Test – Onimusha 2 : Samurai’s destiny- La voie du remaster

Un mot que tu prononces mal. Ce n’est pas Au Minou chat, mais O-Ni-mu-sha
En attendant le retour d’Onimusha dans une version next-gen avec l’opus intitulé Way of the Sword prévu quelque part en 2026, c’est un ancien épisode qui revient sur le devant de la scène.
Onimusha 2 célèbre ses vingt-trois ans et, comme tant d’autres ayant passé avant lui le cap de la vingtaine, il est visiblement temps qu’il ait le droit, lui aussi, à son remaster. Le titre, qui a fait les beaux jours de la PlayStation 2, arrive ainsi dans toutes les bonnes crèmeries, y compris, bien entendu, sur les consoles de Microsoft.

Une belle tranche de vie
Quand je fais appel à ma mémoire et que je reviens sur mes souvenirs d’Onimusha, tout un imaginaire refait surface, à base de transformations en démons, de katanas, de vues isométriques à la manière des Resident Evil et il y a aussi… Jean Reno (cocorico !), même si ce n’est pas l’épisode dans lequel il apparaît. Onimusha, c’est un peu le cousin éloigné au sein de la famille Capcom, entre Resident Evil et peut-être Devil May Cry. Et le voilà de retour.
Inutile de dire que ce deuxième épisode améliorait tous les aspects du premier opus, qu’il n’était pas nécessaire d’avoir fait pour en comprendre les enjeux (ce qui est évidemment toujours le cas avec ce remaster). L’histoire prend place dans un Japon fantasmé sous l’ère Sengoku, alors que l’infâme Oda Nobunaga est de retour d’entre les morts, étant devenu au passage le roi des démons. Il s’apprête ainsi à déferler avec ses armées infernales sur le Japon et au-delà (du moins peut-on le supposer…). Mais, nous ne vous ferons pas l’affront de vous (re)présenter ce seigneur de guerre.
Les démons ont massacré les habitants du village et, par la même occasion, tout le clan du héros Jûbei Yagyû, poussant ce dernier à se lancer dans une quête de vengeance et à vouloir sauver le monde… jusqu’à la prochaine fois. La tradition de la série étant de faire appel à des visages connus pour son rôle principal (excepté dans Onimusha : Dawn of Dreams), c’est sous les traits de l’acteur Yûsaku Matsuda que l’on incarne le héros Si ce nom ne vous dit rien, sachez qu’il s’agit d’un comédien emblématique de l’archipel nippon dans les années 1970/1980, qui aura pu se vanter d’avoir inspiré bien des figures de la pop culture, comme Spike Spiegel de Cowboy Bebop ou l’amiral Aokiji de One Piece.
On retrouve, dans Onimusha 2, une certaine idée du Japon, où sont, bien entendu, présents les poncifs habituels avec les innombrables forêts de bambous, les châteaux médiévaux et les cavernes glauques. Mais, c’est bien fait et c’est finalement ce que l’on attend du voyage. À l’époque, Capcom a misé sur une vue isométrique dans une 3D précalculée, les personnages évoluant dans des environnements fixes. Le choix de cette mise en scène, quels que soient les panoramas du jeu, a eu le mérite d’offrir des visuels sublimes dans les années 2000. C’était beau et ça l’est resté. Le lifting est ici de qualité, les décors ont bénéficié d’un traitement propre, tandis que les personnages se voient magnifiés par cette pommade antirides.

La caméra fixe
Représentant de l’action-aventure, Onimusha 2 oriente principalement son propos autour de l’action, avec des clés à trouver et des petites énigmes à résoudre, mais le cœur de son gameplay est à aller chercher du côté de la castagne. Pour trancher les légions de Nobunaga, Jubei dégote au fil de l’aventure toute une panoplie d’armes aux pouvoirs spécifiques avec chacune un feeling propre, que ce soit par leur allonge, leur vitesse ou leur puissance. Elles ont un panel de coups dédiés et l’on peut même recourir à une magie élémentaire. Outre le recours à leur capacité, Jubei peut charger ses attaques et, en plus, exécuter des techniques qui sont à récupérer tout au long de ses pérégrinations. Enfin, action ô combien gratifiante et grisante, il est possible d’effectuer des contre-attaques éclairs, qui nettoient en un instant l’écran de tout ennemi, pour peu que l’on attende le bon moment, c’est-à-dire juste avant de se faire toucher par l’ennemi.
En récompense de chaque mort, le joueur se voit octroyer des âmes, qui prennent ici la forme d’orbes volants de couleurs différentes pouvant être aspirés par notre héros. Cet arc-en-ciel de petites boules permet, tour à tour, de restaurer sa vie et sa magie ainsi que de renforcer ses armes et son armure. Twist de cet épisode, nous aurons même la possibilité de nous transformer en démon en absorbant des orbes spéciaux, devenant alors temporairement invulnérables tout en maximisant les dégâts que nous infligeons. Cette formule est classique, puisque bien des titres sont sortis depuis, mais elle est bien exécutée.

Ce qui surprend en premier lieu lorsqu’on plonge à nouveau dans cette aventure, c’est bien le choix de cette vue isométrique, notamment pour les affrontements. En effet, il n’est pas rare de ne pas apercevoir les ennemis que l’on combat et qui se trouvent, souvent, en dehors de notre champ de vision (le pire étant ces satanés archers) ou encore d’être parachuté dans un autre “tableau” au sein du même segment. De même, on pourra regretter que les adversaires surgissent inlassablement avant que leur flot ne se tarisse, ce qui ressemble parfois à une volonté de rallonger artificiellement la durée de vie. Ces petits “détails” trahissent le poids des années du titre.
L’avertissement affiché au lancement du jeu (“Le contenu présenté dans ce jeu n’a subi que des modifications minimales afin de préserver l’authenticité de la version originale”) n’était donc pas anodin. Malgré cela, de la “quality of life” a été introduite. Les contrôles ont été repensés, permettant entre autres d’utiliser les joysticks pour se déplacer (ce qui n’était pas le cas sur PlayStation 2, au mépris pourtant de leur présence sur la manette, cherchez l’erreur…), de changer d’armes à la volée sans repasser par les menus ou encore de se transformer en démon à l’envie et non selon un déclenchement automatique dès que notre jauge est pleine.
Go, go, Power Rangers !
En revanche, le scénario est le point qui fâche. Sans en trahir les secrets, disons qu’Onimusha mélange ésotérisme et folklore nippon à une bonne dose de technologie. Si ce mariage aurait pu être heureux et si son introduction laissait présager les meilleurs auspices avec son histoire de vengeance, on se rend très vite compte que le tout se montre caricatural et rapiécé. Les transitions entre les chapitres sont brutales, voire inexistantes, nous faisant passer d’un décor A à un décor B sans s’embarrasser de fioritures. Les décisions des personnages et de nos ennemis sont, dirons-nous, étranges, voire absurdes, et la montée en tension jusqu’à la confrontation finale est anecdotique. Bref, on n’est pas là pour ça. C’est un peu le cas d’école de la mauvaise histoire, digne d’un épisode des Power Rangers, les costumes flashy en moins.

La référence aux Power Rangers n’est d’ailleurs pas que cosmétique, notre héros a le bon goût de s’entourer de compagnons, histoire d’avoir sa petite équipe pour libérer le pays du Soleil Levant. Comble de la synergie, Onimusha 2 introduit un système d’affinités. Ainsi, il est possible d’offrir des cadeaux aux uns et aux autres en fonction de leurs passions respectives. Allez-vous offrir des livres d’histoires à Ekei qui a un penchant pour la bouteille ?
Plus que la joie d’offrir, c’est l’occasion de glaner quelques objets, de bénéficier d’une aide lors de combats de boss (secours bienvenu tant ils ont une jauge de vie importante) et même d’incarner nos comparses le temps d’un instant. Pour éviter tout impair, nous ne pouvons que trop vous conseiller de consulter un wiki pour avoir une lecture claire de la progression des relations et ne pas louper un embranchement scénaristique qui apporte de la rejouabilité à un titre relativement court.

Nous avons déjà évoqué une partie de la “quality of life” d’un point de vue gameplay, mais ce ne sont pas les seuls ajouts. Ce remaster introduit un système de sauvegarde automatique et de nouveaux modes de difficulté. Au niveau du contenu supplémentaire,figure la traditionnelle galerie comprenant plus d’une centaine d’illustrations de décors et personnages, que l’on pourra admirer à l’envi et qui dévoilent la conception du jeu. De même, il sera possible d’écouter et de réécouter à loisir la quarantaine de morceaux de l’OST. Enfin, trois mini jeux sont de la partie : L’homme en noir, l’équipe Oni et le royaume fantôme des énigmes.

Testé sur Xbox Series X, code fourni par l’éditeur
Le Bilan
On a aimé
- La plastique toujours aussi plaisante à l’oeil
- La “quality of life” implémentée ainsi que les bonus
- Les contre-attaques éclairs
- Le doublage en japonais
On a moins aimé
- Le scénario digne des meilleurs nanars
- Certains angles de caméra vraiment trop alambiqués
- La lecture pas forcément claire du système d’affinité
Conclusion du test de Onimusha 2: Samurai’s Destiny Remaster
Un épisode qui a (un peu) vieilli
Onimusha 2 reste une expérience de son époque. Visuellement, à la manière de son héros, l’œuvre n’a pas pris une ride, les mécaniques de gameplay nous font éprouver un certain plaisir, malgré des angles de caméra qui en feront rager plus d’un. On ne peut nier que Capcom a fait le job pour rendre le tout plus digeste. C’est bien à cause de sa piètre écriture que l’œuvre déçoit, avec sa galerie de méchants bien ridicules, à prendre au trente sixième degré.