Test - The Falconeer - Un faucon mais du vrai dogfight

«Aucun animal n’a été blessé durant ce test» , - 1 réaction(s)

Être un titre exclusif au lancement d’une console n’est pas une tâche aisée. C’est le défi que relève à moitié The Falconeer puisque le jeu est aussi disponible sur Xbox One et sur PC. Cependant, il fait bien partie des jeux optimisés Xbox Series X|S. Pendant que certains chipotent encore sur le fait que ce n’est pas vraiment une exclusivité, nous nous sommes lancés dans les cieux pour nous intéresser à ce qu’il proposait, car dans le fond, c’est bien la seule chose qui compte.

D’un peu de chasse et de pêche, un oiseau

The Falconeer prend place dans un vaste monde recouvert par un océan. La population est répartie sur différentes îles ayant plutôt l’aspect de rocs saillants jaillissant des eaux. Il n’y a pas à dire, la vie ne doit pas y être facile. Chaque zone habitable est sous la bannière d’une maison. Et plutôt que de s’entraider, chacune se fait la guerre à coup de manigances politiques ou de conflits ouverts sur terre ou dans les cieux. C’est l’espace aérien qui nous intéresse ici puisque le jeu nous propose de prendre le contrôle d’un faucon de combat.

Oh mon bateau

Faire du neuf dans un jeu de dogfight n’est pas une des choses les plus évidentes. C’est pourtant ce que The Falconeer réussit en nous éloignant du monde des engins de morts bruyants. Oubliez donc la précision d’un jet réagissant à la moindre sollicitation de son pilote, un faucon (d’où le titre !) ne se dompte pas de la même manière. Les courants aériens, les orages, les capacités physiques et les caractéristiques physiologiques de l’oiseau, aussi grand et fort soit-il, apportent leur lot de contraintes. Il suffit d’ailleurs de ne plus toucher aux sticks pendant quelques instants pour le voir flotter librement dans les directions qui lui chantent, preuve s’il en fallait que nous avons bien affaire à un animal vivant.

Falcon Smash

Livraison en colissimo

N’allez pas pour autant croire que le faucon n’est pas un allié efficace en combat. Agile et rapide grâce à ses puissantes ailes, l’oiseau virevolte entre les tirs d’artillerie des forteresses et engins bricolés, aériens comme marins. Cuirassés et dirigeables ne sont pas les seuls à vous attaquer puisque dans les airs d’autres animaux géants ont été reconvertis en monture de guerre dans le monde imaginaire de The Falconeer. Oiseaux et insectes géants croisent ainsi des raies volantes aux allures de dragons. Toutefois, le bestiaire n’est pas très varié et le jeu ne permet pas de les diriger.

Niveau sensation, le titre développé par Tomas Sala fait mouche. Exécuter des plongeons en piqué, des vrilles et des demi-tours instantanés avec une rapidité déconcertante, et impossible à réaliser avec un engin mécanique, est très grisant. C’est étonnant à quel point le gameplay, pourtant basé sur du Crimson Skies dans ses inspirations les plus évidentes, apporte quelque chose de neuf. Sans avoir à gérer des soucis de carburant ni être aidé par des assistances de pilotage, le sentiment de liberté est grand quand bien même il est régi par les contraintes du vol énoncées plus tôt. Tenter de faire une attaque ascendante n’est pas toujours possible, de même qu’une esquive, car il faut une prise au vent définie ici par une jauge d’énergie. Chaque mouvement de ce genre en consomme et pour récupérer de l’endurance, il faut réaliser des piqués.

Droit dans la raie

Avec ces éléments en considération, les combats peuvent devenir techniques et tendus d’autant plus que notre oiseau est plutôt fragile, même si on a le choix entre plusieurs volatiles aux caractéristiques variables. À prendre en compte aussi, les munitions. En effet, les armes n’utilisent pas des cartouches mais de l’énergie. Le plein de celle-ci doit se faire dans des orages auprès des éclairs. Faute de précision des armes et de munitions illimitées, il faut donc être vigilant et économe sous peine d’être dans le pétrin rapidement. Cet adverbe s’applique aussi à la manière dont survient le Game Over, notre oiseau étant peu résistant. Passer en mode facile pour se faire la main sur le gameplay n’est pas une mauvaise idée sous peine de frustration, sentiment que d’autres éléments du jeu viennent générer, puisque la jauge de vie remonte alors un peu plus vite. Malgré la possibilité de saisir des objets dans l’eau (mines, coffres,...), on s’étonne de ne pas pouvoir attaquer les autres oiseaux avec ses serres, comme le font les prédateurs aériens. Dommage car la manière dont sont gérées les collisions avec un mouvement de recul s’y prêtait bien. Cela aurait pu éviter des va-et-vient vers les orages afin de recharger ses batteries au lieu de rester complètement démuni.

Prise de bec

The Falconeer est un jeu pensé à l’ancienne dans le sens où les missions n’ont pas de checkpoint. Qu’il faille escorter un navire, livrer un paquet au bout du monde ou participer à des attaques de places fortes au milieu de nombreux ennemis - le tout avec de possibles embuscades de pirates en cours de route -, tout doit se faire avec sa seule barre de vie et son talent. Cela devient très rageant et les noms d’oiseaux fusent quand la moitié de la mission consiste à rejoindre un point très éloigné alors qu’il ne se passe rien en chemin. Profiter des paysages marins aux flots houleux ou aériens chargés de nuages lasse vite et on cherche toujours la logique de proposer parfois au joueur de se téléporter proche du point de ralliement à l’aller alors qu’au retour, il faut faire systématiquement tout le chemin vers sa base. Le jeu adopte alors les travers des open-worlds faits de ces sempiternelles missions constituées d’aller-retours.

Vite, du Baygon

Le terrain de jeu est un monde ouvert à explorer librement pour y découvrir des lieux,des secrets, des missions secondaires qui permettent de gagner de l’argent à dépenser en mutagène pour booster son oiseau ou en armement et donc des marchands. Pour les moins aventuriers, le titre est découpé en chapitres et missions qu’il est possible de faire en ligne droite. Caractéristique intéressante faisant montre d’une certaine ambition scénaristique, chacun des quatre chapitres propose de vivre les conflits de ce monde du point de vue d’une des grandes maisons impliquées. Chaque segment peut être joué dans le désordre mais ils ne sont pas tous du même niveau de difficulté, ainsi on vous invitera à suivre l’ordre originel pour mieux profiter du scénario. L’histoire racontée est intéressante à suivre et dispose d’un lore plutôt travaillé qui explique autant la topologie particulière de certains endroits de la map que les causes du conflit. Un bon point, donc, pour quelque chose que l’on n’attendait pas vraiment.

Soleil rouge

Partant du sentiment d’un jeu sans prétention, au fil des quelques heures passées à voler, on ressent tout le contraire. The Falconeer est un grand petit jeu qui hélas n’évite pas certaines tares. Les allers-retours, comme dit précédemment, se couplent à une certaine répétitivité de l’action du fait d’une variété limitée d’ennemis et ce même s’il y a certaines surprises. Mais ce qui lui fait le plus de tort, c’est aussi son point fort : son gameplay. Les déplacements sont certes parfois grisants mais le tout manque de feedback dans les impacts. Même si les mouvements du faucon sont vifs on manque de sensations durant les combats. On meurt en quelques coups que l’on ne ressent même pas. Plus dommageable encore est ce sentiment de confusion lorsqu’il y a trop de monde alors qu’en duel, l’IA enchaîne les attaques frontales suivies d’un demi-tour rapide, inlassablement. Piégé par son propre gameplay original, voilà le constat que laisse en bouche The Falconeer. Pour autant, c’est difficile de le déconseiller au regard de ces quelques travers car le ressenti général est positif compte tenu de l’équipe de développement très restreinte. On ne peut pas être bon partout en travaillant seul sur un projet nécessitant de nombreuses compétences.

Sur le plan technique, The Falconeer est solide. Le rendu graphique avec sa direction artistique et son parti pris graphique cartoon fonctionne bien. Le jeu est propre et très fluide sur les Xbox Series, atteignant les 120 fps, et conserve une excellente jouabilité et fluidité sur notre Xbox One X, utilisée un temps durant le test. La map est intéressante à parcourir même si pleine de vide, océan oblige, mais les décors proposés sont assez diversifiés et profitent bien du cycle jour/nuit pour s’embellir encore plus par moments. L’ambiance sonore n’est pas en reste avec des nappes d’ambiances agréables aux inspirations et styles riches collant bien à l’action.

Le coin des chasseurs : Faire toutes les missions principales débloque presque la moitié des succès du titre. Le reste est lié à la complétion et l’exploration, ne représentant pas un grand challenge.

Bilan

On a aimé :
  • Un univers original
  • Des sensations de vol atypiques
  • Aspect graphique soigné
  • L’histoire
On n’a pas aimé :
  • Trop de temps de vol inutile dans les missions
  • Action pouvant devenir brouillonne
Ailes yeah !

On ne va pas lui rentrer dans les plumes, The Falconeer est un titre attrayant pour qui s’intéresse aux expériences de gameplay originales ou est fan de combats aériens. En plus, il ne manque pas de fond avec un lore et une histoire agréable à découvrir. Le feeling old-school d’un Crimson Skies n’est jamais bien loin même si contrôler un faucon n’a rien à voir avec des engins mécaniques. Il ne faut pas se fier à son aspect cartoon, le titre mettra aussi à rude épreuve vos capacités de pilotes nécessitant d’être toujours conscient des dangers et des limites de sa monture dans le feu de l’action. À ne pas conseiller à tous les joueurs mais certainement pas à déconseiller.

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The Falconeer

Genre : Aviation

Editeur : Wired Productions

Développeur : Tomas Sala

Date de sortie : 10/11/2020

1 reactions

Kheldorn

21 nov 2020 @ 10:37

Je l’ai acheté avec la SX et ce fut une superbe surprise. Un peu largué au début car on nous explique pas grand chose, d’autant plus que l’univers et l’histoire sont vraiment poussés. Mais une fois dedans c’est une très belle aventure.