Test – Grounded 2 – La future nouvelle référence made in Xbox du jeu de survie ?

La petite franchise est devenue grande
Annonce surprise du XO19, le petit Grounded s’est rapidement imposé comme une part importante du catalogue des Xbox Game Studios. Après quatre ans de suivi intensif entre le lancement de l’accès anticipé et le déploiement de la version 1.4 du jeu, Obsidian Entertainment a annoncé Grounded 2 en grandes pompes, lors du Xbox Games Showcase. Le studio voit cette fois beaucoup plus grand. C’est notamment pour cette raison qu’il s’est associé à Eidos-Montréal, à qui l’on doit les derniers Deus Ex, afin d’offrir un terrain de jeu plus vaste aux adolescents miniaturisés, mais aussi pour tenter de séduire les 25 millions de joueurs du premier titre, voire plus encore.
Alors qu’à l’heure où vous lisez ces lignes l’accès anticipé de cette suite vient tout juste d’être lancé, nous avons pu retrouver Max, Willow, Pete et Hoops deux semaines en avance, pour tenter de survivre dans le parc de Brookhollow et comprendre en quoi ce lancement présage d’une nouvelle référence du jeu de survie.

Bienvenue à Brookhollow Park
Ce sont donc les mêmes adolescents qui se retrouvent une nouvelle fois dans un drôle de pétrin. En effet, lors de la cérémonie de commémoration de la miniaturisation des quatre camarades, une explosion survient à Brookhollow Park. Dans le même temps et pour une raison inconnue, on apprend, via le journal télévisé sur lequel s’ouvre le jeu, que le Docteur Wendell Tully a arraché la tête de BURG.L, le robot qui nous accompagnait dans le premier jeu.
C’est ainsi que commence Grounded 2. Après avoir sélectionné son niveau de difficulté et l’adolescent que l’on souhaite incarner, on comprend tout de suite qu’Obsidian Entertainment et Eidos-Montréal souhaitent encore plus mettre en avant la narration. Les joueurs francophones auront d’ailleurs le plaisir de découvrir que, contrairement au premier titre, une VF est disponible. Et elle est plutôt de bonne qualité, même si entendre les mêmes lignes de dialogue pendant plusieurs heures peut devenir pénible à la longue.

Une fois la miniaturisation de nouveau effectuée pour une raison inconnue à ce stade, les premiers instants dans Brookhollow Park constituent une belle entrée en matière et ne devraient pas dépayser les vétérans du premier jeu. On soupçonne d’ailleurs les développeurs de s’être inspirés du plan d’ouverture de The Legend of Zelda : Breath of the Wild. Depuis une fenêtre du laboratoire Ominent où commence l’aventure, on peut effectivement admirer l’étendue du nouveau terrain de jeu, déjà aussi grand que le jardin du premier Grounded, selon les dires des développeurs.
Un passage à l’Unreal Engine 5 qui ne se fait pas sans accrocs, du moins pour l’instant

Mais alors, qu’est-ce qui différencie Grounded 2 de son prédécesseur ? Déjà, le passage à l’Unreal Engine 5 se fait ressentir. Les textures sont plus nettes, les éclairages sont soignés et les arrière-plans ne sont plus aussi flous que dans le premier. S’il est particulièrement agréable de découvrir un nouveau terrain de jeu avec une technologie plus aboutie, notamment grâce à l’abandon de la Xbox One, nous devons admettre que nous avons été confrontés à de nombreux problèmes techniques.
En effet, durant nos près de vingt heures de jeu, nous avons malheureusement connu plus d’une dizaine de crashs, constaté des scintillements liés aux éclairages, subi des chutes de framerate et vu à de nombreuses reprises des ennemis coincés dans les textures. Sur le plan technique, il y a donc clairement encore beaucoup de choses à revoir, mais il convient tout de même de rappeler qu’il ne s’agit que de la première phase de l’accès anticipé et pas du jeu complet.

En parlant de problèmes techniques, nous n’avons absolument pas pu utiliser le mode de jeu Créatif. Lorsque nous étions en mesure de contrôler le moucheron, qui permet de naviguer librement dans l’espace et de construire sans être contraint par la verticalité, il nous était impossible d’ouvrir le menu de construction, ce qui constitue pourtant le cœur de cette expérience…
Des systèmes de combat repensés en profondeur
Maintenant que les défauts sont relevés, il nous faut expliquer en quoi Grounded 2 a le potentiel de devenir une nouvelle référence du jeu de survie. Le premier titre avait placé la barre très haut avec sa narration environnementale poussée, son univers original, ses nombreuses options rendant la navigation fluide dans les menus et les inventaires, ainsi que son aspect RPG bienvenu. Avec cette suite, Obsidian Entertainment et Eidos-Montréal voient plus grand.
Presque tous les systèmes de Grounded premier du nom sont de retour. Rien ou presque n’a été retiré, ce qui donne lieu à un accès anticipé très complet. Certes, le début peut paraître redondant si l’on vient du titre précédent, mais on constate très vite que les développeurs ont voulu approfondir de nombreuses mécaniques.

Le système de combat est l’un des points sur lesquels les deux studios se sont particulièrement le plus concentrés. Il a été rendu plus dynamique, notamment grâce à la possibilité d’effectuer un dash ou de zoomer avec l’arc, ce qui n’était pas possible auparavant.
Les combats sont évidemment liés aux mécaniques de progression, elles aussi plus développées. Désormais, il est possible de spécialiser les adolescents dans certains rôles grâce à l’équipement. Par exemple, un ensemble pour rôdeur les rendra plus efficaces avec un arc, tandis que ceux souhaitant attaquer discrètement les insectes avec des dagues auront tout intérêt à leur faire porter un équipement de voleur. Nous apprécions grandement ce renforcement de l’aspect RPG, qui invite clairement à embrasser un rôle. Après tout, Obsidian Entertainment est réputé pour cela !
Malheureusement, nous n’avons pas pu expérimenter de synergies en multi (prévu jusqu’à quatre joueurs), puisque nous avons joué seuls, mais nous étions tout de même bien accompagnés !
Une nouvelle manière d’appréhender les combats, l’exploration et la construction
L’une des nouveautés majeures de ce nouveau Grounded, c’est bien sûr la possibilité de monter les insectes ! Actuellement, il est possible de contrôler seulement une orbitèle et une fourmi rouge soldat. Cependant, les développeurs ont promis que d’autres insectes seront intégrés dans de futures mises à jour.

Très rapidement, une progression fluide, rythmée par les petites missions et les défis, permet de faire éclore un œuf de fourmi rouge soldat. Cet insecte est particulièrement utile en combat, mais également pour la collecte. Grâce à ses capacités, il peut abattre les tiges d’herbe, puis ramasser jusqu’à douze planches à la fois grâce au mode de collecte. Cette fonction permet aussi de récolter tous les autres types de ressources, le tout en un temps record.
Autant le dire, ces compagnons sont plus que de simples montures, ils changent complètement la manière d’explorer, de combattre et de construire. Notez d’ailleurs que les tyroliennes ont été retirées, le studio souhaitant d’abord observer comment les joueurs se déplacent avec les montures. En combat, celles-ci sont de redoutables alliées qui encaissent des dégâts à notre place et disposent de capacités spéciales. Par exemple, la fourmi rouge soldat peut recruter d’autres fourmis.

Enfin, le fait que les montures soient des coffres sur pattes est particulièrement utile. De notre côté, nous avons chargé notre fourmi de nourriture, de soins et d’éléments pour réparer notre équipement. Grâce à leur grande capacité de transport et à leur vitesse bien supérieure à celle des adolescents, elles changent totalement l’approche des trajets longues distances.
L’araignée, déblocable une fois l’histoire de cette première partie de l’accès anticipé terminée, ne peut pas collecter de planches, mais elle est un meilleur combattant que la fourmi. Plus puissante, imposante, résistante et rapide, elle se déplace sur les toiles et peut piéger les ennemis dedans.
Clairement, les montures sont un excellent ajout, mais nous espérons quelques améliorations. Nous regrettons par exemple qu’il ne soit pas possible de les spécialiser avec des pièces d’équipement. Pourquoi ne pas permettre à la fourmi de porter plus de douze planches avec une selle améliorée ? Reste à voir ce que les développeurs nous réservent pour l’avenir.
Quelques bugs techniques sont également à signaler concernant les montures. Il nous est arrivé qu’elles se retrouvent bloquées, ne parviennent pas à nous suivre ou que l’éclosion d’un œuf soit impossible, alors qu’aucune monture ne nous accompagnait. Recharger la partie a suffi à régler le problème.
Toujours un excellent élève en matière d’ergonomie

Un autre segment ayant bénéficié de beaucoup d’attention est l’ergonomie. Le premier Grounded était déjà exemplaire à ce niveau, mais les studios ont poussé le concept encore plus loin. Il n’est désormais plus nécessaire de jongler entre hache, marteau, pelle et outil de réparation dans l’inventaire, tout est centralisé grâce à l’Omni outil ! Dès lors que le curseur se trouve sur une surface à creuser, couper, concasser ou réparer, maintenir X initie directement l’action.
C’est un vrai confort, qui incite à collecter plus de ressources. Dans le premier Grounded, combien de fois sommes-nous passés à côté d’une larve, faute d’avoir notre pelle sous la main ?
Côté gestion d’inventaire, rien n’a vraiment changé, mais il faut bien dire que ça n’était pas utile de le faire. Comme dans le premier jeu, tous les ateliers et schémas sont reliés aux stockages à proximité, y compris ceux des montures, évitant ainsi d’avoir à réunir dans son inventaire personnel tous les ingrédients nécessaires à la création d’un objet.

Aussi, nous apprécions toujours autant la possibilité de transférer l’ensemble des objets de notre inventaire vers les coffres associés, avec la possibilité de verrouiller certains coffres, par exemple pour éviter d’y stocker les flèches sans le vouloir. Ce transfert ne se fait cependant plus via le D-Pad, mais en interagissant directement avec un coffre.
Cependant, un bug particulièrement irritant mérite d’être souligné. Chaque fois que nous ouvrions un coffre (avec la touche X), le premier objet de notre inventaire était automatiquement transféré, sans que nous nous en rendions compte. Résultat, une fois à l’autre bout de la carte, on s’apercevait parfois qu’on avait laissé notre arc dans un coffre… Nous espérons que ce bug sera corrigé rapidement.

Plus réjouissant, l’ATH a été revu pour être plus lisible et la carte a été complètement remaniée, rendant plus facile la localisation des zones d’intérêt. Parmi toutes ces options d’ergonomie, on regrette simplement de ne plus pouvoir changer de build de mutations via le D-Pad. Il est désormais obligatoire de passer par le menu personnage. Et justement, parlons-en.
Une approche différente des mutations
Comme dans le titre précédent, le système de mutations permet de débloquer des compétences passives et actives selon son style de jeu. Par exemple, utiliser régulièrement une épée et réanimer nos alliés ou montures nous fera gagner des bonus spécifiques.
La possibilité de créer quatre builds renforce l’aspect RPG du jeu : par exemple, un premier build pour l’attaque furtive, un second pour le combat frontal, un autre pour l’exploration et un dernier pour la défense de base.

Malheureusement, comme évoqué plus tôt, il faut désormais passer par le menu de personnage, ce qui prend du temps et, surtout, ne met plus le jeu en pause, ce qui constitue une source de danger non négligeable. À noter également que, pour l’instant, le jeu propose moins de mutations que le premier Grounded. Toutefois, le nouveau menu est plus clair, ce qui facilite la spécialisation.
Du jardin au parc
Tous ces systèmes s’imbriquent pour façonner l’aventure des adolescents à Brookhollow Park. Pour un accès anticipé, le terrain de jeu est déjà vaste et varié.

On retrouve différents biomes : haies, poubelle, glacière, barbecue renversé, statue, table de pique-nique, etc. Appuyé par Eidos-Montréal, Obsidian Entertainment n’a rien perdu de son génie pour imaginer des environnements riches et crédibles, le tout dans un monde inspiré des années 90 par la présence de jouets, cassettes ou encore une bande-son rétro-futuriste et nostalgique, que l’on doit encore à Finishing Move.
Les lieux racontent une histoire et le level design soigné incite à explorer. Ça tombe bien, l’exploration est très bien récompensée ! C’est en étant curieux que l’on tombe sur des ressources rares, des équipements uniques, des raccourcis, des milk molars ou de la science brute, qui permettent respectivement d’améliorer les adolescents et d’apprendre de nouvelles recettes.

L’exploration est aussi ponctuée de rencontres avec de nouveaux insectes. Orbitèles, charançons, abeilles, coccinelles sont toujours présents, mais la diversité s’est accrue : cafards, escargots, chenilles ou encore scorpions viennent enrichir la faune. Certaines créatures du premier titre manquent encore à l’appel, mais il est possible qu’elles soient ajoutées plus tard.
Pour l’instant, le jeu propose neuf zones distinctes, d’autres ayant d’ores et déjà été annoncées. Le terrain de jeu est temporairement délimité par des barrières, en attendant les futures mises à jour. Les développeurs prévoient pour l’instant que le monde de Grounded 2 soit trois fois plus grand que le jardin du premier titre.
Ominent est encore dans le coup ?
Au-delà de l’exploration et du craft, ce qui pousse à découvrir de nouvelles zones, c’est bien sûr l’histoire.

Tout comme dans le premier jeu, Grounded 2 ne se limite pas à un simple jeu de survie. Les adolescents doivent comprendre pourquoi ils ont été miniaturisés une seconde fois et retrouver la tête de BURG.L. Ils sont épaulés par Sloane Beaumont, une employée d’Ominent, la société responsable de la miniaturisation.
Alors que le Docteur Wendell Tully avait été d’une grande aide dans le premier jeu, il s’agit ici de comprendre pourquoi il a arraché la tête de son assistant, avant l’explosion qui a tout déclenché.
Encore une fois, l’histoire se laisse suivre avec plaisir et invite à explorer des lieux intrigants, comme les laboratoires d’Ominent. L’un des objectifs de cette première phase d’accès anticipé est de retrouver la tête de BURG.L, tout en échappant à une mystérieuse inconnue qui nous menace sans relâche et nous envoie des hordes d’insectes contrôlés.
Le craft, l’essence de Grounded
Pour affronter tout cela, il faut évidemment récolter des ressources, fabriquer des bandages, se nourrir, mais surtout créer armes et armures adaptées à son style de jeu.
Le système de craft reste identique à celui du premier titre. L’ensemble des objets liés aux insectes déjà présents précédemment sont de retour, ce qui est évidemment une bonne chose.
Outre les mutations et les montures, c’est bien le craft qui marque la progression et offre un vrai sentiment de montée en puissance. Grounded 2 maîtrise à la perfection les codes du jeu de survie.

Avec un Omni outil au maximum de ses capacités (seulement deux niveaux dans la première phase d’accès anticipé), une araignée domestiquée, une épée forgée à partir de morceaux de mante religieuse, un arc nécessitant des matériaux d’araignée-loup et une armure solide en escargot, l’aventure devient bien plus confortable qu’avec une simple lance en gravillon et une armure en trèfle…
Ajoutez à cela une gestion d’inventaire efficace et Grounded 2 pousse clairement à s’immerger dans le craft pour créer des builds variés. On regrette simplement qu’aucune nouvelle station d’artisanat n’ait été introduite pour l’instant. Les rares nouveaux schémas concernent les montures.
Les mêmes fondations pour la construction
Pour se reposer, stocker ses ressources, crafter et gérer ses montures, il est évidemment préférable d’avoir une base. Là aussi, Grounded 2 reprend les bases solides du premier jeu en laissant une grande liberté de construction.

En plus des anciens schémas, de nouveaux éléments et matériaux sont disponibles, ainsi que des décorations inédites. Nous avons pour l’instant bâti une grande maison très basique et ne voulons pas faire beaucoup plus, notamment parce que les futurs ajouts devraient nous pousser à déménager.
Commencer l’accès anticipé maintenant ou attendre des mises à jour ?
Vous l’aurez compris, en tant que vétéran du premier jeu, nous avons adoré nos premières heures sur Grounded 2. Nous avons terminé la partie scénarisée, exploré tous les biomes et trouvé tous les disques de schémas d’artisanat. Il nous reste encore à approfondir certaines zones, notamment les fourmilières.
Le jeu est déjà très complet et nous sommes impatients de voir ce qu’Obsidian Entertainment et Eidos-Montréal ont encore en réserve. Lors de l’accès anticipé du premier Grounded, cinq heures suffisaient à en faire le tour. Ici, après environ vingt heures, il nous reste encore beaucoup à découvrir. Si vous êtes impatients de retrouver les adolescents miniaturisés, nous vous recommandons de vous lancer dès maintenant, à condition d’accepter les nombreux problèmes techniques. Le jeu est disponible dans le Xbox Game Pass Ultimate et le PC Game Pass. Sinon, il coûte 29,99 €. Une mise à niveau de 10 € propose quatre apparences de personnages premium, un artbook numérique et une bande-son.
Grounded 2 a clairement les épaules pour devenir une nouvelle référence du genre. C’est peut-être pour cela qu’Obsidian Entertainment s’est offert le luxe de collaborer avec une équipe d’Eidos-Montréal.
Testé sur Xbox Series X – Code fourni par Xbox.
Le Bilan
On a aimé
- Retrouver cet univers si original
- Le nouveau terrain de jeu sublimé par l’Unreal Engine 5 et l’abandon de la Xbox One
- Les nouvelles options d’ergonomie
- Les montures
- Le système de combat complètement remanié
- La présence d’un doublage en français
- La dimension RPG renforcée
- Les premiers rebondissements du scénario
On a moins aimé
- Les nombreux problèmes techniques (crashs, chutes de framerate, bugs)
- La disparition de quelques options d’ergonomie
- Le déplacement involontaire d’un item vers un coffre
- La répétitivité des lignes de dialogue des adolescents
- Le faible nombre de nouveaux schémas de construction
- Le mode créatif injouable à ce jour
Conclusion du test de Grounded 2
Les prémices d’un grand jeu
Abandonner Grounded pour lancer le chantier d’une suite bien plus ambitieuse semble clairement la meilleure décision qu’ait pu prendre Obisidan Entertainement avec cette franchise. Épaulé par Eidos-Montréal, le studio dispose d’une base particulièrement robuste. Nous croisons maintenant les doigts pour que les futurs ajouts viennent suffisamment enrichir le contenu et les mécaniques pour en faire une nouvelle référence du jeu de survie et de craft. Cependant, beaucoup de problèmes techniques sont aujourd’hui à déplorer, bien que le dialogue avec les joueurs dans le cadre de l’accès anticipé devrait permettre de gommer l’ensemble des points faibles du titre.