Rachat d’Activision « c’est loin d’etre le dernier mot », dit Bobby Kotick

C’est un petit séisme qui vient d’arriver dans le milieu du jeu vidéo. La CMA a annoncé son souhait de bloquer l’accord passé entre Microsoft et Activision, alors même que des signes laissaient imaginer le contraire. Microsoft a réagi très vite, et c’est au tour d’Activision de communiquer officiellement sur le sujet.
« Nous continuerons à plaider en faveur d’un accord avec Microsoft »
Brad Smith, président de Microsoft, a confirmé que la société allait faire appel de la décision prise aujourd’hui par la CMA. Mais c’est évidemment une mauvaise nouvelle aussi pour Activision, en témoigne le cours de l’action Activision Blizzard, Inc. (ATVI) qui perd déjà 11% de sa valeur en pré-ouverture des marchés.

Bobby Kotick, patron d’Activision, a fait savoir qu’il allait se battre pour que le rachat puisse se faire, jusqu’à s’impliquer « personnellement », dit-il. Voici l’email envoyé par Bobby Kotick aux employés d’Activision.
L’équipe,
Aujourd’hui, la Competition and Markets Authority (CMA), une agence de régulation au Royaume-Uni, a décidé de ne pas approuver notre fusion avec Microsoft. Ce n’est pas la nouvelle que nous souhaitions, mais c’est loin d’être le dernier mot sur cet accord.
Aux côtés de Microsoft, nous pouvons contester cette décision et nous le ferons. Nous avons d’ailleurs déjà entamé les démarches pour faire appel auprès du Competition Appeals Tribunal britannique. Nous sommes confiants, car les faits sont de notre côté : cet accord est bon pour la concurrence.
Le Royaume-Uni espère renforcer sa position de leader dans le domaine de la technologie, et c’est exactement ce que permettrait une fusion Microsoft-Activision. À une époque où les domaines de l’apprentissage automatique et de l’intelligence artificielle sont en plein essor, nous savons que le marché britannique bénéficierait de la force de frappe de Microsoft dans ces deux domaines, ainsi que de notre capacité à mettre ces technologies en œuvre immédiatement. En revanche, si la décision de la CMA est maintenue, elle étoufferait l’investissement, la concurrence et la création d’emplois dans l’ensemble de l’industrie du jeu au Royaume-Uni.
Cette fusion est un processus complexe, et je sais que je ne suis pas le seul à être frustré par les obstacles et les retards. Nous sommes habitués à une culture d’entreprise qui agit rapidement pour atteindre de grands objectifs, et c’est donc difficile de ne pas pouvoir conclure les choses à notre rythme énergique habituel. Nous continuerons à défendre notre cause, car nous savons que cette fusion profitera à nos employés, à l’ensemble de la main-d’œuvre technologique britannique et aux acteurs du monde entier.
Je vais faire tout ce que je peux personnellement pour nous défendre et aider les régulateurs à comprendre la dynamique concurrentielle de notre secteur. Ce qui me donne confiance, c’est que, que nous soyons seuls ou unis à une autre entreprise, nous sommes l’une des sociétés les plus solides de notre secteur, prête à poursuivre sa croissance et à tirer parti de notre incroyable propriété intellectuelle.
Je vous remercie de continuer à travailler dur et à vous concentrer, et de continuer à connecter et à engager nos joueurs dans le monde entier. C’est le meilleur moment pour travailler dans notre domaine, et vous représentez tous le meilleur de notre industrie. Nous ne manquerons pas de vous tenir au courant des prochaines étapes au fur et à mesure qu’elles se produiront.
Avec toute ma gratitude,
Bobby
Lorsque l’on regarde attentivement le communiqué, on note ici une toute première inflexion dans le discours de conquête affiché publiquement ces derniers mois. « Ce qui me donne confiance, c’est que, que nous soyons seuls ou unis à une autre entreprise, nous sommes l’une des sociétés les plus solides de notre secteur […] prête à poursuivre sa croissance et à tirer parti de notre incroyable propriété intellectuelle. »
Avec cette seule phrase, le patron d’Activision se laisse déjà une porte de sortie dans le cas où le rachat ne pourrait pas se faire, et rassure ses employés que quoi qu’il se passe, l’avenir se passera bien.
Ce qui est un peu triste dans l’histoire c’est que Microsoft se fait un peu avoir dans l’histoire.
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Activision demande à se faire racheter et si ça ne marche pas c’est Microsoft qui va devoir payer les 3 milliards sans compter les frais de justice perdu.. C’est un peu dur pour l’image, je comprends un peu la persistance à vouloir réussir ce rachat.
Merci à toi pour les encouragements ! 🙂 Coquille corrigée, c’était bien sûr « signes » hahaha
Bonjour la rédac, il y a une petite coquille (assez drôle cependant) dans l’introduction : « La CMA a annoncé son souhait de bloquer l’accord passé entre Microsoft et Activision, alors même que des >singes< laissaient imaginer le contraire."
PS : Et merci pour votre boulot ! (on ne le dit jamais assez)