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Test – despelote – Lorsque le foot nous propulse dans une autre dimension

Test – despelote – Lorsque le foot nous propulse dans une autre dimension
Le 18 mai 2025
Le 18 mai 2025

Bons souvenirs chez certains, plus douloureux (et honteux) pour d’autres…

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Qu’y a-t-il de plus fédérateur qu’un joyeux événement populaire ? Celles et ceux qui ont vécu la victoire de l’équipe de France masculine de football lors du Mondial 1998 n’oublieront jamais les scènes de liesses observées à travers tout l’hexagone. Une parenthèse magique dans un quotidien souvent compliqué, et dont nous aurions bien besoin plus souvent. Cette situation provoquant une sorte de connexion nationale autour du ballon rond s’est également produite en Équateur en 2001. Avec despelote, Julián Cordero et Sebastian Valbuena (rien à voir avec le joueur passé par l’OM et l’OL !) reviennent sur cette période à travers une expérience vidéoludique immersive et même introspective. En effet, l’histoire est construite autour des souvenirs d’enfance de Julián, ce qui donne au récit un caractère autobiographique assez original. Et ce ne sont pas les graphismes du jeu qui vont nous contredire, puisque le voyage s’effectue dans des environnements en trois dimensions au style unique. Bref, plongeons sans plus attendre dans les souvenirs d’une enfance naïve mais pleine de vie.

Such is life in the tropics

La Coupe du monde de football 2002 approche à grands pas. Les phases éliminatoires battent leur plein sur chaque continent, notamment en Amérique du Sud. Les dix nations en compétition dans cette zone cherchent toutes à valider leur ticket pour aller en Corée du Sud et au Japon, les pays organisateurs du Mondial à venir. Néanmoins, terminer à l’une des quatre premières places directement qualificatives n’est pas chose aisée, car le niveau s’avère être très relevé à l’intérieur de cette confédération ! En effet, avec des équipes aussi fortes que le Brésil, l’Argentine ou encore l’Uruguay, il ne reste pas beaucoup d’espace pour les autres formations.

Aucun risque sur les paris

Demandez aux Équatoriennes et aux Équatoriens ce qu’ils en pensent ! Leur équipe nationale n’a jamais participé à un seul Mondial depuis la première édition datant de 1930. Une disette interminable dans un pays où le football occupe une place centrale chez une grande partie de la population, notamment auprès des plus jeunes. Il suffit de voir tous les gosses qui s’amusent avec un ballon rond dans les rues de Quito, la capitale de l’Équateur, pour comprendre l’immense engouement pour ce sport. Toutefois, et à l’instar des autres enfants quiténiens, Julián Cordero s’apprête à vivre une année 2001 inoubliable. L’adjectif n’est vraiment pas usurpé, puisque « la Tri », à quelques matchs de la fin des éliminatoires, est en position idéale pour se qualifier…

L’histoire de despelote s’étale sur les cinq journées durant lesquelles se sont déroulées les dernières rencontres. Avec son regard d’adulte, Julián Cordero nous invite à découvrir ce qu’il a vécu et gardé en mémoire de ces instants. Pour cela, le développeur tient le rôle du narrateur en donnant aux joueuses et aux joueurs de précieuses indications contextuelles. Le football constitue une sorte de fil rouge, mais il n’est pas l’unique sujet évoqué dans le jeu. Par exemple, on découvre que l’Équateur faisait face à de gros soucis politiques et économiques au début du vingt-et-unième siècle. Il n’y a qu’à observer les attitudes et les réactions des différents personnages que l’on peut rencontrer dans les ruelles de Quito pour comprendre toutes les difficultés de la société équatorienne de l’époque.

Une décision un peu salée...

Que l’on soit un enfant ou un adulte, la différence de perception sur ce qui est important s’avère être magnifiquement exploitée et constitue le gros point fort du jeu. La passion du jeune Julián, qui n’écoute rien en classe et ne pense qu’à aller frapper dans un ballon avec ses amis, se heurte aux contraintes imposées par les personnes majeures qui l’entourent. Son obsession n’est pas bien acceptée par son enseignant, ni par les membres de sa famille. Il faut voir comment sa mère est ulcérée par le fait que les invités d’un mariage préfèrent regarder jouer la sélection nationale à la télévision plutôt que de festoyer. En même temps, qui n’a jamais eu envie de fuir la table d’une fête interminable lorsqu’il ou elle était môme ?

Didier

Vous l’avez compris, despelote vaut surtout pour son histoire. Néanmoins, puisqu’il s’agit d’un jeu vidéo, il nous faut désormais aborder la façon de jouer à cette expérience narrative. Les développeurs nous permettent d’incarner le jeune Julián en vue subjective. Les déplacements avec la manette sont assez intuitifs et permettent d’aller explorer librement de nombreux lieux de Quito.

Toutefois, le point noir du gameplay réside dans les manipulations que l’on peut effectuer avec notre personnage. Il est possible d’interagir avec certains objets comme des affiches ou d’attraper un chat afin de le caresser, mais les contrôles sont peu précis. Si nous pouvons pardonner cela pour les éléments précédemment cités, le côté brouillon est bien plus regrettable en ce qui concerne les phases avec un ballon de foot. Lorsque Julián rejoint une partie avec d’autres enfants, les commandes donnent de nouvelles possibilités pour diriger les pieds de notre héros. Ainsi, tirer un joystick vers l’arrière permet une force de frappe plus ou moins puissante dans la balle. Malheureusement, en plus du caractère répétitif de cette action, le manque d’optimisation frustre très rapidement.

Pique-nique gâché

Cela se vérifie lorsque l’on trouve un petit défi à relever au détour d’une ruelle. Par exemple, nous avons découvert un endroit où de jeunes enfants cherchaient à tirer dans des bouteilles en verre placées tout en haut d’un mur. Honnêtement, nous avons dû nous y reprendre à une vingtaine de fois pour réussir à toucher notre cible et voir le résident de l’immeuble du dessus nous injurier depuis son balcon. C’est d’autant plus dommage que le jeu regorge d’interactions à découvrir en effectuant une action avec le ballon rond, mais nous vous souhaitons bon courage pour toutes les réussir !

Les seigneurs

Depuis quelques paragraphes, vous avez probablement remarqué que les images issues du jeu sont très particulières. En effet, la direction artistique de despelote mélange deux styles extrêmement différents qui offrent un rendu graphique unique. Commençons par évoquer les environnements colorés. Réalisés à partir de photographies de Quito, ils dégagent une impression assez réaliste malgré le côté poussiéreux de certains éléments. Les bâtiments, les arbres, les voitures et même les individus pixelisés semblent authentiques et permettent une plongée plus vraie que nature dans l’environnement. Le travail fourni mérite d’être salué, surtout pour un jeu indépendant !

À mes risques et périls

Ces décors figés contrastent nettement avec les figures crayonnées qui insufflent de la vie à l’écran. Les amis et la famille de Julián se distinguent notamment par leurs expressions faciales. Les traits sont assez simples, mais plutôt charmants, et ne sont d’ailleurs pas sans rappeler les dessins que nous faisions à l’école. Là encore, les deux styles visuels participent à accentuer la dualité enfance/âge adulte que nous décrivons depuis le début du test.

Qui n'a jamais fait ça avec sa petite sœur ? (Pardon Charlène)

Une exception est à noter. Dans les rues de Quito, il existe de nombreux magasins qui ont des téléviseurs dans leur vitrine. Quand on passe devant eux, les écrans s’allument et retransmettent de réels extraits des matchs qualificatifs de 2001. Bon, cela reste en noir et blanc, avec de gros pixels un peu partout, mais c’est toutefois nettement plus clair que ce que l’on pouvait tenter de voir sur une certaine chaîne cryptée au début des années 2000. Voilà une référence qui montre que je suis devenu bien vieux…

La main de Dieu

Nous ne l’avons pas encore évoqué, mais les commentaires faits par Julián ne sont disponibles qu’en langue espagnole. Heureusement, despelote bénéficie d’un sous-titrage en français d’une qualité satisfaisante. Cela permet, entre autres, de bien suivre les nombreux échanges animés entre les membres de la famille Cordero. Autre bonne nouvelle, les différentes musiques et sons présents à l’intérieur du jeu ont été enregistrés à l’intérieur de la capitale équatorienne, ce qui donne un cachet supplémentaire aux sorties dans Quito.

Une soirée parfaite en famille

Les puristes du ballon rond virtuel seront ravis d’apprendre qu’il existe un jeu d’arcade très old school dans le salon de Julián. Tino Tini’s Soccer 99’ a le mérite de proposer de véritables parties vidéoludiques de football, mais il ne faut pas en attendre trop non plus. D’abord parce que les commandes sont aussi imprécises que celles du reste de despelote, ensuite parce-que les graphismes n’aident vraiment pas à bien comprendre toutes les actions qui s’y passent. Enfin, et surtout, parce que ces sessions sont scriptées et qu’il est impossible de lancer un match à n’importe quel moment de l’aventure.

Fifa 88

C’est d’autant plus dommage que l’intégralité des succès à déverrouiller concernent ce mini-jeu. Il faudra sans doute rejouer une seconde partie de despelote pour atteindre le 100 %, mais, puisque l’histoire se boucle en deux heures, cela ne reste pas très contraignant. Cette estimation est d’ailleurs un peu poussée par les chapitres dans lesquels Julián doit attendre un instant précis sur sa montre. Le manque de repères sur ce qu’il faut faire est parfois frustrant et donne la sensation d’allonger artificiellement la durée de vie. Tout le monde n’aime pas forcément les prolongations…

Testé sur Xbox Series S, code fourni par l’éditeur.

Le Bilan

On a aimé 

  • L’angle narratif avec lequel le jeu parle de football
  • Le style artistique unique réservant de jolies surprises
  • Le sous-titrage français couplé aux paroles en langue espagnole
  • L’imprécision des tirs avec les joysticks
  • L’obligation d’attendre, sans objectif clair parfois
  • L’impossibilité de lancer des parties libres de Tino Tini’s Soccer 99’

Conclusion du test de despelote

Le comble pour un gardien, c’est d’errer sans but…
Dès le coup d’envoi, despelote affiche ses ambitions offensives avec sa direction artistique décalée. Le mélange entre les décors semi photographiques et les personnages dessinés séduit instantanément. Malheureusement, l’équipe de développeurs ne concrétise pas suffisamment ses ambitions à cause de textures trop pixelisées dans certains environnements. En parallèle, une faute notable liée à un manque de souplesse du système de progression justifie la sortie d’un carton jaune. Le titre ne passe pas loin du rouge quand on analyse l’imprécision des tirs, cependant l’arbitre signale un hors-jeu. En effet, l’intérêt de l’expérience ne réside pas dans son gameplay ballon au pied, mais bel et bien au niveau de sa narration, puisque celle-ci offre un témoignage à la portée universelle. Ce récit satisfaisant permet donc au jeu de remporter une courte, mais précieuse, victoire dans notre petit cœur d’amateur de foot.

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despelote

Éditeur : Panic
Date de sortie : 01/05/2025

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