Test - Before I Forget - Se souvenir des belles choses

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Disponible depuis le 29 avril, BEFORE I FORGET est un walking simulator en vue à la première personne, qui a vu le jour en 2016 lors d’une game jam (tournoi de création de jeux). Le studio anglais 3-Fold Games, composé de seulement deux créatrices, y traite d’un sujet complexe et sensible : celui de la démence. Dans ce premier projet, aussi court que poétique, nous incarnons une femme qui lutte pour rassembler ses souvenirs les plus beaux... et les plus douloureux.

Tout commence avec ce mémo.

Memento

La quête de souvenirs de Sunita Appleby débute dans l’entrée d’une maison, qui semble être la sienne. Vraisemblablement perdue, une note lui rappelle qu’elle doit “Trouver Dylan”, un prénom familier qui la rassure et lui permet de débuter ses recherches. En arpentant les différentes pièces de son domicile londonien, elle s’attarde sur de nombreux objets ou écrits qui lui permettent de reconstituer son passé.

L’histoire se déroule au milieu des années 70.

Difficile d’en dire plus tant le titre se conclut rapidement. Centrée sur son amour pour Dylan, pianiste renommé, l’enquête de Sunita nous mènera de Londres à Amsterdam en passant par l’Inde dont sa famille est originaire. Le tout sans quitter son domicile au sein duquel se déroule l’intégralité du jeu. L’histoire de ce couple qui doit faire face à la maladie s’avère souvent touchante, parfois (trop ?) dramatique mais malheureusement assez prévisible.

Sunita et Dylan filent le parfait amour.

Les couleurs s’estompent

En bon représentant du walking simulator, la principale force de Before I Forget réside dans sa narration et non dans son gameplay, ouvertement limité. À l’instar d’un jeu comme Adios (dont vous pouvez retrouver le test ici), le récit nous est conté à travers les propos et découvertes de Sunita. Mais à la différence de ses prédécesseurs, sa démence justifie le fait qu’elle soit perdue et qu’elle s’attarde sur des éléments précis, puisqu’elle les (re)découvre en même temps que nous.

Sans être effrayant, le jeu distille quelques séquences volontairement anxiogènes.

Chaque nouvelle découverte s’illustre par une colorisation de l’environnement qui nous entoure. Une belle manière de symboliser le souffle de vie qui vient à nouveau s’insinuer dans le foyer de notre héroïne. Cette idée n’est d’ailleurs pas sans rappeler les propositions d’Okami (2006) ou Gris (2018).

Le jeu est principalement composé de tons pastel.

Graphiquement, le projet du studio anglais demeure malheureusement assez terne, et ce même en prenant en considération le fait que cette d’identité visuelle puisse soutenir le propos du titre.

Cette faiblesse dans la proposition visuelle, compréhensible au vu de la taille réduite du studio, est contrebalancée par de belles idées de mises en scène. Grâce à d’ingénieux tours de passe-passe, le titre parvient à nous faire perdre nos repères spatio-temporels à plusieurs reprises.

C’est peut-être un détail pour vous

Chella Ramanan (3-Fold Games) milite pour l’inclusion des minorités dans le jeu vidéo.

Si Before I Forget ne brille pas par son esthétique visuelle, l’aspect sonore est lui remarquable à bien des égards. Les doublages, en version anglaise sous-titrée, sont de grande qualité et mettent en avant plusieurs personnages à l’accent indien, fait suffisamment rare pour être souligné.

La musique tient un rôle prépondérant et participe au charme du jeu.

La musique discrète quant à elle, composée essentiellement au piano, sait se faire rare pour mieux accompagner les différentes séquences clés du titre. Et le scénario vient une fois de plus justifier l’utilisation de ces quelques notes.

Test réalisé sur Xbox Series X.

Bilan

On a aimé :
  • Un sujet fort traité avec délicatesse, soutenu par une belle mise en scène
  • Des doublages et musiques de qualité qui participent grandement à l’émotion
  • Un prix correct pour la proposition (8€)
On n’a pas aimé :
  • Une fin assez prévisible
  • Un titre extrêmement court (moins d’une heure)
”Ne regrettez pas, souvenez-vous”

Malgré une durée de vie trop réduite, Before I Forget atteint son objectif initial. Grâce à des doublages de qualité, une musique touchante et des choix de mise en scène payants, le walking simulator du studio 3-Fold Games trouve souvent le ton juste pour aborder le sujet délicat et rarement traité de la perte de mémoire. Seule véritable ombre au tableau de cette belle histoire d’amour, le dénouement du jeu s’avère rapidement prévisible et peut-être un peu trop tire-larmes. Pas de quoi entacher une belle expérience qui, si elle ne restera pas dans toutes les mémoires, sait nous toucher en plein cœur.

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Before I Forget

Genre : Action

Editeur : PID Publishing

Développeur : 3-Fold Games

Date de sortie : 29/04/2021

Prévu sur :

Xbox One, PC Windows, Switch