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Test – Star Wars Outlaws – Ubisoft se recentre (enfin) sur l’essentiel

Test – Star Wars Outlaws – Ubisoft se recentre (enfin) sur l’essentiel
Le 26 août 2024
Le 26 août 2024

Une aventure captivante

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Star Wars Outlaws, développé par Massive Entertainment (développeur de la licence The Division), est le tout premier jeu en monde ouvert de la saga Star Wars. Situé après L’Empire contre-attaque, il nous place dans la peau de Kay Vess, une hors-la-loi à la Han Solo. Alors que les jeux en monde ouvert d’Ubisoft sont souvent critiqués pour leur approche « checklist », Outlaws parviendra-t-il à rendre ses quêtes plus naturelles et son monde ouvert plus passionnant,  tout en offrant une expérience qui reste fidèle à l’univers Star Wars ?

L’épopée d’une hors-la-loi

Star Wars Outlaws relève le défi d’offrir une aventure inédite dans un univers bien établi, en s’éloignant des traditionnels Jedi pour nous plonger dans la peau d’une hors-la-loi. Nous incarnons Kay, une jeune femme débrouillarde, accompagnée de Nix, une créature extraterrestre adorable. Ce duo rappelle inévitablement Han Solo et Chewbacca, tant par leur dynamique que par la personnalité de Kay.

L’Empire renforce sa présence dans la Bordure Extérieure, où la pègre et les syndicats s’affrontent, tandis que la Rébellion tente de nouer des alliances. Kay, lassée de sa vie sur Cantonica, une planète offrant peu de perspectives pour une jeune criminelle, saisit l’occasion de quitter sa terre natale en acceptant un contrat risqué : cambrioler Zerek Besh, baron d’un puissant syndicat. Le braquage tourne mal, forçant Kay à fuir en volant le vaisseau du baron. Cet acte téméraire lui vaut de voir sa tête mise à prix et marque le début de sa réputation dans le monde du crime.

Les exploits de Kay attirent l’attention, ce qui lui ouvre de nouvelles perspectives pour se débarrasser de sa prime. En effet, le syndicat géré par Zerek Besh étend rapidement son influence et cela déplait à certains. C’est pourquoi un contrat est proposé à la jeune femme, lui offrant une chance de se libérer de la menace qui pèse sur elle depuis le casse de Canto. Forcée de former une équipe pour cambrioler à nouveau le baron, Kay se retrouve plongée dans une intrigue où chaque décision pourrait sceller son destin.

L’aventure en monde ouvert prend véritablement son envol sur la planète Toshara, créée spécialement pour le jeu. Ubisoft change ici son approche : l’ATH est minimaliste, ne fournissant que des indications essentielles, et la carte du monde n’est pas surchargée d’icônes. Cette conception plus organique permet au joueur d’explorer à son rythme, rappelant les évolutions observées dans Assassin’s Creed Mirage et Avatar.

Déjà, il est très intéressant de relever qu’Ubisoft ne prend plus autant le joueur par la main et c’est très appréciable. Cela change drastiquement de ce à quoi nous avait habitué l’éditeur français.

Fini toutes les icônes qui polluent l’écran de jeu et il en va de même lorsqu’on ouvre la carte du monde : c’est au joueur de trouver l’emplacement des quêtes. Par exemple, lorsque nous devons nous rendre à la cantina de la ville, la boussole indiquera simplement la direction de la cité et ce sera à nous de faire le reste. Bien entendu, après avoir découvert les lieux d’intérêt (marchand, PNJ, lieux-dits, etc.), ceux-ci seront notés sur la carte du monde. Cette approche dépoussière enfin la manière d’aborder l’aventure des jeux Ubisoft.

C’est donc avec grand plaisir que nous pouvons parcourir l’univers que propose Star Wars Outlaws, à la manière des standards qui ont commencé à s’installer depuis quelques années, grâce à une exploration plus organique et naturelle.

L’immersion made in Ubisoft

Star Wars Outlaws parvient à nous immerger dans une aventure qui se démarque nettement de ce que l’on a l’habitude de voir dans les productions d’Ubisoft. L’approche du jeu, ainsi que la manière dont l’univers et les missions sont présentés, diffèrent radicalement des précédents titres de l’éditeur.

Que ce soit pour l’intrigue principale, les quêtes secondaires ou les activités annexes, tout semble se dérouler de manière fluide et naturelle. Contrairement à certaines anciennes productions où les scénarios se perdent et se diluent parmi des dizaines de quêtes secondaires sans grand intérêt, Outlaws se concentre sur un récit cohérent et captivant. Nous avons été particulièrement impressionnés par le dynamisme et l’intensité des premières heures de jeu, durant lesquelles les séquences d’action bien rythmées nous plongent efficacement dans l’intrigue. Et cela se confirme sur presque toute la durée du jeu.

Le personnage de Kay est particulièrement bien développé. Son lien avec Nix est renforcé non seulement par l’histoire que nous vivons, mais aussi par les interactions et les détails subtils qui émergent lors de l’exploration. Les échanges entre Kay et Nix, ainsi que les dialogues et observations dans les villes, qu’il s’agisse de passer devant des stands de nourriture ou d’écouter des conversations entre PNJ, ajoutent une dimension naturelle et immersive à l’expérience. Contrairement à d’autres jeux où les dialogues peuvent devenir envahissants, cette approche rend l’ensemble enrichissant et authentique.

Ce souci du détail est également apparent dans la manière dont les quêtes secondaires sont intégrées. En écoutant les conversations des habitants des villes, comme celles entendues en se rendant chez un marchand, le joueur peut découvrir des opportunités inattendues. Un échange entre PNJ peut nous conduire à une cache de pillards, à un contrat de mercenaire, ou à une intrigue secondaire, nous entraînant hors de notre chemin principal pour quelques minutes ou quelques heures.

Cette même philosophie se reflète dans l’open world du jeu. Ubisoft a réussi à créer une exploration loin d’être redondante. Le monde ouvert de Star Wars Outlaws invite à l’exploration spontanée, en offrant de s’écarter de l’itinéraire prévu pour découvrir des grottes, des bâtiments ou des chemins cachés à bord de notre speeder. Cette approche brise la monotonie des allers-retours entre objectifs et rend l’exploration gratifiante et intéressante.

Il est possible de tomber sur des ruines, de se lancer dans des phases de plateforme et de résoudre des puzzles environnementaux bien conçus, ou de découvrir un repaire criminel à infiltrer discrètement ou à attaquer directement pour obtenir des ressources.

Cependant, il est important de tempérer cet enthousiasme. Star Wars Outlaws réussit à offrir un univers crédible et une exploration naturelle, mais il reste un jeu grand public, donc relativement accessible et facile. Contrairement à des titres comme Elden Ring ou Dragon’s Dogma 2, le jeu propose une expérience plus légère et convenue. Néanmoins, il est remarquable qu’Ubisoft ait réussi à sortir de ses mauvaises habitudes pour créer avec succès un monde riche et une exploration vivante.

Le monde de Star Wars Outlaws

Star Wars Outlaws nous immerge dans le monde impitoyable de la pègre galactique. En tant que hors-la-loi et mercenaire, nous naviguons à travers un univers contrôlé par cinq syndicats : les Pyke, le cartel Hutt, l’Aube écarlate, le clan Ashiga, et enfin le syndicat de Zerek Besh, central dans la quête principale.

Kay, nouvellement introduite dans cet environnement criminel, doit faire ses preuves et prendre des décisions qui influenceront le déroulement global du jeu, d’une manière qui modifie l’approche des quêtes principales et secondaires.

Outre celles qui nous familiarisent avec chaque syndicat, la majorité des missions prennent la forme de contrats de mercenaire. Ces contrats se déclinent en diverses tâches : livraisons de contrebande, cambriolages et assauts en tant que chasseur de primes. Chacune peut être abordée de différentes façons : par infiltration discrète ou confrontation directe, sauf indication contraire dans des missions spécifiques.

Une des grandes forces du jeu réside dans son level design. Pour chaque contrat ou quête, plusieurs itinéraires sont disponibles pour atteindre l’objectif. Que ce soit en découvrant un passage secret, en accédant à des conduits de maintenance, en piratant une porte, ou en demandant à Nix d’activer des interrupteurs inaccessibles, Star Wars Outlaws offre une variété d’approches qui enrichissent le gameplay, qu’il soit orienté infiltration ou combat direct.

Les contrats influencent également la réputation auprès des syndicats et les actions effectuées lors de l’exploration peuvent affecter notre relation avec différents cartels. Des événements inattendus, tels que l’arrivée de troupes impériales ou l’attaque d’un autre cartel, ajoutent du dynamisme aux missions. Bien que ces occurrences restent sporadiques, elles contribuent à intégrer efficacement l’ambiance de la pègre dans l’univers du jeu. L’intrigue principale et les quêtes secondaires réussissent à créer un véritable « Western spatial », mêlé d’histoires criminelles.

La réputation acquise ouvre la voie à des récompenses cosmétiques et à des améliorations d’équipement. Les faveurs obtenues auprès des syndicats permettent d’accéder à des missions plus lucratives, tandis qu’un syndicat mécontent pourra nous traquer. Ainsi, l’affinité avec un syndicat peut influencer la réussite des missions en ouvrant ou fermant certaines opportunités.

Parallèlement, la quête principale introduit des personnages appelés « 

experts », chacun offrant des intrigues secondaires qui enrichissent encore l’expérience de jeu. Ces experts permettent aussi de modifier des équipements et d’acquérir de nouvelles compétences. Certains experts sont optionnels, laissant au joueur le choix de les rencontrer ou non.

Ubisoft innove une nouvelle fois en éliminant le traditionnel arbre de compétences et le système de loot d’équipement. Compléter les missions d’un expert donne accès à des missions spécifiques, en rapport avec leur domaine de compétence. Par exemple, un mercenaire légendaire proposera des objectifs liés aux combats, tandis qu’un expert pirate de l’espace se concentrera sur la destruction de vaisseaux spatiaux.

Les huit experts à découvrir ont donc une fonction en jeu similaire à un arbre de talents. Bien que certains soient liés à l’histoire principale, la majorité d’entre eux sont secondaires et offrent des améliorations telles qu’une augmentation de la santé maximale de Kay, une meilleure stabilité du blaster, ou des gadgets supplémentaires qui facilitent le gameplay.

Un gameplay en demi-teinte

Star Wars Outlaws propose une multitude d’activités, allant des contrats de syndicats aux intrigues des experts, en passant par l’exploration de ruines, de caches de bandits, et même des courses de speeder. Toutefois, une question cruciale demeure  : comment se joue ce nouvel opus de l’univers Star Wars ?

C’est malheureusement ici que l’expérience montre quelques faiblesses. Kay, notre protagoniste, n’est ni une Jedi ni dotée de pouvoirs surnaturels. Son arsenal se limite à un blaster et à des grenades, sans possibilité de s’équiper d’autres armes, à moins de les récupérer sur le champ de bataille, où leur utilisation est restreinte par une faible quantité de munitions.

Le gameplay repose donc essentiellement sur les sensations offertes par les combats au blaster, mais ceux-ci s’avèrent assez décevants. Que ce soit les gunfights, les déplacements en speeder ou en vaisseau spatial, le tout manque de dynamisme et de nervosité. On aurait pu s’attendre à un gameplay de type cover-shooter, semblable à celui de The Division développé par Massive, avec une utilisation astucieuse de gadgets, mais ce n’est pas le cas. Les phases de combat, bien qu’elles remplissent les exigences minimales, ne parviennent pas à sublimer l’expérience, ce qui est regrettable.

Cependant, l’expérience de jeu s’améliore au fur et à mesure que l’on progresse, rendant l’aventure de plus en plus captivante. En plus des compétences et gadgets débloqués à travers l’histoire et grâce aux experts, il est possible d’améliorer son équipement : blaster, speeder et vaisseau spatial.

Le blaster peut être personnalisé avec trois types de munitions : standard, ionique (utile contre les boucliers, les droïdes et pour résoudre certains puzzles environnementaux) et explosive (efficace contre des groupes d’ennemis et pour débloquer certains passages). Le speeder et le vaisseau peuvent aussi être améliorés pour renforcer leur résistance, leurs boucliers, leur vitesse et leur armement.

Ces améliorations nécessitent des ressources spécifiques, collectées lors des quêtes ou au cours de l’exploration. Au fil de l’aventure, la diversité des approches possibles s’élargit, notamment grâce à l’aide de notre compagnon, Nix, qui joue un rôle bien plus actif que celui d’un simple animal de compagnie.

Il facilite l’infiltration en distrayant les adversaires, en ouvrant des portes ou en actionnant des interrupteurs inaccessibles pour Kay. Il peut aussi attaquer les ennemis et ramasser des objets laissés sur le champ de bataille, comme des armes ou des grenades. Cette polyvalence contribue à enrichir un gameplay qui, bien que manquant parfois de sensations fortes, demeure plaisant et offre une liberté d’action appréciable.

L’exploration spatiale suit la même tendance que les phases de combat : elle manque d’une véritable immersion. La navigation en vaisseau spatial, tout comme les combats dans l’espace, sont très arcades et deviennent rapidement lassants. Bien que l’expérience de vol ait du potentiel, elle est décevante en raison du manque de contenu intéressant à découvrir. Hormis quelques épaves stellaires où l’on peut récupérer des ressources, l’espace semble « vide » (logique dans la réalité, mais frustrant dans un jeu), réduisant l’intérêt des phases en vaisseau.

Il est même possible de contourner entièrement l’exploration spatiale en utilisant le voyage rapide pour naviguer entre les planètes, ce qui soulève des questions quant à la pertinence de cet aspect du jeu (aveu d’échec ?). Les cinq planètes disponibles, Tatooine, Toshara, Akiva, Kijimi, et Cantonica offrent des environnements variés avec des biomes distincts, mais l’exploration entre elles reste sous-exploitée.

Enfin, nous voulions aborder la partie graphique de Star Wars Outlaws, qui a son importance. Avant d’en parler, nous souhaitions mettre en avant toutes les qualités du titre d’Ubisoft pour ne pas ternir l’expérience. Cependant, il y a un énorme souci graphique sur les versions Xbox Series X et nous pensons que les captures d’écran réalisées pour les besoins de l’article parlent d’elles-mêmes. Le jeu est beau et fourmille de détails, mais on sent bien que les capacités de la console de Microsoft ne permettent pas de lui rendre honneur.

Très clairement, les développeurs ont dû jouer sur la mécanique de résolution dynamique pour livrer leur copie sur Xbox Series X. Lorsque nous nous trouvons dans des environnements plus ou moins fermés ou dans l’espace, il n’y a pas grand-chose à redire, en revanche dès lors que nous sommes dans le monde ouvert la résolution baisse drastiquement, faisant arriver son lot de bugs graphiques (scintillement des décors, clipping et apparition soudaine des objets à moyenne distance, voile ambiant et baisse de la résolution), qui dégradent le rendu et le détail de l’ensemble du jeu. C’est extrêmement dommage de subir cela, d’autant que le titre offre de superbes panoramas et une très jolie direction artistique, fidèle à l’univers de Star Wars…

Testé sur Xbox Series X, code fourni par le studio

Le Bilan

On a aimé 

  • L’exploration naturelle
  • La bonne montée en puissance
  • L’histoire de nouveau au centre du jeu.
  • Les quêtes secondaires intéressantes
  • Le peu de remplissage
  • La liberté pour aborder les missions

}

  • Le manque de sensation des combats
  • Le manque de sensation de la navigation spatiale
  • La baisse drastique de qualité graphique du monde ouvert

Conclusion du test de Star Wars Outlaws

Une aventure captivante
Star Wars Outlaws offre une aventure captivante, qui plonge les joueurs dans l’univers riche et complexe de la pègre galactique, tout en apportant une bouffée d’air frais à la formule bien connue des jeux en monde ouvert d’Ubisoft. Malgré des lacunes notables dans les phases de combat et d’exploration spatiale, l’expérience reste très engageante grâce à une narration solide, un monde ouvert varié et une exploration (enfin) naturelle et organique, ainsi qu’à des personnages bien développés. Cependant, les problèmes techniques sur Xbox Series X viennent ternir un tableau par ailleurs prometteur. En somme, Star Wars Outlaws réussit à captiver, mais ne parvient pas à atteindre pleinement le potentiel que son concept et son univers laissent entrevoir.

Protoxe
Testeur vétéran depuis plus de 10 ans chez Xboxygen. Toujours le même objectif, partager au mieux mon ressenti et faire découvrir de nouveaux jeux.
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Star Wars Outlaws

Développeur : Massive Entertainment
Éditeur : Ubisoft
Date de sortie : 30/08/2024

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