Test – Resident Evil Requiem – Un retour en force tonitruant et magistral !

Attendu comme le messie par toute une communauté de fans (nous les premiers), l’attente devenait insoutenable et Resident Evil Requiem commençait à se faire prier ! À chaque nouveau trailer, la hype grandissait d’un cran, promettant le retour en grande pompe d’un monument du survival-horror signé Capcom. Après un Resident Evil 4 remake remarquable, qui avait remis la saga sous le feu des projecteurs, et un Village porté par le combat intimiste d’Ethan Walkers, la barre était déjà très haute. Avec Requiem, Capcom doit non seulement surprendre et convaincre, mais aussi prouver que la licence peut encore évoluer, sans renier l’ADN qui a fait son succès. Pensé comme un épisode charnière se situant dans la lignée d’Outbreak, ce neuvième volet à l’intrigue inédite semble amorcer un tournant majeur pour la franchise et lui donner un nouveau souffle. Alors, Resident Evil Requiem sonne-t-il comme un chant funèbre… ou comme une véritable renaissance ?
Une histoire qui réveille les morts
Requiem nous glisse principalement dans la peau de Grace Ashcroft, une jeune et brillante analyste du FBI qui se retrouve propulsée au cœur d’une affaire dépassant de loin le cadre d’une simple enquête criminelle. Tout commence par la découverte d’une série de cadavres aux particularités aussi étranges qu’inquiétantes. Très vite, un constat glaçant s’impose, toutes les victimes avaient survécu aux événements de Raccoon City. Cette piste conduit Grace jusqu’à la ville de Wrenwood, dans le Midwest, et plus précisément vers un lieu qu’elle aurait préféré ne jamais revoir : un ancien hôtel abandonné et décrépit, dans lequel sa mère Alyssa a perdu la vie huit ans plus tôt.

Cet endroit, sinistre et figé dans le temps, est rempli de souvenirs qu’elle pensait avoir enterrés, mais qui ressurgissent avec une violence inattendue, la replongeant dans un passé douloureux. Et ce n’est que le début, car l’affaire prend une tournure encore plus sombre et dramatique, révélant des ramifications bien plus vastes qu’elle ne pouvait l’imaginer…
Un gameplay à double visage : orienté action pour Léon…
Requiem marque aussi le retour de Leon S. Kennedy, figure emblématique de la saga, et quel retour ! C’est avec grand plaisir que l’on retrouve cet agent de la DSO plus mûr, un peu marqué par les années, mais qui n’a rien perdu ni de son charisme ni de sa détermination. Au contraire, il revient avec une assurance et une efficacité redoutables, et cette maturité se ressent dès les premières minutes d’affrontements. Dès le départ, Léon dispose d’armes à feu avec un inventaire étendu et un arsenal qui va s’étoffer (pistolet, fusil à pompe, mitraillette, grenades…), sans oublier une hachette qui s’avère indispensable en combat rapproché et qu’il faut régulièrement aiguiser pour maintenir sa durabilité.

Capcom ne fait clairement pas dans la dentelle. Les combats de Leon sont nerveux, intenses et d’une brutalité rarement atteinte dans la saga (explosions, démembrements, éclatements crâniens, hémoglobine à gogo…). Requiem assume son extrême violence et offre un véritable défouloir spectaculaire qui ravira les amateurs de sensations fortes. Les zombies se jettent sur nous, encaissent, reviennent à la charge, nous obligeant à rester constamment mobiles et attentifs. De plus, les animations d’exécution finale sont une vraie réussite, avec une bestialité revendiquée et impressionnante, procurant de purs moments d’adrénaline et renforçant ce sentiment de puissance et de maîtrise. Et cela devient vite addictif !

D’autant plus que les sensations, manette en main, sont très satisfaisantes. Chaque coup de hachette porté, chaque parade a du poids et chaque arme a un maniement différent pour plus de réalisme et d’immersion. Notre vétéran peut se libérer des mordeurs, exécuter des attaques de mêlée pour déstabiliser ses adversaires (comme dans Resident Evil 4 remake), réaliser des parades, des éliminations furtives et même récupérer des armes directement sur les cadavres (comme des lances ou des marteaux) pour les retourner contre les ennemis. Une mécanique simple, mais efficace et fort utile pour économiser les munitions.
… et infiltration pour Grace
A l’opposé de l’approche frontale de Leon, Grace incarne la vulnérabilité et la tension psychologique. Elle n’est ni soldate ni entraînée au combat. Elle est dotée d’un inventaire limité et a de faibles capacités offensives. En conséquence, elle impose un gameplay plus méthodique, fragile et anxiogène, basé sur l’exploration et l’infiltration, mais également sur la résolution de petites énigmes. Chaque déplacement et chaque rencontre peuvent s’avérer fatals. Il faut savoir observer, écouter, analyser, se faufiler dans l’ombre et contourner le danger quand cela est possible.

L’esquive devient alors instinctive et la fuite est souvent la meilleure option pour survivre. On avance lentement et précautionneusement, on retient son souffle lors de séquences de poursuite sous tension ou lors de rencontres terrifiantes. Avec Grace, le jeu installe un climat d’anxiété permanente avec la crainte d’être repéré et traqué à chaque pas. On ressent alors pleinement la vulnérabilité de notre héroïne, ce qui ajoute une dimension psychologique et accentue l’immersion. De même, la gestion rigoureuse de l’inventaire est essentielle, nous imposant un questionnement constant : quel objet garder, lequel fabriquer, lequel déposer au coffre de stockage…
Cette alternance entre l’action sanglante et l’infiltration oppressante fonctionne à merveille. Les deux protagonistes se complètent et ils offrent un rythme et une narration différents, aux sensations diamétralement opposées, ce qui enrichit l’ensemble. Nous avons réellement pris plaisir à jouer avec l’un comme avec l’autre et, une chose est sûre, dans Requiem on ne s’ennuie jamais, chaque séquence apporte son lot de grand spectacle, de tension ou de réflexion.

Autre point que nous avons apprécié, Capcom laisse le choix au joueur de choisir entre une vue à la première ou à la troisième personne, interchangeable à tout moment pour les deux protagonistes. Une idée excellente qui permet à chacun de vivre l’expérience selon ses préférences tout en profitant d’une immersion optimale. Quant à la difficulté, le jeu propose plusieurs modes adaptés à tous les profils : un mode facile (pour les nouveaux venus ou ceux qui souhaitent juste profiter de l’histoire), un mode standard moderne (pour un défi équilibré dans la lignée des derniers volets) et un mode standard classique (avec réintroduction des fameux rubans encreurs pour la sauvegarde, comme dans les premiers Resident Evil). Une belle manière de satisfaire aussi bien les novices que les puristes.
Un système de craft revu et amélioré
Comme à l’accoutumée, l’inventaire peut être agrandi en mettant la main sur des sacoches. Les habitués ne seront pas dépaysés en retrouvant les objets de soin, dont les incontournables herbes vertes, mais Requiem ne se contente pas de reprendre les bases, il introduit plusieurs nouveautés intéressantes. Tout d’abord, le système de craft gagne en profondeur grâce à l’ajout de nouvelles formules de fabrication, ce qui étoffe les possibilités. La gestion des ressources reste toujours aussi primordiale, tout comme l’optimisation de son équipement. Mais, nous avons toutefois un petit regret, à savoir l’absence du célèbre marchand de Resident Evil 4, remplacé ici par une simple caisse de ravitaillement. Adieux donc le mythique “welcome stranger”, même si l’efficacité est toujours au rendez-vous. On retrouve d’ailleurs les pièces antiques à dénicher, héritées de Resident Evil 7 et de son inoubliable famille Baker, qui permettent de développer les capacités de notre matériel.

De plus, on découvre une nouvelle mécanique, aussi gore qu’ingénieuse, avec l’introduction du collecteur de sang. En prélevant des échantillons sanguins sur les infectés ou en récupérant des poches de sang, Grace peut ainsi créer de nouveaux objets, dont des remèdes injectables et une arme biologique particulièrement puissante, capable de renverser une situation des plus critiques. Cette mécanique s’intègre parfaitement à l’univers horrifique et exploite avec brio le côté gore et macabre du jeu, tout en apportant un vent de fraîcheur, en parfaite adéquation avec le genre du survival-horror.

Enfin, les amateurs de chasse aux collectibles seront servis avec plusieurs objets à dénicher, dont les statuettes de Mr Tycoon (un clin d’œil à la série), de quoi prolonger l’exploration et satisfaire les complétionnistes.
The Walking Dead… en pire !
Bien évidemment, que serait un Resident Evil sans ses abominations ? Dans Requiem, Capcom revoit sa copie et les zombies ne se contentent pas d’être de simples sacs à viande ! Sans rien dévoiler, sachez que les créatures multiples que l’on croise, y compris les boss, bénéficient d’un soin particulier et surtout d’une volonté de renouveler la menace avec diverses variantes. Certaines sont plutôt inattendues, plus agressives ou plus résistantes, et d’autres imprévisibles, donnant lieu à des rencontres qui réservent leur lot de bonnes surprises ! On comprend vite que chaque affrontement doit être pris au sérieux, car les infectés réagissent différemment selon leurs mutations et n’hésitent pas à fondre sur nous avec une vélocité déconcertante, ne laissant aucun répit.

Par ailleurs, certains ennemis conservent encore des réflexes liés à leur ancienne profession, donnant lieu à des comportements aussi étonnants que dangereux, et parfois même un peu cocasses. Cette approche pousse le joueur à observer avec attention avant d’agir, car un geste ou une posture peuvent trahir une attaque imminente ou une faiblesse exploitable. Cela apporte du piment tout en renouvelant la tension. On ne subit plus les monstres, on les étudie pour mieux les anticiper !
Un uppercut visuel et une claque sonore !
Visuellement, là aussi, Resident Evil Requiem frappe fort ! Sur le plan technique, le jeu s’appuie une nouvelle fois sur le moteur RE Engine avec des graphismes photoréalistes saisissants. De plus, il tourne de manière fluide et stable, même lors des scènes les plus chargées, que ce soit en effets visuels ou en nombre d’ennemis à l’écran. Cependant, il arrive parfois que la caméra montre quelques faiblesses, surtout lors des combats rapprochés, des placements maladroits pouvant gêner la visibilité en pleine action. Rien de rédhibitoire, mais suffisamment présent toutefois pour être signalé.

On parcourt des environnements d’une beauté et d’une richesse folles. Chaque lieu raconte une histoire et regorge de détails macabres, chaque décor est pensé pour nous immerger davantage dans un glaçant univers horrifique. Les jeux d’ombres et de lumières, les effets de chaleur, de brume ou de particules, les reflets… rien n’est laissé au hasard.Tout concourt à instaurer une atmosphère lourde, oppressante et presque palpable. De plus, les animations sont fluides et les textures d’une finesse remarquable. Les intérieurs sont somptueux, riches et soignés jusque dans les moindres recoins, mêlant à contrario un charme lugubre à une ambiance tamisée, tandis que les extérieurs offrent des panoramas magnifiques que l’on prend plaisir à admirer. Certaines scènes, d’une beauté macabre saisissante, nous ont littéralement régalés, rappelant à quel point Capcom maîtrise l’art horrifique. Notons aussi les collaborations inattendues (que l’on apprécie ou pas, nous vous laissons seul juge) comme la Porsche de Leon ou les montres Hamilton portées par nos deux héros, donnant plus de réalisme et s’intégrant étonnamment bien, telle une montée en gamme prestige pour la saga.

L’ensemble est sublimé par un sound design d’une précision chirurgicale, qui finit de nous achever. Chaque bruit compte, un râle qui se rapproche dans l’obscurité, des hurlements qui glacent le sang, des pas lourds qui résonnent et même la pluie battante qui semble s’abattre sur nous telle une malédiction. Tout est savamment orchestré pour accentuer la tension et l’immersion du joueur. Les musiques ne sont pas en reste, elles s’accordent parfaitement aux scènes d’action comme aux moments d’intrigues, composant une délicieuse partition horrifique. Requiem se transforme en une expérience auditive et visuelle, qui nous rappelle que la peur passe autant par ce que l’on voit que par ce que l’on entend, surtout quand on joue au casque.

A noter que nous n’avons rencontré aucun bug lors de ce test, réalisé avant la mise à jour day one. Avec sa double campagne, Requiem propose une durée de vie moyenne, selon le mode de difficulté choisi, tout dépend de votre façon de jouer. En ligne droite, il est possible de boucler l’aventure en une vingtaine d’heures environ, mais les joueurs contemplatifs et aimant fouiller chaque recoin pourront facilement prolonger l’aventure au-delà.
Resident Evil Requiem sera disponible le 27 février sur Xbox Series X|S, PlayStation 5, Nintendo Switch 2 et PC.
Testé sur Xbox Series X, code fourni par l’éditeur
Coup de coeur de la rédac !
Le Bilan
On a aimé
- La direction artistique et l’univers horrifique
- La dualité du gameplay et de la narration
- La nouvelle intrigue
- Les graphismes photoréalistes
- Le sound design remarquable
- La mécanique du collecteur de sang
- Les diverses mutations
On a moins aimé
- Les quelques mauvais placements de la caméra
Conclusion du test de Resident Evil Requiem
Avec Resident Evil Requiem, Capcom effectue un retour fracassant ! On se laisse happer par une direction artistique somptueuse, un univers horrifique glaçant, qui respecte ses racines, et une dualité gameplay/narration parfaitement maîtrisée. Le scénario tient en haleine avec de nouveaux mystères, les graphismes photoréalistes sont saisissants et le sound design, d’une efficacité monstrueuse, nous plonge dans un cauchemar intense et rythmé. Quelques nouveautés intéressantes, comme le collecteur de sang et les différentes mutations, insufflent un second souffle à une saga qui refuse de s’éteindre, pour notre plus grand plaisir ! Sans être une révolution et même si tout n’est pas parfait, certains mouvements de caméra pouvant parfois être capricieux, Requiem est l’un des épisodes les plus aboutis : épique, spectaculaire, moderne, respectueux de ses racines et résolument tourné vers l’avenir. Nous vous le recommandons sans hésiter !
Rien a voir mais je viens de changer de smartphones et je ne trouve pas de quoi télécharger l’application xboxygen si vous savez m’aider merci
Bonjour, c’est normal il ‘y en n’a pas 🙂 Mais tu peux te créer un raccourci vers le site sur ton écran d’accueil 🙂
Message supprimé
Je me mets depuis à la série, je sais c’est tard pour une licence de 30 ans.
Je finis le 3 puis le 2 et au moins je sais ce qu’il s’est passé à Racoon City.
Mieux vaux tard que jamais 😉
bizarrement j’ai fait tous les résident evil canonique day one et celui ci m’emballe moins, je le ferais c’est sur, mais pas en day one, j’attendrais une promo sur le Démat
Merci pour le test, je le mets dans ma liste de souhaits, décidément Capcom est un excellent éditeur.
Message supprimé
Merci beaucoup pour le test.
Il donne envie.