MindsEye : d’anciens employés révèlent les coulisses chaotiques du développement du GTA-like
Autrefois salué comme l’un des cerveaux derrière le succès colossal de GTA, Leslie Benzies se retrouve aujourd’hui au cœur d’une débâcle. À la tête du studio écossais Build a Rocket Boy, il a vu son tout premier jeu, MindsEye, s’effondrer dès sa sortie en juin 2025. Accusé d’être injouable et truffé de bugs, le titre a rapidement gagné la réputation de pire jeu de l’année. Tom Richardson de la BBC s’est rapproché de plusieurs anciens développeurs, permettant d’en apprendre davantage sur les coulisses du projet.
Un développement chaotique
Le développement de MindsEye a été marqué par une organisation confuse et un manque de direction. D’après plusieurs anciens employés, Leslie Benzies modifiait sans cesse le contenu et les objectifs du projet, sans jamais définir une vision claire. Initialement conçu comme une expérience intégrée à un autre jeu, Everywhere, MindsEye est devenu un titre indépendant dépourvu de ligne directrice solide. Cette approche changeante aurait engendré de nombreuses incohérences dans la conception, désorientant les équipes et allongeant considérablement la production.
Les témoignages décrivent une culture interne dominée par la microgestion. Benzies intervenait directement dans le travail quotidien des développeurs, exigeant que ses remarques, connues sous le nom de « tickets Leslie », soient traitées avant toute autre tâche. Ces demandes pouvaient concerner un simple détail esthétique ou impliquer la suppression complète de missions déjà terminées. Selon les équipes, cette méthode a paralysé la progression du jeu, empêché toute prise d’initiative et alimenté une frustration croissante. Une lettre ouverte, signée par 93 employés et ex-employés, accuse la direction d’avoir pris des décisions précipitées sans concertation et d’avoir ignoré les retours de ses propres spécialistes.

Ce manque d’écoute a profondément détérioré l’ambiance de travail. Plusieurs développeurs affirment que leurs tentatives pour signaler des problèmes techniques ou organisationnels étaient accueillies par des moqueries ou par le silence. Les réunions de suivi se transformaient en moments d’humiliation, et la peur de s’exprimer s’est peu à peu installée. La cohésion des équipes s’est effritée, minée par l’instabilité des consignes et la perte de confiance envers la direction. D’après certains anciens salariés, la désorganisation chronique du studio rendait inévitable l’échec du jeu avant même sa sortie.
Des conséquences dramatiques
Au début de 2025, l’approche du lancement a plongé les équipes dans une période de crunch prolongée, marquée par de longues heures supplémentaires non rémunérées. Certains départements, notamment celui de l’assurance qualité, ont été particulièrement touchés par la surcharge, provoquant une montée du stress et de la fatigue. Sous pression, les erreurs se sont multipliées, certaines corrections annulant celles d’autres équipes. L’atmosphère s’est dégradée à mesure que les développeurs comprenaient que leurs efforts ne suffiraient pas à sauver un projet déjà fragile.
Lors de la sortie en juin 2025, les pires craintes du studio se sont confirmées. MindsEye est apparu criblé de bugs, et les critiques l’ont qualifié de désastre. Pendant deux semaines, les employés ont travaillé sur des correctifs d’urgence avant d’apprendre que plusieurs centaines d’entre eux allaient être licenciés. Entre 250 et 300 postes ont finalement été supprimés, principalement en Écosse. Le syndicat IWGB a dénoncé une gestion catastrophique du processus et a annoncé des poursuites contre Build a Rocket Boy pour son traitement du personnel.
Ces licenciements ont laissé un profond sentiment d’amertume. Les anciens employés estiment que la direction porte l’entière responsabilité de l’effondrement du jeu et de leurs pertes d’emploi. Ils redoutent que l’échec de MindsEye laisse une trace durable sur l’industrie du jeu vidéo écossaise, ruinant un potentiel qui aurait pu dynamiser la scène locale. Malgré les promesses du studio d’améliorer le jeu et de « tirer des leçons » de cette crise, beaucoup doutent qu’il puisse se relever.
Si toutefois vous souhaitez lui accorder une chance, vous pouvez vous le procurer sur Xbox Series X|S, PS5 et PC.