Test – Sniper Elite: Resistance – Un nouvel opus aux allures de dlc ?

Bienvenue dans la Résistance !
Trois ans après la sortie de Sniper Élite 5, le studio britannique Rébellion Development remet le couvert avec Sniper Élite: Resistance. Tout comme son prédécesseur, le jeu se déroule en France en territoire occupé. La licence, qui fête ses 20 ans cette année, réussit- elle avec ce spin-off à renouveler la formule ou campe-elle sur ses positions? Découvrons, fusil en main, ce que vaut ce nouvel opus.

Nouvelle recrue en vue

Parmi les nouveautés apportées au titre figure l’introduction d’un nouveau personnage principal : Harry Hawker, capitaine britannique responsable des opérations spéciales, tireur d’élite, tout comme son confrère et allié Karl Fairburne, occupé à déjouer les plans de l’Axe. En effet, l’histoire de Sniper Elite: Resistance se déroule parallèlement aux événements de Sniper Élite 5. Notre nouveau protagoniste va devoir, lui aussi, compromettre les plans des vilains nazis. En coopération avec la Résistance et grâce à de précieuses informations, ils vont mettre tout en œuvre pour détruire (oui encore) une super arme extrêmement dangereuse et faire basculer le cours de la guerre. Il est certain que le scénario manque cruellement d’originalité et sert simplement de toile de fond pour les différentes missions proposées. Cependant, rien de bien gênant, le gameplay lors des missions étant l’atout principal de la franchise.
Dans la ligne de mire

Sniper Élite: Résistance propose, comme ces prédécesseurs, plusieurs modes de jeu. Le mode campagne est composé de plusieurs missions réparties dans de vastes zones explorables. Le but est de terminer les objectifs principaux et secondaires si on le souhaite, ces derniers étant facultatifs. Explorer la carte permet de débloquer des opportunités et d’avoir accès à de nouvelles approches pour atteindre une cible ou un objectif. Recueillir des renseignements, par exemple, aide à localiser les objectifs et indique des méthodes alternatives pour les mener à bien. On peut en trouver en fouillant le niveau, en lisant des documents ou en écoutant des conversations.Se servir des environnements, comme placer un piège artisanal, peut permettre d’éliminer un ennemi et de créer des diversions.

Certains objets s’effondrent ou explosent quand ils sont endommagés. Par exemple, tirer sur le crochet d’une grue pour faire tomber sa cargaison sur un ennemi permet de l’éliminer avec succès. Tirer sur une gargouille en pierre peut être tout aussi efficace. Utiliser les jumelles permet de bien repérer les ennemis, de les marquer pour étudier leur déplacement, et ainsi bien planifier nos attaques. On peut également utiliser la concentration sur les ennemis proches, qui s’affichent alors en surbrillance. Mais, attention, se concentrer augmente le rythme cardiaque qui, s’il est trop élevé, rend nos tirs bien moins précis. Dans ce cas, il faut se reposer pour retrouver un rythme cardiaque stable et regagner en efficacité.

À chaque tir bien placé et réussi, l’emblématique killcam et son mode xray sont toujours aussi jouissifs. On sait quel organe a été touché et si l’ennemi a été abattu ou simplement blessé. Si la licence Sniper Elite est essentiellement centrée sur la discrétion, notre fin tireur dispose tout de même dans son arsenal de différents fusils de précision, de pistolets, de mitraillettes et d’un fusil à pompe pour une approche plus directe ou pour se sortir d’une situation imprévue. Un menu radial est accessible en appuyant sur “LB”, permettant de voir les armes et objets que nous avons sur nous. Pour changer d’équipement et trouver des améliorations, il suffit de mettre la main sur un établi. Cependant, les armes laissées par des ennemis ou trouvées pendant les explorations ne demeurent pas dans l’inventaire une fois vidées de leurs balles.

Pour plus de confort lors des phases de tirs, notre personnage dispose de plusieurs types de munitions, trouvables dans les différentes zones du jeu : les balles subsoniques, guère puissantes mais plus discrètes, les balles perforantes, qui ont davantage de chance de traverser les blindages, le métal ou la pierre, ou encore les balles explosives, qui infligent des dégâts aux ennemis à proximité. D’autres types de balles existent et permettent de personnaliser notre approche, selon l’objectif que l’on souhaite mener à bien et notre façon de jouer.

Obtenir de l’expérience permet de gagner des niveaux et des points de compétences. Ces dernières offrent l’opportunité de déverrouiller de nouvelles capacités, d’en améliorer certaines déjà existantes ou d’augmenter la quantité d’objets et de munitions que l’on souhaite équiper. Ces fonctionnalités sont totalement similaires à Sniper Élite 5, les joueurs qui ont joué à ce titre ne seront donc pas perdus. Dans Sniper Élite: Résistance, il est possible de choisir la difficulté des missions de la campagne. Pour les joueurs qui souhaitent une expérience corsée et plus immersive, le titre propose le mode authentique. La difficulté y est augmentée de manière significative, l’interface et les aides sont désactivées, la santé ne se régénère pas et il est important de faire attention aux balles dans le chargeur, car les munitions restantes seront perdues une fois l’arme rechargée. Cette expérience, unique et difficile, permet de se glisser dans la peau d’un tireur d’élite en totale immersion.

Chaque niveau contient au moins une cible humaine figurant sur notre liste d’objectifs, il s’agit d’un chef ennemi qu’il faut abattre d’une manière spécifique, mécanique très intéressante qui ressemble à ce que l’on peut retrouver dans Hitman. Nous avons eu comme défi, par exemple, d’éliminer un chef ennemi avec un rat explosif. Réaliser ces défis, en plus d’être parfois amusant, permet de gagner une arme unique et davantage d’expérience. Ils sont indispensables pour obtenir 3 étoiles en fin de mission.

Totalement inédite, une nouveauté fait son apparition dans cet opus : les défis de propagande. Ce mode de jeu consiste à battre autant d’ennemis que possible avant la fin du temps imparti et en n’ayant accès qu’à certaines armes. En fonction du type de défi, il est possible de gagner du temps supplémentaire tels, par exemple, les défis de précision pour lesquels il faut faire des tirs à la tête ou avec l’environnement, ou encore les défis de combats qui consistent en des éliminations à l’aide d’armes lourdes et d’explosifs. Attention, en cas de décès, le challenge est malheureusement perdu. Pour avoir accès à ces défis, il faut trouver des affiches de propagande dissimulées dans les missions de campagne, chaque mission comprenant une affiche à récupérer. Ce mode reste très classique à ce que l’on trouve dans des jeux de tirs multijoueurs.
Un vaste terrain de jeu

Si la campagne est plutôt sympathique à jouer malgré le manque d’originalité du scénario, la formule fonctionne toujours aussi bien grâce à un gameplay plutôt immersif. En effet, chaque zone est un vrai terrain de jeu et le level design est bien pensé pour qu’Harry puisse mettre son plan à exécution de la meilleure des manières. Il peut ainsi escalader des parois ou des corniches, utiliser des tyroliennes lui permettant d’accéder à certains endroits et d’atteindre les hauteurs, trouver le meilleur spot et avoir une vision parfaite des ennemis à éliminer. Pour une approche discrète et plus brutale, le tireur d’élite peut se servir des hautes herbes afin d’atteindre sa victime au plus près et de l’assassiner discrètement. Il est vraiment possible de jouer les missions avec des approches différentes. Tout est bien mis en place pour apporter une rejouabilité, qui constitue le point fort du titre. Envie de déjouer les plans nazis en duo ? Cela tombe bien, la campagne est entièrement jouable en coopération, point positif ici encore.

Pour faire une pause dans la campagne ou tout simplement varier les plaisirs, plusieurs modes multijoueurs sont disponibles. En mode “Survie”, une équipe de quatre personnes a pour but de défendre une série de postes de commandement. Un poste de commandement est perdu si l’ennemi l’occupe suffisamment longtemps. Si nos camarades sont à terre, ils sont automatiquement réanimés à la fin de chaque vague. Toutefois, si tous les joueurs perdent la vie, la partie s’achève. Le mode “Chacun pour soi” s’apparente à une mêlée générale. Tout est dans le titre, il s’agit d’un mode de jeu rapide où chacun joue pour sa propre vie. Le mode “Partie par équipe” se joue à huit contre huit et consiste en un match à mort en équipe, mode très classique en multijoueur. Le mode “Partie en mode escouade” fait s’affronter des équipes de quatre. Enfin, le mode “Pas de traversée” se joue à longue distance uniquement, les joueurs étant séparés par une barrière infranchissable. Ce dernier mode est celui qui nous a procuré le plus de plaisir et qui sort davantage du lot, les autres modes restant relativement très classiques.

Le mode “Invasion”, qui a fait son apparition pour la première fois dans Sniper Elite 5, permet à un joueur d’envahir la partie d’un autre joueur qu’il est chargé, en tant qu’ennemi de l’axe, de traquer et d’éliminer. En plus d’amener un peu de spontanéité à nos parties, éliminer ces adversaires permet de gagner de nouvelles tenues, des armes ou des accessoires. Cette mécanique de jeu est vraiment sympa, à condition, lorsqu’on est envahi, de ne pas être dans une situation périlleuse ou sur le point d’éliminer une cible importante. Il faut donc s’adapter à la situation et ces moments inattendus apportent un peu d’adrénaline et de dynamisme. Notons qu’il est tout à fait possible de désactiver cette option dans les menus si l’on souhaite une expérience plus tranquille.

Graphiquement, le jeu peut se targuer d’avoir des décors plutôt jolis et colorés, c’est très fleuri, l’architecture et l’environnement du sud de la France ont été recréés avec soin et les intérieurs ne sont pas en reste avec leurs agencements bien détaillés. Cependant, les graphismes sont assez vieillissants et, malheureusement, les textures sont plutôt baveuses et pixelisées sur Serie S. L’ambiance sonore se veut immersive et est partie intégrante du titre. Le bruit d’un avion peut, par exemple, masquer le bruit d’un tir.

Les musiques accompagnant les missions sont parfaitement adaptées au scénario. Par ailleurs, le titre étant en anglais, il dispose de sous-titres en français. Quelques bugs viennent ternir l’expérience. Personnages bloqués par un mur invisible, cible à abattre qui se trouve en dehors de la map en sont quelques exemples. L’IA des ennemis peut parfois être capricieuse. Mais, malgré ces quelques désagréments, le plaisir d’accomplir les missions a été au rendez-vous grâce à un gameplay certes bien connu, mais toujours aussi efficace, surtout lors des phases de tir. Sniper Elite: Résistance est disponible sur PS4, PS5, Xbox One, Xbox Serie S et X, Game Pass et PC.
Testé sur Xbox Series S, code envoyé par l’éditeur
Le Bilan
On a aimé
- La possibilité de jouer en coopération
- Les killcam toujours aussi spectaculaires
- Le mode de difficulté authentique
- La rejouabilité
On a moins aimé
- Le manque de nouveauté
- Les quelques bugs
- La trop grande similarité avec Sniper Elite 5
- Techniquement daté
Conclusion du test de Sniper Elite : Resistance
A l’ouest rien de nouveau ?
C’est un bilan mitigé pour Sniper Elite: Resistance. Bien trop similaire à Sniper Elite 5, ce spin-off n’apporte pas vraiment de nouveauté et de fraîcheur à la franchise, mais il propose une expérience maîtrisée et particulièrement plaisante lors des différentes missions proposées. On regrettera cependant quelques bugs et des graphismes jolis mais vieillissants. Néanmoins, il est certain que les fans de la franchise ne seront pas dépaysés et retrouveront tout ce qu’ils aiment dans ce titre, grâce à son gameplay efficace et à une formule qui, depuis une vingtaine d’années, a su faire ses preuves. Nous ne pouvons que recommander ce titre à petit prix, l’opus ressemblant davantage à une extension qu’à un nouveau jeu en bonne et due forme.