Test - Ghostbusters : Spirits Unleashed - Le multijoueur asymétrique à son meilleur !

«La prochaine fois qu’on te demande si tu es un dieu, tu réponds oui !» , - 0 réaction(s)

La franchise des chasseurs de fantômes les plus célèbres de la pop culture revient une nouvelle fois sous le format vidéoludique après l’excellent Ghostbusters : The Video Game. Mais ici, oublions le format narratif vu précédemment et faisons place à un jeu multijoueur asymétrique mettant en scène l’affrontement entre humains et fantômes. Pour ce faire, c’est le studio fondé en 2007, IllFonic, qui s’est chargé du développement et de l’édition. Si leur nom vous est inconnu, ce n’est sans doute pas le cas des jeux auxquels ils ont apporté leur contribution, Evolve ou Friday the 13th : The Video Game en tête. Ils ont également développé en solo Predator Hunting Grounds. Le point commun entre tous ces jeux ? Nous sommes face à la même formule : une petite équipe doit affronter un adversaire bien plus fort qu’eux et en sortir victorieuse.

L’expérience accumulée dans ce genre bien particulier où l’équilibre doit être parfait permet-elle aux équipes de IllFonic de transformer cette saga légendaire en un bon jeu multijoueur ?

Pas besoin de 2.21 Gigowatts pour retourner en 1984

Dès le lancement, le fan service fait son entrée avec l’arrivée d’Ernie Hudson Aka Winston Zeddemore suivi de très près par la légendaire Ecto-1. L’ancien chasseur de fantômes va se déplacer dans un bâtiment en ruine se rénovant à chacun de ses pas jusqu’à nous faire profiter d’une vue d’ensemble nous dévoilant l’emblématique caserne de pompiers re-transformée en QG des SOS Fantômes pour l’occasion. Ensuite vient le tour de Dan Aykroyd, reprenant son rôle de Ray Stantz, dans une reproduction de sa librairie occulte accolée à la caserne pour l’occasion. Réel hommage ou besoin de légitimité, celui-ci va introduire le propos qui, disons-le tout de suite, n’a aucun intérêt comme tout le reste de l’histoire mais nous y reviendrons.

Si les personnages mythiques respectent bien leur rôle, les nouvelles têtes, en revanche, ne sont qu’un amas de caricatures. Eddy se paye même le luxe d’être carrément un insupportable prétentieux.

Nous ne sommes pas les premiers à se mettre en tenue ici.

Cette mise en bouche terminée, nous avons la possibilité de nous balader, non sans plaisir, dans la caserne qui servira de hub central, rempli de clins d’œil nous permettant de réaliser virtuellement un rêve de gosse mais qui va aussi nous proposer divers éléments sur lesquels s’attarder entre les parties, si l’on souhaite rester compétitif. Commençons le tour du propriétaire avec les vestiaires permettant la customisation de notre personnage. Il nous est donné la possibilité de choisir le sexe, la corpulence, les cheveux, de modifier les traits de notre protagoniste ainsi que ses vêtements, où l’on peut modifier la couleur de la plupart de ses élèments. Si au début le choix est restreint, les récompenses obtenues en augmentant notre niveau nous apportent de nombreux objets cosmétiques ou couleurs de cheveux afin de rendre notre héros unique.

Non loin de là, dans le QG, un tas de dossiers proposant des activités secondaires est présent. Il permet en réalité, comme tous les jeux multijoueur du moment, de remplir des objectifs hebdomadaires, quotidiens, ou à durée illimitée, certains dédiés aux chasseurs et d’autres aux fantômes, permettant ainsi d’engranger une grande quantité d’expérience et de nouveaux cosmétiques. Les défis proposés sont, de plus, un bon entraînement afin de maîtriser complètement les éléments de gameplay. C’est notamment le cas des contrats de recherche qui ne se débloquent qu’à partir du niveau vingt et, là encore, il faudra atteindre le niveau d’équipement requis afin de remplir le challenge.

En réalité, tous les codes que l’on retrouve dans les très populaires Season Pass sont présents mais ici, tout est gratuit, sans volonté de passer à la caisse. Le jeu étant payant, cela nous paraît normal mais nous avons tout de même l’impression d’être face à un OVNI tant il est devenu rare de pouvoir débloquer l’intégralité de ce que propose un jeu en ligne sans débourser un centime de plus que le prix du jeu. Si les développeurs ont la bonne idée d’apporter un suivi constant au titre, nous ne doutons pas qu’il trouve son public.

Un peu plus loin, une télé diffuse le symbole des Ghostbusters à la manière d’un certain écran de veille Windows. Elle nous permet de visionner à loisir les cinématiques des six chapitres que propose Spirits Unleashed. Autant vous dire qu’au vu du peu d’intérêt que représente l’histoire de ce dernier, nous n’avons jamais utilisé cette possibilité. On a vraiment l’impression que celle-ci a été écrite afin de justifier le prix d’achat, mais elle est malheureusement plus ridicule qu’autre chose et n’a que le bon goût de faire référence encore plus au lore et aux acteurs absents.

J’ai pensé à un machin inoffensif...

Pour finir avec le tour du propriétaire, deux établis identiques sont disponibles afin de perfectionner notre équipement dans le détail en fonction des besoins. Chaque item disposant d’un niveau qui lui est propre, il sera essentiel, après quelques parties, de revenir ici afin de se maintenir au niveau des autres joueurs.

En ce qui concerne les fantômes, il est également possible de choisir différents éléments de customisation pour les cinq archétypes déblocables, chacun ayant des stats et capacités qui leurs sont propres, changeant ainsi notre façon d’aborder les situations. Une fois trouvé la classe qui vous convient le mieux, des skins uniques sont proposés avec un pouvoir différent, privilégiant l’attaque ou la fuite.

Il est temps pour nous d’aller casser du fantôme.

Je suis avec Venkman. Il s’est fait engluer.

Disponible en crossplay, une option permet de faire entendre sa voix uniquement en appuyant sur une touche, ce qui évite la pollution sonore habituelle dans les jeux multijoueur. Il existe également des options pour les daltoniens et les malvoyants. Ces détails réglés, notre première partie, faisant office de tutoriel, se joue avec des bots dans le seul mode disponible au lancement du jeu : les chasseurs doivent trouver et détruire les trois failles éparpillées dans le niveau et capturer dans les règles de l’art le fantôme tandis que ce dernier aura pour objectif de hanter les lieux par tous les moyens à sa disposition afin de mettre en fuite ces nuisibles d’humains.

Côté sac à viande, le gameplay se veut classique et sans innovation majeure, mais maîtrisé et nous mettant parfaitement dans la peau de ce que l’on s’imagine en contemplant les films. Nous avons à notre disposition tout l’arsenal déjà vu dans la saga afin de capturer l’entité démoniaque ravageant les lieux. Pack a proton, psycho-tensiomètre, piège à fantôme. Le tout est parfaitement retranscrit. Détruire les éléments du décor avec le rayon de capture est vraiment satisfaisant en plus d’être utile en empêchant notre ennemi de s’y cacher et en nous faisant gagner des points d’expérience en fin de partie. Débusquer les brèches et le fuyard grâce à nos outils nous immerge parfaitement dans l’expérience et plus le temps passe, plus la tension se fait ressentir.

La coopération sera de mise afin d’atteindre les objectifs de l’équipe et, pour cela, il nous est possible de placer une punaise, par simple pression du joystick, aux endroits importants ou sur l’adversaire afin d’avertir nos alliés de sa présence. Jouer ensemble va s’avérer essentiel tant il est difficile de capturer un ectoplasme seul. La lenteur avec laquelle nous lançons le piège nous oblige à travailler ensemble car en agissant seul, même en étourdissant le fantôme grâce à la décharge de notre psycho-tensiomètre, celui-ci aura tout le temps de nous engluer et se dépatouiller de cette paralysie. Heureusement nos collègues peuvent rapidement nous sortir de ce mauvais pas.

Ce petit père ne nous quitte jamais.

D’autres accessoires vont nous permettre de réussir notre traque. Si au début nous n’avons que le grappin permettant d’atteindre aisément les étages, nous débloquons rapidement des grenades libérant un gaz ralentissant notre némésis. Ces éléments sont modifiables et rechargeables à tout moment grâce au chariot d’équipements disponible dans tous les niveaux. Pour l’instant il n’existe que quatre items secondaires. À voir si d’autres nous seront proposés par la suite.

En fonction de nos exploits et de l’utilisation de notre matériel, la fin de partie nous montre l’XP engrangée. Après quelques niveaux ainsi obtenus, il est intéressant de retourner à la caserne afin d’améliorer l’équipement, changer de tenue et lire les coupures de presse trouvables dans les différents niveaux. Ces dernières n’apportent rien si ce n’est quelques clins d’œil ou mises en perspective à la différence des champignons permettant d’obtenir un peu plus d’expérience.

Super ! Garde m’en un échantillon

Repartons dans le multijoueur mais cette fois nous utilisons l’option Préférence d’équipe afin d’être désincarné. Si le choix entre chasseur, fantôme ou peu importe n’est pas gravé dans la roche, le jeu essaiera tout de même de respecter notre volonté.

Le monde des esprits s’offre à nous !

Les premières parties du côté des forces du mal sont grisantes, les contrôles sont agréables et la prise en main très facile. Devoir effrayer les badauds ou hanter les lieux pour les voir se recouvrir de slime en cas de réussite est d’une rare satisfaction. En revanche, nous sommes lâchés dans le bain sans une once de tutoriel côté spectres, ce qui nous assure quelques défaites très rapides et une incompréhension sur comment mener à bien notre objectif.

Nous sentant un peu dépassés après ces premières parties sans trop d’explications, nous nous lançons dans la lecture des manuels de formation disponibles dans le hub, tant côté fantômes que chasseurs. Passage qui se révèle obligatoire tant nous nous rendons rapidement compte au fil des parties que, s’il est facile à jouer, le jeu se veut difficile à maîtriser. Finalement nous comprenons que faire fuir un civil en l’attaquant nous permet d’augmenter de cinq pour cent le niveau de frayeur général. Hanter des objets s’avère efficace pour brouiller les pistes mais pas seulement. Plus le nombre d’objets hantés devient élevé, plus le lieu sera contrôlé rapidement. Cela nous récompense d’un bond de quinze pour cent sur notre objectif général.

Mais tout cela coûte de l’énergie, rechargeable rapidement en se cachant dans un objet tout en restant immobile. Il nous faut donc trouver le bon équilibre pour hanter rapidement les lieux sans se faire capturer par nos adversaires, car les failles où nous pouvons réapparaître sont limitées et chaque résurrection provoque la destruction de l’une d’entre elles. Si elles sont placées aléatoirement en début de partie, nous vous conseillons de rapidement les déplacer afin de mieux les cacher, les niveaux regorgeant d’endroits plus ou moins visibles et accessibles.

Si les deux camps sont vraiment sympas à jouer, il est tout de même recommandé de jouer avec des amis, le crossplay permettant de jouer ensemble même avec des machines différentes. En effet, en lançant une partie seuls dans son coin, le système de recherche peut nous faire tomber dans une équipe d’inconnus de niveau trente avec un équipement trop faible face à un joueur fantôme de niveau cent et, dans ces cas-là, les chances de victoire sont extrêmement minces, tant la coopération et le timing seront importants. La possibilité nous a également été donnée de jouer avec uniquement des bots. Si ce mode permet de monter les niveaux et de débloquer plus facilement les succès du jeu, son intérêt s’arrête là tant la victoire est assurée.

Ne jamais croiser les effluves

L’autre réussite du titre est son level design. Même s’il n’y a pour le moment que cinq niveaux, nous éprouvons beaucoup de plaisir à fuir ou chasser, tant les possibilités offertes pour jouer des tours aux chasseurs ou tendre des embuscades aux fantômes sont nombreuses. Les effets du pack à proton sont parfaitement retranscrits et nous regrettons seulement de ne pas voir les traces de brûlures s’afficher aux murs comme c’était le cas dans le jeu de 2009.

Les thèmes musicaux sont repris et le doublage des héros est assuré par les acteurs eux-mêmes. En revanche, aucune version française n’est présente ; il faut se contenter des sous-titres concernant notre langue. Les menus demeurent brouillons et mériteraient d’être améliorés. Nous avons même repéré des problèmes d’affichage pour les mots comprenant un accent.

Le rayon à particules est esthétiquement réussi.

Techniquement, le titre est fluide et ne saccade pas, même lorsqu’un grand nombre de particules est affiché à l’écran. Mais il n’est pour autant pas exempt de bugs et nous avons carrément perdu une partie en tant que vilain lorsque le déclenchement de notre capacité ultime a figé notre personnage sans que rien ne se passe, permettant aux chasseurs de tendre gentiment leurs pièges.

Outre ces quelques désagréments, le titre saura conquérir les fans de la première heure ou les joueurs recherchant un titre multijoueur équilibré qui ne nous oblige pas à passer à la caisse tous les trois mois pour profiter de son contenu.

Testé sur Xbox Series X

Bilan

On a aimé :
  • Les éléments tous déblocables en jeu
  • Les deux camps funs à jouer
  • L’ambiance des films parfaitement respectée
  • L’impression de s’améliorer à chaque partie
  • La caserne
  • La difficulté à s’arrêter de jouer
On n’a pas aimé :
  • Une histoire sans grand intérêt
  • Un apprentissage à la dure
  • Un possible déséquilibre dans le niveau des équipes
Eh ben dis donc mes roses elles vous ont fait de l’effet !

Ghostbusters : Spirits Unleashed nous a clairement convaincus. Rares sont les jeux asymétriques où être dans l’une ou l’autre équipe nous laisse autant indifférents tant les deux sont agréables à jouer. Tout ce qui fait de la saga un mythe est présent, nous plongeant totalement dans l’expérience au point où il en devient difficile de s’arrêter tant les parties s’enchaînent avec fluidité. L’absence de contenu payant est une vraie bonne surprise en 2022 et le plaisir de modifier son équipement ou son fantôme entre les parties nous pousse à retourner rapidement en chasse afin d’expérimenter de nouvelles stratégies. Les parties sont rapides mais intenses et si nous vous conseillons fortement de monter une solide équipe afin d’en profiter pleinement, jouer seul reste tout à fait envisageable grâce aux outils mis à notre disposition. Un très bon point pour la licence des chasseurs de fantômes. Espérons que le suivi soit à la hauteur du lancement.

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Ghostbusters : Spirits Unleashed

Genre : Action

Editeur : Columbia Pictures Industries

Développeur : IllFonic

Date de sortie : Q4 2022