Test - VelocityOne Flightstick - Uniquement pour Flight Simulator… et encore !

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Dans le petit monde des amateurs de simulateurs de vol existe une arlésienne qui depuis longtemps fait débat : quel est le meilleur joystick ? Si les avis sont souvent tranchés et mettent en concurrence principalement la gamme Hotas de Thrustmaster et le Saitek X56 Rhino de Logitech, nul doute que le VelocityOne Flightstick de chez Turtle Beach va rapidement… ne pas avoir voix au chapitre. Retour sur un échec cuisant mais bourré de bonnes intentions.

​​Un produit de qualité et inclusif…

La première chose (et sans doute la seule) qui est à mettre au crédit du VelocityOne Flightstick est sans doute sa manufacture. Une fois déballé et malgré un poids particulièrement léger qui immédiatement pose question, la qualité des matériaux et le design global ravissent les amateurs de simulation.

Doté de dix-neuf boutons, deux accélérateurs, deux joysticks directionnels et d’une molette (en plus du stick lui-même), nous avons rapidement la sensation que toutes les combinaisons sont possibles. Ce qui n’est pas loin d’être vrai.

Une fois branché, le joystick nous accueille avec des lumières RGB subtilement placées (et désactivables à loisir) ainsi qu’un écran digital indiquant le support actif (Xbox ou PC), l’axe, l’altitude ainsi qu’un chrono. Des valeurs souvent importantes et utilisables immédiatement en jeu, ce qui offre un gros plus pour l’immersion (de Flight Simulator, ces données ne fonctionnant sur aucun autre titre testé).

Optimisé pour les droitiers comme les gauchers, le VelocityOne Flightstick s’ajuste rapidement et facilement à n’importe quelle morphologie grâce à un support de poignet escamotable, facile à replacer et s’adaptant parfaitement à tous types de mains. Indubitablement la meilleure idée possible, qui apporte un confort rarement égalé sur ce type de matériel.

On retrouve également sur le socle les usuels boutons Xbox, Menu et Share, ainsi qu’une prise casque particulièrement utile pour la mise en place du setup de vol.

Enfin, le joystick est livré avec 3 vis M5 pour le fixer à un support (vendu séparément)… et cet ajout s’avère rapidement indispensable.

… Mais qui montre rapidement ses limites.

Mais bien des questions taraudent les amateurs de simulations de vol. Quid de la maniabilité ? Une fois en jeu (nous reviendrons plus bas sur ce point qui pose particulièrement problème), on se retrouve face à un produit de qualité qui remplit parfaitement ses fonctions. La prise en main du stick est aisée, la navigation entre les axes agréable. Dans les modes de combat, les boutons situés directement sur le haut du manche apportent un réel confort, d’autant qu’ils sont suffisamment gros pour éviter de se tromper une fois au cœur de l’action.

L’écran digital, véritable gros plus du VelocityOne Flightstick, est facile à lire une fois le setup correctement installé. Il permet de garder un œil sur l’action en cours sans quitter l’écran des yeux.

Et… nous avons fait le tour des points positifs. Car hormis ces quelques idées fort agréables qui s’alignent parfaitement avec la politique de Microsoft en termes d’inclusivité, le bât blesse fortement.

Le premier défaut notable du VelocityOne Flightstick est indubitablement son poids. Bien trop léger pour être stable, il est pratiquement impossible de l’utiliser dans de bonnes conditions sans le visser à un support ou le tenir d’une main ferme. Dans certaines situations assez tendues, ce manque d’aplomb peut rapidement nous faire perdre le contrôle de notre vaisseau/avion et nous mener droit à la catastrophe. Nous ne comptons plus le nombre de collisions et de missions échouées à cause de cela.

Plus qu’une option, il est indispensable de disposer d’un support ou de percer notre bureau afin de l’y fixer pour en profiter pleinement. Notons ici qu’un Stand officiel est disponible depuis le 14 Décembre.

De plus, l’idée de concevoir un joystick ambidextre nous montre rapidement ses limites. En l’état, il est aussi inconfortable pour un droitier que pour un gaucher, tant les boutons sont placés de manière symétrique de part et d’autre du manche. Ainsi avons-nous été contraints de lâcher régulièrement le stick ou de nous contorsionner pour atteindre ceux situés à l’opposé de notre main directrice. Cette gymnastique est particulièrement préjudiciable en combat, d’autant que les boutons sont incroyablement mal pensés. Trop proches, tous de même taille et bien alignés sur le socle, ils demandent un entraînement rude et une adaptation énorme pour les atteindre sans quitter l’écran des yeux. Inutile de préciser qu’il vaut mieux éviter tout jeu en VR sur PC, au risque d’essuyer de grandes frustrations.

Il est à noter que la conception même du joystick en un seul bloc unique n’est pas le seul défaut de ce VelocityOne Flightstick. Pour une raison obscure, les manettes des gaz sont particulièrement petites et ne peuvent donc être tenues à pleine main. Au pire utilise-t-on un ou deux doigts, dans une posture inconfortable et incroyablement peu intuitive.

Le comble revenant au fait que le stick n’est pas plug and play. Nous devons sélectionner manuellement sur l’écran intégré le support sur lequel il est connecté avant de l’utiliser (mode PC et mode Xbox) via une manipulation longue et fort peu intuitive nécessitant la lecture du manuel. Une gymnastique particulièrement fastidieuse dont on se passerait bien au quotidien.

Enfin, le stick dispose d’un bouton supplémentaire « cible » remplaçant la souris sur PC. Doté d’une sensibilité extrêmement basse, il est cependant rapidement oublié et plus gênant qu’autre chose.

Trop peu de jeux compatibles

Que ce soit au niveau de la communication ou du site du constructeur, le VelocityOne Flightstick met uniquement en avant trois jeux compatibles : Microsoft Flight Simulator, Star Wars : Squadrons et Elite : Dangerous.

Si les trois ont été testés aussi bien sur Xbox One que sur PC, nous avons décidé de pousser les essais plus avant avec d’autres titres. Ainsi avons-nous ajouté à la liste Mechwarriors 5 et Ace Combat 7, également sur les deux supports.

Et la conclusion est sans appel : oui, le VelocityOne Flightstick n’est compatible qu’avec les trois premiers. Les autres ne le reconnaissent simplement pas sur Xbox. Sur PC cependant, et au prix d’efforts considérables et de connaissances techniques poussées, il est possible de le rendre « utilisable » sur Mechwarriors 5. Voyons un peu en détail les jeux réellement « compatibles » :

  • Microsoft Flight Simulator : Sur PC, rien à redire. Le titre tourne bien, toutes les fonctionnalités sont utiles et la prise en main est agréable. Sur console en revanche, on se désole de devoir utiliser la manette en plus du stick pour naviguer dans les menus, voire pour certaines actions.
  • Star Wars : Squadrons : Sans doute l’expérience la plus compliquée. Que ce soit sur PC ou console, il faut obligatoirement passer par une longue phase pour remapper les touches. Même la gâchette principale n’est pas automatiquement associée à notre arme. L’écran digital n’est tout simplement pas compatible avec le titre, et bien des fonctionnalités imposent d’utiliser pour des actions indispensables les boutons situés hors de portée de notre main. Lancer une contre-mesure ou redistribuer la puissance de ses boucliers n’a jamais été aussi complexe et peu intuitive. Finalement, on revient rapidement à la manette classique, plus précise et ergonomique. À l’identique, l’accélération est automatiquement mise sur la molette centrale, et non sur la manette des gaz. Un choix totalement ubuesque et qui va à l’encontre de trente ans d’apprentissage sur ce type de matériel.
  • Elite : Dangerous : Que ce soit sur console ou PC, la reconnaissance fonctionne bien mais les dogfights spatiaux souffrent des soucis précités, bien plus préjudiciables sur ce dernier. De plus, les joueurs disposant du DLC Odyssey auront rapidement cet étrange sentiment de « piloter un Mecha » un peu balourd lors des phases à pied. Si ce sentiment est également présent avec les sticks concurrents, il est cependant particulièrement prégnant avec le VelocityOne Flightstick.

Note : Dans une interview donnée au magazine Businesswire le 17 Novembre 2022, Juergen Stark, CEO de Turtle Beach, déclarait le stick également « compatible avec X-Plane, War Thunder, Everspace et Star Citizen ». N’ayant pu obtenir confirmation de ces informations ni testé ces derniers, nous ne donnerons pas d’avis supplémentaire.

Testé sur Xbox One X et PC

Bilan

On a aimé :
  • Design agréable
  • Support de poignet amovible
  • Beaucoup de boutons…
  • Écran digital utile…
  • Conçu pour les droitiers et les gauchers…
On n’a pas aimé :
  • Trop léger
  • Compatible avec trois jeux uniquement
  • … mais mal positionnés
  • … uniquement sur Flight Simulator 2022
  • … mais très peu ergonomique pour tous
Un joystick de milieu de gamme très en retard sur la concurrence.

Si le nombre de joysticks officiels Xbox et PC est relativement restreint, on s’étonne de voir un tel produit avec autant de problèmes de maniabilité, si peu de jeux compatibles et une ergonomie aussi hasardeuse. Il est ainsi très difficile de conseiller le VelocityOne Flightstick à quiconque, sinon aux gauchers. Pour les autres, mieux vaut se rabattre sur le Hotas T.Flight One ou le Saitek X56 Rhino.

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