Test - Formula Retro Racing : un outsider à suivre dans le rétro

«Trop poly pour oser dépasser le maître» , - 0 réaction(s)

1992. Une borne Sega envahit les salles d’arcade et révolutionne le jeu de course automobile. Virtua Racing est le premier jeu de course majeur à remplacer les sprites par des polygones. Si aujourd’hui, les graphismes en 3D du jeu font plutôt sourire mais gardent un certain charme, à l’époque, les joueurs faisaient la queue pour s’affronter sur cette borne envoûtante. Les monnayeurs débordaient de pièces de 5 francs. Virtua Racing annonçait un nouvel âge d’or des jeux de course arcade, puisque un an plus tard débarquait Daytona USA et Ridge Racer. 2020. Un développeur indépendant britannique, Andrew Jeffreys, rend hommage à cette légende du jeu vidéo avec sa nouvelle création, Formula Retro Racing. Auto-édité par son propre micro studio Repixel8, le jeu est sorti officiellement le 15 mai 2020 sur Steam et le store de Microsoft. C’est avec une certaine excitation que nous allons découvrir si l’hommage rendu respecte le mythe ou mérite d’être désossé chez Nuñez Casse-Auto.

Faux départ du polygone rouge, pénalité !

Un jeu d’arcade digne de ce nom est synonyme de simplicité d’accès. Dans ce domaine, le cahier des charges de Formula Retro Racing est parfaitement rempli. Simplicité du menu dans un premier temps avec 3 modes de jeu disponibles : ‘arcade’, ‘eliminator’ et ‘free play’. Le premier consiste sans surprise à terminer sur la plus haute marche du podium en partant du fond de la grille de départ. Le mode ‘eliminator’ vous fait enchaîner les tours de circuit jusqu’au moment où vous passerez la ligne au-delà de la dixième place. Bien entendu, à chaque tour effectué, la difficulté augmente via votre fatigue accumulée et l’augmentation de la vitesse de pointe des adversaires. Une bonne endurance est de mise pour briller dans ce mode. Le jeu libre vous permettra d’affiner votre connaissance des circuits et du gameplay de la voiture sans aucune pression.

Le menu du jeu dispose également d’un mode “settings” avec… seulement deux paramètres ajustables pour le son. Les commandes de la manette ne sont donc pas modifiables et la gestion d’un volant n’est pas prise en charge. Enfin, un ultime mode nommé “Leaderboard” consiste en un classement mondial des joueurs suivant le total de points obtenus dans les modes ‘arcade’ et ‘eliminator’. Un gros challenge pour les aficionados des ‘high score’.

Enfin, simplicité des téléchargements avec la possibilité d’être sur la piste quasi instantanément à partir du menu central. Ce que nous faisons immédiatement en sélectionnant la première course proposée du mode ‘arcade’ pour découvrir ce que le jeu a dans le ventre.

Le circuit idéal pour débuter

Grande différence avec son illustre aîné, la course démarre dans Formula Retro Racing avec un départ lancé à la Daytona (ou Forza Motorsport). Ce choix est contestable puisqu’il est en contradiction avec la réalité d’une course de Formule 1 de laquelle le jeu est censé se rapprocher. Dans le jeu de Sega, un arrêt au stand était simulé et on démarrait la course après l’intervention des techniciens sur la voiture. Ce stratagème des développeurs était un coup de génie, puisqu’il expliquait les écarts entre les voitures, nécessaires à ce mode de jeu, tout en conservant le réalisme d’un Grand Prix. Dommage que Formula Retro Racing choisisse sur ce coup la facilité.

La première impression visuelle est prometteuse. On reconnaît de suite la 3D minimaliste en low poly révolutionnaire du début des années 1990 et la sensation de retrouver Virtua Racing dans une version remasterisée en HD et en 4K sur One X nous réjouit. Une fois lancé sur la piste, le choc auditif est quant à lui désastreux. La musique est exagérément forte et étouffe le bruit des moteurs. Le sourire des premières secondes s’est envolé. Comme la mouche qui n’arrête pas de vous narguer, en sifflant “zzz” dans vos oreilles. Vous la cherchez rapidement autour de vous avec votre regard de psychopathe avant de comprendre qu’elle n’existe pas. C’est tout simplement le bruit... du moteur de votre Formule 1. Aïe ! Le volume élevé par défaut de la musique est bien un cache-misère. Un petit tour dans les réglages sonores pour mieux équilibrer le tout est donc obligatoire. Les plus radicaux d’entre vous couperont carrément la musique. En effet, les deux, trois pistes présentes sont plaisantes et respectent la sonorité de l’époque mais peuvent vite devenir agaçantes. Vous l’aurez compris, l’environnement sonore de Formula Retro Racing n’est pas son point fort. Dans un tweet, Repixel8 promet une mise à jour qui devrait rectifier le son du moteur.

Tour 4 : Remontée spectaculaire du Diable rouge !

Je voudrais un Monaco, s’il vous plaît.

Après ce faux départ, on relance la partie en prenant notre temps cette fois-ci. Le jeu propose un ensemble de 8 circuits, dont 3 sont à débloquer en cumulant les points gagnés dans les différentes courses. Le premier circuit respecte la tradition des jeux de course arcade avec une simple boucle, qui en fait un tracé idéal pour débuter et apprivoiser les bases du gameplay. La majorité des pistes suivantes sont de franches réussites et exigent une conduite très technique lors de certains passages. La seule faute de goût est la présence d’un autre circuit oval, inspiré cette fois-ci par les Speedway américains. Il met en lumière un léger défaut du jeu qui est le manque de sensation quand on atteint la vitesse maximale. Autant les enchaînements de virages avec les variations de vitesse du bolide qui en découlent sont grisants et jouissifs, autant les longues lignes où la voiture est à fond sont décevantes et ennuyeuses. Heureusement, cet aspect négatif n’est pas trop ressenti sur les autres pistes, plus sinueuses. La cerise sur le gâteau est la présence du circuit mythique de Monaco, seul tracé réel, avec une reproduction fidèle dans les limites techniques et graphiques du jeu. Ce bon point nous fait presque regretter l’absence d’autres circuits réels. Celui de Suzuka avec son “S” magique, ses autres virages intéressants et sa courte ligne droite, aurait collé parfaitement aux réglages de gameplay et de vitesse du jeu.

Concernant les graphismes, les décors et les environnements des circuits sont très simplistes et grossiers, mais l’ensemble reste très agréable à l’œil et ne devrait pas rebuter les réfractaires aux jeux rétro. Les images défilent avec une netteté et une propreté épatantes. Aucun phénomène de clipping ne pointe le bout de son nez. Différents effets de particules comme la fumée et les étincelles sortant du pot d’échappement, ainsi que les traces de freinage laissées sur l’asphalte, sont visuellement réussis et renforcent l’immersion. Autre point fort, le jeu tourne en 60 images par seconde. La voiture répond parfaitement et instantanément aux commandes du joueur. Ces dernières sont classiques pour un jeu de course : les gâchettes LT pour le freinage et RT pour l’accélération et les boutons X et B pour les changements de vitesse en cas de boîte de vitesse manuelle.

La vue adéquate pour de plus grandes sensations

Enfin, trois vues sont disponibles, la standard placée derrière la voiture, une autre de derrière mais beaucoup plus proche de la voiture et enfin une placée juste derrière l’essieu avant, assez basse pour se rapprocher du bitume. C’est celle-ci qui vous fera ressentir le mieux la vitesse. Peu importe vos choix de gameplay, conduire votre Formule 1 dans le jeu est un réel plaisir. Simple à jouer, efficace et fun.

Tour 8 : Abandon, el Diablo s’est brûlé les ailes

Simple à jouer, mais difficile à maîtriser. L’adage est usité, mais correspond parfaitement à la situation. Si les podiums seront une formalité en débutant, il faudra se battre un peu plus en avancé et cravacher ardemment en expert. Finir une course en boîte automatique en expert sera un exploit et exigera une course parfaite. En effet, les extensions de temps accordées aux ‘checkpoint’ sont faméliques et la vitesse maximum de la voiture, bridée à 295 km/h, montre ses limites. La pression arrive rapidement quand il ne nous reste qu’une ou deux secondes avant d’obtenir le maigre rajout de temps. La moindre collision ou sortie de route est quasiment signe de course terminée. Le choix d’une boîte manuelle permet une vitesse maximum de 305 km/h et de profiter du “frein moteur”. Cependant, sa maîtrise et la recherche du tour parfait pour chaque circuit vous feront passer de nombreuses heures dans le mode jeu libre. Encore un bon point pour les joueurs qui aiment les difficultés.

Une maîtrise parfaite exigera un entraînement intensif

Malheureusement, le comportement en course de l’I.A. gâche un peu la fête. Il arrive régulièrement que les voitures concurrentes soient prises de spasmes et s’écartent de leur trajectoire de manière inexplicable, même dans une ligne droite. On essaie de s’adapter en dépassant les adversaires avec plus de sécurité. Mais cela devient problématique si ce phénomène intervient dans les virages ou après avoir profité de l’aspiration. D’autant plus que la moindre collision vous fera perdre de précieuses secondes. Injuste et rageant. Espérons que ce comportement erratique de l’I.A. soit également corrigé dans une prochaine mise à jour.

Toutefois, la plus grande déception est l’absence d’un mode multijoueur. Repixel8 annonce l’arrivée sous peu d’un mode multi local en écran partagé via une prochaine mise à jour. Difficile de blâmer le développeur. Il fait ce qu’il peut avec ses moyens. Mais rien ne remplacera la confrontation directe avec un ami, les coups de vice, l’adrénaline quand on le dépasse et le bonheur de le voir rager dans la défaite. D’autant plus dommageable que le jeu s’adresse à toute la famille. On imagine facilement les franches parties de rigolade avec sa progéniture. Affaire à suivre !

Le coin des chasseurs : 13 succès sont à débloquer dans le jeu pour un total de 1000G. En quelques heures, 11 succès seront complétés facilement pour 650 points. Les deux derniers succès vous demanderont un effort supplémentaire mais sont atteignables sans être devenu un expert du jeu : atteindre les 400 points dans le classement mondial (200G) et franchir la barre des 30 tours dans le mode eliminator (150G).

Bilan

On a aimé :
  • Un vrai jeu de course arcade
  • La DA de Virtua Racing modernisée
  • Des circuits inspirés dans l’ensemble
  • Un niveau expert exigeant
On n’a pas aimé :
  • Un environnement sonore à retravailler
  • Un comportement parfois erratique de l’I.A.
  • L’absence de mode multijoueur, pour le moment
Panne d’essence si près de la ligne d’arrivée

Formula Retro Racing rend un bel hommage au jeu légendaire qui l’a inspiré. Conçu et édité par un seul développeur, on savait dès le départ que le jeu ne pourrait jamais rivaliser avec les sensations procurées par la borne d’arcade de 1992. Son objectif était simplement de proposer un très bon jeu de course arcade. Et c’est en partie réussi. La base est là, le jeu est très fun. On se surprend à enchaîner les courses, à essayer de battre ses temps records, à augmenter son total de points pour grimper les échelons du classement mondial. C’est un signe qui ne trompe pas.
Malheureusement, l’absence en l’état actuel d’un mode multijoueur et la présence de gros défauts, qui seront rédhibitoires pour certains joueurs, empêche le jeu d’obtenir notre coup de cœur. C’est pourquoi nous émettons un triple appel.
À vous Andrew Jeffreys, le “volant” est dans votre camp. Continuez à peaufiner votre création, tenez vos engagements, corrigez les défauts et nous vous promettons de revenir sur le test.
À vous les joueurs hésitants. Parfois, l’achat d’un jeu est un acte militant. Peu importe si au final le jeu vous déçoit, vous garderez toujours la fierté d’avoir, par votre geste, récompensé et soutenu un créateur indépendant, qui comme vous, respire la pure passion du jeu vidéo.
Enfin, à vous Nuñez Casse-Auto. Vous pouvez ranger le matos, vous n’en aurez pas besoin.

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Formula Retro Racing

PEGI 0

Genre : Courses

Editeur : Repixel8

Développeur : Repixel8

Date de sortie : 15/05/2020

Prévu sur :

Xbox One, PC Windows, Steam