Test - The Binding of Isaac : Repentance - Maman j’ai raté la trappe

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Vous aimez le caca, les mouches, le sang, le vomi et les boyaux ? Alors dit comme ça, ce n’est pas forcément super tentant, et pourtant : la série “The Binding of Isaac” vient de souffler sa 10ème bougie, et peut compter sur sa base de millions de fans pour se jeter sur cette nouvelle extension. Si vous êtes passés au-dessus du phénomène, il n’est pas trop tard pour une petite session de rattrapage.

Rappel des faits

Il est difficile aujourd’hui compte tenu de sa notoriété d’être totalement passé à côté de The Binding of Isaac. Le titre réalisé notamment par Edmund McMillen (à qui l’on doit Super Meat Boy, entre autres) et Florian Himsl est d’abord sorti sur PC fin 2011.

Après quelques éléments de contenu ajoutés à la formule de base, le titre, rebaptisé “The Binding of Isaac : Rebirth”, a été entièrement ré-imaginé pour sortir fin 2014 avec un nouveau moteur et un nouveau style visuel.

C’est sur cette nouvelle base que la “série” a évolué depuis, à grand coups d’extensions bourrées de contenus venus enrichir la formule : “Afterbirth” d’abord, “Afterbirth +” et enfin “Repentance”, lui même en partie basé sur “Antibirth”, un contenu non officiel réalisé par des fans et désormais adoubé.

Vous l’aurez compris : The Binding of Isaac Repentance est l’aboutissement de la série, censée être la dernière … comme la précédente d’ailleurs.

Du grenier à la cave

Avec autant d’extensions et au final de contenu, se lancer dans The Binding of Isaac en 2021 peut donner le vertige : les premières parties sont confuses, on ramasse des objets sans trop comprendre les interactions, et surtout on meurt très vite.

Chaque partie se déroule plus ou moins de la même manière : vous commencez avec un inventaire vide ou presque (certains personnages jouables disposent de capacités spéciales), et vous devrez tant bien que mal vous frayer un chemin à travers les différentes salles générées aléatoirement. Pour survivre, vous serez libre d’explorer chaque étage en quête d’objets, passifs ou actifs, et qui parfois seront accompagnés d’un lourd tribut à payer : un tir très rapide mais beaucoup plus faible, un lâcher de bombe régulier ultra puissant mais qui peut vous tuer etc.

La construction d’un build dans ces conditions devient alors un numéro d’équilibriste, et vous devrez souvent faire des choix et les assumer jusqu’à la fin de la partie. Dès lors un jeu dangereux se met en place qui peut s’avérer extrêmement gratifiant et rendre votre personnage surpuissant, ou ruiner une excellente run avec un effet indésirable.

Après l’euphorie d’une victoire facile ou la frustration devant des échecs répétés, on comprend rapidement le succès mondial de la série : comme poussé par une force inconnue, on y replonge en permanence. Parfois tout de suite comme pour pousser la chance, parfois après une pause de quelques heures ou quelques jours, le temps de faire redescendre le sel. Mais à chaque fois, on y retourne avec plaisir.

Un contenu vertigineux

Avec plus de 700 objets au total (dont 130 supplémentaires rien que pour cette dernière extension) pour des millions de combinaisons possibles, une centaine de boss et des ennemis à la pelle, on ne s’ennuie vraiment jamais. Chaque partie nous apprend quelque chose, et à force de prendre ses marques, on finit par tenter de maîtriser l’aléatoire dans sa construction de build. Une tâche rendue d’autant plus difficile par le fait que les descriptions d’objets demeurent souvent cryptiques, et vous laissent le plaisir de découvrir les effets par vous-même.

On notera cependant que ces descriptions d’effets mystérieuses sont intégralement en anglais, comme le reste du jeu. Cette situation est devenue totalement incompréhensible pour un titre vendu à plusieurs millions d’exemplaires depuis dix ans et au prix fort.

Le prix est par ailleurs un point qu’il est nécessaire d’évoquer. S’il ne fait aucun doute que le prix du jeu de base, vendu une quinzaine d’euros même après toutes ces années, est parfaitement justifié, on reste plus sceptique face aux 19.99€ demandés pour le contenu de Repentance seul, dans la mesure où vous devez absolument posséder toutes les autres extensions pour le faire fonctionner. Là où Repentance se présente comme une excellente occasion de faire revenir d’anciens joueurs, le fait de ne pas inclure toutes les précédentes extensions dans les 19.99€ demandés semble être une décision mercantile pour le moins douteuse.

Enfin, si vous ne possédez aucune version, vous pourrez vous procurer directement la version complète pour la modique somme de 60€, soit … plus cher que le jeu et les DLC séparés. Vraiment, ce tarif à la sortie de cette extension est incompréhensible, et c’est vraiment dommage pour un jeu de ce calibre.

Alors certes, The Binding of Isaac est un excellent jeu au contenu gargantuesque, doté d’une bande-son de qualité, d’une rejouabilité hors pair et d’un humour bien à lui, mais avec un tel prix pour un jeu aussi daté, sans localisation française et qui plante toujours de manière occasionnelle comme la version de lancement en 2015, la pillule a dû mal à passer.

Test réalisé sur Xbox Series X

Bilan

On a aimé :
  • Le contenu gargantuesque
  • Le nouveau contenu qualitatif
  • Une sortie console plus rapprochée qu’à l’accoutumée
On n’a pas aimé :
  • Le modèle économique
  • Les crashs toujours présents
Mama, hou hou houu

Les années passent, et Isaac reste le maître incontesté du rogue-like. Toujours aussi fun et addictif, le titre de Nicalis ravira les fans de la première heure avec un nouveau contenu ultra généreux, comme d’habitude rempli de nouveaux ennemis, personnages, boss, objets et autres babioles en tout genre. Le mode co-op a également été revu pour des sessions canapé, mais la base reste globalement la même. On regrettera simplement l’absence de localisation, les crashs toujours présents et un tarif prohibitif. Si vous n’étiez pas convaincus par le passé, cette nouvelle version n’y changera sûrement pas grand-chose. En revanche, si cela fait quelques années que vous regardez le phénomène du coin de l’œil, c’est peut-être l’occasion de découvrir ce titre culte dans sa version la plus aboutie.

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The Binding of Isaac : Repentance

Genre : Action RPG

Éditeur : Nicalis

Développeur : Nicalis

Date de sortie : 04/11/2021

Prévu sur :

Xbox Series X, Xbox One, Playstation 4, PC Windows, Steam, Switch

2 reactions

Raidje

04 déc 2021 @ 12:40

Très bon test... il est difficile de résumer Binding of Isaac, d’expliquer toutes les mécaniques du jeu, tellements elles sont nombreuses et en interactions... Mais l’essence, le sel de ce jeu est très bien retranscrit dans ces lignes.

Bravo

Catzou

Rédaction

04 déc 2021 @ 17:43

Merci beaucoup @Raidje ! C’était effectivement un exercice délicat, j’étais pas super à l’aise, mais ça fait plaisir à lire :)