ici 2030, son rapport reconnaît que la croissance des infrastructures dédiées à l’IA entraîne une demande toujours plus forte en énergie, en eau, en terrains et en matériaux. La consommation totale d’électricité de l’entreprise a d’ailleurs progressé de 24 % en un an.
Microsoft met en avant ses progrès malgré les critiques
Malgré ces résultats, Microsoft assure rester pleinement engagé dans ses objectifs climatiques. Sa directrice du développement durable, Melanie Nakagawa, a déclaré à GeekWire qu’elle restait « pleinement concentrée » sur l’ambition de l’entreprise de devenir carbon negative d’ici 2030. Elle estime que cette stratégie repose désormais sur des investissements de long terme dans l’électricité décarbonée, les matériaux durables, les carburants plus propres et les technologies de captage du carbone.
Le rapport met également en avant plusieurs avancées importantes. Microsoft affirme notamment couvrir désormais l’ensemble de sa consommation mondiale d’électricité grâce à des sources d’énergie propre. L’entreprise indique aussi avoir reconstitué davantage d’eau douce qu’elle n’en a prélevé à l’échelle mondiale. Elle précise enfin que 92 % de ses serveurs cloud retirés du service ont été réemployés ou recyclés pour la deuxième année consécutive.
Ces annonces interviennent toutefois dans un contexte de critiques croissantes. GeekWire rappelle que Microsoft a récemment signé un accord avec Chevron afin d’alimenter ses centres de données grâce à une centrale au gaz naturel située au Texas. Bloomberg évoquait également un possible assouplissement de certains engagements énergétiques de l’entreprise, tandis que le New York Times rapportait une suspension des futurs achats de crédits de captage du carbone. Microsoft n’a pas confirmé ces changements et affirme continuer à évaluer ses investissements afin d’atteindre son objectif climatique à l’horizon 2030.