Haiyan Zhang, leader Xbox, déroule son remarquable parcours dans l’industrie

«Une somme de belles expériences» le 22 mai @ 13:002021-05-22T12:33:32+02:00" - 2 réaction(s)

Au fil des épisodes de Women of Xbox UK, nous avons eu maintes occasions d’apprendre qu’il n’existait pas de route unique vers l’industrie du jeu vidéo. Des femmes leaders de Xbox se sont succédées pour partager leurs conseils et évoquer leur parcours singulier et dans le cas où le doute subsisterait encore, la carrière riche et variée de Haiyan Zhang, Xbox Chief of Staff, suffit à appuyer le postulat. Actuellement focalisée sur la stratégie de Xbox et sur l’évolution de son écosystème en étroite collaboration avec Phil Spencer, la cheffe de service a abordé sa passion pour l’informatique, ses projets portés par l’accessibilité et l’union parfaite entre son métier de chercheuse et le milieu du gaming.

Quelques fun facts

Haiyan Zhang s’est prêtée au jeu et a déroulé son CV de joueuse avec des réponses qui dessinent les bases de sa passion pour l’informatique :

  • Le premier jeu auquel elle a joué sur son PC XT était Microsoft Olympic Decathlon dans lequel il fallait courir et sauter à la perche en appuyant sur deux touches, l’une à la suite de l’autre. Elle raconte qu’il était sur une disquette qu’elle devait insérer avant de redémarrer le PC pour pouvoir y jouer.
  • Elle couronne Warcraft III : Reign of Chaos comme son meilleur jeu, c’est aussi le premier qu’elle a fini de bout en bout. Accro au jeu lors de son passage à l’université, elle confesse y avoir accordé beaucoup de nuits blanches lors de sa dernière année, et les dégâts se sont ressentis sur ses notes.
  • Si elle devait citer un jeu qu’elle a aimé mais dont elle juge qu’il n’est pas assez connu, ça serait Carto qu’elle a découvert sur le Xbox Game Pass à Noël. Elle décrit le titre comme un jeu mignon avec une histoire géniale. Carto est un petit personnage qui doit reconstituer des cartes comme un puzzle. Elle y joue parfois avec sa fille de cinq ans et doit se battre pour garder la manette. En fin d’année, elle a également joué à Manifold Garden qui contient des “visuels techno étranges comme un headtrip”.
  • World of Warcraft est aussi le jeu qui l’a fait le plus rager. Elle se retrouvait dans des serveurs remplis de jeunes garçons russes qui essayaient peut-être de la recruter dans leur équipe mais comme elle ne comprenait rien, elle était très frustrée.
  • Plutôt indécise au départ à la question de son personnage ou vilain préféré, elle déclare néanmoins qu’elle apprécie l’humour dans les jeux et finit par citer Sam and Max, un jeu au ton très humoristique dans lequel on retrouve un lapin et un chien détectives. Elle aime aussi la mystérieuse Carmen Sandiego.

Jenn Panattoni, lors du précédent épisode, a souhaité demander à la prochaine invitée le moment où elle a su qu’elle voulait faire carrière dans le jeu vidéo. La question est difficile pour Haiyan Zhang qui avait rejoint Xbox il y a sept ans dans un de leurs studios de Londres, avant de quitter la division pour une équipe de Microsoft Research, puis finalement revenir chez Xbox il y a un an et demi. Elle trouve donc la situation assez drôle parce que même dans sa position actuelle, elle ne considère toujours pas qu’elle fait carrière dans le gaming. C’est sûrement dû au syndrome de l’imposteur puisqu’elle ne se sent pas méritante face aux “développeurs hardcore” qui ont pratiqué toute leur vie, même si elle suppose qu’elle fait effectivement carrière dans le milieu.

Elle ajoute qu’elle adore les jeux vidéo depuis sa jeunesse et que le sujet de sa thèse était consacré à la conception de manettes personnalisées, un détail qui aura son importance dans la suite de l’interview. Elle pense donc que le gaming a toujours fait partie d’elle et adore encore jouer et se servir des jeux pour habiliter les gens. Si elle n’arrive toujours pas à désigner de moment déterminant, elle confirme qu’elle s’est lancée dans l’informatique grâce aux jeux sur PC et a commencé à programmer des petites mélodies en langage BASIC. Ceci lui donne l’impression d’avoir toujours tenté de créer des expériences divertissantes. Toutefois, le point culminant demeure son arrivée chez Xbox et le début de cette incroyable aventure.

Une passion précoce pour l’informatique

Ce qui se démarque de la jeunesse de Haiyan Zhang sont les vieux jeux PC comme King’s Quest ou Police Quest dont elle se dit très fan grâce à leurs puzzles qui vous “illuminent l’esprit”. La programmation sur BASIC suit de près car petite, Zhang appréciait le fait de taper des mots-clés relativement simples pour commander des actions à l’ordinateur comme jouer des mélodies. Elle garde de très beaux souvenirs de son enfance, comme le jour où ses parents lui ont offert la Sega Master System grâce à laquelle les consoles partagent encore aujourd’hui la place avec le PC dans son salon.

Cet intérêt pour l’informatique vient des cours de programmation en Pascal à son école mais surtout du fait que son père était ingénieur électricien. Ce dernier donnait des conférences à l’université Monash de Melbourne quand Internet émergeait à peine. Les professeurs disposaient d’un réseau académique sur lequel ils correspondaient et à ce titre le père de Haiyan possédait un modem dont elle se servait pour joindre le réseau. C’était le début des jeux au tour par tour à base de simples textes du type “Je viens d’avancer mon tank”.

À l’âge de 13-14 ans, Haiyan était donc déjà connectée et passait d’un groupe à l’autre tantôt pour lire des posts sur les films dans un ensemble de groupe qu’elle décrit comme un gigantesque réseau Discord. Elle a ensuite commencé le chat en relais internet, dans lequel elle aimait correspondre par écrit avec des gens et qui lui a permis de rencontrer un tas de personnes. À seulement 17 ans, alors qu’elle vivait toujours en Australie, elle s’est décidée à partir seule à Los Angeles pour rencontrer certains de ses amis d’internet, une idée plutôt audacieuse quand elle y repense, liée au fait que les services d’immigration américain l’aient laissé passer lorsqu’elle a donné la raison de sa venue en toute sincérité.

Son amour pour les RTS

En grande fan de PC et de jeux vidéo, Haiyan Zhang a vite pris goût aux RTS, et plus spécialement ceux qui disposent d’un système de tours, comme la série Age of Empires qu’elle désigne comme le jeu phare du genre. Elle adorait Age of Empires II et consacrait encore plus de ses nuits à y jouer qu’elle n’en passait sur Warcraft parce qu’elle aimait beaucoup la possibilité de construire son empire. Le jeu serait aussi super pour découvrir quel type de personne vous êtes parce que vous pouvez être la joueuse sournoise qui se lie d’amitié avec quelqu’un avant de l’attaquer ou rester véritablement loyale. Age of Mythology avec ses unités de dieux Égyptiens aux pouvoirs mythiques a aussi sa place dans sa liste de RTS favoris, bien que l’aspect mythique le rende plus difficile

Le goût pour la construction qu’on retrouvera plus tard dans la carrière d’ingénieure de Zhang, elle le trouvait déjà dans les RTS où elle pouvait façonner son monde et son village mais aussi.. conquérir et tuer les adversaires ! La série Age a très bien exécuté cette dualité, l’idée de satisfaire les deux parties du cerveau humain. Warcraft pour sa part, a réussi à proposer ce qu’elle qualifierait d’une vue divine sur le gore, elle n’a ainsi pas besoin de s’en approcher pour le voir et peut le contempler de haut, ce qui lui convient tout autant que le niveau de gore du jeu.

Cependant, bien que ravie de jongler entre le bonheur innocent d’avoir construit un joli village et la soif de combat lorsqu’elle amasse une armée, elle concède devoir lire un peu plus pour améliorer sa stratégie qui se résume essentiellement à se lier d’amitié avec des nations, seulement pour monter une armée en coulisses et tenter d’entrer et conquérir ces mêmes nations.

Ses débuts en ingénierie logicielle

Une fois son premier cycle universitaire en informatique à Melbourne terminé, Zhang réfléchit à poursuivre sur une maîtrise ou à trouver un emploi. Elle a finalement commencé “au bas de l’échelle” par un poste d’ingénieure logiciel dans une société de stockage de données qui faisait à l’époque ce qu’on appelle maintenant du data mining. Elle commença par coder une application Windows, puis se lança dans le design d’interface utilisateur parce que la société était encore petite et nécessitait donc que ses employés se diversifient et parce qu’il n’y avait pas assez d’intérêt pour la discipline qui était confiée par défaut aux ingénieurs.

Alors qu’elle se trouvait déjà à la fin des années 1990, le design d’UI n’était pas encore une spécialisation. Haiyan endossa donc le rôle dans lequel elle agençait les éléments de l’interface utilisateur et codait. En collaboration avec d’autres ingénieurs logiciel, elle mit en place une commission qui s’occupait de savoir si l’UI était utilisable par le grand public et si elle était compréhensible. À cette occasion, elle a par exemple vu une UI où tous les boutons étaient centrés parce que le manager en charge de la disposition Java l’avait envoyée telle quelle. Elle a alors demandé à ce que la disposition soit arrangée de gauche à droite comme sur les formulaires web pour que ce soit plus lisible et utilisable.

Après avoir trouvé sa vraie passion dans le design et le développement d’interface utilisateur, Haiyan Zhang a choisi de suivre une maîtrise en innovation et design d’interaction qui concerne la manière dont on conçoit l’interface homme-machine (IHM). Très intéressée par les jouets et la manière dont ils peuvent servir à créer des expériences magiques pour les enfants en les couplant à la technologie, elle prend deux engagements auprès de la célèbre société Mattel. L’un des projets industriels impliquait la venue de Mattel dans son école pour leur demander de pitcher des idées de jouets, les porteurs de projets sélectionnés iraient ensuite à Los Angeles. Elle connecte drôlement cette aventure à un épisode des Simpsons dans lequel Homer conçoit la voiture du futur puisqu’elle avait également un projet de voiture.

Une des idées qu’elle a présentées a attiré l’œil de Mattel, mais le plus intéressant selon elle, est celle qui n’a pas été retenue. Shoe Monkey c’était : des singes sur vos chaussures, voici la super présentation de Haiyan. Sur le plan pratique, les lacets des chaussures cachaient des capteurs de couleur et proposaient différents jeux quand le porteur marchait, la chaussure indiquait par exemple de marcher sur les fissures du trottoir et pouvait aussi projeter des carrés colorés sur le sol pour vous faire jouer au Twister en pleine rue.

Sept ans plus tard, Haiyan travaillait chez Microsoft Research et co-dirigeait une équipe appelée Connected Play qui réfléchissait à se servir de la technologie connectée pour ouvrir les expériences de jeu. A cette occasion, elle a conçu un tapis déroulant flexible, sous le nom de code Zanzibar, avec l’objectif de lier les jouets physiques au monde virtuel. Le tapis détectait les jouets et le multi-touch, Asobo qui a notamment développé le très bon Flight Simulator a collaboré avec l’équipe pour faire des jeux pour le Zanzibar. L’un deux était un jeu de cartes à thème spatial avec des personnages qui apparaissent dans le monde virtuel, un peu comme Faster Than Light. Au même moment, l’équipe de Haiyan explorait d’autres idées et consultait pour Mattel.

Parmi les projets fun portés par Haiyan Zhang, certains furent menés en collaboration avec Ubisoft lorsqu’elle travaillait pour le conseil en innovations IDEO. La société spécialisée dans le ‘design thinking’ travaillait avec beaucoup d’industries différentes pour déterminer comment se servir de design pour générer de nouveaux produits, services et une nouvelle façon de réfléchir. Haiyan y a collaboré avec Ubisoft aux alentours de la sortie de la Wii, lorsque tout le monde se demandait comment faire de bons jeux pour la console. L’atelier avec Ubisoft servait à prototyper et brainstormer les gestes physiques, ils allaient également à la rencontre des familles pour discuter de leur Wii et de comment elle rassemble les membres de leur famille et leurs connexions sociales dans le salon. La sortie de l’iPhone avant la création de l’App Store a aussi créé son propre lot de défis, les développeurs attendaient son arrivée et réfléchissaient à comment créer des jeux pour l’écran multi-touch.

La recherche et ses projets passionnés

Durant ses sept années passées chez IDEO, Haiyan a pu travailler dans diverses industries, des jeux vidéo au design d’une nouvelle marque d’hôtel, en passant par des sociétés de divertissement comme HBO ou des services bancaires. Voulant se spécialiser dans le divertissement, elle saisit l’opportunité de rejoindre Xbox lorsque celle-ci se présenta : il s’agissait d’un poste dans le nouveau studio à Londres pour lancer des réflexions sur l’innovation des technologies dans les jeux. Une superbe mission puisqu’elle était payée pour réfléchir au futur du jeu.

Focalisés sur les enfants, ils ont d’abord pensé aux joueurs connectés à internet et à ce qui était le précurseur du tapis interactif. Vous ameniez les jouets et ils collectaient de l’XP, vous pouviez alors débloquer des succès avec, le projet coïncidait avec la sortie de Skylanders. La soif de savoir de Zhang la mena vite à Microsoft Research. L’organisation a été mise en place par Bill Gates qui a vu l’opportunité de créer une équipe répartie dans le monde qui se penche sur la contribution du savoir académique à l’informatique de façon plus large. Les 2000 personnes chercheuses et chercheurs présents dans plusieurs pays sont toutes concentrées sur la recherche technologique, particulièrement autour de l’intelligence artificielle et la santé publique. À ce titre, ils contribuent à la conversation générale sur des technologies qui finiront logiquement par être utilisées dans des produits Microsoft, même si ce n’est pas l’idée initiale. En effet, Zhang assure que l’intention pour les chercheurs est vraiment de suivre leur curiosité intellectuelle et pour Microsoft d’apporter son aide sur les questions tech délicates qui restent sans réponses.

Haiyan Zhang revient en détail sur le projet Zanzibar dont elle se dit “super fière” puisqu’il est parti de zéro avec comme problématique : “quelles expériences magiques peut-on créer avec des objets physiques dans l’expérience virtuelle ?” Ils essayaient de savoir s’ils pouvaient avoir une large surface sur laquelle n’importe quel objet placé serait détecté et avec lesquels ils pourraient interagir. Sur l’image apparait un petit jouet canon, lorsqu’on tire avec sur le pirate, il interagit et parle dans le jeu virtuel. Avec le jeu de cartes magiques, lorsqu’on en pose une sur la table, le visuel apparaît à l’écran. Zhang et ses collègues étaient très enthousiastes à l’idée d’inventer un élément de tech avec ce type de détection.

Beaucoup d’enfants faisaient des vidéos de stop motion sur YouTube et l’équipe de Zhang a souhaité leur faciliter la tâche : lorsque les jouets sont manipulés, le système génère les vidéos. Les tapis ont été entièrement conçus dans le laboratoire de Cambridge où ils ont acheté une presse à tee-shirt qui a finalement conduit à cette technologie avec plusieurs couches de détection. Dans un tapis, il y a en fait une maille métallique, une antenne NFC et une couche multi-touch pressées pour faire le tapis.

Au service de l’accessibilité

Les projets auxquels a participé Haiyan Zhang surprennent tous par leur haute technologie, mais l’actuelle Chief of Staff de Xbox tenait surtout à s’en servir pour rendre les STEM (Sciences, Technologie Ingénierie et Mathématiques) et le jeu vidéo plus accessibles. Elle décrit Torino comme un super projet qui a germé chez Microsoft Research à Cambridge avec une équipe dont le travail tourne autour de l’humain. Malgré la démocratisation des STEM à l’école élémentaire, ils n’étaient pas accessibles à certains enfants, dont les malvoyants. Zhang et son équipe ont donc cherché une solution de langage de programmation physique entièrement tactile qui permettait aux enfants souffrant d’un défaut de vision d’apprendre les bases du codage. Le résultat était si ergonomique qu’il est maintenant disponible à l’achat.

Lorsqu’elle est interrogée sur la connexion entre l’informatique et l’accessibilité et l’angle philanthropique de son travail, Haiyan répond qu’elle trouve une force dans le fait de travailler avec les individus et les communautés dont elle et son équipe ont besoin puisque ça leur permet de créer des solutions technologiques véritablement innovantes pour aider les gens. Le kit tactile de programmation Torino qui pouvait servir aux enfants pour apprendre la programmation, pouvait aussi servir pour le text to speech sur la Xbox. Lorsque Haiyan joue à Minecraft Dungeons, elle active les options d’accessibilité et les speech to text parce qu’elle trouve plus facile de lire le dialogue que de l’écouter et parfois l’inverse. Toutes ces options d’accessibilité ont certes été conçues pour un public spécifique mais en même temps, elle pense que tout le monde aurait bien besoin des technologies d’assistance dans certaines situations.

La carrière de Haiyan Zhang ne serait pas magique si elle n’avait pas fait un passage par la télé-réalité n’est-ce pas ? C’est sur la proposition d’un ami en 2014 qu’elle répondit spontanément “Ah la télé-réalité ! Inscrivez-moi”. Ceci dit, avant que vous ne fermiez l’article avec empressement, nous pouvons vous rassurer sur la nature de celle-ci. Dans l’émission Big Life Fix de la BBC, les adhérents participent au design et au processus d’innovation d’un objet avant d’en présenter le résultat. Pour les deux saisons du show, Haiyan faisait partie de la Fix Team qui travaillait avec des individus ou des communautés dans le besoin pour chercher une éventuelle solution technologique à leur problème.

Ils concevaient ces solutions avant de les distribuer en cadeaux aux personnes concernées. Zhang a tenu à saluer l’excellent travail du studio de la chaîne anglaise qui a trouvé des projets noueux et étonnants autour de défis que certains vivent au quotidien. Dans la plupart des cas, la technologie pouvait aider, dans d’autres il s’agissait juste de rencontrer des personnes en difficulté ; Zhang a notamment travaillé avec une famille dont l’enfant souffrait de crises sévères d’épilepsie et qui était constamment surveillé par ses parents la nuit,une expérience assez déchirante. Elle a beaucoup appris de cette dernière et peut désormais se demander : si tu n’étais pas filmée par la BBC et que tu devais aborder cette situation avec une famille en grande difficulté, pourrais-tu trouver une solution technologique pour les aider ?

La pression était énorme parce qu’il y avait un grand risque qu’elle ne puisse rien y faire et lorsqu’elle ajoutait à ça le fait d’être filmée par une si grande chaîne… Elle se dit qu’il fallait qu’elle trouve une solution, sans quoi elle serait mal vue à la télé. Heureusement pour elle, ses réussites dans l’émission furent plus remarquables qu’autre chose. L’une d’elles se nommait Project Emma d’après “une femme exceptionnelle”, diagnostiquée maladie de Parkinson précoce, qui lui provoquait des tremblements à cause desquels elle ne pouvait plus exercer son métier de graphiste. Haiyan s’est alors demandée s’il pouvait exister une technologie qui lui permette de redessiner et réécrire. Lors du processus, elle a trouvé phénoménal d’apprendre à mieux connaître Emma.

Douteuse de sa capacité à trouver une solution du fait de l’état de la recherche sur la maladie, le manque de traitements et son propre manque de connaissances en médecine, Zhang s’est plongée dans la littérature sur les tremblements et leurs différents types et origines, pathologiques comme centrales. À partir des informations rassemblées, elle et son équipe ont créé une montre qui vibre selon des motifs spécifiques qu’Emma pouvait contrôler. La vibration découverte par l’équipe aida Emma à contrôler ses tremblements, de telle sorte qu’elle puisse produire des résultats comme avant.

L’émission a été filmée en 2015 et Emma est devenue entrepreneuse depuis, sa start-up connecte les gens à travers des évènements virtuels et Zhang se dit ravie que le défi qu’Emma avait concernant le dessin ne soit plus un frein à sa carrière et qu’elle lui ait été d’une quelconque aide dans cette quête.

Que fait la Chief of Staff de Xbox ?

Nous arrivons enfin au rôle de Cheffe du personnel Xbox et si Haiyan Zhang se refuse à donner une formule type pour le rôle qui peut varier selon le secteur même au sein de Microsoft, elle se déclare fière d’habiliter les dirigeants Xbox comme l’équipe entière à faire leur meilleur travail. Elle s’efforce de penser aux process, à l’amélioration du travail des équipes et à leurs besoins. Elle s’est récemment penchée sur l’éventuel besoin d’une planification dans les départements Xbox et sur comment coordonner les 3500 personnes de la division. Dans une équipe si large, chacun se concentre sur une tâche spécifique et ne s’occupe pas d’autre chose, c’est une bonne chose étant donné que les personnes passionnées de ce qu’elles font sont la fondation même de ce qu’est Xbox.

Une partie du métier de Zhang est aussi d’essayer d’aider tous les employés à comprendre ce qu’ils font sous le nom de Xbox, soit parler de points comme le Xbox Game Pass où ils amènent de supers jeux comme MLB The Show. Elle cherche des leviers pour encourager tout le monde à travailler avec passion sur leur rôle tout en contribuant à faire briller Xbox et à apporter aux joueurs une meilleure expérience. Pour trouver une explication à sa nomination au poste de Chief of Staff, Zhang note que Phil Spencer, qui a vu des personnes de différents horizons dans cette position, apprécie avoir un regard différent. Puisque Zhang vient du secteur de l’innovation et de la recherche, Phil appréciait certainement ses compétences et souhaitait que la direction en profite.

Le parcours de Haiyan Zhang est certes fourni, mais il est encore plus fascinant lorsqu’on cherche les liens qui existent d’une discipline à l’autre. La transition entre la recherche et le gaming au sein de la firme de Redmond trouve son origine dans la branche Research de Microsoft. Haiyan explorait les façons d’infuser la nouvelle technique de recherche sur l’IA, les nouvelles techniques de développement de jeux et d’expériences de jeu. Convaincue du potentiel qui existe pour transformer les jeux vidéo de façon radicale grâce à l’IA, elle a invité Xbox à les aider à franchir le cap. Ils proposaient des ateliers de travail où se tenait un sommet ouvert au public sur le gaming et l’IA, où des questions sur les grands défis qui existent dans les jeux vidéo comme la toxicité, la modération et comment peut-on se servir de l’IA pour rendre la communication plus équitable et inclusive étaient au rendez-vous.

Il existe un grand nombre de recherches sur l’utilisation d’agents d’IA pour jouer à des jeux, par exemple une équipe IA chez Open AI qui joue à Dota 2 et qui est classé 10ème dans le monde. Il y a aussi le documentaire Netflix dans lequel une IA bat le meilleur joueur de Go au monde. Ceci ouvre la porte à des questions sur le moment où l’IA va atteindre le stade où elle se généralise, développe une pensée humaine et puisse collaborer davantage avec nous. Les chercheurs se servent aussi des jeux vidéo comme un monde sur lequel faire leurs recherches, il y a aussi ceux qui veulent faire évoluer le média et se pencher sur les deux face de la pièce.

Zhang affirme donc qu’il y a un potentiel énorme à développer et beaucoup à faire pour que ça reste amusant, ce qui ne sera pas le cas si l’IA bat constamment tout le monde. Pour vraiment délivrer une grande expérience de jeu, il faut que l’IA soit engageante et qu’elle joue d’une façon intéressante. C’est sur ce genre de sujets qu’elle aide Xbox à réfléchir.

Accueillir les minorités dans le milieu

Zhang prévoit que la technologie sera plus que d’actualité pour la prochaine décennie et qu’elle touchera toutes les professions. Nous aurons donc un autre regard sur le fait de travailler dans la technologie puisque chaque métier en aura un élément. En partant du postulat que la tech sert à résoudre des problèmes, elle ne pense pas qu’il s’agisse de savoir coder mais plutôt de résoudre un problème avec des outils qui servent au brainstorm ; à connaître les utilisateurs et à faire de la recherche les concernant. La plus grande leçon qu’elle a tirée de son premier cycle en informatique était comment résoudre un bug, ce qui ne passait pas nécessairement par le code. Il y a un grand nombre de voix dans la technologie autour de l’éthique ou la connaissance des utilisateurs, et Zhang pense qu’elle sera le tissu de notre quotidien. Nous aurons donc besoin de beaucoup de points de vue différents. Si vous voulez vous lancer en technologie, Haiyan vous conseille de penser à votre voix, ce à quoi vous voulez contribuer et de rester concentrée dessus.

Lorsque la Chief of Staff Xbox a endossé son rôle, il y avait déjà un grand momentum autour de la construction de la culture de l’équipe Xbox. Pour autant, Zhang continue à travailler avec des leaders pour améliorer l’expérience d’emploi chez dans la branche gaming de Microsoft : comment s’intègrent les stagiaires lorsqu’ils rejoignent l’équipe ; comment ils correspondent avec les leaders ou comment mieux leur expliquer ce que Xbox essaie de faire. Toutes ces réponses doivent être apportées pour que les programmes et les expériences soient conçus en partant de zéro et adaptés à leur environnement de travail. Au même moment, l’équipe a des dialogues sur des sujets tels que l’organisation Gaming for Everyone qui fait un travail de proximité avec les communautés, comme celle des femmes dans le gaming.

De plus, ces initiatives se reflètent en interne où Xbox a des communautés qui discutent de défis qui leur sont spécifiques. À titre d’exemple, au vu de la montée de violence contre les communautés asiatiques américaines, Microsoft a ouvert le dialogue. Phil Spencer et l’équipe de Direction sont toujours volontaires pour prêter une oreille aux individus et aux communautés sur les challenges auxquels ils font face et ce quel qu’ils soient, puisqu’ils tiennent à entretenir une culture d’ouverture.

Très fière de pouvoir faire les premiers pas d’une certaine manière pour une femme qui pourrait vouloir intégrer l’industrie, Haiyan Zhang pense qu’il y a plein de moyens de supporter les autres femmes, qu’elles entament leur carrière ou qu’il s’agisse de leaders féminins. Elle-même a admiré tellement d’autres femmes l’ayant précédé, comme Shannon Loftis, qui dirige World’s Edge et qu’elle considère comme l’une de ses héroïnes, puisqu’elle fait partie des leaders très ouverts à la conversation et qui tendent la main. Comme nombre de ses co-leaders féminins, Zhang trouve le mentorat très important dans l’industrie, elle en a un chez Microsoft et un autre dans l’industrie de la tech qui encouragent les discussions et entretiennent différents points de vue.

Haiyan se rappelle avoir été la seule femme dans la pièce lorsqu’elle faisait de l’informatique, pour autant elle soutient que vous ne devez pas vous infliger de barrière en voyant la discipline comme un métier sur les technologies de pointe. En somme, il faut entretenir les différents points de vue, qu’ils concernent une communauté ou l’inclusion, et leur donner une place, c’est primordial.

Xbox Game Studios

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2 reactions

BoboBonobo

17 mai 2021 @ 12:35

Bel article :-O De même que la vidéo, qui n’a que 632 vues ?? Assez triste de voir que peu de monde est intéressé par ce genre de contenu

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Mugenbebop

17 mai 2021 @ 17:20

Super article, merci pour la transcription de cette longue vidéo.