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Test – Les Fourmis – Un joli rendez-vous en terre méconnue

Test – Les Fourmis – Un joli rendez-vous en terre méconnue
Le 4 novembre 2024
Le 4 novembre 2024

Pourquoi, pendant l’été, n’amassais-tu pas, toi aussi, des provisions ?

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Savez-vous que le temps de lire ces lignes, sept-cents-millions de fourmis seront nées sur la planète ? Cette information vertigineuse figure sur la quatrième de couverture du premier roman de Bernard Werber consacré à ces drôles d’insectes. Sorti en 1991, le livre rencontre un franc succès et voit alors son histoire s’étoffer grâce à deux suites. Cette trilogie littéraire est désormais une ressource incontournable pour toutes les personnes s’intéressant aux hyménoptères, bien qu’il y ait une grande part de fantastique dans ces récits.

C’est probablement cette spécificité narrative qui a poussé Tower Five à entreprendre l’adaptation du roman en jeu vidéo. Avec Les Fourmis (Empire of the Ants en langue anglaise), le studio français propose une aventure insolite plaçant les joueuses et les joueurs dans la peau d’un de ces petits insectes. L’expérience solo promet d’alterner des phases d’exploration et des combats stratégiques en temps réel au sein d’environnements photoréalistes. En outre, les développeurs ne sont pas arrêtés en si bon chemin puisqu’ils ont aussi implanté des modes en ligne à l’intérieur de leur titre. Nul doute qu’il y a donc de quoi libérer quelques phéromones avec ce menu fourmillant de belles idées…

La bataille du royaume secret

Vous n’imaginez pas tout ce que l’on peut trouver dans la forêt de Fontainebleau. D’ailleurs, il arrive fréquemment que ces découvertes soient plutôt inattendues…

Tenez, encore une grosse sphère abandonnée sous un chêne ! Elle semble creuse à l’intérieur, aucune utilité pour la colonie. La fourmilière doit continuer à prospérer et ce genre d’objet mystérieux peut représenter une menace. Comme si la présence des termites dans les environs ne suffisait pas ! Oh mais, serait-ce une poire que j’aperçois là-bas ? Miam miam !

Pratique d'avoir des antennes

Voilà le genre de réflexion que pourrait faire notre chère fourmi répondant au doux nom de 103 683e. Les développeurs de Tower Five ont décidé de centrer l’histoire du jeu autour d’une seule petite bête, probablement afin de ne pas déboussoler celles et ceux qui voudraient se lancer dans cette épopée très silencieuse. En effet, bien que les insectes communiquent entre eux durant l’aventure, il ne faut pas s’attendre à un quelconque doublage audio. Toutes les informations nécessitent de lire attentivement les cartouches qui s’affichent lors des cinématiques ou en interagissant avec une congénère. Attention aux yeux car les textes sont écrits en pattes de mouches !

Conversation au sommet

Vous l’avez compris, le concept fondamental est de présenter un quotidien plausible de la vie des fourmis. Cet objectif se calque évidemment sur le roman de Werber. Sachez toutefois que le jeu se concentre uniquement sur le monde des insectes. Ainsi, il n’est pas nécessaire d’avoir lu l’ouvrage pour comprendre les événements mis en scène. L’intrigue se veut accessible et permet de retrouver des petites bêtes mentionnées dans le livre, tout comme certains lieux.

C’est le cas de Bel-o-kan, une énorme fourmilière dont la grandeur lui confère le statut de principale cité de nos insectes préférés. La métropole des fourmis, avec sa forme conique emblématique, impressionne visuellement par sa taille. De véritables légions de fourmis entrent et sortent depuis ses innombrables tunnels. Le lieu se découvre assez rapidement au début de l’aventure, puis fait fonction de zone centrale d’où l’on peut lancer les premières missions par la suite. Nous y reviendrons…

Microcosmos

Il est impossible de poursuivre cette analyse sans évoquer la direction artistique du jeu. Les développeurs ont pris le parti de retranscrire le quotidien de ces insectes avec pragmatisme. Ainsi, un véritable travail de fourmi a été effectué pour concevoir des environnements visuellement impressionnants en s’inspirant de la somptueuse forêt de Fontainebleau. Les décors photoréalistes fourmillent littéralement de détails : on s’émerveille devant la beauté des écailles d’une pomme de pin ou encore en observant la couche de gomme d’un pneu perdu dans un marais. Les éclairages accentuent le rendu naturaliste. Ils offrent des variations de lumières qui évoluent en fonction des moments de la journée et même selon les saisons.

La limace et la fourmi

La faune n’est pas en reste puisque toutes les espèces animales bénéficient du même soin que celui apporté aux environnements. Les plus “grosses” bêtes de la forêt, comme les escargots, les libellules et les araignées, apparaissent régulièrement d’une façon majestueuse à l’écran. Quelques bruitages accompagnent leurs déplacements afin de révéler les sons que l’on n’entend jamais, nous simples humains, en se baladant dans ce milieu naturel. En ce qui concerne les fourmis, on aperçoit la précision de leurs détails lors des cinématiques. Mais le plus impressionnant s’observe durant les phases d’exploration, surtout lorsqu’on se trouve près des fourmilières. Il faut voir le nombre d’insectes qui grouillent un peu partout sans que cela n’engendre le moindre ralentissement du jeu !

Un paysage vertigineux

Avec Les Fourmis, les développeurs mettent également en lumière les problématiques liées à la biodiversité et à la pollution. La découverte de la forêt s’accompagne d’une dimension pédagogique du fait de la présence de déchets dans de nombreuses zones. On ne le rappellera jamais assez, cet écosystème est extrêmement fragile. L’activité humaine bouleverse le quotidien de toutes ces petites créatures, pourtant déjà assez dangereux en l’état…

Natür Therapy

Le joueur commence par diriger notre petite 103 683e à travers des niveaux s’apparentant à de la plateforme. En tant que fourmi, elle ne peut évidemment pas se déplacer à une grande vitesse, bien que la touche B de la manette permette de faire accélérer légèrement l’insecte à travers la végétation. Les gameurs pressés risquent déjà de grogner, mais patience et longueur de temps font plus que force ni que rage. Le bouton de saut, quant à lui, s’avère incontournable pour franchir de longues distances. En hauteur, depuis une fougère par exemple, il suffit de maintenir la pression afin de remplir la jauge et de bondir dans les airs.

Il faut impérativement guider la fourmi durant la chute, faute de quoi elle terminera fréquemment dans l’eau, qui représente l’un des deux dangers mortels du jeu. Et autant le mentionner directement, on périt à de nombreuses reprises durant les premières heures. Cela s’explique par le fait que la jauge de vie de notre héroïne diminue très rapidement en cas de menace, mais aussi et surtout à cause des petites imprécisions liées au gameplay.

Je ne veux pas prendre mon bain !

Tous les éléments solides de la forêt peuvent devenir des parois sur lesquelles on peut se déplacer. La gravité n’est pas la même pour les insectes et notre chère 103 683e se retrouve souvent avec la tête vers le bas. Dès lors, la caméra tente tant bien que mal de suivre la fourmi dans ces pérégrinations. Malgré tout, cela génère de grosses frustrations à l’intérieur de petits espaces comme des cavernes ou des tunnels. On se retrouve ainsi à reculer sans raison ou à ne plus voir notre personnage à l’écran.

Heureusement, afin de récompenser l’exploration, il existe des éléments à collecter un peu partout. Seuls les plus curieux découvriront tous les secrets de la forêt à travers des petites bribes explicatives. Le menu du jeu comporte une section destinée à recueillir les informations sur les animaux rencontrés, les objets analysés ou encore les monarques observés. Et bien que le château de Fontainebleau soit seulement à quelques encablures de Bel-o-kan, point de François Ier ou de Louis XIV, ici on parle de papillons !

Sortie nocturne

Une fois l’apprentissage du gameplay de base maîtrisé, les missions commencent à fleurir de-ci de-là près des fourmilières. Ces dernières sont reconnaissables grâce à un point d’exclamation jaune. La bonne nouvelle du jeu Les Fourmis vient du fait que les défis proposés varient fortement. On passe d’un sauvetage de sœurs fourmis proches de la noyade à une quête où il faut escorter un escargot dans un temps limité. Cette diversité appréciable entraîne cependant des écarts de difficultés importants. Tandis que la plupart des tâches se terminent en une dizaine de minutes, il nous est arrivé de passer presque trois quarts d’heure sur un niveau où il fallait repérer des lignes ennemies sans se faire détecter à Ta-yu-kan ! Il aurait été judicieux d’avoir des indications de temps avant de lancer une partie, surtout au regard de ces grandes différences.

La nuée

Nous avons des fourmis dans les jambes au moment d’évoquer les combats ! Ces affrontements en temps réel constituent un atout majeur du jeu, mais ils nécessitent un certain temps de prise en main avant de devenir intuitifs. Malheureusement, lors de la campagne solo, les différents aspects sont amenés d’une manière brouillonne. Essayons donc d’y voir un peu plus clair, d’autant que le système le mérite.

Les cités rattachées à Bel-o-kan sont menacées quotidiennement par les termites. De ce fait, certaines fourmis ont pour fonction de défendre le territoire face aux nuisibles. Et des missions, il y en a beaucoup durant l’aventure où il faut aller gérer des bataillons d’insectes afin de repousser les envahisseurs !

Les grandes méchantes du jeu

Sur le terrain d’un affrontement, il existe plusieurs nids. Notre équipe de fourmis possède un camp principal, tout comme les termites. La plupart du temps, l’objectif consiste à aller détruire le lieu adverse pour remporter la victoire. Néanmoins, les zones de jeu sont assez grandes, ce qui requiert de mettre au point différentes stratégies. Pour cela, miser sur la conquête des nids secondaires paraît être un choix judicieux. Cela permet notamment de mieux gérer ses troupes en prenant le contrôle de petites régions intermédiaires. Attention cependant car rien n’est jamais figé et les ennemis peuvent reprendre à tout moment un abri sous notre domination.

Un nid de contrôle

Une fois que l’on dirige un nouveau nid, il faut décider de son utilité. Pour cela, il suffit de placer 103 683e au centre de l’abri afin de faire apparaître une roue affichant les différentes actions possibles. La partie “légions” est celle qui consiste à choisir le type d’unités à créer. Il existe plusieurs types de combattantes chez les fourmis : les ouvrières, les artilleuses ou encore les guerrières. Chacunes d’entre elles sont reconnaissables par un code couleur sur le champ de bataille. Leurs caractéristiques offrent autant d’avantages que d’inconvénients, c’est pourquoi le choix au moment de la création est déterminant. Par exemple, les ouvrières sont fortes contre les artilleuses, mais faibles contre les guerrières. Notons qu’il est possible de contrôler cinq unités au maximum.

Un véritable capharnaüm

Afin de créer ces légions, il est nécessaire de disposer de ressources. Les fourmis ouvrières collectent, selon le choix du joueur, des morceaux de bois ou des champignons à proximité du nid. La décision se prend dans la partie “économie” de la roue. Là encore, diverses évolutions sont possibles : on peut par exemple augmenter la capacité de stockage des denrées. Cela peut avoir son utilité pour débloquer les options de la catégorie “information”. Les insectes ont des compétences insoupçonnées en cartographie et le fait de détenir un plan de la zone de combat est un avantage à ne pas négliger !

C'est la guerre !

L’onglet “défense” offre divers choix pour protéger le nid des hordes de termites. On peut opter pour une fortification en bois ou, si cela ne nous convient pas, pour des unités de garde. Nous tenons à préciser que, même après plusieurs heures de jeu, nous n’avons jamais pu déterminer quelles étaient les meilleures options défensives. Toutefois, la dernière partie “pouvoirs” est bien plus lisible et efficace pour les joueurs. Il s’agit de mettre à contribution les sens des fourmis. Grâce à leurs antennes, la communication entre insectes peut s’effectuer pour donner des avantages sur un temps limité. Par exemple, notre petite héroïne a la faculté de booster la vitesse de ses troupes en mouvement.

1001 pattes

Les combats de l’aventure solo sont assez bien dosés en termes de variété et de difficulté. Toutefois, si jamais cela ne vous suffit pas, le jeu Les Fourmis possède aussi des modes multijoueurs. Ces derniers sont accessibles depuis une zone forestière aux couleurs de l’automne au moment du test. Peut-être que cela changera en fonction des saisons.

Il existe trois modes en ligne. Le 1 contre 1 permet, comme son nom l’indique, d’affronter un autre joueur sur l’une des cartes découvertes dans l’histoire du jeu. Rien de bien original, mais les parties permettent réellement de progresser. En effet, après la victoire d’un camp, le tableau de fin de manche présente diverses statistiques. On peut alors comparer l’évolution des choix des deux gameurs de manière chiffrée, mais également grâce à leurs déplacements sur la carte. Idéal donc pour comprendre la stratégie d’un bon adversaire pour s’en inspirer lors d’une prochaine bataille !

Pas top l'empreinte carbone

Nous n’avons pas pu tester le mode 3 FFA qui fait s’affronter trois joueurs sur une même carte. Il n’y avait probablement pas assez d’adversaires disponibles puisque le jeu n’était pas encore sorti. Nul doute que cela offrira des joutes captivantes, d’autant que le crossplay est actif dans Les Fourmis. Une excellente nouvelle pour retrouver vos amis dans des parties personnalisables. D’ailleurs, il ne faut pas hésiter à changer les conditions météorologiques afin de comprendre que la vie d’une fourmi n’est pas simple, peu importe la saison !

Alors, si jamais vous accrochez au concept, le nombre d’heures risque de grimper très rapidement. Mais n’oubliez surtout pas d’aller faire une balade en forêt après plusieurs parties. Histoire de vous aérer et, qui sait, découvrir une énorme fourmilière…

Testé sur Xbox Series S, code fourni par l’éditeur.

Le Bilan

On a aimé 

  • Les environnements somptueux
  • La variété des missions à accomplir
  • Le niveau de difficulté des affrontements
  • Le multijoueur pour développer ses compétences
  • La petitesse des informations textuelles
  • La découverte fastidieuse du système de combat
  • Les problèmes de caméra dans les endroits exigus

Conclusion du test de Les Fourmis

Eh bien ! Si tu chantais en été, danse en hiver.
Après une dissection minutieuse du jeu Les Fourmis, nous pouvons en conclure que l’expérience dans la peau de ces insectes n’est pas piquée des hannetons. Les différents niveaux proposent une immersion au cœur de l’infiniment petit qui fait mouche. Nous avons même quelques papillons dans le ventre en songeant aux possibilités de combat offertes par les modes multijoueurs. Toutefois, les problèmes liés à la caméra mettent la puce à l’oreille concernant le public visé par cette aventure. Les instructions affichées sur l’écran ont une taille de guêpe et il est souvent difficile de réussir à se repérer correctement par manque de lisibilité. Nous préconisons donc le titre aux esprits curieux et patients, ou alors à celles et ceux qui ont un peu le bourdon !

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Les Fourmis

Développeur : Tower Five
Éditeur : Microïds
Date de sortie : 07/11/2024

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