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Test – Vampire : The Masquerade – Bloodlines 2 – Un goût de sang teinté d’amertume

Test – Vampire : The Masquerade – Bloodlines 2 – Un goût de sang teinté d’amertume
KatiePar
Le 28 octobre 2025
Le 28 octobre 2025
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Un peu plus de vingt ans après un premier épisode devenu culte en 2004, Vampire : The Masquerade – Bloodlines 2 revient hanter les écrans avec ses promesses d’immersion gothique, de choix narratifs et de soif de pouvoir. Cette suite, développée cette fois par The Chinese Room et éditée par Paradoxe Interactive, a connu un développement tumultueux : changement de studio (initialement confié à Hardsuit Labs), réécriture du scénario, reports successifs… Un parcours semé d’embûches qui a transformé l’attente fébrile en inquiétude.

Vampire : The Masquerade – Bloodlines 2 est un action-RPG narratif en vue à la première personne, qui mêle exploration, affrontements et décisions morales. Le joueur plonge dans un Seattle contemporain rongé par les ténèbres, où chaque choix façonne son destin vampirique. Entre luttes de pouvoir, capacités surnaturelles, intrigues politiques et loi de la Mascarade, le titre promet une immersion sanguinaire captivante. Mais cette suite est-elle à la hauteur de nos attentes ou s’égare-t-elle dans les méandres de ses ambitions contrariées ?

Entretien avec un vampire

Dans  Vampire : The Masquerade Bloodlines 2, on incarne Phyre, un vampire ancien qui s’éveille mystérieusement, après un siècle de sommeil, dans un entrepôt au cœur d’un Seattle urbain gangrené par les tensions entre clans rivaux. Dès les premières minutes, on comprend que notre suceur de sang ignore tout de sa présence ici, de son propre passé, tout comme de l’origine de l’étrange marque gravée sur sa main. Phyre part alors en quête de vérité, explorant les ruelles sombres de la ville pour reconstituer les fragments de sa mémoire perdue et percer les secrets d’un ordre vampirique en pleine tourmente.

Deux destins scellés dans le sang

Mais, très vite, notre protagoniste découvre qu’il n’est pas seul. Fabien, un vampire tout droit débarqué des années 1920, cohabite dans son esprit. Ancien détective au flair aiguisé, il devient une voix intérieure aussi troublante qu’utile. Ensemble, ils vont unir leurs compétences dans une enquête où chaque faux pas pourrait briser la Mascarade, cette loi sacrée qui impose aux vampires de demeurer tapis dans l’ombre pour rester cachés aux yeux des mortels.

Nosferatu, fantôme de la nuit

L’aventure débute par la création de notre personnage, offrant la possibilité d’opter pour un avatar masculin ou féminin. Quelques options de personnalisation sont disponibles :  coiffure, forme du visage, couleur des yeux, piercings… Des choix esthétiques certes bienvenus, mais toutefois limités, ne vous attendez donc pas à créer un individu entièrement sur mesure. 

Il faut ensuite s’identifier en tant que membre de l’un des six clans vampiriques proposés, chacun doté de disciplines surnaturelles spécifiques, telles que l’invisibilité, la force brute, la télékinésie etc. Mais, au-delà de ces capacités, chaque faction incarne une philosophie, une manière d’exister dans l’univers impitoyable de la Camarilla. Ce choix initial influence non seulement le style de jeu (frontal, furtif, manipulateur), mais également les interactions avec les différents groupes.

L’arbre des compétences

La progression du personnage s’articule autour d’un arbre de compétences lié au clan et au style de jeu souhaité (combat, infiltration ou persuasion). Le sang est une ressource vitale qui sert à se nourrir, mais aussi à débloquer des pouvoirs surnaturels. Phyre peut, en plus, acquérir des capacités des autres clans en obtenant des points de compétence et en s’abreuvant de plusieurs types de sang.

Blade, entre crocs et gros calibre

Crocs affutés prêts à mordre

Phyre peut se battre au corps à corps, en alternant entre des attaques légères ou lourdes. A cela s’ajoutent les capacités vampiriques qui enrichissent le gameplay : un sprint surnaturel qui donne l’impression de fendre l’air, un saut amplifié qui transforme les toits en un terrain de jeu et des sens surdéveloppés avec une perception olfactive et visuelle pour repérer des pulsations, des odeurs ou des indices. Avec la télékinésie, on prend un plaisir malsain à projeter les adversaires ou à s’emparer d’armes à distance pour les retourner contre eux. Des élixirs à dénicher sont comme des boosts d’adrénaline, ils dopent l’endurance ou la puissance et régénèrent la chair meurtrie.

Le sang appelle le sang

De plus, l’arsenal, récupéré au fil des combats contre nos ennemis les goules, permet de varier les plaisirs : armes à feu et armes blanches, combinées aux pouvoirs vampiriques, s’adaptent à notre style de jeu, au clan et aux situations rencontrées. L’approche furtive est souvent préférable au combat direct. Se faufiler dans l’ombre, se déplacer discrètement sur les toits et planer silencieusement pour rester hors de vue procure de bonnes sensations de vitesse. Mais attention, chaque pouvoir utilisé en public est une atteinte à la fameuse loi de la Mascarade. Une fois la jauge d’alerte remplie, tout le monde se retourne contre nous, déclenchant une traque brutale et implacable, qui nous rappelle que, même dans ce monde, les prédateurs peuvent devenir des proies.

En parallèle de l’aventure principale, le joueur incarne aussi Fabien, le vampire détective qui possède des pouvoirs distincts de ceux de Phyre. Dès lors, le rythme et le regard changent, car, tandis que Phyre agit dans l’urgence, Fabien observe, écoute et devine. Grâce à ses talents remarquables, il possède la capacité d’analyser et de comprendre. Cela lui permet de communiquer avec des objets et de découvrir des indices, d’user de persuasion lors des interrogatoires auprès des témoins, en leur soutirant des informations cruciales, ou encore de supprimer certains souvenirs gênants. Il ne s’impose pas, il séduit et influence. Cette alternance de gameplay offre une variation bienvenue, une plongée plus introspective dans l’univers vampirique, où la violence laisse place à la manipulation et où le récit prend une tournure plus psychologique.

Dracula Untold

Le système de dialogue, quant à lui, ne se contente pas de nous proposer des choix, il nous implique dans le récit. Chaque réponse façonne notre personnalité et chaque décision trace une route différente, avec un impact sur le déroulement de l’histoire selon nos convictions, nos alliances ou trahisons. Ainsi, les relations avec les autres évoluent en fonction de nos actes, nous forgeant une réputation. Cette liberté, couplée aux spécificités des clans aux approches multiples, donne envie de recommencer, de tester de nouveaux chemins et d’explorer d’autres facettes de notre cruauté.

Underworld, un univers gothique riche et immersif

Bienvenue à Chinatown

L’aventure se déroule uniquement de nuit, dans un monde ouvert  dépeignant un Seattle poisseux, intrigant et barbare, à l’atmosphère surnaturelle et décadente soignée. De prime abord, les paysages urbains captivent par leurs néons scintillants dans l’obscurité, leurs rues enneigées décorées pour les fêtes de fin d’année, en passant par Chinatown éclairé par des lanternes rouges, jusqu’au poste de police, en passant par les bars mal famés qui exhalent l’odeur de l’alcool. Ces  décors contrastent avec des lieux plus austères, tels que de vieux entrepôts abandonnés, voire funèbres, comme une église et son cimetière.

De plus, lors des phases d’enquête avec Fabien, on savoure une ambiance digne d’un polar des années 20 et on se laisse happer par ce récit empreint de commentaires cyniques, tel un bon roman noir. Le tout est accompagné d’une bande-son agréable et immersive, parfois discrète mais efficace, reflétant parfaitement nos errances vampiriques.

Quand la nuit tombe, je me lève

Par ailleurs, l’univers est dense et reprend les fondamentaux du jeu original avec ses luttes de pouvoir, ses castes et sa hiérarchie dominée par un Prince aussi charismatique qu’inquiétant. Pour les amateurs de lore, c’est un festin copieux qui devrait vous rassasier. On dévore les dialogues, les documents et les indices, avec la curiosité grisante de découvrir un monde codifié ancien, à la fois séduisant et impitoyable.

Le chaos ne connaît ni la pitié ni le repos

Une nuit en enfer

Cependant, en dépit de ces atouts, le jeu trébuche sur des écueils  techniques qui ternissent l’expérience. Bugs, ralentissements notables lors des changements de zone et même un crash en plein combat, et ce malgré le patch day one, tout cela nous rappelle que le jeu porte les stigmates d’un développement long et compliqué. Espérons qu’une prochaine mise à jour viendra corriger ces problèmes.

Immortel mais une solitude éternelle

Côté gameplay, la magie opère, tout du moins au début, lors de la découverte de nos facultés vampiriques, mais on constate néanmoins des mécaniques qui semblent un peu datées, comme figées dans une époque révolue. Les affrontements manquent de lisibilité et deviennent rapidement monotones et confus. Quant à l’IA, elle est d’une simplicité désarmante. Les piétons tournent en rond sans destination et les modèles de PNJ se répètent à foison, donnant cette impression désagréable de croiser des clones à chaque coin de rue. Certains visages sont mieux réussis que d’autres, plus ou moins expressifs, et ce contraste trahit une production inégale.

La carte n’est pas très vaste !

Enfin, la narration, toutefois solide dans ses grandes lignes, montre par moments des signes de faiblesse. Certains dialogues semblent artificiels, voire superflus, et les conséquences de nos choix ne sont pas toujours claires, ce qui peut nuire à l’implication du joueur. Par ailleurs, hormis les missions principales, certaines quêtes annexes sont particulièrement décevantes, tombant dans la facilité avec le piège des objectifs de livraisons sans âme, leur but étant clairement de gonfler la durée de vie.

Comptez environ vingt-cinq heures pour boucler l’histoire, mais bien plus si vous souhaitez découvrir les six fins alternatives et partir à la chasse aux collectibles disséminés dans toute la ville. Vampire : The Masquerade – Bloodlines 2 est disponible depuis le 21 octobre sur Xbox Series X|S, PlayStation 5 et PC. 

Testé sur Xbox Series X, code fourni par l’éditeur


Le Bilan

On a aimé 

  • L’univers gothique riche et immersif
  • Les capacités vampiriques
  • L’ambiance des polars des années 1920
  • L’intrigue et les choix narratifs
  • Le duo Phyre/Fabien
  • Les bugs et ralentissements
  • Les mécaniques datées
  • Un Seattle qui manque de vie
  • L’IA trop simpliste
  • Certaines quêtes annexes sans intérêt
  • Les PNJ clonés à l’excès

Conclusion du test de Vampire : The Masquerade – Bloodlines 2

Entre ombres et lumières, l’éternité a ses failles

Vampire : The Masquerade – Bloodlines 2 est une œuvre paradoxale, envoûtante par son ambiance et généreuse en lore, mais vacillante dans son exécution. Son récit captive, ses choix narratifs intriguent et son univers glauque fascine, tout en frustrant le joueur à cause de ses lacunes techniques et son gameplay daté. Seattle peine à vibrer, tandis que l’IA manque cruellement de mordant, l’ensemble laissant une impression mitigée. C’est un titre à savourer comme un vieux vin : avec patience et indulgence, à réserver aux passionnés du genre, capables d’en apprécier les arômes malgré les notes amères. Les autres préfèreront sans doute attendre qu’il décante… ou qu’il baisse de prix, ce que nous vous conseillons.

Katie
Bercée dès mon plus jeune âge par les cauchemars de Freddy Krueger, je nourris une passion particulière pour les jeux d'horreur et je rêve de galaxies et de rencontres du troisième type. Armée d'un casque et de caféine, je suis toujours prête à appuyer sur "start" pour sauver le monde de la menace zombie et vivre de nouvelles aventures.
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Vampire : The Masquerade – Bloodlines 2

Développeur : The Chinese Room
Date de sortie : 21/10/2025

commentaire

1 Commentaire
Thom B.
Thom B.
28 octobre 2025 14h18

merci du test Katie !
pour ma part, c’est ma déception de l’année, pourtant je m’attendais déjà pas à un jeu aussi bon que le 1.
mais la ville n’ayant AUCUNE utilité à part croqué des pnjs, le gameplay sympa au début mais vite répétitif, l’écriture chouette mais très mal mise en scène, les choix ayant peut d’impact (même celui de la maison !)

j’ai du mal à y jouer. après 7h de jeu, je pense le drop. quel dommage pour un jeu ayant acquis une telle aura…

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