Test – Pilo and the Holobook – Une formule suffisamment adhésive

Ça scanne pour moi, ouh-ouh-ouh-ouh !
Que diriez-vous d’explorer une galaxie dans laquelle il n’existe aucun danger ? Nous pensons bel et bien à une région de l’espace sans la moindre créature maléfique, où même les plantes d’apparence carnivores espèrent seulement recevoir de tendres baisers. Ce voyage original, en toute décontraction, vous est proposé par les Français de chez Mudita Games avec leur premier titre intitulé Pilo and the Holobook. Comme vous l’avez deviné, il s’agit d’un jeu d’aventure adressé à tous les publics, notamment aux plus jeunes joueuses et joueurs. Le design dudit Pilo, notre héros anthropomorphique, rappelle d’ailleurs certaines figures vidéoludiques populaires dans les cours de récréation durant les années 90. Mais, ne lui dites surtout pas qu’il ressemble à un renard, car vous risqueriez de le fâcher ou, pire, de finir au pilori…

Planète 51
Alors qu’il descend de sa chambre en songeant aux cookies du petit déjeuner, Pilo fait la rencontre du professeur Chiron. En bon scientifique, ce dernier veut en apprendre davantage sur l’univers qui l’entoure et cherche, par tous les moyens, à parvenir à ses fins. C’est ainsi qu’il informe notre petit héros de sa nouvelle création : l’Holobook. Il s’agit d’une sorte d’encyclopédie moderne qui peut être complétée grâce aux découvertes faites lors d’expéditions galactiques. L’heure des grandes explorations approche donc à grandes pattes, mais, pour le moment, le livre est surtout rempli de pages blanches et il est difficile de lui trouver une quelconque utilité !

Pour aider Pilo dans sa quête (parce qu’un professeur émérite délègue les tâches ingrates à ses assistants, c’est bien connu !), Chiron explique qu’il existe une fonction scan à l’intérieur de l’Holobook. Ainsi, lorsque Pilo se promène dans une zone, il peut pointer le livre vers toutes sortes de choses afin de collecter quasi instantanément de précieuses informations. Et c’est peu dire qu’il va falloir analyser méticuleusement chaque environnement puisque n’importe quel arbre, animal, objet ou individu peut dissimuler une petite récompense.

En effet, lorsque le scan est terminé, l’Holobook va automatiquement générer un autocollant de l’élément analysé. À l’image de certains livres décoratifs, il revient alors au joueur de déterminer l’emplacement où il veut coller le sticker. Une petite touche de personnalisation sur laquelle nous reviendrons, mais qui plaira, à n’en pas douter, aux amateurs de loisirs créatifs. De plus, au fur et à mesure des découvertes, une jauge se remplit et permet de déverrouiller de magnifiques images des planètes visitées. Et autant vous prévenir que réussir à terminer une collection complète améliore nettement le rendu visuel de la vignette, avec un petit effet brillant assez chouette pour pouvoir se la raconter auprès de ses amis !

Ce concept mêlant exploration et complétion se révèle être assez amusant grâce aux différentes réalisations techniques des développeurs. Les planètes explorables bénéficient d’une direction artistique colorée, qui permet une recherche agréable des éléments à scanner. Par ailleurs, la caméra du jeu s’adapte automatiquement à la position de Pilo pour offrir une meilleure lisibilité au joueur. Ainsi, elle est très proche du héros à l’intérieur des zones étroites, comme sur le monde marécageux, tandis qu’elle élargit le champ de vision dans les espaces plus ouverts, notamment dans la région désertique de XOP-624.

Néanmoins, un paramètre peut ternir l’expérience des plus jeunes joueurs. Pilo and the Holobook ne propose pas de doublage de ses personnages. Les textes sont bien traduits en français mais ils se révèlent être assez nombreux. Or, les enfants qui commencent l’apprentissage de la lecture auront quelques difficultés à bien saisir toutes les instructions données par le professeur Chiron. Dommage pour un titre classé PEGI 3 ! Terminons ce tour d’horizon en indiquant que les bruitages qui accompagnent nos voyages sont assez sympathiques. Quant aux musiques, disons d’une manière métaphorique qu’elles sont aussi douces qu’un pyjama en pilou…
Scanners
Chaque nouvelle expédition débute sur la carte galactique présente au cœur du vaisseau spatial du professeur Chiron. Le joueur sélectionne ainsi l’une des planètes visitables pour y envoyer Pilo. Dès notre arrivée sur place, il s’agit de commencer à scanner tout ce qui est à proximité afin d’en apprendre plus sur le monde dans lequel nous nous trouvons. Concrètement, nous pouvons diriger le rayon dans toutes les directions autour du héros. Une image de l’objet visé apparaît un bref instant si celui-ci n’a pas encore été découvert. Dans le cas contraire, un petit logo vient indiquer que l’élément est déjà enregistré dans l’Holobook.

S’il s’agit d’un nouvel autocollant, l’image est alors immédiatement affichée sur l’écran du jeu. À cet instant, le joueur doit choisir l’emplacement où il doit coller le sticker. Il est possible de tourner le logo, de le réduire ou encore de le superposer avec une forme prédéfinie afin de gagner plus de points de connaissance. Certaines énigmes bien pensées demandent également un placement réfléchi des formes scannées afin de trouver d’autres secrets. Nous n’aurions d’ailleurs pas dit non à davantage de missions de ce genre…

Cette répétition d’actions identiques peut lasser assez rapidement les joueurs. En effet, le gameplay n’évolue pas énormément malgré les améliorations apportées à l’Holobook au fil de l’aventure. Par ailleurs, certaines pages du livre deviennent presque illisibles tant elles regorgent d’autocollants. Nous pensons, par exemple, à la double-page qui référence tous les éléments présents sur le vaisseau. Il y a plus d’une cinquantaine de stickers à trouver, ce qui ne laisse plus beaucoup de place pour les dernières images à coller. Nous aurions aimé pouvoir personnaliser davantage nos trouvailles, en les classant par catégories ou par formes. Cela aurait ajouté une dimension ludique supplémentaire pour les jeunes joueurs, qui passeront surement du temps à organiser la présentation de leur collection. C’est toujours mieux quand on est soi-même le pilote !
L’image manquante
L’histoire de Pilo and the Holobook se compose de quatre chapitres aux durées très inégales. Si les trois premiers suivent un schéma similaire, le dernier intervient comme un cheveu sur la soupe et précipite trop rapidement la conclusion. C’est d’autant plus dommage que le jeu ne possède pas une grande rejouabilité lorsque toutes les collections d’autocollants ont été complétées.

De notre côté, nous avons effectué deux parties entières pour une durée totale approchant les sept heures. La première session a permis de comprendre toutes les composantes du jeu, mais nous étions passé à côté d’un sticker manquable d’un personnage. Cela nous a poussé à relancer une aventure beaucoup plus rapide pour obtenir l’intégralité des autocollants, mais aussi des succès du jeu. Rien de bien long en somme, évitez donc de pilonner d’insultes les développeurs.
Petit bonus : nous nous sommes amusés à placer des mots commençant par PILO à l’intérieur de ce test. Bonne chance pour tous les trouver !
Testé sur Xbox Series S, code fourni par l’éditeur.
Le Bilan
On a aimé
- L’univers coloré et attirant du titre
- La recherche des différents autocollants
- Les petites énigmes qui exploitent le système de collage
On a moins aimé
- L’absence de doublage français pour les jeunes joueurs
- Le manque de place sur certaines pages de l’Holobook
- La fin du jeu surgissant trop rapidement
Conclusion du test de Pilo and the Holobook
Finalement, tout se goupil plutôt bien !
Au sein d’un univers vidéoludique prônant la castagne à tout va, Pilo and the Holobook offre une douce parenthèse comme on aimerait en rencontrer plus souvent. Le titre mêle habilement l’exploration de minuscules planètes à la recherche d’autocollants en tous genres afin de compléter une jolie collection. Toutefois, les pages de notre livre atypique se remplissent un peu trop vite et auraient sûrement mérité d’être mieux agencées pour les plus jeunes joueurs. Malgré cela, l’aventure a de quoi permettre de passer une petite poignée d’heures en toute décontraction, à moins d’être pilophobe !