Test - Inertial Drift - J’ai glissé, chef !

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Seulement quelques semaines après l’arrivée fracassante de Hotshot Racing dans le Game Pass, voilà qu’un autre jeu de course orienté arcade vient rouler des mécaniques. Très alléchant sur le papier, le jeu nous plonge dans un univers uchronique d’inspiration 90’s, ambiance néons et palette 3 couleurs.

Gomme à Gomme

Le premier contact avec Inertial Drift est très plaisant : des graphismes en cell-shading qui ne manqueront pas de rappeler un certain Auto Modellista, et un gameplay très original qui vient mettre un grand coup dans nos petites habitudes. Impossible de jouer avec un volant, ici il faudra utiliser les deux sticks de la manette pour réussir les meilleurs drifts : le stick gauche permet de diriger légèrement la direction globale mais reste inutilisable seul, tandis que le stick droit fera pivoter l’arrière de votre bolide. L’impression de vitesse est là, et la sensation de maîtrise est vraiment rafraîchissante : on sent qu’il faut doser précisément l’accélération, le freinage et l’orientation des sticks pour dévorer les pistes sinueuses. On essaye un autre véhicule, et là c’est une deuxième claque : il faut tout réapprendre ! Rarement dans un jeu de course la “difficulté” estimée pour maîtriser un véhicule n’aura été aussi pertinente. C’est bien simple : chaque bolide s’appréhende de manière totalement différente, et il faudra faire plusieurs tours voire plusieurs circuits avant d’espérer comprendre comment telle ou telle voiture doit être apprivoisée.

Si les modes de jeux sont nombreux (Histoire, défis, arcade, Grand Prix, mode 2 joueurs local et en ligne), on comprend rapidement qu’il y a beaucoup d’esbroufe. Sur les 20 circuits annoncés, il n’y a en réalité que 5 environnements et des circuits miroirs, le scénario est absolument sans intérêt, et les modes de jeu ne changeront finalement pas grand-chose à votre façon de conduire.

Rapidement, c’est un sentiment de solitude qui s’instaure pour ne plus jamais vous quitter, et pour cause : vous êtes en réalité toujours seul sur la piste, ou presque. Il n’y a toujours qu’un seul adversaire à affronter, et aucune collision n’est possible avec ce dernier. Inutile de chercher la différence entre la course contre un fantôme, le Time Attack qui vous propose d’affronter un ... fantôme rival, ou encore le mode course contre un adversaire qui ne sera pas transparent, mais fantôme quand même.

Sel-Shading

On commence alors à se demander si l’on ne se serait pas un peu moqué de nous, et pourtant l’explication est assez simple : Level 91 Entertainement est un studio composé en tout et pour tout de deux personnes. On devient alors fasciné par le travail accompli, par cette direction artistique impeccable, ces environnements bien conçus, ce gameplay novateur et cette générosité dans les modes de jeux et la complexité des véhicules, mais on ne peut s’empêcher d’y voir dès lors un prototype, un jeu qui mériterait tellement plus.

Les petits défauts constatés ici et là commencent à peser lourd, comme ces collisions parfois un peu foireuses contre le décor, la difficulté dosée à la truelle, et la bande-son éléctro-lounge parfaitement dispensable, pour ne pas dire agaçante à la longue. On lui préfèrera rapidement une petite playlist Spotify de son cru, votre serviteur n’ayant pas résisté à l’envie d’écouter un peu de Synthwave qui colle parfaitement à l’univers du jeu et sa direction artistique fluo.

Les amateurs de score pourront bien chercher les médailles et meilleurs temps, mais il faudra vous armer de patience et de volonté, tant le jeu vous forcera à débloquer et utiliser des véhicules tous plus difficiles à manier les uns que les autres. Si pour casser la monotonie vous espérez pouvoir affronter un ami, ce sera uniquement en local ou sur rendez-vous, le multijoueur en ligne étant absolument désert.

Côté performance, le jeu est très solide sur Xbox One X avec un framerate quasiment constant à 60 ips, mais s’effondre à 30 et moins à deux joueurs. La bonne nouvelle, c’est qu’avec un framerate débloqué, le jeu sera certainement parfaitement fluide à deux sur Series S|X.

Le coin des chasseurs : Si la plupart des succès se débloqueront au fur et à mesure de votre avancée dans le mode scénario, le dernier succès vous demandera de terminer l’ensemble du mode grand prix, impliquant la maîtrise parfaite de tous les bolides. Compte tenu du fait que vous devrez réaliser 5 défis extrêmement difficiles d’affilée avec seulement 3 erreurs, nous vous souhaitons beaucoup de courage pour les 1000G !

Bilan

On a aimé :
  • Le contrôle du drift : novateur et percutant
  • Une direction artistique soignée
  • Très généreux en contenu ...
On n’a pas aimé :
  • ... mais qui aurait dû se concentrer sur l’essentiel
  • Un sentiment de solitude permanent
Joy-con Drift

Quel sentiment étrange nous laisse Inertial Drift. On ne peut que s’extasier devant l’étendue du travail réalisé par une si petite équipe, et pour autant l’expérience n’arrive pas totalement à nous convaincre. Si les sensations de jeu sont là et sont assez bonnes au demeurant, on est vite rattrapé par la monotonie des environnements bien réalisés, mais trop peu nombreux, cette impression désagréable de faire la course avec personne, quand on ne jette pas la manette à travers la pièce tant la difficulté peut s’avérer frustrante sur certains défis. Un jeu qui aurait mérité un budget quatre fois plus gros pour devenir un hit, car tout était là.

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Inertial Drift

PEGI 0

Genre : Courses

Editeur : PQube

Développeur : Level 91

Date de sortie : 30/09/2020

Prévu sur :

Xbox One, Playstation 4, Steam, Switch