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Test – Hauntii – Au-delà des apparences

Test – Hauntii – Au-delà des apparences
Le 23 mai 2024
Le 23 mai 2024

Hou hou !

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Quelle serait la première chose que vous feriez si vous deveniez un fantôme ? Probablement que les plus farceurs s’amuseraient à aller taquiner de pauvres innocents, tandis que les éternels rancuniers s’adonneraient à satisfaire leur désir de vengeance. Mais si, en plus, vous perdiez votre mémoire après votre trépas ? Alors peut-être que vous chercheriez à obtenir des informations sur votre passé. Voilà ce qui arrive au malheureux Hauntii, un défunt qui se retrouve propulsé dans un monde inconnu, sans la moindre bribe de souvenirs. Le studio américain Moonloop Games livre ici un titre divertissant sur la vie après la mort à l’aspect minimaliste, enfin seulement sur le papier…

Ghost

Tout est sombre dans l’univers, quand une sorte de petite comète surgit pour se rendre vers une destination lointaine. À l’intérieur de l’astre se trouve une créature qui vient de perdre la vie. Cela pourrait être son dernier voyage, et pourtant il ne s’agit là que du début de sa nouvelle histoire. L’Éternité l’attend…

Joueuses et joueurs désireux d’explorer l’au-delà, soyez avertis que vous posez vos doigts (et votre manette !) sur une aventure assez singulière. Les premières minutes peuvent paraître bien longues pour celles et ceux rapidement perdus face aux mystères. En effet, il est possible de se retrouver décontenancé par cette solitude imposée. Que faire avec ce pauvre petit fantôme au milieu de nulle part ? D’autant que les lumières se font rares pour éclairer ses premiers pas dans ce lieu immense. Seul un chemin coloré se dessine à travers l’obscurité pour guider le spectre. Mieux vaut ne pas s’en écarter car d’étranges forces maléfiques sont visibles dans l’ombre et veillent aux alentours…

Où où ?

Rassurez-vous, Hauntii n’est pas si effrayant que cela. La classification PEGI 3 montre la volonté du concepteur, Leo Dasso, de rendre le jeu amusant malgré une thématique centrale sombre. Les menus et les dialogues entre les personnages sont traduits en langue française avec un vocabulaire accessible. Il n’y a aucun prosélytisme religieux caché dans les recoins du titre pour celles et ceux qui se questionneraient sur ce sujet. Tout est conçu de manière à ce que l’expérience soit neutre moralement, mais joyeuse émotionnellement.

Qui me parle ?

Les musiques qui accompagnent les péripéties du fantôme ajoutent une dimension supplémentaire au récit. Elles sont à la fois douces, lentes et envoûtantes. Les changements brusques qui peuvent intervenir lors de moments-clés sont délicatement dosés et confèrent à Hauntii une ambiance sonore immersive. Et dire que nous n’avons pas encore évoqué le visuel…

Les noces funèbres

Affirmer que le jeu possède une forte identité artistique est une évidence. Le design des personnages, à commencer par notre petit fantôme, repose sur des traits simples et des formes basiques. Ils ne sont pas sans évoquer des dessins enfantins, mais demeurent très mignons. Les éloges sur les graphismes concernent davantage les décors du titre. En pleine phase introductive, l’arrivée du héros à la périphérie de la grande tour centrale de l’Éternité marque incontestablement les esprits. La 3D isométrique offre une superbe vue sur un arrière-plan riche en détails. Bref, c’est beau et cela promet d’autres instants agréables pour les rétines !

Hauntii offre un terrain de jeu morcelé en une multitude de petites zones interconnectées par des portails. De taille et d’intérêt variables, elles s’identifient grâce aux aplats de couleurs qui définissent des sortes d’ensembles régionaux. Par exemple, les tons roses se rapportent aux espaces de Wick Land, une véritable ville carnaval avec des montagnes russes vertigineuses et d’autres distractions amusantes. Il existe plusieurs chemins pour relier les espaces visitables, ces derniers formant une véritable constellation autour du monument central.

Vive les manèges !

La découverte de la grande tour du jeu se fait à la fin de la phase tutorielle. À ce moment-là, notre petit fantôme est accompagné d’une entité surpuissante. Il s’agit d’une Éternienne, dont le peuple serait encore plus ancien que le temps lui-même. Ce personnage céleste se révèle être une sorte d’ange gardien pour Hauntii, après avoir sauvé sa peau transparente des forces maléfiques. Ainsi donc, le duo atteint le point névralgique de l’au-delà où un ultime périple attend les heureux élus : une ascension vers un autre plan d’existence ! Cependant, cette voie se refuse à notre héros puisqu’il est malheureusement attaché par des chaînes invisibles au monde des défunts…

Une petite danse...

Quelles sont les raisons de cet échec ? C’est évidemment ce qui lance la quête principale du jeu et justifie l’exploration des terres plus ou moins désolées de l’Éternité. La carte, consultable à tout instant, est assez pratique et fournit des indications permettant de chercher de nouvelles routes. Les joueurs avides de chasses aux trésors en tous genres peuvent se frotter les mains : chaque lieu regorge de ressources à collecter et de secrets à dénicher. Et parmi ceux-ci, les fragments de mémoire occupent une place de choix indéniable.

Poltergeist

Hauntii n’a plus aucun souvenir de sa vie antérieure. Sa captivité dans ce monde inconnu pose implicitement la question de savoir ce qui s’est passé avant. Pour cela, le jeu propose une mécanique désormais classique dans les œuvres vidéoludiques : trouver des morceaux afin de recréer des liens psychiques et revivre des moments vécus. Concrètement, chaque zone possède un nombre défini de fragments. Certains s’obtiennent en réussissant un combat, d’autres en fouillant minutieusement le moindre recoin et les derniers en résolvant des énigmes.

C'est chaud par ici !

Nous détaillerons ces trois éléments un peu plus loin dans le test. Au préalable, il nous faut dévoiler un aspect majeur du gameplay. Cela fait sûrement plusieurs paragraphes que vous attendez de savoir si vous allez pouvoir hanter des âmes dans ce jeu. Fin du suspense : la réponse est positive ! Le petit fantôme a la faculté de prendre possession de nombreuses choses différentes : des ennemis, des animaux, des objets, des habitations… Pour réussir cela, il faut lancer des orbes d’essence spirituelle sur la surface d’une victime ou d’une chose choisie, jusqu’à remplir la jauge concernée. L’énergie se recharge automatiquement, mais cela réclame du temps, ce qui peut parfois être problématique en cas d’affrontement…

Chair de poule

Soyons clairs, cela ne sert à rien d’essayer de lutter contre les forces tapies dans l’obscurité. L’écran devient vite brumeux et annonce une mort (!) imminente. La meilleure solution reste encore de retourner sur un chemin coloré. En revanche, d’autres ennemis peuplent les zones de l’Éternité. Si les plus petits se dégomment facilement avec les boules lancées par Hauntii, les plus gros demandent des moyens supplémentaires pour être battus.

Bougres d'ectoplasmes !

Il va donc falloir prendre possession de certains méchants pour progresser dans l’aventure. En bon twin-stick shooter (genre qui consiste à tirer frénétiquement dans tous les sens sur des ennemis avec deux gâchettes), le jeu demande d’abord une petite phase d’adaptation afin de maîtriser les commandes. Ensuite, on peut s’amuser à hanter des grosses brutes capables de sauter pour écrabouiller tout ce qui trouve à leur portée, ou d’autres qui peuvent lancer des boulets explosifs bien pratiques. Globalement, le gameplay n’évolue pas énormément mais la variété du bestiaire permet de ne pas ressentir de lassitude sur la durée.

Le principal reproche que l’on peut faire à Hauntii concerne les phases de combat contre de nombreux ennemis. L’action devient rapidement illisible et notre héros reçoit des coups difficilement évitables. Il arrive occasionnellement de réapparaître au dernier cristal de sauvegarde utilisé en ayant une sensation d’injustice. D’autant que la difficulté croît nettement après quelques heures de jeu et multiplie donc ces mésaventures. Par ailleurs, n’omettons pas de mentionner la présence de quelques boss offrant un challenge supplémentaire appréciable !

Fire walk with me

Le petit fantôme va également devoir hanter des choses plus originales pour dégotter quelques fragments supplémentaires. Qui n’a jamais rêvé de prendre possession d’un pilier de manège ou bien d’une lanterne ? Bon, il y a fort à parier que cela risque de désabuser les joueurs cartésiens, d’autant que l’intérêt reste limité. Dans la plupart des cas, les interactions se bornent à secouer un végétal ou à déplacer un objet. Il n’est pas possible d’aller combattre un ennemi en jouant une cloche par exemple. Dommage…

Une fois en possession d’un élément, chaque action engendre un coût en flammes spectrales. Ces petites choses se récupèrent un peu partout dans les zones du jeu. L’Éternité est assez généreuse en ressources, bien qu’il faille rester vigilant pour les plus dépensiers. Si jamais les réserves s’amenuisent, tirer sur les petites bosses au sol permet de se rendre compte de ce que provoque la découverte d’un gisement de pétrole ! Attention, car les ennemis ne sont jamais bien loin de ces endroits-là…

Un peu chargé, non ?

La découverte de nouveaux lieux incite les joueurs à tester les pouvoirs du fantôme sur tout ce qui s’y trouve. Il ne faut pas hésiter à aller au-delà des sentiers battus, y compris pour tomber sur des trésors locaux. Les marchands de chapeaux attendent également les plus fortunés pour choisir une coiffe à notre héros. Car après tout, n’est-ce pas classe un fantôme avec des oreilles de chat ? Moustache gracias aux développeurs !

Le sixième sens

Le dernier moyen de récupérer les précieux fragments va permettre aux joueurs de faire travailler leurs méninges. Hauntii est parsemé d’énigmes, obligatoires comme facultatives, exploitant tous les éléments de gameplay que nous avons détaillés. Encore une fois, si les premiers mystères ne donnent pas de grosses migraines, les suivants élèvent ostensiblement le niveau. Rien de bien surhumain, cependant, pour le petit fantôme…

Il existe quelques activités secondaires pour offrir d’autres défis. La plus notable est celle du stand de tir au revolver. Les armes à feu existent aussi dans l’Éternité, ce qui n’est pas très réjouissant… Rien de révolutionnaire dans ces phases, mais elles donnent l’impression constante d’évoluer dans un monde (mort-)vivant et dynamique.

Un vaisseau fantôme, forcément !

Lorsque vous obtenez suffisamment de fragments, vous pouvez allumer les étoiles d’une constellation. Une fois complète, celle-ci dévoile un souvenir de la vie humaine de Hauntii, sous la forme d’une cinématique. Le minimalisme des traits laisse libre court à l’imagination lorsqu’il s’agit d’interpréter les faits montrés. Au fur et à mesure des révélations, on arrive à avoir une meilleure compréhension du personnage. Cela reste subjectif, mais ces passages sont assez prenants et mélancoliques. Il faut compter une dizaine d’heures pour terminer l’aventure, bien au-delà pour obtenir tous les succès…

Testé sur Xbox Series S

Le Bilan

On a aimé 

  • La beauté des décors crayonnés
  • La variété des types d’énigmes
  • La durée de vie de l’aventure
  • Les musiques oniriques
  • L’affichage manquant de clarté dans quelques zones
  • Le flou lors de certains combats

Conclusion du test de Hauntii

Et la réalité du souvenir devient fantomatique…
En toute transparence, Hauntii est une aventure difficile à résumer. Les différents concepts imaginés permettent de vivre une expérience inoubliable, pour peu que l’on adhère à l’univers surréaliste proposé. Inévitablement, certains mauvais esprits ghosteront le titre en ne voulant pas s’éterniser à hanter des cloches ou des arbres avec leur manette. Pourtant, la quête identitaire du petit fantôme regorge de lieux sublimes à découvrir, tout en réservant de jolis moments touchants et même profonds. De quoi donner des hallucinations aux joueurs, tant le jeu joue sur des apparences bien souvent trompeuses…

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Hauntii

Développeur : Moonloop Games LLC
Éditeur : Firestoke

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