Test – Ninja Gaiden 4 – Le nouveau maître du beat’em up ?

C’est peu de dire que l’année 2025 aura marqué un tournant majeur pour la licence emblématique de Koei Tecmo. En premier lieu, à cause du décès de son créateur, Tomonobu Itagaki, dont nous déplorons la disparition quelques jours avant la sortie de Ninja Gaiden 4. Mais 2025 aura aussi signé un retour fort de la saga. Ce début d’année a en effet vu débarquer Ninja Gaiden 2 Black dans une version remastérisée, directement dans le Game Pass. Le mois d’août, lui, a offert un retour aux sources avec Ninja Gaiden Ragebound et cet automne s’annonce comme l’apothéose avec Ninja Gaiden 4. On aura donc eu, presque à chaque saison, une dose de Ninja Gaiden. Cette ultime sortie est censée sonner le renouveau de la série, tout en pansant les plaies laissées par un Ninja Gaiden 3 qui avait déçu. Afin de mener à bien cette mission, il fallait une équipe de choc. Koei Tecmo a donc mandaté la team Ninja et PlatinumGames, mais est-ce que ça a suffi ?
Maître corbeau et dragon noir
Bien qu’il s’agisse d’une suite, point d’inquiétude si vous n’avez jamais entendu parler de la licence, vous ne devriez pas être perdu pour autant, le scénario et ses personnages n’étant qu’un prétexte. Néanmoins, si vous vous décidez à suivre l’histoire, sachez qu’elle use de la ficelle maintes fois éprouvée du nouveau héros.
L’introduction de ce protagoniste permet donc aux nouveaux venus de prendre le train en marche sans trop de difficulté. C’est aux commandes de Yakumo, héritier du clan du corbeau, rival du protagoniste de la série Ryu Hayabusa et de son clan, que l’on démarre cette aventure.


Tokyo est encore en pleine décrépitude et gangrenée par le mal, et ce, malgré la victoire de Ryu Hayabusa face au Dragon Noir. Comme preuve de cette corruption, il reste le squelette du monstre dont la sinistre présence plane sur la mégalopole nippone. Soucieux d’apporter la paix, quitte à se salir les mains, Yakumo est chargé d’accomplir une prophétie nébuleuse réclamant le sacrifice de l’ancienne prêtresse du Dragon Noir. Les choses ne vont bien sûr pas se passer comme prévu…
Bref, ça sent bon le nanar, attendez -vous à des situations déjà vues et revues, mais, si vous y allez en connaissance de cause, ça se passe plutôt bien.

Concernant le voyage, on visite également le pays entre un Tokyo futuriste et ravagé et des environnements plus traditionnels. Le voyage n’est pas aussi grandiose qu’espéré, nous aurions aimé plus de variétés dans les décors, mais quelques panoramas sortent tout de même du lot. Les environnements restent vides, si bien qu’au-delà de l’ambiance très cyberpunk, l’expérience globale est bien en deçà de ce qu’espéré.
Vole comme l’oiseau
N’y allons pas par quatre chemins, Ninja Gaiden est une véritable prouesse manette en main. Son gameplay se traduit par une précision d’orfèvre, une fluidité extrême et une souplesse diabolique. Quelle que soit la situation, le joueur virevolte au milieu des ennemis, tranchant les têtes et faisant pleuvoir le sang dans une danse macabre. Les combos se terminent souvent par des anéantissements, sortes d’exécutions à base de démembrements qui n’ont rien à envier à God of War ou à Mortal Kombat. Et, contrairement à ce que veut le genre, ces moments ne ralentissent que très légèrement l’action, sans jamais casser le rythme ou créer de temps mort. Cela donne un épisode à la partition très musicale dans son exécution, la succession imposée par les esquives, les anéantissements, les contre-attaques ou l’utilisation des techniques spéciales imposant un tempo millimétré. Le terme flow n’est ici absolument pas galvaudé. Si vous avez déjà essayé Vanquish, difficile de ne pas faire le parallèle.

Alors oui, l’hémoglobine coule à flots, mais ça reste classieux. Le sang a d’ailleurs un lien particulier avec notre héros, puisque celui-ci est capable, grâce à ses armes, de le manipuler via un ninjutsu basé sur une jauge de coups spéciaux. Il est ainsi possible d’y faire appel pour maximiser les dégâts, outrepasser certaines défenses ou interrompre les attaques imparables de nos adversaires. Il faut donc jongler avec cette aptitude dans tous les affrontements et surtout en face des boss, dont l’interruption des attaques imparables offre de précieuses fenêtres d’actions, nécessaires pour entamer leur barre de vie.
Quant à la maniabilité, l’approche est résolument classique. La palette de coups à disposition est basée sur des attaques légères et lourdes, le fameux lancer de shurikens ou encore les techniques utilisant le ninjutsu sanglant. Enfin, le volet défensif complète cette panoplie, avec la possibilité de bloquer, de parer ou d’esquiver. Ce dernier n’est d’ailleurs pas juste là pour faire joli, il permet aussi d’effectuer des contre-attaques dévastatrices afin de décimer les rangs ennemis. Si bien que, contrairement à ce que dit l’adage : la défense est parfois la meilleure attaque…

Qui dit beat’em up, dit combos à effectuer. Dès le départ, la liste de coups est déjà bien touffue, mais celle-ci peut être considérablement décuplée au fil de l’aventure, que ce soit avec des « ninjacoins » (ça ne s’invente pas) ou l’expérience liée au maniement des armes. On pestera sans doute, ici et là, face à notre propre manque de skill, alors qu’on ne se sera juste pas assez entraîné pour maîtriser les techniques apprises, et on pourra se sentir parfois perdu face à leur grand nombre, qui offre (presque) trop d’options pour sortir vainqueur des affrontements.
Les développeurs ont intégré un mode entraînement permettant de s’exercer face aux ennemis et de prendre en main les techniques débloquées. À chaque acquisition d’une nouvelle capacité, un court tutoriel sera proposé afin de la faire sienne. PlatinumGames l’a bien compris, la répétition c’est la base de l’apprentissage. Ce mode est d’ailleurs plutôt bien fait et il faudra y revenir régulièrement.
En effet, tout semble étrangement simple lorsqu’on n’est pas dans le feu de l’action, mais ce Ninja Gaiden affiche une difficulté qui est bel et bien au rendez-vous. Il n’est pas rare de se sortir du pétrin à un cheveu près en ayant puisé dans tout son stock d’objets pour survivre tant bien que mal face à un boss. Plusieurs modes de difficulté sont de la partie et quelques bonnes idées viennent se joindre à l’ensemble. Par exemple, en mode normal, des échecs répétés face à un boss vous gratifient d’objets de soin, facilitant ainsi la confrontation. Quant aux fans hardcores, un mode extrême est à débloquer en terminant le jeu. Enfin, signalons que la dimension scoring n’est pas oubliée, puisqu’en fin de chaque chapitre un système de rang et de classement est consultable (pour la bonne ambiance).

La marque jaune

Si le combat constitue le plat de résistance de ce Ninja Gaiden 4, les phases de plateformes et d’« exploration » ne sont pas complètement délaissées. On ne s’improvise pas ninja, aussi, Yakumo court sur les murs, bondit de plateforme en plateforme, glisse au sol ou sur d’anciens rails de métro, etc. Outre son habileté, il hérite d’un attirail pour faire face aux obstacles (grappin, planeur…), qui l’aide dans sa progression. Même si ces mécaniques semblent tout droit sorties d’un autre temps vidéoludique et sonnent résolument simplistes, l’ensemble reste plutôt plaisant et l’intégration de ces phases fonctionne sans nuire au rythme effréné du jeu.
La construction des niveaux, quant à elle, suit un schéma relativement convenu, avec une vibe, encore une fois, plutôt old-school. Pour faire simple, la progression est très linéaire, à base d’un long couloir où l’on part du point A pour arriver au point B, le tout entrecoupé d’arènes. Quelques embranchements plus ou moins dissimulés viennent ponctuer le parcours, permettant d’effectuer des missions secondaires à base de recherches d’objets ou d’affrontements optionnels, précieux pour obtenir les ninjacoins précédemment évoquées. Enfin, pour simplifier encore plus l’exploration (comme si c’était nécessaire…), le chemin principal est tout illuminé de peinture jaune, ou de néons jaunes, ou de végétation jaune… Vous voyez des marques jaunes ? Vous êtes sur le bon chemin.

Alors oui, ce level design pourrait relever de la fainéantise ou d’un manque de budget, notamment dans son aspect exploration, mais il colle aussi à son côté old-school et à la dimension scoring associée, alors bon…
Sur le plan technique, ce quatrième épisode est d’une fluidité et d’une stabilité à toute épreuve, ce qui ne sera pas de trop pour affronter les hordes d’ennemis. Le revers de cette médaille, c’est que le jeu reste globalement joli, sans pour autant nous éblouir complètement. Les effets de lumière comptent parmi les points forts du titre, parachevant une ambiance résolument cyberpunk. En revanche, les textures sont plutôt pauvres, manquent de finesse, voire apparaissent un peu baveuses. Quant aux environnements, comme évoqué précédemment, point de grandeur, ils sont souvent vides et on remarque de méchants copiés-collés dans certains morceaux de niveaux.

Enfin, comme à l’accoutumée dans le genre du beat’em up, tout n’est pas parfait au niveau de la caméra. Elle ne s’emballe pas, mais ne suit pas forcément l’action dans son déroulé. Elle offre parfois des angles de vues très (trop) limités, si bien qu’il arrive que l’on ait du mal à gérer les flots d’ennemis qui se succèdent par manque de visibilité, et ce, malgré une indication signalant la provenance des prochaines attaques. Rien de bien méchant, mais c’est à noter.
Testé sur Xbox Series X, code fourni par l’éditeur.
Le Bilan
On a aimé
- L’école du gameplay
- Le retour de Ninja Gaiden
- L’esthétique générale
- La fluidité à toute épreuve
- Xbox Play Anywhere
On a moins aimé
- La construction des niveaux en mode « couloir »
- Des textures plus que douteuses
- La caméra perfectible
- La peinture jaune pour l’exploration
- Le scénario nanardesque
Conclusion du test de Ninja Gaiden 4
Une idée de genin
Ninja Gaiden n’a pas à rougir de son héritage. Grâce à son gameplay et à sa technique, la lame de cet épisode est aussi tranchante que fine et l’école du skill se porte bien. C’est simple, ça faisait bien longtemps que nous n’avions pas pris autant de plaisir avec un titre du genre. Pour autant, l’écrin général, lui, est loin d’être le plus classieux. Dans sa structuration ou son ambition, il n’est pas aussi spectaculaire qu’escompté et ne constitue pas la claque attendue. Il reste le plaisir d’un jeu d’une grande virtuosité.
Merci pour ce test, je l’ai testé (quelques chapitres) et c’est vrai que manette en main, ça envoie, comparé au remake du 2 c’est beaucoup plus réactif et moderne. C’est même grisant, en revanche beaucoup de coups différents très rapidement et on s’y perd. C’est un genre de jeu qui demande de l’entrainement pour en profiter pleinement et qui devrait ravir les amateurs du genre (que je ne suis pas vraiment).
Franchement Moi j’ai sur kiffé et j’aime trop le jeu Il est vraiment audessus de beaucoup de jeux même la pâte artistique finalement me plaît
La direction artistique a une pâte que j’apprécie beaucoup le jeu est fluide Il est sauvage Assez long je trouve Difficile mais c’est ce que l’on aime dans les ninjas gaiden.
Après la seule chose dommage c’est qu’on ne peut pas utiliser RYU hayabusa dès le début du jeu Mais ce nouveau Ninja me plaît aussi Il est très bon Vraiment rien à dire
Excellent jeu à l’ancienne ! Époque qui a fait le jeu vidéo moderne. Marre des jeux automatisés ou tu spam une touche et tout ce fait automatiquement (sparking zero). Les critiques sont infondées car la caméra est plutôt excellente (une seul erreur de placement sur l’ensemble du jeu ou elle est passé derrière un mur en me bloquant la vue). Textures plutôt bonne mais faut lâcher sont vieux Fhd ou 2k et enfin passé au 4k, 2026 les gars bientôt… ! Le scénario est excellent et critiqué sans fondement. Le… Lire la suite »