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Test : Towa and the Guardians of the Sacred Tree – Un jeu audacieux sur le papier, mais…

Test : Towa and the Guardians of the Sacred Tree – Un jeu audacieux sur le papier, mais…
Le 3 octobre 2025
Le 3 octobre 2025
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Le roguelite isométrique n’a plus beaucoup de secrets pour les joueurs depuis qu’Hades en a fixé la barre très haut. Dans ce cadre bien établi, rares sont les productions qui osent s’aventurer hors des sentiers battus. Towa and the Guardians of the Sacred Tree fait partie de celles qui tentent l’expérience. Avec ses mécaniques inédites, son système de duo et son univers coloré, le titre affiche une ambition sincère. Il propose une alternative au genre en y injectant une dimension émotionnelle et narrative plus marquée. Mais, cette audace est-elle maîtrisée ?

De bonnes idées, noyées dans la répétition

Le scénario met en scène Towa, une prêtresse chargée de contenir une entité démoniaque ancestrale nommée Magatsu. L’introduction du jeu, laborieuse et étirée, peine à captiver. Mais, très vite, la présence des huit Enfants Célestes change la donne. Ces compagnons excentriques – mi-animaux, mi-figures mythologiques – confèrent au récit une dimension atypique qui tranche avec les poncifs du genre. Leur design expressif et leur rôle actif dans les combats enrichissent la dynamique de jeu, tout en apportant une touche de fantaisie bienvenue.

Le système de sacrifice, qui impose de perdre un allié au fil des victoires, aurait pu être l’un des ressorts émotionnels les plus marquants du jeu. Sur le principe, l’idée est brillante : pousser le joueur à s’attacher à ses compagnons avant de les voir disparaître pour le bien de la communauté. Mais, dans les faits, l’impact dramatique reste étonnamment limité. L’écriture, trop bavarde et rarement incisive, affaiblit la tension. Là où l’on devrait ressentir un poids, une déchirure, on assiste surtout à des dialogues interminables qui tournent à vide. Le jeu veut émouvoir, mais ne parvient pas à créer de véritables moments de grâce.

À l’inverse, le village central, qui évolue au fil des décennies à mesure que les runs s’achèvent, donne une vraie profondeur à l’univers. Voir les habitants vieillir, transmettre leur savoir ou disparaître apporte une mélancolie bienvenue. Cette mécanique temporelle, rare dans le genre, installe une atmosphère contemplative et donne l’impression d’un monde vivant, en mutation. Malheureusement, cette dimension narrative reste en arrière-plan. Les interactions sont trop limitées, les conséquences trop floues et le potentiel de cette idée n’est jamais pleinement exploité.

Le village au cœur de l’expérience

Un gameplay intéressant en surface

Manette en main, Towa arrive à séduire immédiatement. Les combats sont fluides et possèdent une certaine profondeur, tandis que la gestion des armes, qui s’émoussent et obligent à varier les enchaînements, introduit un rythme plaisant. Le duo formé avec un Gardien ajoute un supplément de stratégie : chaque combinaison de personnages ouvre de nouvelles approches et les premières heures sont riches en expérimentations. On teste, on découvre, on improvise et le système semble offrir une belle liberté.

Mais cette richesse se retourne vite contre le jeu. La profusion de mécaniques – forge ultra-détaillée, menus de progression confus, multitude de builds – finit par brouiller la lecture plutôt que d’offrir une vraie maîtrise. Rapidement, on se rend compte que certaines configurations dominent et que les autres deviennent accessoires. L’interface, peu ergonomique, rend la navigation laborieuse et les systèmes de personnalisation, au lieu d’encourager la créativité, finissent par submerger le joueur.

Le jeu propose une quantité impressionnante de bonus et de spécialisations à débloquer, mais leur lisibilité laisse à désirer. Les passifs s’empilent sans réelle cohérence, donnant la désagréable impression d’un système inspiré des jeux mobiles, où l’on jongle entre une multitude de monnaies et d’icônes obscures pour obtenir des avantages finalement minimes.

10 minis-jeux pour forger une arme…

La forge souffre du même mécanisme. Sur le papier, l’idée est séduisante (forger ses armes à travers une suite de mini-jeu et avec un large choix de matériaux personnalisés), mais, dans les faits, l’exécution s’avère laborieuse, répétitive et trop chronophage. La profusion d’options finit par brouiller la compréhension, transformant une mécanique prometteuse en un poids supplémentaire qui alourdit inutilement l’expérience.

Mais le problème majeur reste la répétitivité. Les runs se ressemblent trop : mêmes salles, mêmes vagues d’ennemis, mêmes mini-boss recyclés. Ce manque de variété érode l’intérêt au bout de quelques heures. Les affrontements contre les boss, censés rompre la monotonie, aggravent parfois la frustration. Entre sacs à PV interminables et attaques de zone mal calibrées, on meurt plus par injustice que par manque de maîtrise. La présence d’un second personnage contrôlé par l’IA accentue le problème : impossible d’éviter qu’il encaisse des coups fatals, ce qui punit le joueur sans qu’il puisse réagir. Ce qui devait être un système tactique devient donc une source d’irritation constante.

Et pourtant, malgré ces défauts, le jeu parvient parfois à créer des moments de pure intensité. Lorsque les synergies fonctionnent, que les esquives s’enchaînent et que les sorts explosent à l’écran, Towa rappelle ce que le genre peut offrir de meilleur. Mais ces instants sont trop rares et trop fugaces pour compenser les lourdeurs du système.

Une vitrine splendide au contenu bancal

Difficile de nier la beauté du jeu. Les environnements sont somptueux, les personnages sont expressifs et la bande-son, composée par Hitoshi Sakimoto, sublime l’ensemble avec des thèmes mémorables. Chaque biome possède une identité forte et le village central, chaleureux et vivant, donne envie de s’y attarder entre deux expéditions. La direction artistique est sans doute l’un des plus grands atouts du jeu : elle crée une cohérence visuelle et sonore qui enveloppe le joueur et donne corps à l’univers.

Mais cette présentation soignée masque un endgame beaucoup moins convaincant. À mesure que les heures s’accumulent, la boucle de gameplay se fige dans une routine fastidieuse. Les activités annexes, amusantes au départ – pêche, mini-jeux, forge – perdent rapidement de leur intérêt. Elles deviennent des distractions sans réelle valeur ajoutée, des parenthèses qui n’enrichissent ni la narration (en VOSTFR) ni la progression.

Pour finir, la surcharge visuelle dans les combats de boss, les menus mal conçus et les bugs occasionnels viennent accentuer un sentiment d’inachevé. Le jeu semble parfois lutter contre lui-même, incapable de maintenir sa promesse initiale. Surtout, la difficulté mal équilibrée finit par user le joueur. Les premières heures sont accessibles, presque trop faciles, puis la progression se transforme en épreuve d’endurance où chaque run de 40 minutes peut se solder par une mort injuste. Plus que d’apporter du défi, je jeu donne la sensation qu’il ne respecte pas le temps investi, ce qui finit par décourager. On continue par habitude, par curiosité, mais sans passion, sans cette étincelle qui pousse à dire : “Encore une run, juste une dernière.”

Le Bilan

On a aimé 

L’univers riche et servi par une direction artistique somptueuse.

La mécanique du duo Towa/Gardien, qui apporte de vraies possibilités stratégiques.

Le système de sacrifice des compagnons, fort sur le principe et inédit dans le genre.

La gestion temporelle du village central

L’écriture beaucoup trop bavarde

La répétitivité marquée des runs

Les combats de boss souvent frustrants, déséquilibrés ou trop longs.

La profusion de mécaniques mal intégrées, qui rend l’expérience confuse.

Conclusion du test de Towa and the Guardians of the Sacred Tree

Towa and the Guardians of the Sacred Tree est un roguelite qui voulait élargir le genre avec une approche plus narrative et émotionnelle. L’idée d’un duo héros/compagnon, le sacrifice progressif des alliés et la dimension générationnelle du village apportent de vraies touches d’originalité. Le tout est servi par une direction artistique soignée et une bande-son de haute volée. Mais, derrière cette vitrine séduisante, l’exécution reste fragile : l’écriture s’étire et dilue l’impact émotionnel, les combats s’enlisent dans la répétition et le déséquilibre, et l’interface comme les systèmes de progression desservent le jeu plus qu’ils ne l’améliorent. On en ressort avec l’impression d’un jeu généreux et sincère, mais incapable de transformer ses bonnes idées en un ensemble cohérent et captivant sur la durée.

Protoxe
Testeur vétéran depuis plus de 10 ans chez Xboxygen. Toujours le même objectif, partager au mieux mon ressenti et faire découvrir de nouveaux jeux.
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Towa and the Guardians of the Sacred Tree

Développeur : Brownies
Date de sortie : 19/09/2025

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