Naruto : The Broken Bond
Dattebayo !
Après un premier épisode moyen, répétitif, mais bourré d’idées sympas, Naruto revient accompagné de ses dattebayos pour la suite de ses aventures sur Xbox 360. Aura t-on droit au multi-clonage parfait, ou avons-nous affaire à un nouveau jutsu ?
Laissez-moi remettre mon bandeau du village caché des feuilles, de m’équiper de mon kunaï, de mes shurikens et après un léger malaxage de chakra, vous aurez la réponse dans ce test, tebayo !
Rat Men
Dans ce nouvel opus, vous incarnerez une fois de plus le plus célèbre ninja habillé en orange. Mais cette fois, vous n’agirez plus seul, puisque jusqu’à deux compagnons pourront vous prêter main forte à tout moment. Et ces compagnons ne font pas que de la figuration, puisque vous pourrez en prendre pleinement le contrôle. Et leurs capacités ne seront pas de trop pour vous faire avancer au fil de l’histoire. Parlons-en du scénario, puisque le jeu reprend juste à la fin du premier épisode : rappelez-vous, vous venez de mettre une méga raclée à Gaara dans la forêt qui entoure le village. Malheureusement, Orochimaru en a profité pour attaquer le village. C’est donc en guise de tutorial que vous dirigerez le 3ème Hokage lors de son combat contre ce dernier.
Et là, première chose que l’on constate, c’est que les combats, tout en restant dans la lignée de ceux de Rise of a Ninja, ont pris un sacré coup de dynamisme ! Il en est de même pour la scénarisation des combats, grâce à l’ajout de séquences cinématiques n’y est probablement pas étrangère. Mais nous reviendrons sur ces derniers un peu plus bas.
L’aventure offerte par le jeu couvrira le troisième pan de l’histoire, c’est-à-dire de l’attaque de Orochimaru, jusqu’à la fin de l’ère actuelle (la seconde ère est Naruto Shippuden qui se situe 3 ans après). Ceci étant, il y a pas mal de libertés scénaristiques qui ont été prises afin d’étoffer la durée de vie qui montera jusqu’à 20 heures pour boucler le solo à 100%. Comptez entre douze et quinze heures pour faire la trame principale et quelques petits à côtés.
Cul Nail
Nous nous retrouvons après la brève, mais intense, initiation au combat dans la peau d’un Naruto qui n’a pas bonne mine. En effet, les développeurs ont raté son visage. Enfin, pas seulement le sien, mais également celui de quelques autres personnages. Vous comprendrez qu’il a grave les boules ! Et si vous vous demandez ce qui cloche dedans lorsque vous aurez le pad en main, faites comme s’ils n’avaient pas d’yeux. Malgré ce point, Naruto passera l’éponge, puisque le jeu propose des graphismes plus léchés que le premier opus, mais surtout plus de diversité dans les textures et les décors. Exit donc le pont de Naruto, et bonjour le Pays du Feu ! Vous pourrez en effet visiter, à loisir, le village de Tanzaku et d’autres lieux alentours au village. Certains endroits ne s’ouvrent qu’au fil de la progression du scénario, mais tous seront atteignables via les fameuses séquences de déplacement en arbres déjà présentes dans le premier opus. Dès la première seconde dans cette séquence, on constate que pas mal de choses ont changé. Fini les forêts denses, et vive l’air frais ! Accessoirement, l’effet de vitesse est renforcé grâce à une vue subjective. Vous devrez donc appuyer sur A au rythme de vos atterrissages sur les branches, rochers, eau, troncs d’arbres… Mais attention aux pièges !
Si les premières séquences se font tranquillement, celles qui suivent seront bien plus ennuyeuses pour deux raisons : la première étant que l’environnement sera toujours le même à deux-trois choses près en plus du temps de la journée (jour, soir et nuit), la deuxième est que le tracé est également très peu varié et propose à deux petites variantes près la même chose. Un coup dur, surtout quand on sait que ces séquences sont obligatoires à l’aller, mais aussi au retour, et très, mais alors très fréquemment tout au long du jeu. (Comptez deux trajets minimum par quête). Heureusement que tout n’est pas aussi noir que cette petite activité.
Chou Riz Ken
Le jeu vous offre encore une fois une base d’exploration et de plate-formes agrémentées de phases de jeu de baston pour les combats, et ce sans transition aucune. Et ce que l’on peut constater, c’est qu’à l’instar du premier épisode, l’exploration a évolué du stade Genin à presque Chûnin. Comprenez par là que malaxer le chakra pour grimper les murs, c’est bien. Mais c’est encore mieux de le faire sans s’arrêter dans sa course. Ainsi, vous pourrez marcher sur l’eau et grimper aux murs sans aucune transition, juste en appuyant sur X face aux éléments grimpables (les arbres menant aux séquences de course, ainsi que les bâtiments de Konoha et certains murs extérieurs). Le concept de difficulté croissante plus on progresse sur ces surfaces est toujours présent, ce qui vous demandera une certaine dextérité. Appuyez trop vite, et vous vous écraserez comme une crotte de chien contre une chaussure. Allez trop lentement et vous tomberez.
Le reste des mécaniques du jeu sont similaires au premier, à savoir que vous pourrez sauter, double sauter, marcher, casser certains objets utiliser des techniques pour ouvrir des passages et sprinter. A noter que cette dernière activité est devenue moins précise et demandera une sacrée patience pour pouvoir effectuer des dérapages en virage sans s’arrêter net. Un poil gênant, mais comme on est rarement pressé par le temps, cela ne posera finalement pas de trop grosses frustrations.
La grosse nouveauté, comme précisé plus haut, est que l’on peut incarner d’autres personnages que Naruto. Ainsi, vous pourrez prendre le contrôle à tout moment de Neiji, Kiba, Sakura, Sasuke, Shikamaru et Choji en tant qu’accompagnateurs dans l’équipe et utiliser leurs Jutsus comme bon vous semble pour progresser. Par certains moments, le jeu vous proposera de contrôler Sasuke ou même Rock Lee en tant que personnage principal.
Y’a pas à dire, y’a du beau monde. On aurait cependant préféré que les caractéristiques de chaque personnage soient plus marquées, parce que hormis les techniques spéciales, ils se ressemblent tous d’un point de vue gameplay, ce qui est bien dommage.
Jus Dessus
Histoire de casser la répétitivité du jeu qui avait causé du tort au premier opus, une dizaine de mini-jeux et activités sont disponibles, comme les 7 mini-jeux de Tanzaku, la récupération de chips, la livraison, la chasse aux primes…
Et vous pourrez vous en donner à cœur joie, puisqu’en plus d’être assez variées, les épreuves sont plutôt sympathiques à jouer et proposent un challenge progressif et plutôt addictif. Surtout qu’elles vous permettront de récolter des pièces en or, voire des points d’amitiés, indispensables pour booster les caractéristiques de Naruto, à l’instar d’un RPG. Les caractéristiques des autres personnages en scénario se customisent grâce à l’entraînement du dojo de Gaï.
Les menus ont été totalement retravaillés, et le rendu est bien plus clair et cohérent avec l’univers de la série. Certains objets ont disparu, comme les memoclips au profit des pilules de combat vous permettant de restaurer votre chakra ou votre santé, rapidement en cours d’aventure ou en combat. Les rouleaux sont plus variés, vous permettant de modifier vos aptitudes au combat.
La bande son est bonne ! En japonais. J’avoue sans honte ne pas avoir un seul instant pensé mettre les voix en français (les mêmes horribles voix que l’animé en français) pour ce test, parce que c’est du même niveau que le doublage de l’animé du précédent opus… « Par contre en jap, ça claque ! » (Sanju, alors qu’il venait de se prendre un râteau violent par une étudiante venant d’une île d’orient célèbre pour ses sushis).
Tata Caille
L’autre jeu dans le jeu est le combat. Outre les combats dans le mode histoire, vous pourrez à loisir vous taper joyeusement dessus à coup de clones, de rasengan, de katon, ou même ouvrir quelques portes. C’est ainsi que vous pourrez contrôler une trentaine de personnages. Prenez les 11 personnages de base (voir test de Naruto : Rise of a ninja), plus les personnages disponibles en téléchargement pour ce même Rise of a ninja, et ajoutez-y quelques personnages à débloquer comme Kabuto, le Quartet d’Oto, Kimimaro, Tsunade, Itachi, Kisame, Sasuke Sceau niveau 2 et Naruto Kyuubi. On regrettera qu’il n’y ait pas plus de personnages, surtout que sur les 30 personnages, il y a 2 Itachi (Costume Anbu et Costume Akatsuki) ayant les même techniques, 2 Naruto identiques (Naruto normal et Naruto avec costume vert de Lee), 2 Sasuke similaires (Normal et costume de Genin). Surtout quand, scénaristiquement, il manque dans la liste des combattants comme Kankuro, Shizuru, Gaï, les deux premiers Hokage (qui sont, pour ces trois derniers, pourtant déjà modélisés et sont présents sur des phases de combat sans pour autant être jouables). Cela dit, c’est en tant que fan du manga que je chipote quand même parce que le nombre de combattants est déjà plutôt conséquent. Quoique… Des fois on se le demande, puisque le choix se fera naturellement à terme vers les plus puissants. En effet, il y a un certain déséquilibre qui s’installe dans le jeu de personnage à personnage. Ainsi avec Naruto Kyuubi ou Sandaime (le 3eme Hokage), on peut faire de l’anti-jeu par excellence. Et ce n’est pas la possibilité de jouer avec plusieurs personnages en même temps durant les combats (2 en mode combat, 3 en mode histoire) qui peut arranger les choses. Même si l’introduction de ce système de Tag est très bien pensée et se réalise très aisément, il aurait été préférable pour ce mode d’équilibrer les combattants afin de ne pas provoquer d’énormes écarts de puissance.
Ne vous méprenez pas, le mode combat est assez bien réalisé tout en reprenant les mêmes bases que le premier opus, à savoir créer des ouvertures pour pouvoir utiliser les grosses techniques interactives (qui ne changent pas trop du précédent épisode, certaines ont été refaites pour plus de dynamisme). C’est juste que certains personnages sont trop avantagés par rapport à d’autres. Ce n’est pas insurmontable, mais battre un Naruto Kyuubi avec Sakura tient du miracle (Sakura qui n’a toujours pas de technique valable, mais blâmons plutôt l’auteur du manga pour l’avoir faite impuissante sur cette première ère).
On peut cependant noter l’effort pour diversifier le mode combat avec l’arrivée d’un mode tournoi plutôt sympathique en 1 VS 1 ou en 2 VS 2 et jouable de 1 à 4 joueurs (2 par équipe).
Ni Ne Jasses
Le mode online fait son grand retour avec une refonte entière. Outre les classiques parties avec classement, le versus matchmaking d’amis, il y a encore une épreuve spéciale. Fini l’examen de Chûnin, et vivent les Tournantes ! Le but de ce mode est de d’obtenir le rang d’Hokage. Mais le chemin est long et requiert de nombreux points d’expérience. Les serveurs vous font rencontrer des joueurs au hasard, et chaque victoire vous octroiera de précieux points d’expérience. A chaque palier, vous aurez un grade spécifique (d’étudiant à Hokage en passant par Chûnin, Jonin…), un nouveau seuil de points à atteindre avant de pouvoir passer l’examen pour valider le grade. Des points peuvent vous être octroyés en cas de défaite, uniquement si vous avez bien mis à mal votre adversaire.
Cependant, ce ne sera pas chose facile, puisque les serveurs n’en font qu’à leur tête. En effet, bien que vous ayez de fortes chances de débuter un jour en bas de l’échelle, la console n’en tiendra pas compte et vous fera affronter des gens qui ont les rangs maximaux. Bien sûr, en cas de victoire vous gagnerez plus que quelqu’un de votre niveau, mais en perdant, vous ne gagnerez rien et devrez recommencer combat sur combat pour gagner de précieux points d’expérience. Et ça peut durer longtemps avant de pouvoir en gagner un seul. Dans ce jeu, les débutants n’ont que peu de chances de survivre, mais une fois qu’on s’est fait son trou, les rôles ont de fortes chances de s’inverser.
Ajoutez à cela de gros problèmes de lag, allant de la lagouille qui provoque un léger temps de latence au combat bien ralenti à cause de la connexion de l’adversaire moisie (les amateurs de DBZ Budokai Tenkaichi sur Wii verront tout à fait de quoi je veux parler). Des fois, on se demande vraiment si ce n’est pas fait exprès de choisir des adversaires avec une mauvaise connexion pour donner du handicap supplémentaire, parce qu’il va sans dire que c’est absolument injouable. De plus, en mode online, se rajoutent des bugs qui ne sont pas présents en local, comme d’énormes temps de latence sonore sur l’écran de présentation des personnages (une simple image avec deux cartes), des problèmes d’affichage pas très graves mais qui ne passent pas inaperçus (effectuez donc un kagebushin, et menez l’enchaînement à bien, et vous comprendrez mieux), un temps de réaction un poil plus lent (et apparemment indépendant de la connexion).
Comprenez bien que si vous arrivez à surmonter ces petits défauts de connexion, et que vous fermez les yeux sur les petits bugs d’affichage et de son, vous prendrez du plaisir à manier vos héros préférés. Si vous n’y arrivez pas, il faudra vous contenter du local.
Bilan :
On a aimé…
- La possibilité d’incarner différents personnages en mode histoire
- Le système de team
- Un mode online original
On n’a pas aimé…
- Le mode online n’est pas vraiment optimisé pour du jeu fluide
- Il manque plein de persos !
- Les courses d’arbres ne sont pas assez variées
Dépensé trop de chakra ?
Naruto: The Broken Bond est ce que Naruto : Rise of a Ninja AURAIT DÛ être. Plus de dynamisme, moins de lassitude grâce à une plus grande variété d’épreuves et de missions, et de petites énigmes. De plus, la gestion d’une équipe de trois ninjas augmente encore plus les possibilités. Le combat en équipe, quant à lui, permet de rendre les combats plus intéressants et surtout plus longs et variés.
En bref, si vous avez aimé le premier, vous pouvez dès à présent enfiler votre panoplie de ninja et recommencer l’aventure. Si vous êtes fan de la licence, vous avez déjà le jeu, donc je me demande pourquoi vous lisez ce test. Si vous n’avez pas aimé le premier, jetez quand même un coup d’œil à celui-ci, il mérite un minimum d’intention. Ce n’est pas un coup de maître, mais la licence Naruto made by Ubisoft offre une expérience de jeu plutôt sympa, et les bases que pose Naruto: The Broken Bond devraient permettre de proposer, on l’espère, un prochain Shippuden encore mieux. Et dans 6 ans, soit 6 jeux, on aura enfin atteint le 20/20 !
J’ai le jeu et je trouve que c’est cool!