Test – Post Trauma – Une ambiance glaçante à la Silent Hill

Un bon potentiel, mais aussi des défauts
Dévoilé lors de la Gamescom 2023, Post Trauma avait attiré notre attention dès ses premiers trailers tant il semblait prometteur. Développé par le studio indépendant Red Soul Games et publié par Raw Fury, ce survival horror puise son inspiration dans les grands classiques du genre, tout en proposant une expérience singulière et immersive.

On peut dire que l’attente de Post Trauma a été longue. Après deux reports, le titre est enfin disponible depuis le 22 avril dernier sur Xbox Series X|S, PlayStation 5 et PC. Il se veut un véritable hommage aux codes du survival horror et distille une touche de nostalgie, tout en adoptant une approche moderne qui pourrait bien ravir les amateurs de frissons. Reste à voir si nos premières bonnes impressions vont se confirmer.
Le terminus de l’horreur

Pour espérer survivre, Roman va devoir explorer cet inquiétant monde inconnu afin de le comprendre, affronter des créatures terrifiantes et résoudre des énigmes tortueuses. Mais plus il avance, plus la frontière entre cauchemar et folie s’efface. Quels sombres secrets se dissimulent dans ce lugubre univers et jusqu’où devra-t-il aller pour réussir à s’en échapper ?
Un survival horror rétro revisité
Post Trauma se joue à la troisième personne, ce qui permet de mettre l’accent sur l’exploration et la réflexion. Le protagoniste doit fouiller chaque recoin de son environnement pour dénicher des ressources, des moyens de défense et des indices afin d’élucider des énigmes et de poursuivre l’aventure. Chaque découverte s’avère essentielle à sa survie et il faut donc être attentif au moindre détail.

Muni de sa lampe de poche, Roman peut éclairer les zones sombres pour examiner les lieux avec plus de précision. Des icônes à l’écran nous indiquent les interactions possibles : un œil pour scruter un élément de plus près et une porte pour signaler celle qui peut être ouverte. Cette approche simple et intuitive renforce l’immersion de façon classique.
Notre héros peut esquiver les attaques ennemies en se déportant, courir et recharger son arme, des mécaniques classiques mais indispensables à sa survie. Côté combats, il dispose de quelques armes à feu (pistolet et fusil à pompe) et armes blanches (marteau, épée, barre à mine). Fidèle aux codes du genre, le jeu impose une gestion rigoureuse des munitions qui sont en nombre limité et qu’il faut donc utiliser judicieusement. Chaque affrontement doit être soigneusement anticipé, le joueur est invité à privilégier l’esquive ou l’approche furtive quand cela est possible.

Post Trauma c’est aussi beaucoup d’énigmes à résoudre ! Parmi elles, certaines peuvent se révéler exigeantes, voire déroutantes, et le jeu ne fournit aucune indication. C’est au joueur d’inspecter son environnement avec attention, tout en faisant preuve de logique et d’observation pour deviner les actions à réaliser. Si les premières énigmes paraissent faciles, la difficulté augmente progressivement et certaines d’entre elles constituent un bon défi. Il faudra ainsi trouver des codes pour déverrouiller un cadenas ou une porte, entrer des mots de passe sur un ordinateur pour accéder à des fichiers, interpréter des symboles mystérieux ou encore décrypter d’étranges dessins.

Une ambiance glaçante très immersive
Dès les premières minutes, le jeu instaure une ambiance à la fois énigmatique et envoûtante, dans laquelle l’intrigue oscille habilement entre surnaturel et horreur. On est plongé dans un monde cauchemardesque et on perçoit très vite les influences évidentes et assumées de grands noms du genre, tels que Silent Hill et Resident Evil, tant les similitudes sont frappantes, et ce pour notre plus grand plaisir.

Au-delà de son ambiance stressante, Post Trauma se distingue par la qualité remarquable de son design sonore, véritable atout du titre. Chaque bruit est méticuleusement travaillé, aussi bien le martèlement de la pluie sur les vitres, que le tintement des pas lourds et inquiétants des créatures qui résonnent avant même qu’elles n’apparaissent ou que les râles et cris sinistres des monstres… Tout est conçu pour offrir un réalisme saisissant, qui intensifie la tension et l’immersion et, pour couronner le tout, quelques jump scares bien placés viennent encore accentuer l’effroi. C’est pourquoi nous vous recommandons vivement de vivre cette aventure avec un casque, afin de ressentir pleinement toute la puissance de cette atmosphère sonore terriblement glaçante.

Par ailleurs, la résolution des énigmes s’intègre naturellement au récit et contribue aussi à l’immersion. Dans l’ensemble, celles-ci sont variées et stimulantes, mais elles peuvent aussi ralentir la progression, quitte à nous bloquer en cas d’échec. Certaines sont assez ardues et offrent un bon challenge, mettant à l’épreuve notre sens de déduction et de persévérance. N’hésitez pas à vous munir d’un papier et d’un stylo pour noter les indices, cela vous facilitera la tâche en vous épargnant de nombreux allers-retours.

Quand Post Trauma joue avec nos nerfs
Malheureusement, l’un des points faibles du titre réside dans la rigidité de son gameplay. Les déplacements sont lourds et patauds, rappelant les mécaniques des jeux rétro. Cette sensation se fait particulièrement ressentir lors des combats, la lenteur et l’imprécision des mouvements rendant les affrontements délicats, pas des plus palpitants et, de ce fait, un peu frustrants. Il n’est en effet pas rare de mourir bêtement parce que l’on ne s’est pas bien positionné face à l’ennemi, par exemple. Ce défaut devient encore plus flagrant quand on utilise les armes à feu, le verrouillage de cible devenant alors essentiel pour éviter de rater sa cible et de gaspiller ses précieuses munitions.

Visuellement, les graphismes sont corrects, sans être impressionnants. On note également quelques imperfections qui ternissent l’ensemble, comme des textures qui popent, des scintillements occasionnels et des bugs de collision fréquents, par exemple quand Roman traverse les portes des armoires ou quand les créatures se fondent dans les murs. Ce manque de finesse visuelle contraste avec l’atmosphère travaillée, ce qui atténue quelque peu l’impact global du titre.
Si la caméra fixe joue un rôle essentiel dans l’atmosphère, elle peut aussi parfois se montrer capricieuse, surtout dans les angles, entraînant une perte de visibilité qui complique l’exploration. Cette contrainte peut même être en notre défaveur à l’occasion d’une rencontre imprévue avec un ennemi hors champ, ajoutant un peu de tension.
Enfin, certaines énigmes complexes et peu intuitives peuvent aussi décourager certains joueurs. Parmi elles, certaines nécessitent de nombreux essais avant d’être résolues, ajoutant une difficulté supplémentaire qui, selon la patience et la ténacité du joueur, peut être perçue soit comme un défi stimulant soit comme une source de frustration.

Par ailleurs, le bestiaire souffre d’un manque de diversité. On aurait aimé découvrir une plus grande variété de créatures, d’autant plus que l’univers du jeu s’y prête à merveille. Hélas, on se rend vite compte que l’on croise souvent le même type d’ennemis, ce qui peut rendre les affrontements répétitifs et limiter l’effet de surprise.

En moyenne, il faudra compter entre huit et dix heures pour terminer le jeu et débloquer l’une des deux fins alternatives, en fonction de votre capacité à résoudre les fameuses énigmes.
Testé sur Xbox Series X, code fourni par l’éditeur
Le Bilan
On a aimé
- L’ambiance angoissante et stressante
- Les influences de Silent Hill et Resident Evil
- La diversité des énigmes
- Le récit intrigant et surnaturel
- Les plans de la caméra
- Les décors détaillés aux effets de lumière réussis
On a moins aimé
- La rigidité du gameplay
- Les bugs de collision
- La caméra parfois capricieuse
- Le bestiaire peu varié
- L’absence de version française
- Certaines énigmes ardues
Conclusion du test de Post Trauma
Un hommage aux grands classiques
Post Trauma s’en sort plutôt bien, porté avant tout par son ambiance à la Silent Hill et son univers sordide et intrigant, sublimé par un design sonore de qualité. Toutefois, la rigidité du gameplay, la caméra parfois capricieuse, le bestiaire limité et les quelques soucis de textures et de scintillements, ainsi que les bugs de collision viennent ternir l’expérience. Malgré ces défauts, le titre reste une expérience immersive qui sait jouer sur son ambiance oppressante pour captiver les amateurs de frissons. Cependant, au vu de son modeste tarif (15 euros), il reste une proposition honnête.