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Preview – Clair Obscur: Expedition 33 – Le JRPG occidental à son apogée ?

Preview – Clair Obscur: Expedition 33  – Le JRPG occidental à son apogée ?
Le 3 mars 2025
Le 3 mars 2025
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Un JRPG ambitieux

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Clair Obscur: Expedition 33 est développé par le studio français Sandfall et édité par Bandai Namco. Ses créateurs ambitionnent de proposer un jeu reprenant les bases des JRPG classiques, à l’image des premiers Final Fantasy, tout en les modernisant avec les codes actuels. D’après ce que nous avons pu en voir, c’est une franche réussite. Lors de son annonce pendant le Xbox Games Showcase 2024, Clair Obscur: Expedition 33 avait déjà fait sensation et ce nouveau coup de projecteur ne fera que renforcer l’attente autour du titre.

De toute beauté

Lors d’un accès anticipé de plus de trois heures, nous avons pu prendre le titre en main. Pour l’instant, seule la version PC est disponible à l’essai. Nous avons donc effectué notre session sur une RTX 4070 Super, et le jeu tourne sans aucun problème en paramètres “Épique” avec un framerate avoisinant les 90 FPS, malgré l’absence d’optimisation pour les cartes NVIDIA.

Concernant les conditions de preview, la démo à laquelle nous avons eu accès ne fait pas démarrer l’aventure depuis le début, mais nous plonge directement au cœur de l’histoire quelques évènements après. C’est légèrement déroutant pour pouvoir s’imprégner du scénario, bien que les grandes lignes restent compréhensibles.

Ce récit d’heroic-fantasy se déroule dans un monde où, chaque année, une reine, appelée la Peintresse, se réveille et inscrit un nombre maudit, en peignant sur son monolithe. Tous ceux dont l’âge correspond à ce chiffre partent en fumée. Année après année, ce nombre diminue inexorablement, réduisant ainsi l’espérance de vie des humains. À chaque cycle, ceux qui atteignent l’âge fatidique partent pour une ultime mission : éliminer la Peintresse afin d’empêcher une nouvelle peinture de mort.

L’aventure débute alors que Gustave, notre protagoniste, est séparé de son expédition après avoir subi une attaque dévastatrice. Rapidement rejoint par Lune, une autre membre de l’expédition, tous deux partent à la recherche des survivants. Au fil du périple, nous découvrons un univers fascinant et saisissant de beauté.

Dès les premiers instants, un élément saute aux yeux : la direction artistique et la qualité graphique sont absolument bluffantes. Il s’agit sans doute de l’un des plus beaux jeux auxquels nous ayons joué jusqu’à présent. Alternant entre des environnements terre à terre et des décors oniriques, l’ambiance navigue entre une forêt verdoyante et enchantée, un univers totalement décalé dans un monde sous-marin féerique ou encore les ruines d’une ville jonchées d’un parterre de fleurs et abritant des arbres couleur rouge sang. Il est clair que l’univers proposé par le studio français est totalement envoûtant, dépaysant et cruellement efficace.

D’un point de vue technique, les effets de lumière et de particules, tout comme le niveau de détail, sont tout simplement époustouflants. Les sols, les racines, la végétation, chaque élément est soigné avec un niveau de finesse rarement atteint. Mention spéciale aux animations faciales, qui flirtent avec le réalisme des films en images de synthèse, renforçant l’immersion, notamment lors des cinématiques. D’autant que le tout est porté par un doublage français de grande qualité, ce qui vient appuyer la crédibilité des personnages et des dialogues.

Mais une direction artistique et technique irréprochable ne suffisent pas, encore faut-il que l’histoire et le gameplay soient à la hauteur. Et c’est précisément ce que nous allons voir.

Un scénario travaillé

Après seulement trois heures de jeu, il est difficile de juger la qualité globale de l’intrigue. Cependant, cette session introductive pose les bases d’un scénario prometteur, bien construit et intrigant. Au fil de l’exploration, des bribes de lore se dévoilent peu à peu. On comprend que d’autres expéditions ont déjà tenté d’atteindre leur objectif avant nous. Découvrir les vestiges de ces groupes passés permet d’éclairer le contexte et le fonctionnement de cet étrange monde que nous explorons pour la première fois. Le fil conducteur se révèle prenant et suffisamment intriguant pour donner immédiatement envie d’en apprendre davantage.

De même, le jeu d’acteur des différents protagonistes joue également un rôle crucial dans l’immersion. En dehors des cinématiques, de nombreux dialogues secondaires viennent enrichir la personnalité de chacun, rendant les échanges plus vivants et naturels. Mais c’est véritablement lors des cinématiques, spectaculaires, que l’immersion atteint des sommets. Grâce à une animation bluffante de réalisme, on a l’impression d’assister à une véritable œuvre cinématographique, où chaque émotion est parfaitement retranscrite. Ce soin apporté aux personnages crée une véritable empathie et un attachement immédiat à nos héros, renforçant l’envie de suivre leur périple jusqu’à son terme. Bien que nous prenions ici l’histoire en cours de route, l’envie de connaître la suite nous taraude déjà fortement.

Clair Obscur est avant tout un JRPG et il est agréable de voir un jeu de ce type s’affranchir des clichés habituels. Sandfall livre une aventure sombre, mature et nuancée, portée par des personnages loin des stéréotypes souvent associés au genre. L’univers, bien que mystérieux, se distingue par son authenticité et sa profondeur.

Après trois heures de jeu, une chose est sûre : l’intrigue est prenante, les personnages sont vraiment travaillés, l’univers est immersif et l’attachement aux héros est déjà bien établi.

Et tout cela, avant même d’avoir abordé les mécaniques RPG et le gameplay, qui, à première vue, semblent également être une véritable réussite !

Le twist du tour par tour

Clair Obscur pose des bases solides et modernes dans son approche du JRPG. S’il adopte un système de combat au tour par tour, il ne se contente pas d’un schéma classique et apporte plusieurs twists qui rendent les affrontements plus dynamiques et engageants.

L’une des premières mécaniques introduites (qui a déjà été vue dans d’autres jeux) est l’ajout de QTE (Quick Time Events) lors des attaques. Une jauge de précision apparaît et, si le joueur appuie au bon moment, l’attaque inflige davantage de dégâts. De même, il est possible de contrer ou d’esquiver les assauts ennemis en respectant un timing précis, basé sur les animations et les patterns des adversaires. Contrairement à d’autres jeux, aucun indicateur visuel ne vient signaler l’instant idéal pour réagir : tout repose sur l’observation et l’apprentissage des mouvements ennemis.

Ces mécaniques de défense et d’attaque réactives renforcent l’implication du joueur et rendent les combats bien plus vivants. Il devient essentiel de les maîtriser, ainsi que d’analyser les attaques adverses pour placer un contre ou une esquive parfaite.

En complément, le jeu introduit l’usage d’une arme à distance, permettant de cibler les points faibles des ennemis. Cette fonctionnalité se révèle particulièrement efficace contre les monstres volants, qui esquivent fréquemment les attaques classiques.

L’arsenal du joueur ne s’arrête pas là. On retrouve les Pictos, des objets offrant des bonus passifs, comme l’obtention d’un point d’action supplémentaire après une esquive réussie. L’aspect RPG est également approfondi avec un système d’affinité d’armes inspiré de Dark Souls. Chaque arme bénéficie d’une affinité spécifique avec certains attributs (Vitalité, Agilité, etc.). Plus le joueur investit de points dans ces caractéristiques, plus l’arme gagne en puissance. Les compétences nécessitent un nombre précis de points d’action ou un temps de charge, ce qui donne une dimension stratégique supplémentaire aux combats.

Vous l’aurez compris, Clair Obscur ne se contente pas d’un simple système de tour par tour. Le joueur est totalement impliqué dans les affrontements, avec de multiples approches et stratégies possibles. En revanche, un léger bémol réside dans l’abondance d’effets visuels et d’animations. Aussi réussis et fluides soient-ils, ils peuvent nuire à la lisibilité, notamment lorsque des QTE apparaissent en plein milieu de l’action. Cette surcouche d’informations peut rendre certaines interactions moins intuitives, ajoutant un défi supplémentaire dans l’exécution des commandes.

Un monde dynamique

À première vue, on pourrait croire que la structure du level design se résume à une simple succession d’embranchements menant de zone en zone, jusqu’à la prochaine arène de combat. Pourtant, Clair Obscur intègre bel et bien une dimension exploration. Certes, certaines portions du jeu adoptent une approche plus linéaire, mais d’autres zones, bien plus ouvertes, offrent de magnifiques panoramas et la possibilité de vaquer à la découverte des lieux.

L’environnement recèle de nombreux secrets. De multiples objets sont disséminés un peu partout, mais il faut également être sur ses gardes : des ennemis parfois redoutables se cachent dans les décors, prêts à surprendre les imprudents.

Le jeu mise sur une approche ultra épurée : aucun indicateur superflu ne vient guider le joueur. Il lui revient d’observer, d’écouter les indications des PNJ et de s’orienter par lui-même. Cette philosophie se retrouve également dans les quêtes secondaires. Par exemple, lors d’un dialogue, un personnage a évoqué un objet utile à récupérer. En explorant les environs, nous avons découvert un artefact pouvant correspondre à sa demande, mais aucune notification ne nous a confirmé qu’il s’agissait bien de l’objet recherché. Ce n’est qu’en retournant voir le donneur de quête que nous avons pu valider notre trouvaille.

Plusieurs lieux de repos sont dispersés à travers le monde de Clair Obscur. Ils sont représentés par des étendards (semblables aux feux de camp des Dark Souls), vestiges des expéditions précédentes. Ces checkpoints offrent aux joueurs la possibilité de se reposer, de soigner leurs personnages et d’améliorer leurs compétences. Cependant, cette pause a un prix : tous les ennemis de la zone réapparaissent, ce qui peut être vu comme un défi supplémentaire ou une opportunité d’accumuler de l’expérience et des ressources.

Lors des changements de zone, le jeu ne se contente pas d’afficher une simple carte statique. À la place, la caméra passe en vue isométrique, offrant une mappemonde interactive (à la manière des vieux RPG des années 1990, lorsqu’il fallait se déplacer d’un lieu à l’autre) qui conserve les mêmes mécaniques que les environnements principaux. Exploration, objets à récupérer, secrets à découvrir et ennemis à affronter sont toujours de la partie, dans la continuité de l’immersion et de l’implication du joueur dans son voyage.

En conclusion, Clair Obscur: Expedition 33 est une véritable réussite dans le paysage du JRPG moderne. Porté par une direction artistique somptueuse et un univers fascinant, le jeu de Sandfall parvient à marier habilement hommage aux classiques du genre et mécaniques modernes. Son scénario intriguant, ses personnages travaillés et son gameplay dynamique en font une expérience immersive et engageante. Loin de se contenter d’un simple système au tour par tour, le jeu propose des combats stratégiques et réactifs, où chaque action repose sur l’implication du joueur. Son level design mêle exploration et narration, offrant un monde à la fois beau, mystérieux et interactif. Avec un tel potentiel, Clair Obscur pourrait bien devenir un incontournable du genre. Si les premières heures sont aussi enthousiasmantes, il ne reste plus qu’à attendre la version finale pour voir si l’expérience tiendra toutes ses promesses. Une chose est sûre : l’attente est justifiée !

Protoxe
Testeur vétéran depuis plus de 10 ans chez Xboxygen. Toujours le même objectif, partager au mieux mon ressenti et faire découvrir de nouveaux jeux.
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Clair Obscur: Expedition 33

Développeur : Sandfall Interactive
Éditeur : Kepler Interactive
Date de sortie : 24/04/2025

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