Test - Stubbs the Zombie in Rebel Without a Pulse - Repose en paix

«Certaines choses devraient rester enfouies...» , - 4 réaction(s)

Sorti de terre en 2005 et exclusif à la première Xbox, Stubbs the Zombie in Rebel Without a Pulse avait fait parler de lui grâce à sa violence cartoonesque et son humour mordant. Malgré le poids des années, le souvenir de ce jeu d’action en 3D, dans lequel on incarne un zombie à l’appétit insatiable, reste bien ancré dans l’esprit des fans. Flairant le bon filon, Aspyr Media surprend son monde en ramenant d’entre les morts cette curiosité, développée initialement par Wideload Games. Mais exhumer un mort-vivant édenté vieux de seize ans pour proposer un remaster s’avère bien plus risqué qu’il n’y paraît.

Zombies, amour, robots et communisme

Tout commence en 1950, dans la paisible ville de Punchbowl en Pennsylvanie. Grâce aux nouvelles technologies, développées par un ancien savant nazi et financées par un milliardaire local, la bourgade ne connaît ni criminalité ni pauvreté. La population profite de robots et voitures volantes pour mener une vie paisible. Alors que deux adolescents flirtent dans un parc du centre-ville, une main en décomposition surgit soudain du sol pour mettre fin à cette insouciance.

Un humour qui ne plaira pas à tous.

Dès son introduction, le jeu pose les bases de ce qui avait fait son succès. Il y a tout d’abord cet univers légèrement inspiré du courant “rétrofuturiste” des années 50, qui n’est pas sans rappeler plusieurs licences extrêmement appréciées comme Fallout ou BioShock.

En plus de cette influence artistique, Stubbs the Zombie multiplie les clins d’œil aux films de science-fiction du milieu du XXème siècle. Ces œuvres partagent une menace commune, fruit des angoisses de l’époque : l’arrivée soudaine d’envahisseurs venus d’ailleurs. Également sorti en 2005, avec un remake de qualité proposé depuis l’été dernier, Destroy All Humans nous permettait d’incarner un petit homme vert venu détruire les Etats-Unis, métaphore vue et revue du danger soviétique. Le studio Wideload Games a lui fait le choix de nous placer dans la peau décharnée d’un zombie qui sera, lui aussi, immédiatement assimilé à un communiste par les fermiers du coin.

Le nouvel ami de Stubbs n’aura pas eu le temps de déguster son hot-dog.

L’autre élément qui ne peut laisser indifférent une fois la partie lancée, c’est l’humour politiquement incorrect qui se dégage du jeu. Pour le meilleur comme pour le pire, les dialogues et situations naviguent entre critiques des Etats-Unis d’après-guerre, déluge d’hémoglobine, langage fleuri, allusions sexuelles et scatologie qui lorgnent du côté de Conker : Live and Reloaded (remake sorti sur Xbox, toujours en 2005).

L’objectif principal de notre héros est de retrouver Maggie Monday, mère d’Andrew Monday (à la tête de la ville), dont il est tombé amoureux au premier regard. Afin de rattraper cette femme blonde aux initiales rappelant étrangement celles de Marilyn Monroe, Stubbs est prêt à tout : freiner les assaillants à l’aide de ses flatulences ou uriner dans un barrage alimentant toute la ville en eau potable. Malgré ces nombreuses séquences à l’humour douteux, le titre inclut également de belles références cinématographiques et musicales dont nous vous laissons la surprise.

“On se ressemble sang pour sang”

D’un point de vue technique, les améliorations apportées au titre tiennent sur une ligne. Nous profitons d’un jeu en 60 images par seconde avec une résolution supérieure. C’est trop peu ! Bien qu’il utilise le moteur d’Halo : Combat Evolved (2001), ce qui se ressent tant les phases en véhicules rappellent le Ghost de la saga du Master Chief, le remaster du jeu fait vraiment peine à voir. Il ne faut que quelques minutes pour réaliser que le travail effectué par Aspyr Media est insuffisant et place Stubbs the Zombie parmi les remasters les plus dispensables auxquels il nous ait été donné de jouer. Le jeu aurait pourtant bien eu besoin d’un coup de neuf tant les couleurs sont fades et les décors désespérément vides.

À l’époque, on trouvait cela plutôt joli. Mais ça, c’était avant.

Concernant la partie sonore, les musiques qui rythment notre aventure ne sont pas suffisamment mises en avant et les dialogues des personnages non jouables ne sont pas intégralement traduits. Une déception de plus puisqu’une partie de l’humour du titre passe à la trappe pour les joueurs qui ne comprennent pas la langue de Shakespeare. Ils pourront néanmoins profiter des hurlements de peur et des cris de douleur de leurs victimes.

“Je vois des jeux qui sont morts”

Mais alors, ça fait quoi d’être un mort-vivant ? Car si le fait de jouer un “méchant” n’est pas nouveau pour le média, le fait d’incarner un zombie reste une première. Afin de retrouver la femme de ses rêves, Stubbs doit massacrer l’intégralité des personnes présentes à travers une douzaine de niveaux. Pour ce faire, il pourra compter sur ses capacités corporelles inédites ainsi que sur sa faculté à se faire rapidement des amis.

À travers les différents décors, Stubbs va donc attaquer les humains en lançant son pancréas, en faisant rouler sa tête explosive ou en les frappant directement à mains nues avant de leur siroter le cerveau. Afin de respecter la mythologie du zombie, chaque victime vient renforcer l’équipe de morts-vivants qui suit notre anti-héros. Ces nouveaux alliés chassent les ennemis restants et servent de bouclier “humain”. Ce plaisir simple, bête et méchant de massacrer des PNJ, qu’on connaissait déjà à travers les sagas Carmageddon, Postal ou encore GTA, fonctionne une poignée d’heures…

Dévorer un cerveau encore tiède provoque un certain plaisir. Tout du moins au début.

Car malheureusement, et bien que le fait d’utiliser son corps comme arme principale peut prêter à sourire en début de partie, l’ennui lié à la répétitivité du jeu se fait trop vite ressentir. La majeure partie du titre consiste à attraper les humains un par un pour les changer en zombies. Quel ennui mortel face à un gameplay d’une telle pauvreté.

La Chose s’apprête à se jeter au visage de ce scientifique imprudent.

Certes le jeu propose quelques bonnes idées, comme la possibilité d’arracher notre bras avant de le diriger sur les murs et plafonds. Nous pouvons alors prendre le contrôle d’un ennemi une fois notre main posée sur son crâne. Cela s’avère bien utile lorsque nous avons besoin d’utiliser une arme à feu. Malgré cela, et même remis dans le contexte d’une sortie en 2005, le titre demeure terriblement pauvre en matière d’idées. Et si seulement c’était le seul défaut de ce remaster d’outre-tombe...

Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme.

Outre une rengaine qui s’installe très rapidement, Stubbs the Zombie fait preuve d’un manque surprenant de challenge. Même s’il propose 4 modes de difficulté, seuls les combats de boss, qui sont au passage loin d’être mémorables, peuvent poser problème. La raison est simple : notre santé se régénère automatiquement une fois à l’abri mais également en dégustant les cerveaux de nos victimes, ce qui occupe déjà la majorité de notre temps de jeu.

La liste des défauts du jeu semble interminable. Ainsi, il est possible de tuer les ennemis d’un coup en attaquant furtivement mais on ne nous incite pas du tout à la discrétion, les centaines de combats au corps à corps nécessitent d’appuyer encore et toujours sur le même bouton, la visée manque de précision, les niveaux sont des couloirs, l’intelligence artificielle des ennemis et alliés est quasiment inexistante, les objectifs manquent de clarté et les bugs de collision sont nombreux… Stop ou encore ?

Un seul niveau permet de surprendre nos victimes en brisant les fenêtres.

Alors que le générique de fin défile sous nos yeux, il paraît clair que les quelques bonnes idées des développeurs ont à peine été effleurées, ce qui cristallise la majorité des défauts du jeu. Cerise sur le cerveau, le jeu ne propose aucun collectible, soit autant de raisons de relancer une partie seul.e ou en coopération sur un écran splitté. Enfin une bonne nouvelle, en plus de la courte durée de vie !

Test réalisé sur Xbox Series X

Bilan

On a aimé :
  • Le personnage de Stubbs mérite un jeu plus ambitieux
  • L’humour parvient à nous arracher quelques sourires
  • L’aventure est moins pénible à deux, en coopération sur un écran splitté
  • Le titre est court et se termine en 6 heures
On n’a pas aimé :
  • Le jeu a très mal vieilli, à tous les niveaux
  • Le seul ajout du remaster réside dans les succès à débloquer
  • La rejouabilité est inexistante
  • Le tarif de 20€ n’est pas raisonnable pour une mise à jour aussi paresseuse
Quand il n’y a plus de place en Enfer, les mauvais jeux reviennent sur Terre

Stubbs the Zombie in Rebel Without a Pulse n’aurait jamais dû être exhumé. Qu’on ait pu apprécier le titre à l’époque se comprend tant le jeu possède une aura particulière. Cependant, il est impossible de justifier la piètre qualité du remaster proposé par Aspyr Media, qui se contente du strict minimum. N’est pas Frankenstein qui veut. Le seul fait d’arme de l’éditeur est d’avoir réussi à tuer le zombie une seconde fois. Se replonger dans un titre vieux de 16 ans permet néanmoins de réaliser le chemin parcouru par notre média. Les jeux ne vieillissent pas tous aussi bien et Stubbs a tourné au vinaigre tant il se révèle répétitif et terne, malgré quelques idées tout juste esquissées. À présent, seul un second volet mériterait de tirer ce monstre de son sommeil éternel. D’ici là, qu’on le laisse reposer en paix.

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Stubbs the Zombie in Rebel Without a Pulse

PEGI 18 Langage grossier Violence

Genre : Action

Editeur : Aspyr

Développeur : Aspyr

Date de sortie : 16/03/2021

Prévu sur :

Xbox One, Playstation 4, PC Windows, Switch

4 reactions

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Banania

27 mar 2021 @ 18:31

Qu’en est-il du jeu originale sur Xbox ? Tourne t-il sur Series X ?
Vu que le jeu est jouable sur ces machines, il devrait du coup être rétrocompatible non ?! (et je parie que non, histoire de faire cracher 20€ pour « ça » à de pauvres innocents qui n’ont jamais touché à ce titre en 2005. D’ailleurs il y a très peu de jeux de la première Xbox qui sont rétro sur Series X et c’est bien dommage…)

J’ai encore ce jeu en boite, comme neuf. Heureusement car la cote n’arrête pas de grimper alors que bon, c’est pas fameux fameux… mais vu qu’il est sorti en fin de vie de la Xbox, a été produit à très peu d’exemplaires il me semble, donc assez "rare, surtout si on veut le trouver dans un état proche du neuf.

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Banania

27 mar 2021 @ 20:27

J’ai eu ma réponse et, c’est NON ! :-((

Microsoft se fout bien du monde avec sa rétrocompatibilité et la tonne de jeux Xbox et Xbox360 que nous sommes sensé pouvoir faire tourner sur Series X… mais qui ne fonctionne que quand ça les arrange. Je sais : ils sont là pour se faire du fric mais put** quoi, un jeu pas terrible vieux de 15 piges, qui tournait sur One X mais ils osent ne pas le rendre rétrocompatible sur Series X pour nous extorquer 20 € ?! Mais allez bien vous faire fo***, sans déconner !

J’ai ce jeu complet en boite mais INTERDIT de le lancer sur la Series X alors que je l’ai en version physique… bordel !

Un conseil : n’achetez pas ce jeu, il ne vaut guère plus de 5 €, et encore.

Basterd

27 mar 2021 @ 22:08

C’est peut être pas la faute de Microsoft si le jeu original n’est pas rétrocompatibilite.

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Banania

29 mar 2021 @ 10:16

@Basterd : tu as raison. Cela dit, il faudra m’expliquer pourquoi il tournait sur One X mais, comme par magie, ne tourne pas sur Series X ? Microsoft propose un tas de fonctions/techno sur ses machines mais libre à l’éditeur/développeur de faire ce qu’il en veut.

Après avoir fait mes recherches, je pense que l’éditeur Aspyr Media, responsable de ce « portage » (leur spécialité apparement) est le coupable. Ils semblent plus intéressés par l’argent (facile) avec cette réédition assez ridicule du jeu, 15 ans plus tard MAIS toujours bugés, un comble après tant d’années ! Ils ont aussi retiré/remplacé des musiques du jeu original… Bref, à acheter/fuir en connaissance de cause.