Test – Lost Records : Bloom and Rage – Un retour aux sources réussi pour Don’t Nod

Les années 90, c’était mieux avant !
A peine plus d’un an après la sortie de Banishers : Ghost of New Eden, les créateurs de Life is Strange (1 et 2) sont de retour avec une toute nouvelle licence intitulée Lost Records : Bloom and Rage. Ce jeu narratif d’aventure, composé de deux volets, est développé et édité par les Québécois de Don’t Nod.

Ce test se concentre donc sur la première partie, Bloom, disponible depuis le 18 février sur XBox Series X|S, PC et PlayStation 5. La seconde partie, Rage, est prévue pour le 15 avril prochain et sera intégrée gratuitement dans le cadre d’une mise à jour. Nous étions impatients de découvrir ce récit inédit et de renouer avec l’univers authentique du studio. Cela augure-t-il le début d’un nouveau chapitre prometteur ?
Black Swann
L’histoire de Lost Records se déroule dans la petite bourgade de Velvet Cove, au Michigan. Le récit a pour particularité de nous plonger dans deux temporalités différentes : l’été 1995 et l’année 2022, en pleine période post-COVID.


Lumières, caméra et action !
Lost Records alterne entre une vue à la première personne en 2022 et une vue à la troisième personne en 1995. Une approche à laquelle nous ne sommes pas habitués, mais qui s’intègre parfaitement au récit et qui fonctionne remarquablement bien.
L’intrigue démarre à l’été 1995, dans la chambre de Swann. On peut examiner les objets sous tous les angles pour en tirer des informations (ou pas), de la même manière que dans Life is Strange. De plus, à l’instar de Max Caulfield et de son fameux polaroïd, un caméscope remplace ici l’appareil photo et constitue une part essentielle du gameplay, tout en enrichissant la narration et les possibilités d’interaction.

On se constitue donc une véritable vidéothèque personnelle, composée de souvenirs précieux capturés au fil de l’aventure. Dans le menu, une rubrique dédiée à l’appareil sert à archiver, compiler, modifier, éditer et effacer les extraits vidéos souhaités, ce qui permet d’explorer le récit sous un nouvel angle, tout en ajoutant au gameplay une dimension créative et personnalisée selon les joueurs. Les déplacements de Swann sont fluides, elle peut courir, s’accroupir et interagir avec ses camarades et les éléments du décor, offrant une immersion totale dans l’univers du jeu.


Fidèle à la tradition, chaque scène peut être rejouée de deux manières : en mode collectionneur pour récupérer les collectibles loupés sans changer le récit (ce qui est idéal pour les chasseurs de succès) ou en mode histoire pour effectuer des choix différents susceptibles de modifier le déroulement des événements. Une fois l’aventure achevée, on peut consulter le récapitulatif de nos choix et juger de l’état de nos relations avec nos camarades. En somme, si vous avez déjà joué à Life is Strange, vous ne vous sentirez pas perdu en retrouvant tous les éléments qui en font sa signature.
Un court métrage énigmatique aux accents de Stranger Things

De plus, l’alternance entre les deux époques est orchestrée avec brio et nous a captivés. Cela ajoute de la complexité au scénario avec des transitions fluides intervenant aux moments adéquats et démontrant, une fois de plus, le talent de Don’t Nod, avec encore et toujours cette notion de temps pour laquelle le studio semble avoir un affect tout particulier.


Par ailleurs, le titre aborde des thématiques fortes et universelles, telles que l’amitié et la rébellion, tout en explorant des sujets de société plus complexes. C’est pourquoi la classification PEGI 18 et le message préventif en début de jeu soulignent ces aspects. Certains de ceux-ci sont propres à l’adolescence, tandis que d’autres sont liés à l’évolution des mentalités ou encore à l’usage de la drogue, de l’alcool, de la cigarette et d’un langage cru. Ces thèmes poignants renforcent l’impact émotionnel du titre et, associés à la qualité d’écriture du studio, ils témoignent du savoir-faire des développeurs en matière de narration immersive.

De plus, le titre bénéficie d’un doublage en français de qualité, avec des performances d’acteurs convaincantes qui apportent davantage de profondeur émotionnelle aux héroïnes. Il est également sous-titré en 11 langues différentes, offrant ainsi une grande accessibilité.
Dans les coulisses d’un tournage imparfait
Malgré les bons moments passés sur Lost Records, quelques aspects viennent ternir l’expérience. L’usage fréquent et répétitif du caméscope, bien qu’amusant au départ, devient parfois excessif au point d’altérer le rythme du jeu. Cela s’avère même gênant lors de moments inopportuns, détournant alors notre attention de certaines trouvailles ou perturbant des scènes de discussions, ce qui peut finir par lasser. On aurait aussi apprécié beaucoup plus d’énigmes, d’autant plus que celles qui nous sont proposées ne représentent pas un grand défi.

Côté technique, nous avons malheureusement dû recommencer le jeu à deux reprises, suite à un souci d’image figée malgré nos vaines tentatives de rejouer la scène, et avons rencontré quelques petits soucis mineurs d’affichage des motifs brodés sur le gilet porté par Autumn lorsqu’on la retrouve assise au bar. Par ailleurs, on constate une instabilité notable des performances, soit une variation de framerate oscillant entre 120 et 90 fps, soit une fluctuation d’environ 30 %, ce qui est dommage.

L’aventure se termine en environ 8 heures, mais possède une certaine rejouabilité pour ceux qui souhaitent revisiter certaines scènes et effectuer d’autres choix. Bien entendu, notre avis évoluera en fonction de la seconde partie qui viendra conclure l’histoire et permettra de juger l’œuvre dans son intégralité.
Testé sur Xbox Series X
Le Bilan
On a aimé
- L’ambiance immersive et intrigante
- C’est joli et coloré
- La qualité d’écriture
- Les personnages drôles et attachants
- La bande musicale envoûtante
- La double temporalité
- L’univers empreint de nostalgie
- Le mode collectionneur
- On veut connaître la suite !
On a moins aimé
- Le scénario lent à démarrer
- Un souci d’image figée
- L’usage excessif de la caméra
- Le manque d’énigmes
- La baisse de framerate
- On reste sur notre faim !
Conclusion du test de Lost Records : Bloom & Rage
Une direction artistique qui crève l’écran !
La première partie de Lost Records : Bloom and Rage nous a séduits grâce à sa direction artistique soignée, sa qualité d’écriture remarquable et ses personnages attachants. La mise en scène habile de la double temporalité mêle avec brio une ambiance nostalgique des années 90 très réussie à une narration immersive porté par un gameplay classique mais efficace. La musique sublime à merveille l’atmosphère et confère au titre une identité forte et envoûtante, tout en renforçant son impact émotionnel. Cependant, quelques ombres viennent ternir ce tableau, comme l’usage parfois excessif du caméscope qui casse le rythme et peut finir par lasser, le scénario qui peine à se mettre en place, une baisse notable de framerate. De plus, on aurait souhaité davantage d’énigmes. Malgré ces points négatifs, nous avons hâte d’en savoir plus. Verdict final le 15 avril et, de notre côté, le rendez-vous est déjà pris.