Test – 30 Birds – Un puzzle-game lumineux

Il va éclairer votre lanterne !
Sorti à l’automne dernier sur PC, le puzzle-game des Belges du studio Ram Ram Games s’est offert une version console le 28 mai 2025. Avec ses décors en 2,5 D peints à la main, son univers inspiré de la culture et des mythes persans, ainsi que son humour parfois gentiment macabre, 30 Birds est sans nul doute un drôle d’oiseau !

Sorti de l’œuf

Les habitants de la cité Lanterne attendent le réveil de la déesse-oiseau Simurgh depuis cinquante ans. Malheureusement, le jour où celui-ci se produit, la déesse est enlevée. Dans la peau de Zig, une jeune détective talentueuse, il va falloir résoudre de nombreuses énigmes et participer à des mini-jeux pour réunir trente oiseaux, nécessaires afin de ramener Simurgh.

Grâce à l’aide de Hoop, une huppe drôle et joueuse, l’enquête pointe rapidement le Savant, un ancien criminel qui aurait même trompé la mort en cachant son âme pour devenir éternel. Heureusement, la cité Lanterne regorge d’habitants loufoques, de djinns farceurs et d’oiseaux talentueux prêts à prêter main-forte quand il s’agit de sauver leur déesse.

Son et lumière

Graphiquement, 30 Birds est un petit bijou avec son style inspiré des miniatures persanes du quinzième siècle. C’est coloré, original et l’animation est très réussie. Le titre s’inspire à la fois de la ville animée d’Istanbul, du roman policier Mon nom est rouge de l’auteur turc Orhan Pamuk et d’un poème du douzième siècle, La Conférence des oiseaux, d’Attar de Nishapur, qui raconte l’histoire d’un groupe d’oiseaux conduits par une huppe, partis à la rencontre de Simurgh.

La musique est un élément essentiel du jeu, dont la bande-son s’inspire du ska, du dub et du reggae. Outre sa manière de caractériser l’ambiance de chaque lieu, elle est au cœur de nombreuses énigmes et puzzles qu’il faudra résoudre. Pas étonnant lorsqu’on sait que Laurent Toulouse, l’un des deux fondateurs de Ram Ram Games, est musicien en plus de son travail de développeur.

Rubik’s cube

La cité Lanterne est, comme son nom l’indique, composée de plusieurs lanternes flottantes entre lesquelles il faut se déplacer en train ou en tapis volant. Leurs formes et leur disposition offrent de nombreux secrets et lieux cachés — parfois uniquement accessibles en détruisant des objets ou grâce à des cartes stellaires — qu’il faut explorer afin de trouver les trente oiseaux nécessaires au sauvetage de Simurgh.

Chaque lieu est l’occasion de participer à différentes épreuves, de résoudre des énigmes ou de jouer à des mini-jeux. Il faudra parfois affronter un personnage aux cartes, siroter un café en glanant des informations, jouer de la musique sur des instruments aussi bizarres qu’incroyables, explorer un marché souterrain, réunir plusieurs livres perdus ou encore accepter les devinettes d’un djinn malicieux. Les dialogues sont drôles et proposent parfois des choix multiples qui influencent très légèrement le déroulé de l’histoire. Si l’absence de voix n’est pas gênante, l’ajout de sons liés à chaque oiseau aurait pu être un plus.

La plupart des épreuves peuvent être réalisées dans n’importe quel ordre et aucune ne ressemble à une autre. Certaines énigmes demanderont de la réflexion, d’autres de la patience et, si elles sont parfois complexifiées par quelques imprécisions de gameplay, elles ne sont jamais insurmontables. On note également quelques bugs anecdotiques qui ont bloqué les touches de la manette durant certaines épreuves, comme celle de l’oiseau nu, nous forçant à quitter le puzzle pour recommencer. Ils furent rares, mais suffisamment frustrants pour être mentionnés.

Call me birdie

Il est possible de se repérer en consultant le téléphone de Zig. Celui-ci permet de retrouver le journal de quêtes, les cartes de chaque lanterne, l’inventaire des objets trouvés et les oiseaux rencontrés, qui deviennent autant de contacts dans le répertoire. Certains de ces oiseaux offriront d’ailleurs à Zig des outils utiles, comme une radio qui permet de jouer de la musique n’importe où, ou bien viendront lui prêter main-forte grâce à leur pouvoir, lors de certaines quêtes.

L’aventure peut se boucler en quatre heures environ, mais les chasseurs de succès peuvent en envisager deux de plus afin de trouver dessins, plumes et autres secrets bien cachés. Si le jeu ne dispose pas d’un système offrant une grosse rejouabilité, on s’y replonge tout de même avec plaisir, un peu comme dans un conte ou une œuvre d’art que l’on a aimé.
Testé sur Xbox Série X, code fourni par Microsoft
Le Bilan
On a aimé
- Le style graphique
- L’humour
- La finesse des énigmes
On a moins aimé
- Les quelques bugs
Conclusion du test de 30 Birds
Ramène ta lanterne
Avec ses dialogues ciselés, ses puzzles vraiment malins et son ambiance onirique, 30 Birds est une aventure originale, à la croisée de l’art et du jeu vidéo. Atypique, drôle et vraiment malin, le titre de Ram Ram Games, produit par Arte, est une petite étoile au sein du paysage vidéoludique. À découvrir.