Women of Xbox : comment Jenn Panattoni a créé son rôle à partir de ses qualités

«Inspirer par la compétence» le 6 mai @ 11:002021-05-22T09:17:26+02:00" - 1 réaction(s)

Microsoft s’est plusieurs fois prononcé en faveur d’une meilleure inclusivité pour les minorités dans l’industrie en soutenant que celle-ci permet une diversité dans les idées bénéfique à l’innovation. La firme a multiplié les initiatives dans ce sens, notamment dans sa branche gaming. L’un des visages de cet engagement, Jenn Panattoni, Head of Social Good chez Xbox (le social good est l’intérêt commun / le bien social) était la troisième invitée de Charleyy Hodson dans le podcast Women of Xbox UK. Elle y explique comment le jeu vidéo s’est rapidement imposé à elle comme la carrière idéale, son arrivée chez Xbox et la création de son propre rôle, motivée par ses compétences.

Quelques fun facts

Comme il est coutume pour le podcast, Jenn Panattoni a répondu à quelques questions pour dessiner son profil de joueuse :

  • Tortues ninja : Les tortues réécrivent l’histoire est le premier jeu auquel elle a joué et dont elle garde d’excellents souvenirs.
  • Le meilleur jeu pour elle est NieR Automata, elle affirme même que si elle pouvait avoir une amnésie sélective et refaire un jeu ça serait lui car l’histoire et la musique sont géniales et qu’elle y a autant ri que pleuré.
  • Le jeu qu’elle apprécie et qu’elle aurait aimé voir plus connu est RimWorld, un 8 bits vertical que le développeur désigne comme un moteur scénaristique plutôt qu’un jeu et qui est rempli d’entourloupettes.
  • Le jeu à cause duquel elle a le plus ragé est Ori qui “vous fait une Là-Haut (film Pixar)” pendant les dix premières minutes. Elle se souvient avoir crié en pleurs et avoir presque jeté sa manette dans le mur avant d’écrire à son ami producteur du jeu “je croyais qu’on était amis”.
  • Si elle n’a pas réussi à en désigner un en particulier, elle a plusieurs vilains favoris. Elle trouve que leurs scénarii ont plus de profondeur par opposition aux protagonistes toujours gentils qui doivent sauver quelque chose. Il faut un peu plus de profondeur pour rendre un vilain intéressant, elle prend pour exemple Cersei de Game of Thrones avec laquelle on finit malgré tout par compatir.

La question que Lydia Winters a souhaité poser à l’issue de l’épisode précédent est ce qu’a fait la prochaine invitée pour rester créative lors de cette période difficile. Jenn Panattoni répond qu’elle fait tout son possible pour s’assurer d’avoir des réunions programmées avec des collègues qui lui sont familiers, faire beaucoup de campagnes caritatives et d’intérêt commun, enfin elle essaie de contacter un ou deux nouveaux collègues chaque semaine pour écouter leurs idées et évaluer leur faisabilité.

Le jeu vidéo, la seule option

Avant de devenir la joueuse invétérée qu’elle est aujourd’hui, Jenn Panattoni a eu une enfance remplie de mauvais tours d’après ses propres mots. Son grand frère y est pour quelque chose : la raison pour laquelle Tortues Ninja était son premier jeu est parce qu’il avait besoin d’un joueur 2 et ne lui laissait pas d’autre choix. Alors qu’elle recevait des poupées en cadeaux, celles-ci finissaient balancées sur le toit par son frère parce qu’il avait besoin de son P2, ce dont d’ailleurs elle était bien reconnaissante puisqu’elle n’a jamais aimé les poupées.

Il lui demandait de faire des tâches spécifiques et même si elle n’y comprenait pas grand-chose puisqu’elle était plus jeune de deux ans, elle affirme en garder de bons souvenirs, notamment sur Halo qui était une pierre angulaire pour eux deux. Mario Party était en revanche exclu de leur catalogue parce qu’il “ruine des amitiés” et que Panattoni est bien trop compétitive. Le gaming est revenu plus tard dans sa vie comme outil social : alors qu’elle était nageuse olympique junior, sa routine oscillait entre la natation, l’école, encore l’entraînement, manger puis s’évanouir en fin de journée. Le jeu vidéo lui a donné l’opportunité d’interagir avec d’autres personnes et de faire connaissance avec elles, en commençant par Ultima Online qu’elle a particulièrement aimé parce qu’il permet au joueur de façonner sa propre expérience.

Panattoni avance que les jeux vidéo, en plus de créer des opportunités, vous rendent plus intelligent. D’une part, l’un de ses meilleurs amis rencontré en ligne est devenu développeur, de l’autre elle soutient que traverser le Temple de l’Eau dans Zelda : Ocarina of Time avec ou sans guide est hyper dur. Que ce soit pour les FPS ou les platformers, la coordination mains et yeux est difficile, comme Ori qu’elle aime malgré tout parce que séduite par son art et ses décors. Le sommet du gaming comme expérience sociale reste les parties LAN de Halo, pour lesquelles elle devait aménager toute sa maison et connecter les consoles avec les câbles ethernet, une situation précaire mais dans la lignée de “tout ce qu’on a pu faire” pour les jeux vidéo.

RimWorld et sa passion pour la difficulté

RimWorld, qu’elle a mentionné dans son CV de joueuse, est un autre jeu important de son lien avec le jeu vidéo et qui rythme ses journées. À cause de la nature sandbox du jeu, alors qu’elle essayait de le décrire à quelqu’un, elle s’est rendue compte que sa description était un peu suspecte et a dû faire appel à une autre personne pour donner la sienne. Pour les besoins de l’interview elle a tout de même pris le temps de donner une description intelligible de RimWorld dont la taille s’adapte à vos envies et votre style de jeu.

Le jeu, principalement inspiré de Dwarf Fortress et affichant une esthétique similaire à celle de Prison Architect, dispose de nombreux modes narratifs et de niveaux de difficulté : un où l’on ne peut pas sauvegarder, un autre où il faut foncer dans le tas. Dans son mode favori, vous êtes trois naufragés de l’espace dans lequel le but est de retourner, tout en commençant l’aventure à l’âge de pierre où il faut trouver de quoi développer des armes, se nourrir et crafter.

Ensuite arrivent les piles, l’énergie solaire, géothermique, jusqu’au moment où vous construisez votre vaisseau, ce qu’elle n’a jamais fait puisqu’elle trouve que terminer le jeu serait ennuyeux, en plus de ne pas pouvoir emmener ses animaux avec elle dans l’espace. La meilleure manière de décrire le jeu reste de le faire via ses différents protagonistes : l’un a oublié son nom et son aventure devient progressivement difficile, un second qu’elle ne joue pas et enfin le sien Random Randy qui se fait pourchasser par des rhinocéros et n’a pas de base. Sur une capture d’écran qu’elle a fournie, Panattoni tente de décrire la situation pour le moins rocambolesque.

Elle venait de développer des mortiers lorsque sa base fut prise d’assaut. Outre la possibilité de développer ses propres armes, elle a retiré de l’une des nacelles de largage, emplies de stuff et distribuées aléatoirement, une ogive antigrain. Comme vous probablement, elle n’avait aucune idée de ce que cela pouvait être mais, imaginant l’artefact puissant et son usage opportun pour repousser la tonne d’adversaires l’assaillant, elle a pensé à s’en servir. L’image que nous montre Jenn dépeint les dégâts de l’ogive antigrain. Après avoir vu la zone de dommages et les visages renfrognés, elle a très justement pensé “oh ça doit être comme une ogive nucléaire, c’est la destruction dans toute sa splendeur”.

Contrairement à son mari qui aime atterrir dans une zone tempérée où l’on peut cultiver et chasser facilement, Jenn préfère la difficulté de la zone Arctique où il faut prendre des décisions compliquées, où il est nécessaire de marchander avec des gens qui vous notent. Vous êtes bien chanceux si vous arrivez à faire pousser quoi que ce soit avant d’avoir à tirer la courte-paille pour déterminer lequel de vos colonisateurs vivra. C’est d’ailleurs dans cette zone relativement déserte que les fameux rhinos, lorsqu’ils passent, vous apparaissent surtout comme la viande et le cuir tant espéré.

Cependant, comme les écureuils et les autres animaux, les rhinos chassent les hommes et ont envahi la base de Jenn avant qu’un de ses colonisateurs n’en abatte un dans la cuisine. Après s’être rendu compte qu’elle lui avait tiré dans le cerveau, prise de remords, elle a envoyé son docteur le soigner et l’a nourri de paille. Tiraillée entre l’idée de le laisser partir et mourir ou le tuer, elle raconte avoir donc terminé sa partie avec un rhino affecté d’une lésion cérébrale dans sa cuisine.

Se frayer un chemin chez Xbox

Le management au lancer de dés pour savoir quelles têtes vont tomber n’est heureusement pas la méthode que Jenn Panattoni emploie dans son rôle qui consiste à superviser le marketing des campagnes culturelles, les partenariats caritatifs, les collectes de fonds à des fins caritatives ou encore le marketing de Xbox sur le développement durable. Ceci dit, avant d’arriver à ce rôle pas si commun, les épreuves de sa vie personnelle l’ont d’abord menée à un emploi chez Amazon. Elle affirme qu’avoir survécu quatre fois au mélanome a clairement été un tournant de sa carrière, après lequel elle intégra l’équipe chargée de la sécurité des produits du géant de la vente en ligne. Il était fascinant pour elle de voir la manière dont les produits peuvent dysfonctionner mais il l’était encore plus de lire les avis des plus hilarants.

Dans les retours sur le banana slicer hutzler, elle a pu lire “ça a tué ma famille entière” ou “mon banana slicer est dans le mauvais sens” lorsqu’il suffisait en fait de retourner la banane. Elle avait aussi des avis controversés sur les ours en gélatine sans sucre chaque semaine, ce qui l’a forcée à contacter l’équipe de vente et les supplier de mentionner dans la description qu’une version zéro sucre d’un produit qui en est entièrement fait à l’origine aura forcément des effets secondaires. Si elle se doutait déjà que les consommateurs le faisaient exprès, l’existence d’un avertissement sur les éventuels troubles intestinaux est venue confirmer sa thèse.

Après être passée par la fac où elle a étudié la linguistique, Jenn Panattoni est d’abord entrée dans l’équipe de politique et de contrôle Xbox, qui est ensuite devenue le Xbox Safety. Elle et son équipe, qu’elle décrit comme l’une des plus passionnées du milieu, devaient rendre la plateforme plus sûre pour ses utilisateurs. Pour donner un aperçu de la tâche, elle nous demande d’imaginer un mot de quatre lettres [fuck, ndlr] qu’on dit généralement dans un contexte familier et pas forcément avec nos grand-parents ou des personnes qu’on respecte. Maintenant imaginons faire partie de ceux qui décident lorsqu’il est acceptable d’utiliser ce mot.

Les réunions peuvent ainsi durer des heures et la détermination de cas particuliers y était omniprésente puisque la prise en compte du contexte est cruciale. Panattoni a eu à y gérer des cas où il suffisait de faire usage du bon sens comme d’autres où il fallait se servir d’un arbre syntaxique. Une constante qu’elle a relevée est la volonté des membres de la communauté d’en être les régisseurs, ils étaient une majorité à vouloir aider à faire du jeu vidéo un espace où tout le monde se sent à l’aise. Ravie de ce constat, elle a créé le rôle de Head of Social Good en croyant fermement qu’ils avaient une opportunité d’entretenir cette passion de rendre le monde meilleur en tirant profit de la communauté gaming.

Créer un rôle à l’image de ses qualités

Encore dans l’équipe de politique et de contrôle, Jenn Panattoni s’est conçue un programme pilote qui a commencé par des programmes caritatifs avant d’inclure le développement durable et les compagnes culturelles. À l’occasion de la Give Campaign de Microsoft qui se tient en octobre, elle s’est tournée vers un tournoi qui se tenait depuis quatorze ans et qui servait de salon de recherche sur les utilisateurs pour en faire un tournoi e-sports non seulement par goût pour la discipline mais aussi pour avoir le plaisir d’avoir des arènes à guichets fermés pour des jeux vidéo. Après avoir passé le weekend à transformer l’atrium en arène et établi un plan sur seulement un mois, un employé ancien d’une vingtaine d’années lui a demandé si elle savait ce qu’elle faisait, ce à quoi elle répondit que non mais qu’elle avait vingt personnes qui l’aideraient à trouver une solution. C’est par ailleurs le meilleur conseil qu’elle pourrait vous donner : assurez-vous d’avoir une équipe qui vous supporte et croit en votre mission.

Après avoir mené à bien ce tournoi, Jenn a souhaité s’occuper de ces activités à plein temps et a collecté environ $100,000 pour une association caritative avant de présenter son programme pilote, les principes et leurs initiatives, à vingt niveaux de directeurs et au-dessus. Bien qu’intéressés, ils étaient soit hors de la saison budgétaire ou n’avaient rien prévu pour le projet et n’avaient pas d’effectifs disponibles. Finalement, c’est auprès de son vice-président Dave que le projet a trouvé oreille attentive, qui trouvait par contre que l’e-sport n’était pas forcément la meilleure manière d’aborder la question. À l’issue de plusieurs semaines de réflexion, le projet pour lequel elle ne s’attendait à recevoir l’approbation de personne a finalement été validé. Il naissait alors une équipe Xbox prête à fournir cadres de travail et modes d’emploi pour les events de bien social qui peuvent être intimidants.

Le premier projet monté par Panattoni en tant que Head of Social Good est parti du hackathon annuel de Microsoft lors duquel les employés peuvent se dispenser de leur rôle habituel et aller travailler sur un projet qui les passionne. Microsoft a alors proposé d’introduire l’e-sports aux Special Olympics (jeux olympiques destinés aux personnes atteintes d’un handicap mental) et schématisé ce que cela serait à grande échelle ; ce avant d’en informer Jenn environ cinq mois après et de lui demander en mars de l’organiser pour la première semaine de juillet. Une fois les partenaires du projet précédent séduits, les phases pré-éliminatoires se sont déroulées dans des Microsoft Stores physiques qui avaient l’habitude des tournois d’e-sports, à l’exception de celui du Connecticut qui ne pouvait en accueillir. Ses employés ont donc gracieusement amené tout leur matériel à l’école où les athlètes spéciaux se tenaient.

Ce fut une expérience riche en émotions pour la directrice qui a fait venir les 8 gagnants de chacun des cinq États participants par avion et leur a fourni des maillots hauts en couleur pour qu’ils se distinguent des autres sports. Lors de ce tournoi court mais de haute qualité, l’équipe a tenu à proposer des annonceurs et un interprète pour les malentendants et non entendants. La position de directrice du bien social, en plus d’amener à travailler avec plusieurs équipes autour du globe de par la qualité internationale de Microsoft, a conduit Jenn à lever des millions pour les secours contre le Covid ou à inciter des centaines de milliers de personnes à donner du sang lors de la pandémie via... State of Decay.

Régulièrement en contact avec la Croix-Rouge, Microsoft a appris la situation critique des collectes et des banques de sang. Ils ont dès lors contacté Undead Labs, déjà impliqué dans plusieurs campagnes de bien social et qui avait prévu une levée de fonds pour la Croix-Rouge malheureusement avortée à cause de retards de fabrication et de livraison causés par la crise sanitaire. Le choix final était alors une campagne de sensibilisation au don de sang, que Jenn et Wonder (responsable de communication et du Bien Social chez Undead Labs) ont lancée en commençant par donner leur propre sang pour faire figure d’exemple avant de partager leur expérience lors d’un livestream. Mais l’histoire la plus intéressante est certainement que Undead a jugé bon de placer une bloodmobile (collecte de sang) dans son jeu pour inciter les gens à aller donner du sang. L’ambulance, qui est littéralement couverte de sang, est ce à quoi une voiture devrait ressembler après avoir roulé sur “au moins cinquante zombies”.

Panattoni concède que c’est le principe même du jeu mais imaginait très mal la Croix-Rouge signer cette idée. À sa grande surprise, la seule chose que l’association a trouvé à redire était “est-ce que vous pouvez juste enlever le sang du pare-brise ? C’est un risque pour la sécurité.” Les développeurs avaient été minutieux au point de mettre du sang jusque dans les bandes de roulement, le hashtag #SOD2BloodDrive sur Twitter montre les images de donneurs, de la bloodmobile et les histoires de personnes qui voulaient contribuer à la campagne.

Entrer dans l’industrie et la rendre plus accessible

Si elle souscrit à l’idée du mentorat que ses semblables ont tant vanté, Jenn Panattoni pense cependant qu’il ne se suffit pas à lui seul et se dit partisane du parrainage, où un mentor vous enseigne des compétences et vous conseille sur ce que vous devez apprendre ; comme le sien qui lui a enseigné la gestion du programme technique et l’a orientée vers l’UML (Langage de Modélisation Unique) qui lui a servi pour la gestion de projet. Le parrain ou la marraine parlera pour vous lorsque vous n’êtes pas présente, et Panattoni est persuadée qu’elle doit le feu vert pour le tournoi e-sports des Special Olympics à quelqu’un qui a soulevé son implication précédente dans un event similaire et qu’elle méritait donc qu’on lui donne sa chance. Il est arrivé que ses mentors soient aussi ses parrains, et cette aide a joué un rôle important dans son évolution.

Le fait de travailler avec beaucoup de femmes responsables qu’elle admire et d’en être une elle-même lui octroie “la responsabilité, la joie et la passion” de donner du pouvoir à d’autres femmes dans l’industrie. Il s’agit de les encourager à développer certaines aptitudes et de leur donner de la visibilité lors de discussions avec un directeur de programme ou encore les pousser à les présenter et à dépasser leur stress comme pour le dernier Xbox MVP’s pour lequel elle a cédé sa place à une de ses mentorées.

Concernant les moyens d’accéder à l’industrie du jeu vidéo, deux scenarii majeurs ressortent : faire jouer de vos contacts si vous en avez ou vous y frayer un chemin, aussi peu évident cela puisse paraître. Pour sa part, Jenn a trouvé son job chez Xbox sur Reddit, qu’elle parcourait régulièrement et où un membre a posté une offre d’emploi. Après avoir trouvé l’offre intéressante et avoir vu que c’était chez Xbox, elle s’est lancée pour le poste mais s’en est vue proposer un autre dans lequel les recruteurs pensaient qu’elle serait parfaite. Elle affirme avoir accepté sans hésiter puisque lui donnant l’opportunité de travailler dans le domaine du jeu vidéo dont elle est passionnée. Lorsqu’elle a aperçu l’offre de cheffe de programme, elle ne savait pas vraiment ce que c’était avant d’arriver chez Amazon. Elle était alors à l’université, avait deux boulots pour se faire de l’argent et n’avait jamais fait de stage parce qu’elle ne les savait pas nécessaires.

Après s’être posé la question de savoir si le rôle de Program Manager est un poste d’organisateur professionnel, elle a vite conclu qu’elle pourrait l’assumer et a ensuite appris sur le tas. Pour elle, c’est le témoignage qu’il n’est pas nécessaire d’avoir tout prévu ou tout compris dès le début puisque quand elle a reçu son diplôme, elle ne savait toujours pas ce qu’elle voulait faire et s’est donnée une année sabbatique lors de laquelle elle sauvait des bergers allemands. Elle affirme qu’il n’y a pas de route parfaite vers le jeu vidéo qui propose une grande variété de rôles, et ne s’inscrit pas dans le sigle STEM (Science, Technologie, Ingénierie et Mathématiques) mais plutôt STEAM car la pièce manquante, le A des Arts englobe la musique, le design narratif, le level design, le character design qui sont autant de disciplines d’art pur. Pour terminer sur une note aussi positive que l’ensemble de son interview, Jenn Panattoni est revenue sur une anecdote plutôt amusante, impliquant des canetons.

Il y a sur le campus Microsoft des fontaines dans lesquelles des canards entrent et sortent pour s’hydrater. Un caneton cependant peut y entrer mais pas en ressortir. Jenn raconte qu’un canard qui avait huit canetons ne pouvait pas les récupérer après les avoir amenés dans la fontaine, car l’espace de quinze centimètres entre l’eau et le bord était trop grand. Elle et ses collègues ont alors exploré différentes itérations de ce qu’une sortie pour canards serait, de la chaise aux plateaux en passant par les pierres. Cependant l’établissement leur a vite rappelé qu’ils ne pouvaient pas faire des installations non approuvées. C’était sans compter sur la passion de Panattoni qui a écrit un mail de deux pages qui “transpirait la folie” dans lequel elle citait pêle-mêle la législation sur les oiseaux migrateurs, le statut d’espèce protégée des canards et un article de la revue Nature qui disait que les canards ont des sentiments.

En train de travailler sur son PC à l’extérieur des locaux, elle a vu arriver deux personnels des installations qui disaient avoir été envoyés pour s’occuper de la question des canetons, ce à quoi elle a pensé “oh mon Dieu, j’ai tenté et ça a marché !”. Puisque la solution de fortune construite avec une chaise et plateau ne fonctionnait pas, elle s’est rendue à la quincaillerie locale avant de réaliser qu’elle avait oublié son portefeuille. Paniquée, Panattoni se dirige vers la section bricolage et leur explique la situation et que les canetons vont mourir si une rampe n’est pas installée rapidement. Ils l’ont alors envoyée récupérer le bois de rebut, et quand elle demanda comment payer, ils ont répliqué “peu importe, va sauver les canetons !” Les rampes sur l’image sont l’intégration de la deuxième année.

L’histoire est plutôt enfantine et a de quoi faire sourire mais ce que Jenn Panattoni en retient comme conseil est : demandez, la pire chose qui puisse arriver c’est qu’on vous dise non. Alors qu’elle proposait de réinstaller la planche chaque année si une solution permanente n’était pas envisagée, à sa grande surprise, l’idée a été approuvée et du bois étanche a été acheté. Sur le campus de Microsoft, des rampes à canards sont donc installées et un panneau indique innocemment : « si vous voyez des canetons, veuillez les guider vers les rampes et pour plus d’informations, adressez-vous à Jenn ou Susan ». Les deux sont responsables du mouvement Wildlife on Campus pour lequel les gens partagent les clichés des animaux qu’ils aperçoivent, sur leur lieu de travail comme chez eux.

Xbox Game Studios

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yo_hansolo

06 mai 2021 @ 19:12

GG pour Jenn ;) Je me retrouve sur la même longueur d’onde au sujet d’un jeu que j’ai torché à 1000% : « Le meilleur jeu pour elle est NieR Automata, elle affirme même que si elle pouvait avoir une amnésie sélective et refaire un jeu ça serait lui ».