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Test – Tainted Grail: The Fall of Avalon – Un RPG indé aux grandes ambitions

Test – Tainted Grail: The Fall of Avalon – Un RPG indé aux grandes ambitions
Le 23 mai 2025
Le 23 mai 2025

Quand Skyrim rencontre la légende du roi Arthur

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Tainted Grail: The Fall of Avalon est un jeu de rôle en monde ouvert, qui s’inscrit clairement dans l’héritage de titres emblématiques, tels que Skyrim ou Oblivion. Développé par le studio indépendant Questline, ce RPG s’inspire de manière évidente de la franchise The Elder Scrolls, tant sur le plan de la mécanique que de l’esthétique (et des bugs). Lancé d’abord en accès anticipé, il propose désormais une version 1.0 enrichie de trois actes et d’un épilogue, triplant ainsi son contenu initial.

Le mythe arthurien

À l’instar du jeu de société dont il s’inspire, Tainted Grail: The Fall of Avalon reprend les grandes lignes d’un univers sombre et désenchanté, où le mythe arthurien est déconstruit au profit d’une ambiance tragique et surnaturelle. On retrouve ces mêmes sensations d’isolement, de survie et de choix moral pesant, qui faisaient déjà la force de la version plateau. Le jeu vidéo parvient ainsi à prolonger et à enrichir l’expérience narrative, en offrant une immersion directe dans cet Avalon ravagé.

Tainted Grail: The Fall of Avalon se dévoile comme une expérience à la fois familière et singulière. Dès l’introduction, le titre ne cache pas ses ambitions et ses multiples clins d’œil, car on se réveille en cellule, ce qui évoque évidemment les débuts classiques des titres de la saga Elder Scrolls. Pourtant, cette impression initiale cède progressivement la place à une construction plus nuancée, dotée de mécaniques étoffées et d’un univers narratif distinct.

Le jeu s’inscrit dans le courant, maintenant répandu, du jeu de rôle en monde ouvert, mais ose remodeler des figures mythiques connues pour les placer dans un univers sombre, original et oppressant. Il propose une relecture radicale du cycle arthurien, en l’inscrivant dans un univers de dark fantasy marquée par le déclin, la corruption et la désacralisation. Loin des exploits chevaleresques classiques, l’Avalon dépeint ici est un territoire morcelé ravagé par un mal ancien (appelé le Wyrd), dominé par des factions déchues et des cultes sanguinaires et parsemé de ruines hantées par des souvenirs de gloire perdue.

Le Wyrd, sorte de brume surnaturelle et corrompue, constitue l’un des piliers atmosphériques du jeu. Manifestation physique du mal qui gangrène Avalon, il distord l’espace, altère la perception et engendre des créatures cauchemardesques. Ce phénomène est intimement lié à un cycle jour/nuit, qui influence directement la visibilité, les rencontres et la dangerosité des zones explorées. La nuit, notamment, décuple les menaces et limite la visibilité : ennemis plus puissants, hallucinations et altérations brutales du décor rendent chaque déplacement périlleux, obligeant le joueur à anticiper ses itinéraires et à bien gérer ses potions. Il est possible d’allumer un feu de camp pour éviter de s’y aventurer après le crépuscule, mais cela implique de renoncer à des récompenses de meilleure qualité. En effet, affronter les créatures du Wyrd peut offrir de meilleurs loots, mais il faut bien peser le pour et le contre entre prudence et prise de risque.

On incarne un prisonnier étrangement épargné par le chaos ambiant et rapidement impliqué dans des enjeux mystiques et politiques qui le dépassent. Comme évoqué en introduction, le scénario se structure en trois actes et un épilogue, chacun explorant une facette différente d’Avalon : ses luttes de pouvoir internes, ses secrets enfouis et ses zones de fracture mystique. À travers ses chapitres, le jeu explore des thèmes comme l’hérédité du mal, la perte de repères ou encore la folie induite par le surnaturel.

Les quêtes principales sont relativement solides, avec une narration volontairement fragmentaire mais immersive. Certaines missions secondaires se distinguent par leur qualité d’écriture, introduisant des personnages ambigus et des factions aux objectifs contradictoires, tout en proposant des choix moraux parfois poignants. Le jeu excelle lorsqu’il confronte le joueur à des décisions dont les conséquences ne sont pas immédiatement visibles, mais qui résonneront sur le long terme dans les interactions avec le monde.

L’esthétique visuelle, bien que techniquement modeste (textures rudimentaires, animations rigides, faible distance d’affichage), parvient à installer une véritable ambiance. Les zones, souvent baignées d’une lumière froide ou verdâtre, sont ponctuées de ruines suintantes, d’autels maudits et de lieux déformés par la magie. Certains designs de monstres et de boss sont particulièrement réussis, tant ils parviennent à incarner le grotesque, le dérèglement et la corruption. Le tout dessine un univers cohérent, sombre et singulier.

La narration souffre cependant de quelques limites : dialogues parfois maladroits, mise en scène sobre, expressions faciales figées. Mais, pour un jeu indépendant de cette envergure, ces faiblesses sont compensées par la densité de l’univers et la liberté laissée au joueur de découvrir les fragments de l’histoire à son rythme, à la manière des jeux Bethesda.

La beauté d’un jeu n’est pas que visuelle

L’exploration d’Avalon constitue l’autre pilier du jeu. Le joueur est rapidement lâché dans un environnement semi-structuré, où les régions se succèdent de manière fluide, sans transition forcée. Le level design favorise la curiosité : chemins de traverse, zones optionnelles, donjons corrompus, sanctuaires délaissés et boss secondaires participent à l’immersion. Des rencontres aléatoires et des dialogues adaptés à la progression viennent rythmer le parcours.

La carte, dense et organique, comporte plusieurs biomes distincts : forêts embrumées, falaises balayées par le vent, villages infestés de goules ou encore tours en ruine envahies par le Wyrd. Chaque zone est marquée par une ambiance unique et une narration environnementale efficace.

Le système de combat en temps réel (en première ou troisième personne) rappelle clairement, lui aussi, les premiers Elder Scrolls, mais s’enrichit de mécaniques modernes. Le joueur peut manier différents types d’armes (lames, masses, arcs, bâtons) et accéder à un vaste panel de sorts, de rituels et de compétences passives. Le gameplay repose sur la gestion de l’endurance, l’utilisation intelligente des esquives et des parades et le positionnement tactique.

La difficulté est bien dosée, avec des ennemis souvent coriaces et des boss qui exigent une bonne maîtrise du build choisi. Ces derniers possèdent chacun un style de combat propre et sont souvent introduits à l’aide d’une mise en scène réussie et cohérente vis-à-vis des évènements..

L’aspect RPG est solide, mais classique : systèmes d’attributs à monter, arbres de talents ramifiés, classes hybrides, effets dévastateurs combinables et nombreux objets magiques à looter ou crafter. Le jeu encourage la spécialisation autant que l’expérimentation. Il est tout aussi possible de créer un nécromancien qui maudit ses ennemis à distance, qu’un berserker axé sur le drain de vie ou qu’un archer empoisonneur à la mobilité élevée. Plus de cinquante sorts sont disponibles et plusieurs centaines d’objets viennent enrichir les possibilités tactiques.

Cependant, cette richesse mécanique est régulièrement contrariée par des problèmes techniques persistants. Des sauvegardes corrompues peuvent entraîner une perte de progression importante (heureusement qu’il y a des sauvegardes automatiques) et plusieurs quêtes peuvent être buguées, forçant le joueur à relancer une ancienne sauvegarde. De trop nombreux crashs surviennent, parfois à répétition, et certains scripts narratifs refusent de se déclencher, interrompant alors brutalement une séquence scénarisée. De plus, l’intelligence artificielle montre parfois ses limites, avec des ennemis bloqués dans le décor ou incapables de réagir correctement aux attaques. Mais le suivi des développeurs est actif. Le patch day one ne permet pas de corriger les principaux problèmes rencontrés, mais permet une meilleure stabilité du nombre d’images par seconde.

Pour ceux qui le souhaitent, une édition collector est disponible. Elle comprend une statue d’Arthur, un artbook, un poster en métal, un steelbook, un notebook, un magnet, une pièce en métal, un tapis de souris et le code pour télécharger le jeu en version numérique. Nous en avons reçu un exemplaire et le moins que l’on puisse dire est que la statue d’Arthur est très bien faite et que le tapis de souris est très confortable à l’usage. Bien évidemment, il faut y mettre le prix (219 €), mais, si elle vous intéresse, sachez que les produits sont de qualité.

Testé sur Xbox Series X, code fourni par le studio

Le Bilan

On a aimé 

  • L’histoire d’Arthur revisitée
  • L’exploration intéressante
  • Le système de combat
  • L’ambiance générale
  • Trop de problème techniques
  • L’I.A. parfois défaillante
  • La qualité graphique inégale
  • La mise en scène malgré tout limitée

Conclusion du test de Tainted Grail : The Fall of Avalon

Un RPG qui aurait pu être fait par Bethesda
Tainted Grail: The Fall of Avalon n’est pas un jeu pour tous les publics. Il exige une certaine tolérance aux maladresses techniques, un goût pour l’exploration libre et une attirance pour les atmosphères lourdes et mystiques. Le jeu ne révolutionne pas les codes du genre, mais il maîtrise solidement les mécaniques qu’il choisit d’exploiter. Et, pour ceux qui sauront y plonger, il offre une expérience gratifiante, riche de sens et d’ambiance qui se dévoile et gagne en profondeur tout au long de l’aventure. C’est une œuvre marquée par la passion de ses créateurs, qui, malgré leurs moyens limités, ont su proposer un monde ouvert singulier, un gameplay exigeant et une mythologie alternative intéressante. A défaut de briller par sa finition, cette aventure mérite qu’on s’y attarde, car elle captive par son univers et son gameplay.

Protoxe
Testeur vétéran depuis plus de 10 ans chez Xboxygen. Toujours le même objectif, partager au mieux mon ressenti et faire découvrir de nouveaux jeux.
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Tainted Grail : The Fall of Avalon

Développeur : Questline
Éditeur : Awaken Realms
Date de sortie : 23/05/2025

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