Test – Skullgirls

A travail égal, salaire égal
Une petite fraîcheur vidéoludique vient de s’installer sur le Xbox Live et compte bien bousculer le monde des jeux de baston, il s’agit de Skullgirls : un jeu de combat en 2D complètement déjanté, le tout nouveau titre développé par Reverge Labs. Ses concepteurs, sûrement las de la répétitivité insolente des plus récents jeux de combats, ont eu à cœur de produire un titre indépendant aux mécanismes de jeu repensés, appuyés par un style graphique très cartoon, qui apporte en toute logique un dynamisme non négligeable. Pari gagné ?
Showgirls

L’histoire prend place dans le royaume de Canopy, actuellement soumis au chaos par la présence de la Skullgirl, un personnage hanté par un artefact maléfique, le « Skull Heart », qui permet à n’importe quelle femme d’exaucer ses vœux. Un tel objet attise forcément les convoitises de chacun, ou pourrait-on dire ici, de chacune : le but de ces filles est de récupérer ce fameux artefact.
Peu de personnages sont disponibles au début du jeu : au nombre de 8, ces combattantes ont toutes un style de combat très différent et pour le moins original, avec par exemple Peacock, sortie tout droit d’un dessin animé d’avant-guerre, qui vous balancera à la figure quantité de projectiles improbables ou encore Parasoul, à la tête de l’armée de Canopy, elle pourra s’aider de snipers tout en vous tabassant avec son parapluie, la grande classe. Autre personnage intéressant, Ms. Fortune, qui n’hésitera à vous balancer sa propre tête en pleine poire pour vous occuper ou, comble de l’absurde, vous enfermer dans une pelote de ligaments pour jouer avec… Oui, bizarre est le maître mot dans ce jeu et ce n’est jamais désagréable, bien au contraire, c’est ce qui donne un style propre au titre, doté de graphismes entièrement dessinés à la main avec une animation au top pour un soft présenté en haute définition. En parlant de graphismes, une large palette de couleurs est utilisée et toujours de façon subtile de manière à ne pas trop exciter les yeux, avec des décors animés et des filles élégantes à souhait. A noter que plusieurs personnages feront par la suite leur apparition dans le jeu sous forme de DLC, parfois même masculins, deux recrues supplémentaires sont d’ores et déjà annoncés prochainement.
Trèves de flatteries

Alors un beau jeu, une belle animation, inventif ou encore original sont des qualificatifs qui décrivent parfaitement le jeu. Il y a cependant un terme essentiel qui ne risque pas de souffrir d’éloges dans ces lignes : jouabilité. Skullgirls perd toute son aura dès lors qu’il s’agit de jouer pour cause de difficulté excessive et il faut l’avouer, c’est un sacré handicap. La prise en main n’est vraiment pas intuitive du tout et il vous faudra passer pas mal de temps sur le didacticiel, pour peu que vous soyez capable de le finir… Il faudra toujours penser à régler la difficulté en facile si vous avez dans l’idée d’enchaîner quelques combats. C’est typiquement le genre de jeux de combat où les plus belles actions sont celles de vos ennemis : pour tenter de les reproduire, munissez-vous de patience et d’un trèfle à quatre feuilles pour essayer de tomber par hasard sur la technique qui tue, la liste des coups n’étant même pas disponible. Il est vraiment dommage quand on voit le soin apporté à la réalisation de bêtement finir par matraquer tous les boutons pour tenter de produire quelque chose d’efficace. Il n’est peut-être pas utile d’enfoncer le clou plus que prévu, certains enchaînements finissent par rentrer et on se plaît parfois à latter ses ennemis avec efficacité mais les défaites successives empêchent clairement de prendre plaisir à jouer et si le plaisir n’est même plus au rendez-vous, on se réoriente vite fait vers un autre jeu, tant pis pour les jolies filles…

Plusieurs modes sont disponibles : le mode histoire permet de suivre une aventure propre à chacune des filles, certains personnages étant plus ou moins liés, de près ou de loin, avec toujours des revendications différentes… Non, vraiment rien de subtil malheureusement et horriblement court, seulement 3 combats, un duel à 2 contre 1 et le boss final, l’actuelle Skullgirl. Celle-ci ne possède que des attaques à distance, extrêmement variées et difficilement parables pour certaines, il faudra donc faire le choix de rester éloigné et bloquer ou éviter les projectiles en tout genre, ou bien se coller et balancer un maximum d’attaques au corps à corps… La pleine maîtrise d’un personnage peut amener un surplus de stratégie pour le combat final, sans ça c’est encore une fois votre patience qui sera testée : combien de temps allez-vous encore résister à l’agaçante musique du dernier stage et supporter de lire cet énervant « encore performance ? ».
En plus du mode histoire on trouve un mode arcade qui permet des affrontements en équipe de 3 maximum, un mode versus en local ou en ligne avec classement, le minimum syndical en somme.
Et à part ça ?

Et bien à part ça, ce titre bénéficie d’une musique soignée, qui donne cette identité propre au jeu avec ses thèmes jazzy. La musique du générique de fin vaut la peine de tendre de l’oreille et est au moins une bonne raison d’aller au bout de l’histoire. Un gros point noir du jeu, qui n’est ni technique, ni graphique, vient de la traduction française au rabais. On a encore rarement vu ça dans les jeux vidéo et aucun des rédacteurs que nous sommes ne peut apprécier les textes parfois catastrophiques proposés ; bien que passables pour les scénarios, ces derniers peuvent vraiment poser problème lorsque l’on s’essaye au didacticiel, les explications des mécanismes de combat étant déjà assez hasardeuses dans le jeu original. Mention spéciale pour le « encore performance ? » en lieu et place du traditionnel « continue ? » présent depuis toujours dans les jeux de combat.
Le Bilan
On a aimé
- Le design des personnages
- L’ambiance sonore dans une moindre mesure
- L’originalité des coups possibles
On a moins aimé
- Une difficulté extrême
- La traduction française vraiment honteuse
- Le boss surpuissant
- Aucune liste de coups disponible
Conclusion du test de Skullgirls
Pari perdu…
On parle parfois de jeux moyens à potentiel gâché, Skullgirl est un jeu gâché à potentiel moyen. Promis comme un titre abordable pour les néophytes, il se prédestine uniquement aux fans les plus ardus du genre combat en 2D, impatients de retrouver la difficulté proposée par certains jeux des années 90. Les débutants comme les joueurs occasionnels ne seront pas retenus par son ambiance cartoon ou sa musique trépidante tant le jeu souffre du manque de contenu original ; ce n’est qu’un simple jeu de baston dans un univers décalé. Un jeu très décevant qui ne parviendra pas à convaincre malgré ses futurs personnages annoncés prochainement en DLC.