Les développeurs de DOOM exploraient des projets inattendus avant les licenciements, dont un jeu Perfect Dark

id Software traverse l’une des périodes les plus compliquées de son histoire. Quelques jours après l’importante vague de licenciements menée par Xbox, une enquête de GamesBeat dévoile les projets sur lesquels travaillait le studio avant cette restructuration. Elle apporte également de nouveaux éléments sur les raisons qui auraient poussé Microsoft à prendre une décision aussi radicale.
Les nombreux projets étudiés par id Software avant les licenciements
Selon GamesBeat, id Software se trouvait dans une phase de transition avant la sortie de Revelations, le DLC de DOOM : The Dark Ages. Les équipes exploraient alors plusieurs concepts, sans qu’il soit encore possible de savoir lesquels auraient réellement été validés.
Le projet le plus ambitieux portait le nom de Fury. Imaginé par Hugo Martin, il devait proposer un univers inspiré de la science-fiction, du film noir, ainsi que des gangs de Louisiane et de Chicago, dans une ambiance cyberpunk. Son gameplay reposait sur le « Gun Fu » afin d’offrir une expérience « rappelant fortement les films John Wick ». GamesBeat précise cependant que le projet n’avait « jamais reçu de validation officielle pour entrer en production ».
L’enquête explique également que Fury représentait « une occasion pour le studio de dépasser la seule franchise DOOM ». Microsoft ne semblerait toutefois « plus vouloir s’éloigner de ses licences historiques », ce qui aurait considérablement réduit les chances de voir ce projet aboutir.
D’autres idées étaient également à l’étude. id Software envisageait de reprendre Perfect Dark après la fermeture de The Initiative et l’annulation du reboot de Perfect Dark. Des concept arts étaient déjà en préparation, selon GamesBeat. Le studio réfléchissait aussi à Ironwood, un jeu de survie mettant en scène des robots dans un univers western inspiré de Westworld. Plusieurs nouveautés pour DOOM étaient également envisagées, avec un mode multijoueur, de la coopération, de nouveaux DLC et le retour d’armes emblématiques de DOOM Eternal et DOOM 2016.
Une restructuration qui aurait pris tout le monde par surprise
GamesBeat affirme qu’environ la moitié des 185 employés d’id Software a été licenciée, une décision qui aurait surpris l’ensemble du studio. « C’est un véritable massacre », confie un ancien salarié. « Je ne m’y attendais absolument pas. Personne ne s’attendait à une telle ampleur. »
Cette restructuration est intervenue en même temps que la sortie de Revelations. Plusieurs employés expliquent qu’ils venaient tout juste d’achever le DLC lorsqu’ils ont appris leur licenciement. « Nous pensions pouvoir être touchés, mais certainement pas dans de telles proportions », raconte l’un d’eux.
L’enquête indique également que les départements liés au moteur id Tech, au game design, au rendu graphique, au level design, à l’IA et au gameplay font partie des équipes les plus durement touchées. Plusieurs salariés estiment que des décennies de savoir-faire ont disparu en quelques heures.
Daniel Gagne, responsable principal de l’interface utilisateur, toujours présent au sein du studio, décrit lui aussi une situation extrêmement difficile. « Voir des amis et des collègues, dont certains ont consacré plus de 20 ans à id Software, perdre leur emploi est déchirant. »
Microsoft aurait changé de stratégie pour ses studios
GamesBeat estime que ces licenciements illustrent les interrogations autour de la stratégie de Microsoft. Le média rappelle notamment que le Xbox Game Pass compterait environ 30 millions d’abonnés, loin des quelque 77 millions qui auraient été visés en interne.
Selon un responsable de studio interrogé, les studios ne savaient plus quelles priorités suivre. Microsoft cherchait-il avant tout à recruter des abonnés au Game Pass, à augmenter le temps de jeu, à vendre davantage d’exemplaires ou à produire des vitrines technologiques pour Xbox ?
Le média avance également que les ventes traditionnelles de DOOM : The Dark Ages seraient restées décevantes malgré un accueil critique solide. Le fait que des millions de joueurs aient découvert le jeu via le Game Pass aurait réduit les revenus générés par les ventes classiques, un élément qui aurait contribué à fragiliser le studio.
L’avenir d’id Software reste désormais très incertain. Il pourrait devenir un studio de soutien pour d’autres équipes de Bethesda, voire être vendu, même si aucun élément ne va actuellement dans ce sens. « Je ne suis pas convaincu qu’il existe une véritable voie d’avenir. J’ai surtout l’impression d’assister à une succession de réactions prises dans la précipitation », résume un salarié licencié.