Bobby Kotick aurait accepté le deal avec Xbox pour échapper à ses responsabilités

La ville de New York l’attaque en justice
Nouveaux rebondissements dans les affaires d’Activision Blizzard et notamment sur son PDG, Bobby Kotick. Ce dernier est sans aucun doute l’une des figures les plus médiatisées du milieu depuis des mois et nous n’avons pas fini d’entendre parler de lui, car la ville de New York le poursuit aujourd’hui en justice. Le PDG d’Activision Blizzard est accusé d’avoir accepté le rachat par Microsoft pour échapper à ses responsabilités.
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Nouvelles poursuites contre Bobby Kotick accusé d’avoir sous-évalué le groupe Activision Blizzard

Ce sont nos confrères d’Axios qui ont partagé toutes ces informations concernant une plainte déposée le 26 avril dernier par le système de retraite des employés de la ville de New York et les fonds de pension des enseignants, des policiers et des pompiers dans l’État du Delaware.
Ces derniers possèdent notamment des actions chez Activision et estiment que les agissements de Bobby Kotick ont volontairement nui à la valeur du groupe. En déposant cette plainte, les fonctionnaires de la ville de New York veulent obliger Bobby Kotick à dévoiler les comptes et les registres d’Activision Blizzard afin d’y trouver des preuves potentielles.
Le cœur de l’histoire en question concerne le fait que Bobby Kotick aurait accepté le rachat par Xbox pour « échapper à toute responsabilité et à toute obligation de rendre des comptes ». Ainsi, il aurait pu bénéficier de bonus et de primes majeurs pour avoir mené en partie les négociations de façon accélérée malgré ses responsabilités sur le plan financier, mais aussi social suite aux nombreuses accusations déclarant que Kotick était au courant des affaires de harcèlement au sein d’Activision Blizzard depuis longtemps.
On apprend également que Microsoft aurait entamé les pourparlers avec Activision Blizzard seulement trois jours après que le Wall Street Journal révèle que Bobby Kotick était au courant des allégations d’inconduite sexuelle dans son groupe depuis des années. Un porte-parole d’Activision Blizzard avait notamment déclaré que Kotick « n’aurait pas été informé de chaque rapport de mauvaise conduite dans chaque société d’Activision Blizzard, et on ne pouvait raisonnablement s’attendre à ce qu’il soit mis au courant de toutes les questions relatives au personnel ».
Voici donc ce qu’explique le rapport de l’action en justice menée par les fonctionnaires de la ville de New York :
« Étant donné la responsabilité personnelle de Kotick et sa responsabilité dans le lieu de travail brisé d’Activision, il aurait dû être clair pour le conseil d’administration qu’il était inapte à négocier une vente de la société. Mais ce n’était pas le cas. Microsoft a ouvert des discussions d’acquisition le 19 novembre 2021, mais le conseil n’a tenu une réunion pour discuter de l’approche de Microsoft que deux semaines plus tard, le 1er décembre 2021. Dans cette fenêtre, sans l’autorisation du Conseil ou une offre réelle de Microsoft, Kotick a allègrement informé Microsoft qu’il serait prêt à accepter une offre dans la fourchette de 90 à 105 dollars par action.
La rapidité avec laquelle Kotick a agi pour non seulement fixer un plafond d’offre, mais aussi pour exécuter un accord, était prévisible. Non seulement la fusion a offert à Kotick et à ses collègues administrateurs un moyen d’échapper à la responsabilité de leurs violations flagrantes du devoir fiduciaire, mais elle a également offert à Kotick la possibilité de réaliser des avantages substantiels non cessibles.
Comme détaillé dans la demande de « plainte 220 » suivante, ceux-ci comprenaient des primes importantes que Kotick pouvait recevoir pour avoir simplement veillé à ce qu’Activision se conforme à la loi. Avec la fusion annoncée, Kotick sera en mesure d’échapper entièrement à la responsabilité et à l’obligation de rendre des comptes, et continuera au contraire à servir en tant que dirigeant après la clôture de la fusion.
Pire encore, malgré sa responsabilité potentielle pour manquement à ses obligations fiduciaires, le conseil d’administration a autorisé Kotick à négocier lui-même la transaction avec Microsoft. La décision du Conseil de confier à Kotick le processus de négociation est inexcusable pour la raison supplémentaire que Kotick risque de recevoir personnellement des avantages matériels substantiels dont la valeur n’est pas directement alignée sur le prix de la Fusion. »

Cela fait plus de 7 mois que la ville de New York essaye de faire pression sur Bobby Kotick et son groupe pour prouver qu’il était au courant des affaires de harcèlement et d’agressions sexuelles depuis le début, mais cela n’a eu aucun impact significatif sur la situation. Désormais, ce sont de nouvelles pressions visant à prouver que Bobby Kotick a volontairement fait baisser la valeur d’Activision Blizzard qui risquent de ne pas arranger sa situation. À ce jour, voici les actions intentées contre Kotick :
- Un procès fédéral pour harcèlement (réglé, mais faisant l’objet d’un appel)
- Un procès pour discrimination en Californie
- Une action collective présumée
- Quatre procès d’actionnaires (consolidés à deux)
- Huit actions en justice concernant la fusion avec Microsoft (quatre abandonnées volontairement)
- Deux « plaintes 220 », dont celle de New York.
- Une enquête de la SEC et des demandes de renseignements sur les délits d’initiés de la part de la SEC et du ministère de la Justice.
Les poursuites n’en finissent plus de s’accumuler et même si le rachat par Xbox vient tout récemment d’être validé par les actionnaires, il semblerait que le parcours du combattant ne fasse que commencer pour Kotick et Activision Blizzard.