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Test – MindsEye – Autopsie d’un jeu sorti trop tôt

Test – MindsEye – Autopsie d’un jeu sorti trop tôt
KatiePar
Le 29 juin 2025
Le 29 juin 2025

Pour l’option fun, c’est par où ? Dans les DLC ?

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MindsEye est un jeu d’action-aventure dans un monde futuriste, développé par Build A Rocket Boy, le studio fondé par Leslie Benzies, ancien producteur de GTA chez Rockstar Games, et édité par IO Interactive. Il s’agit de sa première création indépendante depuis son départ en 2016. Disponible depuis le 10 juin sur Xbox Series X|S, PlayStation 5 et PC, le titre promettait des combats nerveux et une expérience immersive dans une société dominée par l’intelligence artificielle.

Mais, dès son lancement, MindsEye a déclenché un torrent de réactions… qui n’étaient pas celles espérées par ses concepteurs. Malgré une proposition initiale alléchante, tout du moins sur le papier, il a rapidement essuyé une vague de critiques, et la dissonance entre les promesses et la réalité a rapidement agité la sphère vidéoludique. Face à ce tumulte et curieux de juger, manette en main, de l’ampleur de la catastrophe annoncée, nous n’avons pas hésité à enfiler notre gilet pare-balles pour plonger dans cette cyber aventure chaotique, afin de vous livrer notre verdict. Alors, MindsEye est-il une vision d’avenir inaboutie ou un simple mirage ?

Bienvenue à Redrock City

MindsEye nous transporte dans un univers futuriste dystopique aux accents cyberpunk, dans lequel on incarne Jacob Diaz, sergent des forces spéciales. L’introduction nous entraîne dans le feu de l’action en plein désert, au cours d’une mission militaire dans laquelle un drone explore un tunnel souterrain révélant l’inscription d’étranges symboles jusqu’alors inconnus.

Sous les néons de Redrock City

Un gameplay figé dans le temps

Partant pour une séquence de piratage ?

MindsEye est un jeu solo et se joue à la troisième personne. Pour s’orienter, le joueur bénéficie d’une mini-carte indiquant l’objectif, l’itinéraire à suivre ainsi que la distance estimée. MindsEye ne propose pas un véritable monde ouvert, mais plutôt une succession de zones aux allures de couloirs. L’implant du héros, directement relié à son système neuronal, permet de se connecter à d’autres dispositifs et de contrôler un drone, une technologie qui va jouer un rôle majeur dans les évènements à venir.

Les capacités du drone sont un atout tactique

Notre première mission au sein de la Silva Corp, l’entreprise à l’origine de la création de cet implant, consiste à désactiver des bots qui ont cessé d’obéir aux ordres. On découvre un gameplay très classique dans son approche et reposant essentiellement sur l’utilisation du drone et de ses capacités : repérage à distance grâce à une fonction de scan pour détecter les dangers potentiels, neutralisation d’ennemis via des décharges électriques, piratage de bots et de systèmes de sécurité et marquage de cibles avant toute phase d’infiltration.

L'instinct humain contre l'algorithme de la machine

Une IA en pleine crise existentielle !

Une métropole étrangement fantomatique...
Alerte en vol : ralentissements et popping à l'horizon !

Graphiquement, les environnements ne parviennent pas à convaincre, les lieux manquent de netteté et affichent un flou persistant de qualité inégale, même après avoir désactivé le flou cinétique dans les options. On constate aussi des effets de scintillements très présents, auxquels s’ajoutent des soucis de popping avec des éléments du décor, tels que des arbres ou des rochers, qui surgissent sous nos yeux à la dernière seconde. Le tout s’accompagne de ralentissements notables, visibles en particulier lors des déplacements en véhicules (surtout dans les airs).

Quand l'IA nous facilite la tâche...

De plus, l’expérience globale souffre d’une instabilité technique, avec des chutes de framerate fréquentes et bien perceptibles. Malheureusement, le rendu visuel donne l’impression d’un jeu daté et à la réalisation inégale. Si certaines cinématiques ne sont pas trop mal réussies avec quelques effets de lumière, et une modélisation correcte des visages, les personnages sont peu charismatiques et de nombreux décors sont vides, plutôt moches et dénués de toute âme, ce qui nuit véritablement à l’immersion.

A couvert, connais pas !

Le gameplay, quant à lui, n’a rien d’innovant. Il se contente des mécaniques très classiques, en plus d’être mal équilibré. Notre protagoniste est lent et lourd à déplacer, et c’est déjà bien si on arrive à le mettre à couvert derrière un muret lors des fusillades ! De plus, les séquences d’affrontements aux armes à feu sont hélas banales, la visée est approximative et le combat au corps à corps est tout simplement inexistant. Ainsi, il est impossible de lancer des cocktails molotovs ou des grenades, ou bien de donner un coup de crosse… Seul le drone de compagnie peut tirer des projectiles, ce qui limite énormément les options de bagarre et renforce le sentiment de répétitivité.

L'acier affronte la chair

En face, l’IA des ennemis n’est pas convaincante. Elle se contente, elle aussi, du strict minimum pour créer un semblant de défi. On constate en effet un manque évident de réactivité, ses comportements sont très basiques et donc prévisibles. Tout cela n’est pas palpitant et nuit terriblement à la dynamique, tout en accentuant la sensation d’un jeu vieillot.

Ceci n'est pas une séquence de Fast and Furious !

Lors des phases de pilotage, que ce soit pour un véhicule terrestre ou aérien, on peut alterner entre différents points de vue : capot, cockpit, ou vue extérieure, selon les préférences. La conduite est résolument arcade et se révèle correcte, avec toutefois des engins qui manquent de stabilité, entraînant de fréquentes collisions voire des tonneaux. La sensation de vitesse est inexistante, le ressenti est le même, quel que soit l’engin que l’on pilote, alors qu’il y en a pourtant plusieurs types. Nous aurions d’ailleurs apprécié davantage de diversité (comme, par exemple, la conduite de motos ou de camions) et un peu de liberté de choix, or le jeu nous impose le type de véhicule lors de chaque trajet.

Une mission de filature guère palpitante !

Côté narration, l’absence de doublage en français pourrait bien rebuter les non anglophones. Les dialogues sous-titrés défilent en pleine course automobile ou pendant les fusillades, rendant leur lecture difficile, au risque de passer à côté d’éléments importants de l’histoire. Quant à l’ambiance musicale, elle fait le job, mais sans relever l’ensemble. Le mélange de house et d’électro, sans relief et en aucun cas mémorable, finit par lasser tant il manque de variations et de moments marquants.

Un potentiel de départ qui s’est perdu en route

Skynet n'a pas dit son dernier mot !
On the road again, again...

Lors de notre test, nous n’avons constaté aucun bug majeur, sans doute grâce aux multiples correctifs déjà déployés depuis la sortie. Si les problèmes les plus décriés semblent aujourd’hui résolus, les soucis de scintillements et de ralentissements, l’IA défaillante, le gameplay mal optimisé et l’instabilité générale persistent toujours.

Préparez-vous à prendre le volant, la route sera longue...

Il nous a fallu environ une quinzaine d’heures pour venir à bout de l’aventure principale et débloquer, entre-temps, le mode exploration, afin de pouvoir visiter librement la ville et réaliser quelques mini jeux de course facultatifs, qui nous ont laissés de marbre.

Testé sur Xbox Series X

Le Bilan

On a aimé 

  • L’histoire
  • L’univers futuriste
  • Les graphismes vieillots
  • Le gameplay rigide et daté
  • Les chutes de framerate
  • Les scintillements et poppings
  • L’IA ennemie défaillante
  • L’absence d’activité annexe
  • Les environnements vides et inégaux
  • L’absence de combat au corps à corps

Conclusion du test de MindsEye

Un échec au présent et un futur incertain
MindsEye avait du potentiel : un univers futuriste, un récit intrigant et des thématiques fortes sur l’IA et ses défis technologiques, mais le constat est amer. Le gameplay manque cruellement de fluidité et d’originalité, l’IA ennemie souffre d’un flagrant manque de réactivité et de cohérence, et les missions linéaires et répétitives lassent vite. Même Redrock City, pourtant prometteuse, apparaît désespérément vide, sans activité annexe et surtout sans âme. Et la déception ne s’arrête pas là. Visuellement, les graphismes sont en deçà des standards actuels, avec des problèmes techniques persistants : scintillements, ralentissements, popping et chutes de framerate malgré les correctifs. MindsEye s’inscrit dans la triste lignée de ces jeux sortis prématurément et pas vraiment finalisés. Le studio tente de rassurer en enchaînant les mises à jour pour améliorer l’expérience globale. Un mode multijoueur et un système de construction sont également annoncés afin d’enrichir le contenu. Mais tout cela suffira-t-il à redonner à MindsEye un second souffle, à l’image de la résurrection qu’a connu Cyberpunk 2077 ?

Katie
Bercée dès mon plus jeune âge par les cauchemars de Freddy Krueger, je nourris une passion particulière pour les jeux d'horreur et je rêve de galaxies et de rencontres du troisième type. Armée d'un casque et de caféine, je suis toujours prête à appuyer sur "start" pour sauver le monde de la menace zombie et vivre de nouvelles aventures.
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MindsEye

Développeur : Build a Rocket Boy
Éditeur : Build a Rocket Boy
Date de sortie : 10/06/2025

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