Test – Avowed – Un nouveau RPG réussi sous l’expertise d’Obsidian

vers l’infini et l’au-delà
Les développeurs d’Obsidian Entertainment, créateurs entre autres de Pentiment, Fallout : New Vegas et The Outer World (dont le deuxième opus est prévu pour 2025), nous présentent Avowed, leur toute nouvelle licence. Décrit comme un spin-off de la licence Pillars Of Eternity, le titre se déroule dans l’univers d’Eroa, qui parlera sans doute aux habitués de la licence. Dans cette nouvelle aventure proposée par le studio américain, notre protagoniste va découvrir les Terres Vivantes et faire des rencontres qui vont changer à tout jamais son destin. Découvrons, manette en main, la nouvelle exclusivité Xbox Game Studios qui s’annonce plutôt prometteuse.

un RPG sur mesure

Après le lancement d’une courte cinématique, nous sommes invités à façonner les traits de notre personnage grâce à de nombreux outils de personnalisation mis à notre disposition. À l’aide d’un modèle prédéfini, on peut modifier coiffure et traits du visage avec minutie. Étant un être divin, notre personnage possède des caractéristiques capillaires et faciales particulières qu’il est tout à fait possible de masquer, les PNJ réagissant quand même à notre visage particulier.
Une fois le personnage créé, il est impossible de le modifier en cours de jeu. Lorsque l’aspect physique est terminé, il faut un historique à notre antagoniste afin d’obtenir des options de dialogues uniques et déterminer les points d’attributs de départ. Il convient ensuite de choisir la difficulté (mode histoire, facile, normal ou difficile). Pour les plus téméraires, la voix des damnés est disponible et l’on peut revenir sur son choix à tout moment dans le jeu.

Originaire de l’empire Aedyran, l’une des plus grandes puissances coloniales au monde, l’empereur a décidé de nous envoyer en tant qu’émissaire sur les Terres Vivantes pour enquêter sur le malrêve, un fléau semblant se propager de manière exponentielle. Cette étrange maladie semble prendre le contrôle de celui qui en est infecté et lui faire perdre l’esprit. Rien ne semble épargner l’âme de qui que ce soit, même la nature présente les symptômes de ce mystérieux mal qui fait rage.

Malheureusement, lors du trajet vers Paradis, notre navire fait naufrage suite à ce qui ressemble à un orage. Échouée et seule rescapée sur une plage où elle a perdu connaissance, notre héroïne est secourue par un inconnu nommé Garrick. Après une brève présentation et un échange de quelques mots, il nous apprend que l’orage n’est peut-être pas la cause de ce désastre. En effet, l’incident viendrait d’un coup de canon tiré depuis un fort non loin de la plage. Afin de mieux comprendre ce qui se trame, les deux protagonistes explorent les lieux à la recherche d’indices et de réponses. Ce qu’ils vont trouver va soulever bien plus de questions et, finalement, l’enquête de l’émissaire sur le malrêve et ses effets néfastes débute bien plus vite que prévu. Prochaine étape, trouver un moyen d’atteindre le port de Rivaube.

Ces premières quêtes, sous forme de prologue, permettent au joueur de prendre en main le jeu via un didacticiel plutôt bien fichu et qui, pas à pas, lui permet d’être à l’aise rapidement avec le gameplay. Avowed se joue en vue FPS, mais il est tout à fait possible, en appuyant longuement sur “RS”, de passer en vue à la 3ème personne à tout moment du jeu. Comme dans tout bon RPG, nous avons un inventaire bien chargé en informations, simple à prendre en main, clair et fonctionnel. On s’y habitue très rapidement et on y passe bien moins de temps que prévu, tout étant fait pour aller rapidement à l’essentiel.
Venez comme vous êtes

Parcourir les Terres Vivantes ne se fera pas sans embûches et être bien équipé n’est pas une option, sous peine de rejoindre l’au-delà manu militari. Une des particularités du titre est qu’il n’y a pas de classe prédéfinie, libre au joueur de choisir parmi un vaste choix d’armes, comme des haches, épées, poignards, par exemple. Il est également possible de s’équiper d’armes à distance, comme des arcs ou des armes à feu, ou encore de baguettes et grimoires qui permettent de lancer des sorts. Pour varier sa façon de jouer, il suffit de créer deux styles d’armement et de les alterner en appuyant sur Y.

Le gros point fort du jeu est que l’on peut jouer à sa façon et utiliser n’importe quelle arme sans contrainte. Attaquer se fait avec “RT”, un appui long permettant d’infliger des dégâts plus importants, mais attention ces actions consomment de l’endurance. Utiliser des armes à distance permet de visualiser les points faibles de l’ennemi. Si l’on souhaite utiliser une approche plus discrète, on peut profiter des hautes herbes pour s’y accroupir et avancer discrètement près d’un ennemi pour faire une attaque furtive. La prise en main des combats se fait naturellement grâce à des commandes très classiques et efficaces. Toutefois, quand les ennemis sont un peu trop nombreux, les combats peuvent parfois devenir un peu brouillons.

Chaque objet possède un rang de qualité : commun, raffiné, exceptionnel, superbe et légendaire. Il en de même pour les ennemis rencontrés, puisqu’ils ne s’adaptent pas au niveau du joueur. Cela peut être périlleux, surtout lorsqu’on croise un adversaire avec une tête de mort à côté de sa barre de vie. Il est recommandé d’acheter de l’équipement de plus haute qualité auprès du marchand du coin ou d’améliorer l’équipement à l’établi du camp avant d’arpenter le monde extérieur. Des objets à lancer, disponibles dans de nombreuses variantes élémentaires, peuvent être utiles pour prendre l’avantage en combat ou pour briser des obstacles, par exemple. Les objets ou passages destructibles (et tout ce avec quoi l’on peut interagir) sont facilement repérables grâce à une icône.

Notre personnage dispose d’attributs qui débloquent certaines options de dialogues quand nous avons suffisamment de points dans la catégorie correspondante. Ils améliorent également ses facultés. Par exemple, dépenser des points dans la catégorie dextérité permet notamment d’être plus rapide et plus agile. Il dispose aussi de capacités passives, qui aident à tout moment en combat, ou actives, qui consomment de l’essence (une jauge située en dessous de celle de santé permet de voir d’un coup d’œil s’il nous en reste assez pour utiliser la magie). Il est facile de récupérer cette dernière à l’aide de potions trouvables un peu partout en explorant ou dans des magasins. De plus, certains ennemis laissent des fragments d’essence après avoir été vaincus, et consommer certains plats et/ou fruits et légumes peut également en redonner.

Pour utiliser les capacités depuis la roue d’action, il suffit d’appuyer sur “LB” ou de les placer, tout comme les potions et objets à lancer, dans les emplacements rapides prévus à cet effet. De même que les attributs, les capacités peuvent être améliorées en dépensant des points. Il existe différentes catégories pour façonner davantage notre style de combat. La section combattant met l’accent sur les dégâts et les armes de corps à corps à deux mains, celle du rôdeur se spécialise dans les armes à distance, l’agilité et la finesse. Le magicien, quant à lui, se concentre évidemment sur le lancer de sort. La capacité d’être divin se débloque à des moments précis de l’histoire et selon les choix effectués par notre personnage. Enfin, on trouve les capacités de compagnons qui ont chacun leur spécialité. Ces pouvoirs permettent de prendre le dessus en combat et de personnaliser le style d’arme choisi. Il est possible de réinitialiser ses points, à condition d’avoir suffisamment d’argent.
Un univers plein de surprises

La quête principale d’Avowed nous emmène dans différents biomes de la région des Terres Vivantes, tout comme dans The Outer World. Pas de monde ouvert ici, mais quand même des zones assez vastes à explorer. En ville, on trouve des marchands, mais aussi des habitants qui sollicitent parfois notre aide. Les quêtes secondaires sont scénarisées et peuvent avoir un impact sur d’autres quêtes selon notre façon de les résoudre. Nous avons pris plaisir à faire ces quêtes, plutôt bien écrites, certaines étaient même amusantes. Tout comme dans la trame principale, plusieurs options s’offrent au joueur pour résoudre une quête, ce qui est franchement sympa et peut éventuellement procurer de la rejouabilité au titre.

Chaque région dispose aussi d’un tableau où l’on peut trouver différentes cibles à chasser pour en récolter les primes. Ces ennemis redoutables permettant de gagner beaucoup d’argent et de récupérer des objets et équipements uniques, cela vaut évidemment le coup, à condition bien sûr d’être bien équipé.
Notre croisade contre le malrêve nous donne l’occasion de faire des rencontres et d’avoir des compagnons de voyage ayant chacun leur propre capacité élémentaire. Gagner des points de niveau permet d’améliorer leurs pouvoirs et techniques de combat. Ils apportent leur aide sur le champ de bataille et dans certaines zones à explorer. Kai, premier compagnon rencontré, peut par exemple brûler des ronces qui bloquent un passage, grâce à sa capacité.

Les choix que nous faisons ont un impact sur la façon dont nous perçoivent nos camarades de route. Pendant les pauses aux feux de camp, ils peuvent partager leur ressenti sur d’éventuelles conséquences lors de certaines quêtes (même secondaires). Entretenir une bonne relation avec eux permet d’accéder à des quêtes de compagnons et d’en apprendre un peu plus sur leur parcours et leur personnalité. Il n’est, par contre, pas possible d’avoir des romances avec eux, mais on peut cependant développer une solide amitié, à condition de ne pas les décevoir trop souvent. Ces discussions avec nos camarades permettent de faire le point sur des choix parfois difficiles à faire et d’avoir un point de vue extérieur sur leurs répercussions.

Lieux de discussion, mais pas que, les feux de camp proposent au joueur de se reposer et de rétablir sa santé. C’est aussi l’endroit où entreposer le surplus de l’inventaire pour éviter tout encombrement et ralentissement. Il n’est pas forcément nécessaire d’être en ce lieu pour déposer des objets au coffre, on peut également le faire via l’inventaire. Afin d’établir un camp, il faut repérer une borne d’Adra. C’est un lieu important, car on y trouve l’établi qui permet d’améliorer l’équipement, on peut y créer des recettes à l’aide d’un chaudron afin d’obtenir des bonus temporaires, et bien plus encore. Une fois découvert, on peut s’y rendre via la carte en voyage rapide.

Explorer les Terres Vivantes est vraiment agréable. C’est joli, ensoleillé et créé avec beaucoup de soin, le titre possède une belle direction artistique. Toutefois, certaines régions méritent plus le coup d’œil que d’autres. Chaque biome dispose de sa propre identité avec un bestiaire plutôt varié. Les villes et les intérieurs des bâtisses regorgent de détails, et les espaces extérieurs à la ville ne sont pas en reste. Une des qualités du titre réside dans son exploration. En effet, chaque recoin est une invitation à la découverte, on peut y trouver des coffres, des ressources, des armes uniques, des documents qui permettent d’en apprendre plus sur le Lore, ou encore des objets comme des anneaux ou des pendentifs qui peuvent donner un sacré coup de pouce selon les attributs qu’ils renferment.

Plusieurs manières sont souvent proposées pour entrer dans un lieu. Mener sa petite enquête et faire preuve de curiosité est presque toujours récompensé, que ce soit en pleine nature, dans des cavernes, dans les profondeurs ou même dans des maisons abandonnées. Les villes regorgent elles aussi de secrets à découvrir, ça vaut vraiment la peine de s’attarder dans certains endroits. En plus d’être un véritable point fort du jeu, explorer permet au joueur de s’équiper sans forcément dépenser d’argent, de revendre pour faire des bénéfices ou de démanteler les objets inutiles ou en doublon pour en récupérer les pièces, ou alors de l’améliorer au camp quand il correspond à notre style de jeu.

Il est possible d’escalader, de nager (une jauge limite le temps passé sous l’eau) pour explorer partout à tout moment les Terres Vivantes. Il n’est pas rare de tomber sur des camps d’ennemis, des petits donjons à explorer, des maisons laissées à l’abandon, mais renfermant des coffres particulièrement intéressants. Il est recommandé d’avoir toujours des crochets sur soi ainsi qu’un grimoire des éléments. Ce dernier permet de glacer de l’eau, par exemple, pour remplacer momentanément un pont endommagé, d’utiliser l’électricité pour réactiver un monte-charge, d’utiliser les éléments pour interagir avec l’environnement. Nous ne sommes pas vraiment sur de la résolution de puzzle, mais cette mécanique de jeu reste plaisante et apporte un peu de variation au gameplay. La bande sonore est agréable et s’accorde parfaitement à chaque lieu visité et renforce l’ambiance du titre.
une belle épopée avec quelques épines

Dans Avowed, les paysages sont parfois superbes et certains endroits sont vraiment magnifiques comme nous le disions un peu plus haut, mais quel dommage que cela manque de vie. On a l’impression que le monde est parfois figé, ce qui casse un peu l’immersion. La faune sauvage est complètement passive et n’est là qu’en tant que figurante. Il est impossible d’interagir avec ces animaux qui n’apportent donc aucun intérêt au jeu et font tâche dans le décor. Les PNJ ne réagissent pas quand vous volez leur repas ou tout objet précieux sous leur nez . Vous pouvez aisément prendre tout ce qui se trouve chez eux et sortir votre épée n’inquiète personne. L’inventaire ne manque jamais de victuailles ni de potions, tout étant en libre-service. S’ils ne réagissent pas lorsque nous menons à bien nos activités illicites, il en va tout autrement quand il est possible d’interagir avec eux et d’engager une conversation lors de quêtes ou de rencontres fortuites en ville. Ces moments peuvent parfois être amusants grâce à des dialogues bien écrits et des actions surprenantes de leur part.

Testé sur Xbox Serie S, le titre a parfois des soucis de texture, il charge difficilement dans certaines zones et les paysages au loin peuvent paraître légèrement pixelisés, mais heureusement cela reste plutôt rare. Quelques ralentissements peuvent avoir lieu lors des combats quand les ennemis sont trop nombreux. Mis à part ces quelques désagréments qui ne gâchent en rien l’aventure (et en aucun cas la beauté du jeu), nous n’avons rencontré aucun bug majeur ou bloquant.

En comptant la quête principale, les quêtes secondaires et l’exploration, des dizaines d’heures sont nécessaires pour profiter du monde d’Eora. Cela peut évidemment varier selon les joueurs, mais nous avons passé plus de 30 heures sur le jeu pour finir la quête principale ainsi que certaines quêtes secondaires. Avowed sera disponible le 18 février 2025 sur Xbox Série S et X, PC, Xbox Game Pass Ultimate et PC Game Pass. (sortie le 13 février pour les versions premium).
Testé sur Xbox Series S, Code fourni par l’éditeur
Le Bilan
On a aimé
- L’histoire remplie de rebondissements
- Les quêtes secondaires scénarisées
- Les biomes enchanteurs et colorés
- Les possibilités de choix et leurs conséquences
- L’exploration
- Les dialogues parfois amusants
On a moins aimé
- La passivité des PNJ et des animaux sauvages
- La caméra figée lors des phases de dialogue
- Le manque d’immersion dans les zones ouvertes
Conclusion du test de Avowed
J’irai au bout du malrêve
Nous avons pris plaisir à découvrir l’univers d’Avowed. RPG très classique, il ne révolutionne pas le genre, mais il se démarque avec ses graphismes colorés, enchanteurs et très ensoleillés. L’exploration invite le joueur à la curiosité et l’incite à inspecter chaque recoin tant il y a à découvrir. Nous avons aussi aimé cette liberté de construire notre histoire et de jouer sans contrainte de classe prédéfinie. Le titre brille avec ses dialogues bien écrits, avec parfois beaucoup d’humour, et nos choix ont de réelles conséquences, que ce soit dans les quêtes secondaires ou principales. Enfin, grâce à une histoire prenante et riche en rebondissements, nous avons plus qu’apprécié notre voyage épique à travers les Terres Vivantes. Nul doute qu’il plaira aux amateurs fans de RPG et d’Heroic Fantasy.