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Test – BLEACH Rebirth of Souls – La Resurrección tant attendue ?

Test – BLEACH Rebirth of Souls – La Resurrección tant attendue ?
Le 5 avril 2025
Le 5 avril 2025

BAN-DAI !

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Faut-il vraiment encore présenter Bleach ? Membre du trio de mangas qui a marqué l’âge d’or du shōnen, celui-ci revient sur le devant de la scène grâce à son adaptation en animé Bleach : Thousand-Year Blood War, dont on attend toujours la quatrième partie depuis maintenant plusieurs semaines. En comparaison avec sa dernière apparition dans un jeu en bonne et due forme (autrement dit, pas un titre gacha), c’est bien peu. En effet, il aura fallu patienter 14 années pour savourer le retour du Shinigami remplaçant.

Mais, est-ce vraiment une bonne nouvelle ? Jeux à licence rimant avec méfiance (à juste titre), il y a de quoi s’interroger sur ce retour qui emprunte la recette vue maintes et maintes fois de l’arena fighter. Bleach Rebirth of Souls (ROS) entend bien se distinguer avec son système de combats, tout en restant classique avec des affrontements en 1vs1 dans des environnements en 3D. Cette énième resucée d’une formule usée jusqu’à la moelle fonctionne-t-elle ?

Unmasked

Dès son lancement, le jeu s’ouvre (pour peu que l’on patiente) sur son propre opening “Die for Love” à la bande-son rock et aux couleurs très marquées. Souvenirs, souvenirs d’openings déroulant le traditionnel cérémonial de présentation des personnages, tout en jouant des sonorités familières. C’est bien fait et ça fonctionne, même si cela est en deçà de l’animé. Toutefois, c’est forcément avec un a priori positif que l’on aborde la suite de notre découverte. Bien que l’interface demeure sobre et même un peu austère, voire vide par moments, l’identité de l’œuvre de Tite Kubo est respectée, l’œil se perd dans les teintes pop retenues et s’attarde sur la typo distinctive si particulière du manga. Oui, ce n’est pas le plus beau menu ni le plus bel écrin, mais ça reste fonctionnel.

Un petit extrait de l’opening

Concernant la modélisation des personnages, c’est encore une fois la technologie du cell-shading qui est utilisée pour leur plastique, l’esthétique de Rebirth of Souls semblant à mi-chemin entre celles des animés et du manga. Moins ronde que la première adaptation, moins stylisée et fine que la seconde, le chara design est fidèle, même si les personnages ont un côté plus raide et plus rectiligne. Pour autant, sur cet aspect, cela reste à peu près joli. En combat, les effets de lumière sont plutôt efficaces, même si la lisibilité de l’action s’en trouve parfois impactée.

Malgré cette sensation de flou, l’ensemble demeure joli

Quant aux décors, bien que nombreux et possédant la traditionnelle variante jour/nuit, ils sont inégaux dans leur modélisation, tantôt “riches” (et c’est un bien grand mot) avec la ville de Karakura, tantôt beaucoup plus pauvres dans certains environnements, comme el Hueco Mundo ou le Seireitei en tête. Nous sommes, là aussi, réservés concernant les arrière-plans qui habillent l’action sans pour autant fournir une quelconque interactivité. Pas de traversées de murs ni de destructions factices au programme, les arènes sont même bordées par des murs invisibles qui sont, pour le coup, bien visibles pour peu qu’on se rapproche d’eux, ce qui gêne l’immersion.

Moi qui voulais m’enfuir, me voilà bloqué

Enfin, dans son allure, générale, on ressent l’ADN cross-gen de Bleach Rebirth of Souls, qui est bien moins plaisant à l’œil qu’espéré. Si, de base, le jeu bénéficie d’une mise en scène moins spectaculaire ou éclatante que d’autres adaptations de mangas, ce constat est aggravé par un léger flou global, tant sur les environnements que sur les personnages. On aurait aimé avoir mieux.

En effet, Rebirth of Souls est aussi disponible sur PS4, en plus de la PS5, des Xbox Series et du PC. Par contre, et ce n’est pas un oubli, il ne sortira pas sur Xbox One.

The Arena Fighter and Me

Uyru est typé distance tandis que Yoruichi a pour atout sa vitesse

Bien décidé à proposer une formule différente de celle à laquelle nous avons été habitués, Bleach Rebirth of Souls se distingue d’abord par son articulation des matchs. Chaque combattant se voit octroyer neuf barres de vie que l’on ne peut mettre à mal que via des attaques spéciales, appelées “kikons”. Afin d’effectuer ces dernières et pour faire un parallèle avec le manga, il faut auparavant réduire l’énergie spirituelle de l’adversaire pour pouvoir attaquer son corps spirituel. En résumé, au lieu d’avoir un match en plusieurs manches, le combat est rythmé par l’exécution de ces kikons. Là où c’est malin c’est que les kikons peuvent arracher une ou plusieurs barres de vie en fonction de leur déclenchement et de l’état du personnage, ce qui peut engendrer des retournements de situations, même en cas de mauvaise posture, et donc maintenir une tension là où, avec d’autres approches, le match serait plié.

La mécanique principale de gameplay s’inspire du système “papier-feuille-ciseaux” sous la forme d’attaques, de postures de garde et de brise-garde, dont chacune a l’initiative sur l’autre. Bien plus qu’un recours aux attaques spéciales des personnages qui viennent puiser dans le reiatsu, c’est sur ce simple principe de postures que reposent beaucoup des affrontements. Afin de moduler la formule, il faut aussi penser à la jauge “reverse”, qui accorde la possibilité de se défendre en brisant le florilège de coups que vous assène votre adversaire, de se téléporter derrière lui et/ou, entre autres, de tout simplement prendre l’ascendant en brisant sa garde.

Enfin, l’œuvre étant coutumière des retournements de situations et des inversions de hiérarchies de puissance, la prolongation des affrontements débloque des transformations qui améliorent les dégâts et la vitesse, offrant ainsi des coups spécifiques et des kikons dédiés qui arrachent bien plus de vie que d’habitude. Le mode Bankai des capitaines, les resurreccións des arrankars ou les évolutions spéciales des personnages sont au programme.

Les transformations ainsi que les kikons font l’objet de cinématiques superbes

Dans les faits, la profondeur apportée par les affrontements reste limitée. Déjà, la présence de combos en nombre très restreint fait que l’on aura tendance à toujours effectuer une succession d’attaques légères ou lourdes, mais il faut également avoir conscience du système de postures, ce qui ne sera pas le cas de tout le monde. Tamsoft semble avoir hésité entre une vision grand public de son titre et un système de jeu bien plus riche que ce à quoi le genre nous a habitués, sans toutefois réussir à trancher pour l’une de ces deux approches.

Le gotei 13 au grand complet ?

En comparaison avec le casting d’un Dragon Ball Sparking 0, ici le roster est bien moindre, mais il affiche tout de même une large palette de combattants, puisque ceux-ci sont au nombre de trente deux. 32 Shinigamis, arrankars et humains ça fait beaucoup, surtout au regard de la promesse intrinsèque du studio de proposer des combattants au gameplay unique et de plus se rapprocher d’un jeu de combat classique que d’un arena fighter. En effet, chacun d’entre eux bénéficie de ses animations, de ses attaques spéciales, de son mouvement signature et aussi, parfois, de sa “logique” : les personnages peuvent être plutôt orientés vitesse, puissance, équilibré, à distance…

Quelques costumes sont disponibles pour chaque combattant.  A voir si je choix Aizen/Clark Kent ou sa version Superman

On échappe donc à l’écueil des doublons, hormis pour le héros aux sourcils froncés, mais, là encore, c’est pinailler. Au rang des absents, notons tout de même que quelques personnages clés ne sont pas de la partie : Orihime fait l’école buissonnière, quelques figures du Gotei 13 et des Espadas semblent avoir déserté et tous les Vizards, à l’exception de leur chef, sont partis en balade. Politique de futur DLC, un pass d’extension promet quatre figures supplémentaires issues de l’arc de la guerre millénaire. Quincys et division 0 risquent donc d’être au programme, quoiqu’en nombre très, très réduit.

Bien entendu, ce mode missions permet de glaner quelques objets facilitant la progression

Côté modes de jeu, rien que du très classique. En mode versus, l’action se déroule sur le même écran en se basant sur la caméra du joueur 1, et ce sur toutes les arènes présentes. Quant au multijoueur en ligne, ce sont des affrontements en 1 contre 1 avec, à date, l’absence de fonctionnalités comme les matchs classés ou encore le cross-play. Le mode local offre aussi l’occasion de battre une succession d’adversaires via des missions, sorte de substitut à un mode arcade plus traditionnel. Mais ici le gros morceau est la partie histoire.

Moi ? Mais j’y suis pour rien !

Cette dernière mérite de l’attention. Si vous ne connaissez que de loin l’histoire de Bleach, comme à l’accoutumée, passez votre chemin. Découpée en cinq chapitres, elle retrace les péripéties d’Ichigo, depuis son introduction en tant que Shinigami remplaçant jusqu’à la fin de l’arc des arrancars. Très généreux dans ce contenu solo, Bleach ROS promet de très nombreuses heures de jeu pour en voir le bout, tout du moins si vous regardez l’ensemble des cinématiques/phases de dialogues. C’est d’ailleurs une partie de son problème, le tempo des aventures du shinigami étant basé sur un rythme où les phases de combat sont clairement en retrait par rapport à tout le blabla, ce qui ne conviendra pas aux moins patients d’entre vous qui auront l’impression de vivre une sous-version du manga ou un ersatz de l’animé.

En effet, si l’on apprécie de revivre les moments de ces derniers, la mise en scène est, en revanche, relativement plate. Sans être en mode PowerPoint, les dialogues sont pour beaucoup présentés en champ/contrechamp, les modèles des personnages restant très limités dans leurs actions ou leurs expressions et se retrouvant souvent dans les mêmes décors (qui ne sont pas forcément ceux de l’œuvre originale).

De plus, les transitions sont assurées par de multiples fondus au noir et les scènes d’actions clés bénéficient, elles aussi, de ce traitement entrecoupé de flashs lumineux censés retranscrire l’intensité du combat. On est loin, très loin de ce que proposent des adaptations plus grandiloquentes, comme la série des Ninja Storm.

Les grands moments de l’oeuvre sont bel et bien là.

Tout cela mis bout à bout, le constat est sévère.Pour autant, malgré ces manquements, on sent l’ambition de restituer l’ensemble de l’œuvre. Intégralement doublée par les voix officielles, que ce soit en anglais ou en japonais, le tout fait tout de même son effet et, même si nous pointons tout un tas de défauts, l’adaptation reste très plaisante si vous êtes fan de Bleach.

Au final, on a l’impression que Tamsoft a eu les yeux plus gros que le ventre, qu’il a voulu restituer l’ensemble des péripéties d’Ichigo Kurosaki, mais sans en avoir les moyens.

Au-delà de ce morceau majeur, le mode missions secrètes propose aussi de découvrir des épisodes complémentaires centrés sur le point de vue d’un personnage. Si ces bribes de scénario ne sont pas inédites à l’œuvre de Kubo, elles ont le mérite de gonfler encore un peu plus un contenu solo déjà très riche.

Zéro complexe, je trouve ça parfait comme “certificat spirituel”

Enfin, on retrouve la traditionnelle boutique de trucs à débloquer. Ici, c’est Urahara qui s’y colle pour nous vendre toute sa quincaillerie. Pas d’âmes artificielles au programme, de porte-clés kawaii ou de sceaux pour partir au Hueco Mundo, mais principalement des bonus en combat pour se faciliter les affrontements ou des titres à afficher sous votre pseudo. Comme quoi, le style n’est pas uniquement dans la lame…

On a connu mieux. Était-ce trop espérer d’avoir aussi bien des costumes que des illustrations ou des musiques officielles qui auraient constitué des “bonbons” ô combien plus savoureux ?

Pour finir, comment ne pas dire un mot sur le lancement catastrophique du jeu sur PC ? Injouable, crashs à répétitions, bugs d’affichage… Il suffit d’aller du côté de la boutique de la marque à la vapeur pour se rendre compte de l’ampleur du désastre. En attendant que la solution soit trouvée par les développeurs, la communauté semble avoir trouvé une solution palliative, mais on ne peut que vous conseiller d’attendre si vous souhaitez vous procurer cette version.

Testé sur Xbox Series X

Le Bilan

On a aimé 

  • L’esthétique générale de Bleach
  • Le mode histoire ambitieux…
  • Les voix japonaises officielles du casting
  • Le nombre de combattants tout de même fourni
  • Les décors sans aucun intérêt
  • …voire trop ambitieux et servi par une technique sans beaucoup de moyens
  • Pas cross-play à date
  • L’absence de bonus réellement intéressants dans la boutique d’Urahara (où sont mes costumes, mes musiques et mes openings ?)

Conclusion du test de BLEACH Rebirth of Souls

Kyōka Suigetsu
{{ “Le singe peut tenter d’attraper la lune, mais les yeux de la bête ne peuvent guère se poser que sur le reflet de la lune sur les flots, en fin de compte. Il aura beau se démener pour la capturer, il finira seulement par couler au fond des eaux.”

Si, en première lecture, on pourrait résumer ainsi notre appréciation de Bleach Rebirth of Souls, ce serait pourtant lui faire offense. Que ce soit par sa volonté d’instaurer un système de jeu “original” ou par son contenu solo vraiment généreux, Bleach Rebirth of Souls a su maintenir notre intérêt durant de longues heures. Le titre propose une expérience agréable pour les fans qui ne sont pas trop regardants sur les à-côtés et prêts à attendre un tarif moindre, mais il est indéniable que ses crocs nous ont atteints.}}

Dognote
Perdu quelque part dans la boucle infinie d’un roguelite, ou échappant (ok, essayant d'échapper) au courroux d’un boss grâce à une roulade salvatrice, ou encore en quête de la prochaine mini‑médaille cachée dans un recoin improbable… Qui sait où l’aventure nous mène vraiment ?
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BLEACH Rebirth of Souls

Développeur : BANDAI NAMCO
Éditeur : Bandai Namco

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