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Test – METAL GEAR SOLID Δ: SNAKE EATER – Bons baisers de Konami

Test – METAL GEAR SOLID Δ: SNAKE EATER – Bons baisers de Konami
Le 13 octobre 2025
Le 13 octobre 2025
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Konami semble avoir délaissé sa passion pour les pachinkos pour se reconcentrer, doucement mais sûrement, sur le monde vidéoludique. Après avoir ramené d’entre les morts la série Silent Hill, voilà que l’éditeur nippon convoque ce vieux Snake pour reprendre du service. Ce n’est d’ailleurs pas avec n’importe quel épisode qu’il revient, c’est avec Metal Gear Solid 3: Snake Eater, sorti sur PlayStation 2 en 2005 dans nos contrées. Ce choix, qui pourrait surprendre, est en fait très logique, puisqu’il constitue une préquelle à l’histoire principale. Comme d’habitude, la mission est double : réconcilier les fans de la franchise (avec qui la confiance a été mise à mal suite au départ de Kojima), tout en proposant une expérience capable de séduire les néophytes.  Alors, est-ce que les remakes ont changé ? Va-t-on enfin avoir le droit à plus qu’un simple relooking ?

Naked Snake = Old Snake ?

On l’a (un peu) dit, bien qu’il s’agisse du troisième épisode sorti sur les consoles PlayStation, nul besoin d’avoir touché aux épisodes précédents pour se lancer dans cette aventure.  Vous n’aurez pas la même surprise qu’à l’époque, quand les joueurs attendaient une suite aux pérégrinations de son (ses) héros et que le studio nippon et son créateur avaient décidé de faire tout autrement et d’effectuer un retour dans le passé. Ainsi, le choix de ce troisième épisode à remaker n’est pas anodin, puisqu’il s’agit chronologiquement de l’origine de la série.

Le scénario est vraiment un point fort de la série MGS

L’histoire prend place en 1964, en pleine guerre froide, dans le contexte tendu de la crise des missiles de Cuba, alors que les blocs de l’est et l’ouest sont au bord de l’affrontement. Le joueur incarne un soldat d’élite américain du nom de code Naked Snake, envoyé en mission au cœur de la jungle soviétique pour une opération  baptisée “Virtuous mission”. Celle-ci consiste à infiltrer le territoire ennemi pour secourir Sokolov, un ingénieur russe travaillant sur une arme nucléaire mobile, connue sous l’appellation de Shagohod. Ces quelques lignes ne sont qu’une introduction très succincte de l’histoire qui vous attend.

Pour ceux ayant déjà joué à cet épisode, sachez que les scènes et les dialogues restent inchangés, les voix du casting aussi, tout ou “presque” a été respecté à la lettre. Bien que MGS n’offre pas, selon nous, la galerie de personnages la plus marquante de la saga (notamment du côté des boss), le titre met en avant un casting suffisamment fort pour ne pas tomber dans l’oubli. Oui, il y a des moments typiquement “Kojimesques” et, oui, on peut critiquer la sexualisation très caricaturale du personnage d’Eva. Mais au global, c’est peu au regard d’une narration maîtrisée, portée par un véritable sous-texte. 

Elle se balade “juste” en sous-vêtement, pas la peine d’en faire tout un fromage

Le scénario est extrêmement prenant, c’est l’une des grandes forces de la série Metal Gear d’entrelacer habilement la fiction avec la réalité et d’apporter un regard, une vision sur le monde. Cette histoire sensibilise sur la géopolitique, questionne sur les luttes de pouvoir, sur le rôle du soldat et porte des réflexions sur des thèmes plus intimes, comme les idéologies, la loyauté… En bref, un véritable exploit.

La jungle, toujours aussi sauvage

Côté gameplay, MGS est un porte-étendard d’un genre sous-représenté actuellement, voire en voie d’extinction, l’action-infiltration. Tout comme son rival, Splinter Cell, l’approche y est plus lente et nécessite d’observer son environnement ou les rondes des soldats. On y use de stratagèmes pour détourner l’attention afin d’emprunter le meilleur chemin vers l’objectif. Une autre force de la licence est de permettre de multiplier les stratégies pour parvenir à ses fins : tout est encouragé pour privilégier l’infiltration (on se souviendra, en fin de partie, du système de scoring mettant à mal notre ego pour nous inciter à mieux jouer), mais des options musclées sont également viables, si bien que tout le monde peut trouver son compte dans les aventures de Snake. 

Pauvre vieux…

Si l’infiltration constitue le cœur de jeu, le rythme alterne avec des combats de boss aux mécaniques différentes, qui cherchent sans cesse à se réinventer. Enfin, ce volet complète son gameplay par le contexte dans lequel prend place son aventure, avec une composante survie, qui ajoute à notre héros la gestion d’un camouflage pour se fondre dans la jungle ainsi qu’une mécanique de soins et de faim.

Rien que pour vos yeux

Bye-bye FOX Engine, tu auras pourtant rendu de loyaux services à la firme nippone. Place désormais à un “nouveau” moteur, l’Unreal Engine 5. Inutile de le présenter et inutile de s’attarder sur le nombre de poils de barbe de Snake.  Premier constat, le filtre verdâtre qui était imposé à l’époque est de l’histoire ancienne (tant mieux). Les environnements, quoique conservant leur structure, sont plus organiques, mais ce sont surtout les protagonistes qui ont gagné au change. Leur modélisation est impeccable et les visages impressionnent. Enfin, sachez que cette version Delta propose deux modes de rendu, performances ou qualité. 

Non, sans façon !

Précisons que le verdict de Digital Foundry est tombé entre-temps, mettant en lumière les qualités et les défauts de chaque version. RAS sur Xbox Series X, le bât blesse en revanche côté Series S… L’autre changement proposé concerne la lisibilité de l’action. Deux gestions de caméra sont au programme, l’une dite moderne avec une caméra à l’épaule à l’arrière de Snake, l’autre en hauteur telle l’expérience d’origine.

Si la refonte graphique offre à Snake et consorts un lifting bienvenu, ce n’est pas le cas de sa structure qui trahit son âge. Là où l’on pourrait s’attendre à une jungle vivante, à un monde plus ouvert, à une exploration plus libre et organique, on s’aperçoit que le carcan de sa console d’origine se fait sentir. En premier lieu, son level design fragmente l’environnement en autant de zones indépendantes. C’était nécessaire autrefois, mais l’immersion en prend un coup. Ensuite, l’intelligence des ennemis est souvent aux fraises. On est ainsi parfois repéré de très loin ou, au contraire, invisible de très près et, oui,  les assaillants aux basques de notre héros s’évanouissent toujours d’une zone à l’autre… 

Je vous l’avais dit, un vrai fantôme… Tu me vois, tu me vois pas.

L’autre point qui permet de deviner son âge est son gameplay qui reste relativement lourd. Loin de celui d’un MGS V où toutes les actions de Snake avaient gagné en fluidité, notre héros se traîne et il n’est pas rare de donner des coups dans le vide lors d’une confrontation avec un soldat. Enfin, qui n’a jamais pesté contre la gestion hasardeuse entre les postures couchée/accroupie/debout ?… Malgré tout, des efforts ont été concédés. Au registre des améliorations, figurent la caméra (que nous soulignions précédemment) et la quality of life avec, par exemple, une gestion du camouflage n’imposant pas de retourner dans les menus, mais étant directement modifiable.

Un as du déguisement

Ce volet introduisait des mécaniques liées à la survie (Snake est censé se nourrir de proies capturées, se barbouiller de boue et se soigner) qui sont toujours aussi superficielles et donc gadgets. Une refonte de ce côté aurait été franchement bienvenue pour lui donner, comme notre héros, plus de poils aux pattes. 

En bref, ce remake est une copie conforme de l’original, même dans son gameplay, comme par peur de l’ombre de son créateur. Pour autant, nous avons replongé avec un plaisir non feint dans cette aventure. C’est étonnant de se rappeler comment, plus de vingt ans après, Kojima et Konami ont su imaginer une œuvre qui a laissé une empreinte dans notre mémoire, plus que ça même, un souvenir vivant qui ne demandait qu’à être ranimé. Quelles sont les œuvres qui peuvent se targuer d’enchaîner  les séquences cultes ou de nous faire réciter par cœur certaines de ses répliques ? Plus que dans l’espace vidéoludique, c’est du côté du cinéma qu’il faut aller piocher pour cela. Que ce soit par sa musique, son ambiance, son style, MGS reste une légende.

Au niveau des petites surprises, la version Xbox Series propose un mini-jeu “inédit” en remplacement du mode Snake vs Monkey, initialement présent sur PlayStation. Contrainte de licence oblige, les singes d’Ape Escape étant exclusifs à Sony, c’est Bomberman qui donne le change sur les consoles de Microsoft. Pour ce nouveau mode, on ne parle plus de capture de primates, mais bel et bien de jouer des explosifs pour se défaire des robots.

Le sort de la Terre repose sur tes épaules, Snake !

Enfin, le véritable ajout qui devait accompagner l’arrivée de MGS Delta est son mode multijoueur, Fox Hunt. Sorte de cache-cache géant se basant sur les restes de MGS online, ce mode  devrait mettre à l’honneur la gestion du camouflage. Fox Hunt n’arrivera finalement que fin octobre, avec la visibilité associée qui risque d’en faire un échec. Laissons-lui tout de même une chance au vu du succès de Konami pour ce remake de MGS Snake Eater

Testé sur Xbox Series X, code fourni par l’éditeur.

Le Bilan

On a aimé 

  • Retrouver Snake
  • Le respect du matériau d’origine
  • Le visuel
  • L’ajout des quelques options d’ergonomie
  • L’ambiance folle
  • Le scénario prenant
  • Bref une aventure culte
  • Le structure datée
  • Le gameplay un poil lourd
  • L’intelligence artificielle à la ramasse

Conclusion du test de Metal Gear Solid Δ: Snake Eater

Le big boss du remake ?

Faut-il saluer la prestation de Konami ? La mission est-elle un succès ? Ou laisse-t-elle un goût amer ? On peut débattre de ce qu’aurait dû être ce Metal Gear et pinailler les termes remasterisation ou remake, pour autant, cette version Delta de Snake Eater reste fidèle à sa vision d’origine, respectueuse de son matériau et constitue à date la meilleure mouture pour vivre ou revivre les aventures de Snake.  Si, en première approche, nous étions circonspects devant ce ravalement de façade, il n’en demeure pas moins que la recette fonctionne à nouveau. Les nostalgiques (comme nous) seront sans doute les plus ravis de retrouver Snake, tout en pestant sur ce que le jeu aurait pu être. On ne se refait pas… Même si ce n’est pas avec cette version que les remakes changeront, au fond, celle-ci a su faire mouche dans nos cœurs. Un indispensable pour les fans de la licence et une aventure à découvrir pour les autres.

Dognote
Perdu quelque part dans la boucle infinie d’un roguelite, ou échappant (ok, essayant d'échapper) au courroux d’un boss grâce à une roulade salvatrice, ou encore en quête de la prochaine mini‑médaille cachée dans un recoin improbable… Qui sait où l’aventure nous mène vraiment ?
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Metal Gear Solid Δ: Snake Eater

Développeur : Konami
Éditeur : Konami
Date de sortie : 28/08/2025

commentaire

1 Commentaire
E
EverFish
13 octobre 2025 23h42

Que la structure soit celle du jeu d’origine ne me gêne guère, c’est surtout côté gameplay, se cacher est d’un ardu, la visée peu intuitive et le combat au CàC hasardeux.
Quoiqu’il en soit le jeu est beau et l’histoire tellement prenante.
Si un autre remake doit arriver, je signe.

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