D’anciens développeurs d’Activision Blizzard fustigent Bobby Kotick, l’ancien PDG

Il ne manquera pas à grand monde
Vous n’êtes pas sans savoir que Bobby Kotick, l’ancien PDG d’Activision Blizzard, n’est pas une personnalité franchement appréciée des joueurs et des salariés de la société qu’il dirigeait, et ce, pour plusieurs raisons. Alors qu’il vient tout juste de quitter ses fonctions, d’anciens développeurs d’Activision Blizzard ont pris la parole pour le fustiger.
« Les décisions de Bobby rendaient nos jeux pires »

@chhopsky, une développeuse ayant travaillé sur Call of Duty pendant deux ans au sein du studio Demonware, dénonce en effet les pratiques de Bobby Kotick. Elle explique que ses décisions ne faisaient que rendre les jeux pires.
Les décisions de Bobby rendaient nos jeux pires.
Bien qu’il n’y a évidemment pas mort d’homme ici, ce n’est pas franchement le cas d’une autre prise de parole qu’elle dénonce. Bobby Kotick a en effet « menacé de faire tuer un employé ».
Elle semble en effet faire allusion à des propos tenus en 2006 et ensuite reportés par le Wall Street Journal en 2021.
Un porte-parole d’Activision a ensuite déclaré dans un courriel adressé à Business Insider que « M. Kotick s’est rapidement excusé il y a 16 ans » pour ce message vocal laissé à son assistante. Le représentant a également qualifié la menace de « manifestement hyperbolique et inappropriée » et a déclaré qu’il « regrettait profondément l’exagération et le ton » du message.
Il ne faut plus laisser passer ces pratiques

Suite à cela, @chhopsky explique avoir exigé devant toute l’assemblée générale le licenciement de Bobby Kotick, bien que cela aurait pu la mettre dans une situation délicate. Elle est tout de même consciente que son ancienneté et ses opportunités avec d’autres sociétés lui octroyaient une certaine sécurité.
Elle appelle malgré tout les salariés à ne jamais laisser passer ce genre de propos.
Nous n’avons peut-être pas de syndicats, mais nous avons du pouvoir si nous travaillons ensemble. Posez la question la plus bruyante et la plus ennuyeuse lors de l’assemblée générale. Soyez bref, direct, précis, et ne laissez aucune place à la tergiversation dans la réponse. Soyez vif, direct, et faites-le avec clarté et sans colère afin qu’ils ne puissent pas s’en prendre à votre prestation.
Elle invite également les salariés à s’enregistrer afin qu’ils aient des preuves pour se défendre « parce que les cadres pisseux prendront personnellement leur échec exposé ». Elle souligne notamment avoir été protégée par Demonware dans ce cas précis.
Elle évoque aussi un autre cas de figure au début de sa carrière ayant amené un directeur technique et son équipé à démissionner puisqu’ils faisaient « ce genre de choses ».
Des salariés abandonnés à leur sort

Un autre ancien employé d’Activision Blizzard a pris la parole pour dénoncer les méthodes de Bobby Kotick. Andy Belford, ayant notamment travaillé sur la planification du lancement d’Overwatch 2 sur Steam, explique avoir été conscient des mois à l’avance que le jeu allait être victime d’un review bombing, autrement dit, que d’innombrables joueurs allaient submerger la page Steam du jeu d’avis négatifs.
Son équipe a ainsi demandé des mois à l’avance plus d’informations, plus de détails et plus de ressources pour être aidée avec l’afflux anticipé, mais tout a été refusé.
Aussi, il dénonce que la modération de Steam a été confiée à l’équipe communautaire alors que ce n’est pas son rôle. Andy Belford a refusé que les membres de son équipe soient exposés « à ce niveau de contenu/posts toxiques », mais cela n’a rien changé. La décision de lancer le jeu sur Steam sans aucune aide supplémentaire reviendrait à Bobby Kotick.
Ce n’est qu’un exemple de la culture que Kotick a fait naître chez AB : la merde coulait en aval, atterrissant généralement sur les personnes les moins bien payées et les plus surchargées de travail. La direction était trop occupée à réagir à des orientations et à des décisions qui n’avaient aucun sens. […] Tout ce qui comptait, c’était l’appel aux bénéfices du trimestre en cours.
Un PDG pas franchement apprécié
En 2021, des affaires de harcèlement, de discriminations et d’agressions au sein d’Activision Blizzard ont éclaté au grand jour, ayant ainsi conduit dans un premier temps au licenciement de 20 employés au sein de l’entreprise. Bobby Kotick n’a pas tardé à prendre des mesures pour protéger les salariés victimes de ce fléau.
Cependant, le PDG controversé a encore plus perdu l’estime des joueurs et des salariés lorsqu’il a été révélé qu’il était au courant de certains cas, mais qu’il n’avait pas agi assez fermement.
Reste à voir si les langues vont continuer à se délier.