« Le contenu est dévalorisé » : quand le Game Pass inquiète un développeur à succès

Le studio Raccoon Logic, à l’origine du FPS humoristique Journey to the Savage Planet, a récemment lancé la suite, intitulée Revenge of the Savage Planet, sur Xbox Series X|S, PS5 et PC. Le jeu est également disponible dans le catalogue Xbox Game Pass, où il a déjà attiré plus d’un million de joueurs. Mais malgré ce bon démarrage, le modèle économique de cette sortie suscite des interrogations, notamment du côté du directeur créatif du studio.
Un lancement réussi grâce au Xbox Game Pass…

Sorti début mai, Revenge of the Savage Planet reprend les bases du premier épisode, avec un gameplay centré sur l’exploration en vue à la troisième personne, une ambiance rétrofuturiste délirante et une touche humoristique bien marquée. Le jeu s’est rapidement hissé dans les titres populaires du Game Pass et a été plutôt bien accueilli par les joueurs puisque le studio a rapidement annoncé avoir atteint le million de joueurs.
Alex Hutchinson, cofondateur du studio, a confirmé que la majeure partie de la popularité du jeu à son lancement était dûe à sa disponibilité dans le Xbox Game Pass Ultimate et PC Game Pass.
Nous avons constaté une croissance rapide dans les listes de souhaits et beaucoup de gens y jouent sur le Game Pass, où se trouve la majeure partie du trafic, mais les ventes ont été bonnes. Si le jeu ressemble au premier, les ventes seront régulières. Nous pensons que parce que nous nous sommes concentrés sur l’amusement et un ton fort, il vieillira bien, ou du moins mieux que si nous nous étions concentrés sur une fonctionnalité technologique de pointe.
…mais une dévalorisation des jeux

Malgré cette exposition positive, Hutchinson soulève cependant un point de tension : la difficulté à générer des ventes additionnelles, notamment pour les DLC. Il explique que de nombreux joueurs ayant obtenu le jeu via leur abonnement Game Pass n’ont pas été incités à acheter le contenu supplémentaire, et que la balance est difficile à trouver entre exposition et revenus à générer.
Personnellement, je pense que l’ensemble de l’industrie devrait se mettre d’accord pour n’autoriser les jeux sur les services d’abonnement qu’un an après leur sortie. Nous devons imiter l’ancien modèle cinématographique qui consistait à sortir le film en salle, puis en DVD, puis à le diffuser à la télévision ou en streaming. La structure actuelle s’avérera bientôt très préjudiciable à tous ceux qui ne sont pas détenus par un éditeur si elle se poursuit.
On espérait que cette exposition amènerait les gens qui avaient reçu le jeu dans le cadre de leur abonnement à au moins acheter le petit pack complémentaire ou à encourager un ami à l’acheter sur une autre plateforme pour qu’ils puissent y jouer ensemble, mais ce n’est pas ce que nous avons vu, ou du moins pas encore.
Ce que nous avons vu, c’est que le contenu a été dévalorisé et que les gens sont moins disposés à payer pour les choses, ce qui, à long terme, signifiera probablement que moins de jeux seront créés et que beaucoup plus de studios feront faillite.
Ce n’est pas la première fois que Alex Hutchinson, cofondateur de Raccoon Logic, émet des réserves quant au système d’abonnement pour le jeu vidéo. Fin mai, il évoquait déjà l’effet désastreux de ce genre d’abonnement sur l’industrie musicale. Il craignait que ce genre de distribution finisse par être synonyme de moins de revenus pour les créateurs s’il devenait la norme. Il partageait sa vision : « l’abonnement peut avoir sa place dans l’écosystème, mais qu’il est très dangereux s’il devient la seule option ».
Il prévise tout de même que Microsoft a été un excellent partenaire et que ça a été un plaisir de travailler avec eux, mais semble dire entre les lignes que les montants reçus pour la sortie d’un jeu dans un abonnement comme le Game Pass sont loins d’être ceux des débuts. « Il y a quelques années, le chèque pour les services d’abonnement était suffisamment important pour faire une grande différence, mais aujourd’hui, à moins que votre jeu soit minuscule ou que vous soyez une marque énorme et rare, ce n’est pas grand-chose. »
Revenge of the Savage Planet est à découvrir dès maintenant sur Xbox Series X|S, PS5 et PC. Il a intégré dès son lancement le Xbox Game Pass Ultimate et le PC Game Pass. Le studio a récemment dévoilé une énorme roadmap de contenu pour soutenir son jeu jusqu’à la fin d’année 2025 au moins.