« 1 ingénieur, 1 mois, 1 million de lignes » : Microsoft explore la réécriture de Windows en Rust

Depuis plusieurs années, Microsoft affiche un intérêt croissant pour Rust, un langage réputé pour sa sécurité mémoire et sa modernité. L’entreprise envisagerait d’aller beaucoup plus loin en se donnant pour objectif d’éliminer progressivement le C et le C++ de ses plus vastes bases de code, y compris celles liées à Windows.
Microsoft chercherait à en finir avec le C et le C++
Galen Hunt, ingénieur distingué chez Microsoft, a partagé sur LinkedIn une offre d’emploi visant à éliminer chaque ligne de code en C et en C++ de Microsoft d’ici 2030.
Cette ambition s’appuie sur une vision très volontariste de l’ingénierie logicielle, dans laquelle l’intelligence artificielle jouerait un rôle central. L’idée serait de combiner des algorithmes avancés et des agents IA capables de modifier du code à très grande échelle, avec une promesse presque provocatrice résumée par une formule : « 1 ingénieur, 1 mois, 1 million de lignes de code ».
Dans ce contexte, Microsoft recrute notamment un Principal Software Engineer de niveau IC5, chargé de faire évoluer une infrastructure interne conçue pour traduire d’immenses systèmes écrits en C et en C++ vers Rust. L’objectif affiché serait d’atteindre une transformation massive d’ici 2030, en s’appuyant sur des outils internes déjà utilisés sur des projets de compréhension et de refactorisation de code à grande échelle.
Galen Hunt / Ingénieur distingué chez Microsoft
L’IA et Rust au cœur d’une stratégie ambitieuse
Microsoft met en avant les garanties de sécurité offertes par Rust, déjà défendues publiquement dès 2019. L’entreprise souligne que le langage est sûr par défaut sur le plan de la mémoire, sauf en cas d’utilisation explicite de zones dites unsafe. Cette approche s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer la fiabilité de Windows et de ses composants critiques.

L’entreprise a d’ailleurs préparé le terrain en rendant ses API Windows accessibles aux développeurs Rust, via des projets open source comme windows-rs ou encore des initiatives autour du développement de pilotes. Ces travaux montrent que Rust ne se limite pas aux applications et qu’il est envisagé jusque dans les couches les plus proches du système.
Reste que cette dépendance accrue à l’IA soulève des interrogations. Si la traduction syntaxique peut être automatisée, la compréhension fine de l’intention du code demeure un défi. Certains observateurs établissent un parallèle avec des mises à jour de Windows ayant déjà provoqué des dysfonctionnements majeurs. Pour eux, la complexité du système peut échapper à des approches trop automatisées.
Une mise à jour pour calmer les interprétations
Face à l’ampleur des réactions suscitées sur LinkedIn, Galen Hunt a tenu à clarifier ses propos. Il affirme que Windows n’est pas en train d’être réécrit intégralement en Rust par l’IA et que son message initial a été largement surinterprété.
Il précise que son équipe mène avant tout un projet de recherche. L’objectif est de rendre possibles des migrations de langage à grande échelle, sans que cela ne constitue une feuille de route officielle pour Windows 11. Rust n’est pas présenté comme une fin en soi, mais comme l’un des langages cibles envisageables dans ce type de travaux.