Publicité

Test – Street Fighter X Tekken

Test – Street Fighter X Tekken
Le 3 avril 2012
Le 3 avril 2012

A qui le tour ?

Partager cet article :

Parfois, on peut se demander ce qui passe par la tête des développeurs. Par moments, vas-y que je te sors un titre sévèrement burné qui va faire couler de l’encre des années durant, d’autres fois un truc classique, et enfin d’autres, une idée qui a traversé l’esprit de tous mais qui semblait devoir rester à l’état de fantasme tellement c’était impensable.

C’est dans cette dernière catégorie que se cale tranquillement le premier d’une série de jeux qui va faire s’entrechoquer deux univers majeurs du jeu de baston : Street Fighter et Tekken.

Le rendez-vous galant va-t-il se transformer en speed dating ?

Akuma x Kuma

Le menu des Gems pour customiser vos persos.

Aux premiers abords, rien ne semblait rapprocher les deux mastodontes du jeu de baston que sont Tekken et Street Fighter. Le premier, parmi les pionniers du genre, longtemps affilié à la marque Playstation, arbore un gameplay 3D tandis que le second, malgré quelques petites errances plus ou moins maladroites dans l’univers de la 3D, est toujours resté à ses amours d’un gameplay 2D. Quelle ne fut pas l’étonnement de voir les deux géants se rapprocher l’espace de quelques titres !

Ce n’est certes pas le cross-over qui viendrait en premier à l’esprit, mais il reste cependant le plus logique de par leurs univers.

C’est ainsi que l’on constate un melting pot de deux titres se mélangeant visuellement bien. Il faut dire que le caractère visuel de Street Fighter IV sied parfaitement aux protagonistes du pas trop sérieux Tekken et le moteur de Capcom, déjà bien rentabilisé depuis, est tout particulièrement performant et souple pour permettre de se hisser au rang de plus beau jeu de baston à l’heure actuelle.

Laissons ce chichi de bonne femme pour passer aux choses sérieuses : le contenu.

Fort de son expérience de choix pas super judicieux en la matière, Capcom s’est réservé le droit de choisir 19 personnages de l’univers de Street Fighter et 19 de l’univers de Tekken pour un total de 38 personnages jouables plus…bah c’est tout en fait. Capcom a effectivement jugé bon de ne pas rendre accessible ni les persos de sa firme (Megaman, Pacman) sur la version Xbox 360 (probablement une question de gros sous), ni même les 12 personnages qui attendront également bien au chaud sur votre DVD de jeu pour être débloqué 20 € plus tard lors de la sortie de la version Vita. Et je ne parle même pas de l’absence pure et simple de persos exclusifs pour le titre, là où la version PS3 a droit à 3 nouveaux “combattants” estampillés Sony. Ce qui au total ampute déjà presque la moitié des combattants que peut offrir le jeu en réalité.

Yoshimitsu a toujours la classe, même quand il n'est pas chez lui.

Un bon gros carton rouge pour Ono et son équipe marketing.

Enfin bon, une fois la frustration difficilement digérée au point de laisser quand même un fort arrière goût de lait (merci de prendre en considération que nous ne sommes pas des vaches), on constate quand même l’absence remarquée de plusieurs personnages emblématiques des deux sagas, comme par exemple Eddy Gordo ou la charmante Anna Williams du côté Tekken ou encore de T-Hawk ou E. Honda dans le camp Street Fighter, mais la liste des absents est encore longue, tant les deux titres ont produit en quantité des personnalités et des charismes dans leurs licences.

Soit, il fallait faire des choix, mais préférer Poison au charismatique T-Hawk ou autre personnage de même envergure, on cherche encore la logique dans tout cela.

Heureusement que la majorité du casting saura contenter les fans avec les têtes d’affiches des deux séries.

Et vous l’avez compris, vous allez maintenant vous farcir la liste complète des personnages disponibles. Oui oui, on appelle ça du remplissage, admirez.

Côté Street Fighter, nous aurons la possibilité d’incarner Ryu, Ken, Chun Li, Cammy, Rufus, Zanghief, Dhalsim, Sagat, Balrog, Vega, M.Bison, Juri, Rolento, Ibuki, Hugo, Poison, Guile et Abel. Tout ce monde sera régenté par le boss Ogre de Tekken.

Pendant ce temps, les Tekkeniens accueilleront Heihashi, Kuma, Kazuya, Nina, Jin, XiaoYu, Yoshimitsu, Raven, Marduck, King, Hwoarang, Steve, Paul, Law, Lili, Asuka, Bob et Julia. Ils seront mis à mal par Akuma, boss devant l’éternel de Street Fighter.

Ryu en Jin

Marduk va avoir fort à faire face au karatéka/footballeur Français

Le système de jeu se base sur le moteur de Street Fighter IV, c’est à dire de la baston 2D pour laquelle quelques arrangements ont été faits afin d’accueillir les protagonistes de Tekken sans que l’ensemble ne soit trop déséquilibré.

Et on peut dire pari réussi, puisque ces derniers se fondent parfaitement dans l’univers Street Fighter. Concrètement cela se traduit par une plus grande quantité de combos ; la panoplie d’attaques spéciales est bien présente et les personnages qui en avaient la capacité ont même toujours leurs fameuses postures (Xiaoyu, Kuma, Hwoarang…), permettant de démultiplier les attaques.

Cependant, ne vous attendez pas à la richesse d’un Tekken, mais plus à la variété d’un Street Fighter IV, les commandes à base de combinaisons directionnelles avec un bouton restant quant à elles dans la parfaite continuité de la série phare de Capcom.

Malheureusement,, une fois le pad en main, on ne retrouve pas le génie présent dans la prise en charge de la manette, qui vous adressera ses moqueries les plus sincères, la faute à la prise en charge des diagonales totalement aberrantes, puisque ces dernières n’auront qu’un seul angle possible pour être activées.

C’est bien simple, imaginez un cercle représentant le joystick ou le D-Pad ; imaginez ensuite deux diamètres perpendiculaires reliant les diagonales et vous obtenez grosso modo le fameux angle rikiki pris en charge en tant que diagonale.

Chun Li, on voit encore ta culotte.

Bien évidemment, lors des manipulations à base de demis et quarts de cercles, le problème ne se pose pas, mais pour sauter en diagonale, s’accroupir en bloquant, ou les techniques de type dragon punch, il va falloir s’ouvrir à l’originalité de nouvelles insultes pour exprimer la frustration que provoque le titre à ce niveau. C’était très bien avant, pourquoi l’avoir changé ?

Surtout que dans le concept, le titre frise autant le génie que la stupidité la plus totale.

En effet, le titre vous propose de combattre par équipe de deux personnages. Vous pouvez intervertir à volonté ces deux derniers, mais lorsque l’un des deux partenaires voit sa barre de vie vidée, c’est d’un KO sans appel que vous serez sanctionné, même si votre compagnon (qui peut être dirigé par un ami) a encore toute sa vie ! Simplement aberrant (j’ai l’impression de me répéter des fois).

Le jeu propose un système de Gems aux caractéristiques variées qui s’activeront en fonction de vos actions et procureront des bonus temporaires. Il faudra les choisir attentivement en fonction de votre style de jeu pour chaque personnage, leur utilité étant bien avérée pour prendre le dessus ou retourner une situation à votre avantage. D’autant plus que vous ne pouvez en attribuer que 3 par tête de pipe, demandant une réflexion plus que poussée pour trouver la combinaison qui vous va le mieux.

A côté de cela, le concept de super attaques à été modifié avec tout d’abord le Pandora, cette technique qui demande de sacrifier votre joueur actuel à qui il ne resterait que peu de vie (tiens et là, c’est pas le KO ?) pour que l’autre bénéficie d’un surplus de défense et d’attaque temporaire. Il va sans dire qu’il faudra l’utiliser avec sagesse, parce qu’à la fin du délai du mode Pandora, c’est la défaite assurée par évanouissement si vos adversaires sont encore debout.

Ryu s'est mis à la danse synchronisée

Votre jauge de super est divisée en 3 parties et se consomme différemment en fonction des effets désirés.

Une portion sera consommée pour les attaques EX, qui sont des coups spéciaux renforcés ; deux segments seront utilisées pour la furie du personnage, que vous pourrez également utiliser « gratuitement » en chargeant suffisamment longtemps le coup spécial affilié (au delà du EX de cette attaque) ; et la jauge entière sera exigée pour lancer les techniques Cross.

Ces dernières sont au nombre de deux, à commencer par le Cross Assault qui fera intervenir les deux personnages d’une équipe en même temps pour profaner le futur cadavre adverse de quelques contusions et fêlures supplémentaires, tandis que le Cross Art est tout simplement l’enchaînement des furies des deux personnages pour un résultat aussi détonnant que destructeur.

Le joueur retrouvera également les techniques classiques d’équipe d’un Marvel vs Capcom (Counter, cancel…) renommées d’un Cross juste avant parce que ça fait plus classe.

A noter que l’habillage du titre est très beau, même si parfois trop encombrant, surtout en début de combat où le fight encombre l’écran alors que l’affrontement à déjà commencé. Pratique pour se faire frapper par l’ordi sans savoir où on est.

Sagat, Asuka, attention les secousses !

Nous aussi on te kiffe Nina !

Le jeu propose un contenu solo sympathique entre le mode Entraînement où vous perfectionnerez la maîtrise de votre personnage, le mode Trial qui se réfère à l’ancien mode Mission, le mode Mission qui consiste à battre des adversaires sous différentes conditions précises, le mode didacticiel dont le nom parle de lui-même, et le mode Arcade. C’est donc une fois entraîné et après avoir pleuré l’absence remarquée de modes trop souvent oubliés ces derniers temps tels que le Survival ou le Time Attack que le joueur se dirigera naturellement vers ce fameux mode Arcade. Ce dernier propose de choisir deux combattants à la recherche de la boite de Pandore qui s’est écrasé en Arctique. Bien évidemment, personne ne sait rien d’elle, mais tous la soupçonnent à l’origine d’un pouvoir phénoménal. C’est donc une bataille pour sa possession qui va s’engager. Ne vous attendez pas à un scénario bien rempli, chaque équipe officielle de personnages ayant son opening et son ending (avec de jolies fins issues de cerveaux alcoolisés), même s’il est possible de choisir les personnages que l’on souhaite pour son équipe. Mais dans ce cas, il faudra se contenter uniquement du texte de fin du premier des deux personnages comme fin originale.

L’ensemble de ces destinées crée un gros chaos bien bordélique, aussi fun que décalé, et au final on n’est pas plus avancé de ce qu’il se passe par rapport au début, mais on s’est bien marré.

Le mode online est également présent, comme il est désormais coutume sur les jeux de combat, et le couperet tombe bien vite.

Entre le lag omniprésent qui gâche énormément le plaisir de se faire des joutes à la “régulière”, les bugs sonores extrêmement gênants pour le jeu, et le système de recherche de parties bien laxiste quant aux critères rentrés, ce mode online saura réveiller en vous la frustration de devoir passer par le multijoueurs pour trouver des joueurs à toute heure. En effet, bien des sons seront coupés brusquement, et il ne sera pas rare de ne pas avoir un seul bruit sur tout un round. Et d’un coup, ils reviendront comme ça, rendant le tout un peu plus exubérant et déstabilisant pour le joueur.

Ken n'arrive plus à draguer depuis qu'il est papa et se prend rateau sur rateau.

Étant donné l’expérience et la relative réussite dans ce genre de mode dans les précédents jeux de combat de Capcom (le lag sera toujours un ennemi), on est étonné de voir ce titre sorti tel quel.

Pour ceux qui auront le courage de passer outre ces défauts, sachez que vous aurez 3 modes de jeu distincts en Online. Le premier est un matchmaking avec classement, tout ce qu’il y a de plus classique. Le deuxième est nommé combat infini, qui en fait est une simple tournante, où le vainqueur d’un combat continuera de combattre les challengers du salon jusqu’à ce que quelqu’un le batte et prenne sa place.

Le dernier mode de jeu est un mode salon également de tout ce qu’il y a de plus classique.

A noter, et c’est une nouveauté à signaler, que vous pourrez aussi vous chercher un allié online. Ce dernier aura la lourde tâche de contrôler le deuxième personnage de l’équipe, et ce, pour participer à n’importe quel mode de jeu online, en plus du mode Arcade qui, lui, peut être rejoint à tout moment à l’instar des jeux en salle d’arcade. Bien évidemment, cette option est facultative, mais bien agréable pour les fans des salles de jeu à l’agonie depuis des années.

Comme évoqué plus haut, le lag est un ennemi assez capricieux sur ce titre, puisque les connexions feront souvent le yoyo dans un même combat, et en tant que spectateur d’un combat, cela se constate rapidement et de manière assez marquée puisqu’on y voit la qualité des connexions, contrairement aux combattants en cours.

Comble de la magie, les replays ne prennent ni en compte ce lag, ni ces bugs audio.

Ce mode replay est assez complet, et vous permet d’enregistrer vos combats, mais aussi ceux de qui vous voulez, le mode étant assez bien fichu pour trouver aisément le type d’affrontement que l’on souhaite pour étudier les stratégies adverses, ou tout simplement s’émerveiller devant le talent de certains joueurs.

Le Bilan

On a aimé 

  • Un bien joli cross over
  • Les concessions faites pour mélanger les deux univers
  • Un mode histoire déjanté et sérieux à la fois
  • L’entraînement et les défis très bien faits pour apprendre à maîtriser le jeu et ses combattants
  • Le foutage de gueule des personnages proposés
  • Mode Online qui manque de finition
  • Le concept de KO incompréhensible
  • La prise en main fastidieuse à la manette pour les occasionnels

Conclusion du test de Street Fighter X Tekken

Akuma Matata
{{Street Fighter X Tekken sent bon le titre fini à la va-vite. Entre le scandale des personnages, le manque de finition flagrant sur le online et certains aspects de la prise en main, il aurait fallu quelque temps de plus de développement pour arranger tout ça et intégrer au moins des personnages exclusifs au lieu de polémiquer dessus en prenant les joueurs pour des abrutis.

Toutefois, le titre possède des bases assez solides apportées par Street Fighter IV et les derniers jeux de baston estampillés Capcom sur ce moteur de jeu pour nous proposer un soft aux reins solides pour s’amuser en toute quiétude, tout en proposant ses variantes de gameplay, somme toute très bien pensées, ne rendant pas ce titre incontournable dans votre ludothèque, à moins que votre passion soit de filer des gnons tout en étant allergique aux contusions et que vous avez toujours voulu savoir qui était le plus ridicule entre Rufus et Bob.}}

L
Partager cet article

Street Fighter X Tekken

Développeur : Capcom
Éditeur : Capcom

commentaire

1 Commentaire
L
Larangys
5 avril 2012 15h33

Je ne comprend pas la critique du système de K.O, ça oblige au contraire à la jouer stratégique pour ne pas se laisser bouffer toute la barre de vie sans rien faire, contrairement à MarvelvsCapcom (ce qui est logique, vu que les combos sont moins “abusés”)

Accueil » Tests » Test – Street Fighter X Tekken